CHAPITRE Y
NÉVRALGIES DU PLEMS LOMRAIRE.
L hyperesthésie occupe les branches collatérales ou les branches terminales du plexus : dans le premier cas, c’est la névralgie iomi>o-ni><ioininaie-, dans le second, c’est la névralgie crurale ( ischias antica ) (1). Indépendamment des causes communes à ces névralgies et aux intercostales, il en est quelques-unes spéciales dont rendent compte les rapports des
(l) Valleix, Romberg, Hasse, loc. cit. — Mayo, Outlmes of kuman PathoIoç)ij. Lon- «lon, 1836. — Kiuan, Neuralgie <1. N. crural (Zeltschr. f. rat. Med., VI). — Broüie, Lectures illustrative of certain local Nervous affections. London, 1837. — Stromeyer, De combinatione actionis nervorum et motoriorum et sensoriorum sive de sensuum impressionibus museulorum actione cffectis. Erlangæ, 1839. — Roser, Archiv f. physiol. Hcilhunde, 1851. — Von Rotteck, Eod. loco. — D’Axthrey, Considérations sur la névralgie
lombo-abdominale, thèse de Strasbourg, 1867. - Betz, Bilaterale Cruralneuralgic (Memorabilien, 1867).
Rijnge, Natur und Behandlung des Hexenschusses ( Deutsche Klinik, 1868).
nerfs intéressés; ce sont, pour la névralgie lombo-abdominale, les tumeurs de l’aorte, la thrombose de la veine cave et des iliaques, les lésions 1 du muscle psoas, des vertèbres lombaires et de l’os iliaque, les altérations des organes qui sont en connexion immédiate avec le muscle carré des lombes (reins, péritoine), enfin les tuméfactions du mésentère, du cæcum et de l’S iliaque. Pour la névralgie crurale, les causes spéciales sont, indépendamment des précédentes, les tumeurs des os du bassin et des vaisseaux iliaques, les lésions de l’Utérus, de l’articulation coxo-fémorale (douleur dite sympathique du genou), les tumeurs de l’anneau crural et les lésions de la moelle; cette dernière cause mérite la plus sérieuse attention; le fait suivant, relaté par Mayo, doit être toujours présent à l'esprit du médecin : une femme éprouvait dans le genou des douleurs si vives et si persistantes que l’amputation de la cuisse fut résolue et exécutée ; les souffrances n’en furent pas calmées, elles se prolongèrent jusqu’à la mort, qui eut lieu deux ans plus tard. A l’autopsie, on trouva la surface postérieure de la moelle couverte de plaques cartilagineuses et calcaires.
Dans la forme lombo-abdominale, la douleiir occupe la région dorsolombaire et la paroi abdominale antérieure, elle est accrue par l’attouchement superficiel des téguments et par la pression au niveau des trous intervertébraux; suivant que l’hyperesthésie occupe la branche iléo-scrotale,la musculo-cutanée moyenne, l’inguino -cutanée ou la génito-crurale, les élancements se font sentir vers la crête de l’os iliaque, dans le scrotum ou les grandes lèvres ( névralgies iléo-scrotales), au niveau des épines iliaques antérieures; l’existence du rameau fémoral de la branche génitocrurale explique l’irradiation à la partie antéro-supérieure de la cuisse, en l’absence de névralgie crurale proprement dite. On a dit que la névralgie iléo-scrotale correspond au testicule irritable de Cooper; c’est une erreur; la douleur décrite par Cooper est une névralgie des nerfs spermatiques liée à des dilatations veineuses du cordon.
Dans la forme crurale, la douleur siège à la partie antéro-interne de . la cuisse et du genou ; le plus souvent elle ne s’étend pas au delà, la névralgie est alors limitée au petit saphène; dans d’autres cas, elle occupe le grand saphène et s’étend à la malléole interne, au côté interne du dos et de la plante du pied jusqu’aux deux premiers orteils. — Dans l’une et l’autre forme, les irradiations motrices se manifestent par des secousses involontaires dans les muscles abdomino-cruraux, et les mouvements de (lexion et d’extension du membre sont plus ou moins entravés par la douleur.
La névralgie du nerf obturateur signalée par Romberg est très-rare, mais elle a une véritable importance pratique; elle est caractérisée par une douleur vive qui siège à la partie interne de la cuisse, avec gêne dans les mouvements des adducteurs innervés par les libres motrices du même