‹ Traité de pathologie interne (volume 5)Chapitre 38 sur 155 · OBLITÉRATION DES SIM S VEINEUX · texte numérisé non relu

OBLITÉRATION DES SIM S VEINEUX

Ou voit combien cette symptomatologie est vague et mal définie, et cela doit être, puisqu’elle traduit les effets cérébraux très-variables de la thrombose, et non la thrombose elle-même; ce complexus pathologique n’acquiert quelque signification précise que si l’on tient compte des circonstances au milieu desquelles il se développe. Les cachexies, les maladies de longue durée avec parésie cardiaque, etc., permettent de songer à une thrombose primitive. Quant à la secondaire, quoique sa symptomatologie ne soit pas plus précise, elle est plus nettement caractérisée par des lésions extra-crâniennes, par l’otite, par les écoulements mucopurulents du conduit auditif, etc. ; mais ces mêmes lésions sont également une cause de méningite et d’encéphalite partielles, de sorte que, même alors, il n’est guère possible d’aller au delà d’une simple probabilité. Fort heureusement, cette incertitude du diagnostic est sans inconvénient pour la pratique.

La phlébite proprement dite diffère de la thrombose simple par ses causes : ce sont des lésions inflammatoires préalables; par son siège, elle occupe celui des sinus pairs qui est le plus voisin de l’altération primitive ; par ses symptômes, la fièvre est constante et forte, les phénomènes de stase sont moins marqués que dans la thrombose simple; en revanche les inflammations méningo-cérébrales, les lésions métastatiques dans d’autres organes sont très-fréquentes ; la pyémie et la septico-pyémie sont des manifestations ultimes à peu près constantes (1).

Le pronostic est grave, au point qu’on regarde les faits de guérison comme des erreurs de diagnostic, mais le danger n’est pourtant pas le même dans tous les cas; si la thrombose de la pyémie et la thrombose primitive sont mortelles, l’une par l’état général, l’autre par les désordres cérébraux, la thrombose secondaire, celle entre autres qui est provoquée par l’otite interne, paraît être un peu moins redoutable.

TRAITEMENT

11 est purement symptomatique, puisqu’on ne peut ni enlever le caillot ni prévenir les lésions cérébrales consécutives. Dans la thrombose secondaire, inflammatoire ou non, qui succède aux lésions du crâne, de l’orbite ou de la face, le traitement doit être énergique et réglé sur l’intensité de la réaction et les conditions de l’individu; saignées générales ou locales, dérivatifs intestinaux, voilà les moyens qu’il convient d’employer si la lésion initiale est franchement phlegmasique, d’origine récente, et si le malade est d’ailleurs robuste et de bonne constitution. S’agit- il d’une

(l) Wreden, Dcitrüge %ur Léhre von lier Thrombosis mil Phlebitis Sinuum durez matrix (Pelersburg . rned. Zeits., 1870).

MALADIES DE L’ENCÉIMIALE.

lésion osseuse déjà ancienne chez un individu débilité, ou suspect de scrofulisme ou de syphilis, il faut être plus modéré : on agira sur l’intestin au moyen de purgatifs , tels que calomel et jalap , séné, aloès, etc. ; on combattra les symptômes cérébraux par des vésicatoires volants à la nuque et aux cuisses, par des applications froides sur la tête, et, si l’on réussit à gagner ainsi un peu de temps, on prescrira le traitement général indiqué par la maladie constitutionnelle. S’il s’agit d’une otite, on se gardera d’arrêter l’écoulement par le conduit auditif externe, et l’on ouvrira de bonne heure les abcès périmastoïdiens dont l’apparition a été dans quelques cas un signe favorable. Dans la thrombose primitive (marastique), on ne peut se proposer d’autre but que de relever la circulation languissante et de soutenir les forces du patient; l’indication sera remplie par l’administration du vin, de l’alcool, du quinquina, des préparations ammoniacales ou éthérées, et par une alimentation convenable ; mais ce sont là des efforts in extremis toujours impuissants.

Page 1