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CHAPITRE IV

SÉVftUttlE INTERCOSTALE.

Rien plus commune que la précédente, la névralgie intercostale (1) est observée à tout âge, mais elle présente sa plus grande fréquence de seize a quarante ans, et les trois quarts des cas au moins appartiennent au sexe féminin. Parmi les causes intrinsèques, la névrite mérite une mention spéciale, car c’est elle qui est vraisemblablement le point de départ de ces névralgies rebelles qui sont accompagnées d’une éruption d’herpès zoster (von Bârensprung). — Les causes extrinsèques directes ne présentent avec celles des névralgies cervicales d’autres différences que celles qui résultent de la topographie des nerfs dorso-intercostaux ; les lésions des méninges, des vertèbres, des côtes, de la glande mammaire, les altérations chroniques des poumons ( tuberculose ) et de la plèvre tiennent ici la piemière place; il est probable que les névralgies ainsi produites dépendent d’une congestion du névrilème, ou d’une névrite vraie ; mais le fait n’est point démontré ; il l’est moins encore pour la douleur thoracique île la pleurésie et de la pneumonie aiguës que Valleix attribuait aussi à une névrite ; non-seulement la preuve anatomique fait défaut, mais le caractère même de cette douleur pongitive et fixe empêche tout rapprochement avec la névralgie intercostale. La stase dans les plexus veineux

(l) N'icod, .Nouveau Journal de méd., III, ms. - Parrish, American Journal of

Stlenæ' 1832' ~ BaSSEREAÜ’ Essai s“r 1“ névralgie des nerfs intercostaux, thèse ' e aris, 1840. — Grisolle, Journal des conn. méd.-chir., 1845. — Beau De la névrite et de la névralgie intercostales (Arch. de méd., 1847). - Erlenmeyer, Deutsche Klinik 18)1. - Pi°rry * l’Acad. de méd., 1853. - Henle, HaSbuch der ration

Pathologie, II. Braunschweig, 1853. - Hoppe (J.), Der schliessliche Amgang einer Intel Mineur algie (Memorabilien, 1867). - Valleix, Romberc, Hasse loc cil

Am \vd Considérations sur l’étiologie et la physiol. path. de la névralgie dorso-inter costale, thèse de Montpellier, 1868. '

jaccoud. - Path. int., 3» édit.

i ntra-vertébraux et clans les lacis qui entourent les nerfs dorsaux à leur émergence, est une cause extrinsèque puissante qui peut rendre compte du développement de la névralgie chez les héraorrhoïdaires et chez les femmes mal réglées. Ilenle, qui a signalé cette condition pathogénique, fait remarquer avec raison que le dégorgement des veines intercostales n’est pas également facile des deux côtés, et que celles de gauche, particulièrement de la quatrième à la huitième côte, se vidant dans la demiazygos, sont les plus exposées à la stagnation; or, c’est précisément à gauche et dans cette étendue que la névralgie a son siège de prédilection. Les causes extrinsèques indirectes ou réflexes sont plus fréquemment en jeu que dans les autres hyperesthésies, elles sont constituées par les lésions chroniques de l’utérus et de ses annexes (Bassereau). — Les causes constitutionnelles n’ont rien de spécial, il suffit de noter l’influence prépondérante de l’anémie, de l’hystérie et de la syphilis.

La douleur continue est l’élément symptomatique prédominant, elle se présente sous forme d’une tension constrictive en demi-ceinture qu’exagèrent les mouvements, surtout ceux de la respiration; avec cette douleur coïncident des élancements de courte durée qui se font sentir dans le trajet des nerfs intercostaux, plus rarement dans les branches postérieures des nerfs dorsaux. Quoique les paroxysmes proprement dits soient bien moins communs que dans les névralgies précédentes, cependant ils existent dans quelques cas ; et pendantleur durée les malades, immobilisant instinctivement un côté du thorax, éprouvent une dyspnée qui est parfois assez intense pour faire soupçonner une maladie sérieuse des organes respiratoires. L’impressionnabilité des téguments est très-vive, elle est réveillée parles attouchements les plus légers; une forte pression avec l’extrémité des doigts, ou mieux avec la paume de la main, calme ordinairement la douleur. Les points douloureux, plus constants que dans les autres névralgies, sont au nombre de trois : un postérieur, à côté des apophyses épineuses, au niveau de l’émergence des nerfs par les trous intervertébraux; un moyen, au milieu de l’espace sterno-vertébral, correspondant à la naissance du rameau perforant moyen ; un extérieur, situé soit un peu en dehors du sternum, soit à l’épigastre en dehors de la ligne médiane, à l’origine du rameau perforant antérieur ; de ces trois points, le moyen ou latéral est celui qui manque le plus souvent, le dorsal est le plus constant. — Les irradiations sensitives ont lieu dans les nerfs du bras, dans les nerfs lombaires et dans les rameaux gastriques du nerf vague. — Les irradiations motrices sont nulles, les synergies vaso-motrices ne sont manifestes que dans la névralgie avec éruption vésiculeuse (zona).

Le caractère, le siège de la douleur, l’existence des points fixes, distinguent la névralgie de la douleur diffuse et mal limitée de la pleurodynie ; mais une fois la névralgie reconnue, il importe de soumettre à un examen attentif tous les organes thoraciques, y compris le squelette, afin

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