CAUSES
Il faut entendre par là non pas les théories plus ou moins hypothétiques qui ont été proposées pour expliquer le phénomène fièvre, mais tout simplement les circonstances pathologiques principales dans lesquelles ce phénomène prend naissance. Or le symptôme fièvre appartient aux inflammations et à la classe de maladies nommées fièvres ou pyrexies, précisément parce que la fièvre en est un caractère prédominant et constant. Dans le premier groupe de faits, la cause pyrétogène est la lésion inflammatoire locale; dans le second, la cause pyrétogène est extrêmement variable, c’est le miasme paludéen (fièvre de marais), ce sont les poisons morbides (fièvres éruptives, fièvres typhiques), les virus animaux (morve, charbon), c’est encore la simple altération du sang par des produits d’oxydation surabondants (fièvre éphémère par laligues musculaires, par travaux intellectuels). Comment ces diverses causes agissent-elles pour provoquer le développement de la fièvre ? C’est la une complète inconnue; le rapport qui unit la cause pyrétogène à son effet, la fièvre, est aussi mystérieux aujourd’hui qu’aux temps hippocratiques, il est insaisissable.
Fi £.18
Slade amphibole
Fi 6'. 19
- Fig 20
Fig. 21
Type périodique
FIÈVRE
TRAITEMENT
Dans la fièvre d’origine paludéenne, la médication dirigée contre le mouvement fébrile agit en réalité sur le poison maremmatique, et quand la fièvre est guérie, la maladie dont elle était la manifestation l’est en même temps; le traitement en a annihilé la cause. Dans les autres espèces de fièvres, la situation est différente ; ce n’est plus une indication Causale qui peut être remplie, c’est simplement une indication symptomatique. Nous avons vu que le symptôme fièvre est par lui-même fâcheux, et que sa gravité augmente en raison directe de son intensité et de sa durée; il est donc bien évident que le médecin fera en tout cas une chose utile au malade, s’il atténue ou abrège le mouvement fébrile ; mais ici le bénéfice obtenu ne porte que sur le symptôme lui-même; le patient est soulagé parce qu’il est délivré de phénomènes pénibles, il résiste mieux à la maladie parce que sa dépense fébrile a été amoindrie, mais la maladie elle, même n’est pas enrayée; il n’est même pas prouvé qu’elle soit abrégée.
Les médicaments qui remplissent cette indication symptomatique sont dits antifébriles ou antipyrétiques; aujourd’hui on ne doit donner cette qualification qu’aux agents qui ont pour effet d’abaisser rapidement la température fébrile, encore faut-il que cet abaissement dépasse la rémission qui est propre à la maladie et à la période du cycle thermique. Les plus puissants des médicaments antifébriles sont le sulfate de quinine, la digitale, le tartre stibié, la vératrine et le calomel. Les lotions froides avec l’eau ou le vinaigre aromatique, lorsqu’elles sont méthodiquement répétées matin et soir pendant quelques jours de suite, ont une action réfrigérante qui en fait de véritables antipyrétiques ; cette action est souvent utilisée dans les fièvres du genre typhus et dans la scarlatine. L’étude particulière des maladies fébriles nous permettra de préciser les indications et le mode d’administration de ces agents thérapeutiques.