PARALYSIE AGITANTE
GENÈSE ET ÉTIOLOGIE.
h' affaiblissement de V innervation de stabilité est la condition pathogénique du tremblement, qui est le symptôme fondamental de cette maladie (1). Tandis qu’à l’état physiologique cette innervation de tonicité est assez
(1) Parkinson, Essaij on the shaking Palsy. London, 1817. — Toulmouche, Mém. de l’Acad. de méd., 1833. — Elliotson, Principles and Practice of Medicine. London, 1839. — Marshall Hall, On the diseases and Dérangements of the Nervous System. London, 1841. — Canstatt, Corresp. Blatt Bay. Aerzte, 1842. — Graves, Clinical Medicine. Dublin, 1843. — Traduction française de Jaccoud. Paris, 1862. — Basedow, Casper's Wochenschr. , 1851. — Blasiüs, Stabilitals Neurosen (Archiv für physiol. Heilk ., 1851. — Russel Reynolds, Paralysis agitans, etc. ( The Lancet , 1859). — Lebert, Handbuch der prak. Medizin. Tübingen, 1860. — Cohn, Beilrag zur Lehre der Paralysis agitans ( Wiener med. Wochenschr., 1860). — Oppolzer, Ueber Paralysis agitans ( Wiener med. Wochenschr., 1861. — Allg. Wiener med. Zeitung, 1862). — Charcot et Vulpian, De la paralysie agitante (Gaz. hebdom., 1861-1862). — Louis, De la trémulence paralytique progressive, thèse de Strasbourg, 1862. — Saunders, Dystaxia or pseudoparalysis agitans (Edinb. med. Journ., 1865). — Ogle, Paralysis agitans, etc. (Med. Times and Gaz., 1865). — Guttmann, Tremor der Muskeln und irradiirte Krdmpfe (Berlin, klin. Wochens., 1867). — Ordenstein, Sur la paralysie agitante, etc., thèse de Paris, 1867.
Charcot, La paralysie agitante et la sclérose en plaques. Leçons recueillies par Bourneville (Mouvement méd., 1869). — Villemin, Sur un cas de paralysie agitante (Bec. de mém. de méd. milit., 1870). — Betz, Heilung einer Schütterlahmung (Memorabilien, 1870). La maladie datait de six mois, et la guérison a eu lieu après six bains chauds, à 27° Réaumur, d’une durée de vingt à trente minutes.
Joffroy, Gaz. Iwp., 1871. — Murchison and Cayley, Case of par. agit. (Transact. of the path. Soc., 1871). — Chvostek, Encephalitis der Gebilde des r. Ammonshorns mit dem Ausgang in Sclérosé; Paralysis agitans der linksseitigen Extremitaten (Wiener med. Wochen., 1871).
Romberg, Basse, Leubusciier, Remak, Todd, Trousseau, Axenfeld, loc. cit.
IxU 6 NÉVROSES SPINO-BULBAIRES.
puissante pour maintenir un état statique uniforme, que n’interrompt aucune oscillation apparente, dans la paralysie agitante, et dans le tremblement en général, cette action est affaiblie de telle sorte que les impulsions motrices et toniques sont séparées par un intervalle appréciable; ces alternatives d’excitation et de relâchement impriment aux muscles et aux parties qu’ils meuvent des secousses, des déplacements peu étendus, c’est là le tremblement, phénomène qui diffère de la contraction fibrillaire par sa généralisation à la totalité du muscle, et par le caractère même du mouvement qu’il produit; ce n’est pas un mouvement oscillatoire surplace, c’est un mouvement rhythmique de locomotion limitée*. Pendant un temps variable, le désordre ne porte que sur l’innervation de stabilité proprement dite; mais, plus tôt ou plus lard, l’innervation motrice volontaire est également atteinte, un état de parésie se joint au tremblement initial, et la maladie justifie alors pleinement sa dénomination complexe.
L’observation semble établir que cette paralysie peut tuer sans qu’il existe de lésions appréciables dans les centres nerveux ; mais, avec ou sans lésions, il est certain que le siège du mal est dans la moelle allongée et la protubérance. Cela est démontré d’une part par l’anatomie pathologique, d’autre part par la généralisation du tremblement à la totalité du système musculaire animal ; les lésions en deçà et au delà du mésocéphale ne déterminant que des tremblements partiels qui diffèrent, à beaucoup d’égards, de celui de la paralysis agit ans (1).
Les causes de la maladie sont peu nombreuses ; les seules que révèlent les faits sont le froid humide et les émotions morales dépressives, surtout la terreur. Le sexe est sans influence, mais l’âge en a une positive ; la maladie n’a pas été constatée au-dessous de trente ans et elle présente son maximum de fréquence entre cinquante et soixante-cinq ans.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Dans certains cas (2), l’autopsie n’a montré aucune altération importante des centres nerveux, bien que l’examen microscopique ait été pratiqué; dans d’autres plus nombreux, on a observé de l’induration générale ou diffuse (sclérose) dans le bulbe, la protubérance, les tubercules quadrijumeaux, parfois aussi dans la région cervicale de la moelle, notamment les cordons latéraux (3). Ailleurs, enfin, on a rencontré des altérations disparates, telles que lacunes dans le mésocéphale, ramollissement des pédoncules cérébraux, simple raréfaction des tubes nerveux dans la
(1) Observations de Leubuscher, de Leyden.
(2) Ollivier, Ordenstein.
(3) Parkinson, Oppolzer, Skoda, Lebert.