OBLITÉRATION DES CAPILLAIRES
Dans les oblitérations spécifiques (1), l’embolus est formé par du pus ou par des débris de matières organiques en décomposition, provenant de foyers gangréneux, putrides ou purulents. Virchow admet que ces débiis une fois arrêtés, produisent par catalyse des modifications semblables à celles qui ont lieu dans le foyer originel. Panum croit plutôt que la décomposition de ces débris continue après leur arrêt, et que les produits de cette décomposition sont pour les tissus contigus une cause d’irritation : d’où l’inflammation, la suppuration et parfois la gangrène. Qu’on adopte l’idée de la production similaire ou celle de l’irritation de voisinage, le fait principal est celui-ci : les embolies sont la cause des foyers et des abcès dits métastatiques. Pour le cas particulier du cerveau, voici donc ce qui se passe : des fragments détachés d’un foyer putride ou purulent arrivent dans les capillaires, les obstruent et provoquent les lésions et les symptômes qui ont été décrits comme les accidents cérébraux de l’infection putride ou purulente. Je ne prétends pas qu’il n’en soit pas ainsi; mais je crois devoir faire observer que l’embolus, quand il ne vient pas du poumon, parcourt un trajet vraiment énorme. Si le foyer primitif est dans la rate (il y en a des exemples), il faut admettre que l’embolus traverse le foie, le cœur droit, l’artère pulmonaire, le poumon, les veines pulmonaires, le cœur gauche, la carotide, pour venir échouer enfin, après tant de pérégrinations, dans les capillaires de l’encéphale. La chose est possible, mais elle exige un peu de complaisance, d’autant plus qu’ici le mécanisme invoqué ne peut pas être démontré par l’adaptation des deux fragments du caillot, comme dans l’embolie ordinaire, de sorte qu’on peut tout aussi bien admettre des lésions multiples d’emblée, sans relations mécaniques réciproques, lésions dominées et provoquées toutes par la disposition morbide générale. Les observations n’étant pas assez démonstratives pour dissiper tous les doutes, une solution absolue n’est pas possible. Déjà 0. Weber, tout en admettant ces embolies capillaires diffuses, rejette les conclusions de Virchow, Panum et Colin sur la spécificité, et ne leur attribue qu’un rôle mécanique; en somme tout est confus encore dans celte histoire, et, sans nier de parti pris un fait dont la possibilité n’est point déniable, il convient d’attendre encore avant d’élever une théorie générale des abcès métastatiques et des accidents cérébraux de la septicémie et de la pyémie. Arrivons à quelque chose de plus tangible.
(1) Virchow, Panum, Cohn, Lancereaux, loc. cil. — 0. Weber, In Ilandbuch der allg. und speciellen Chirurgie. Erlangen, 1865.
Bôttcher, Ueber aine Ur sache metaslatisclier Abscesse im Geliirn ( Pelersburger med. Zeitsch ., 1869). — Les embolies provenaient d’un abcès du poumon.
MALADIES DE L’ENCÉPHALE