‹ Traité de pathologie interne (volume 5)Chapitre 88 sur 155 · MÉ1RALGIES J»IJ PLEXUS SACRÉ · texte numérisé non relu

MÉ1RALGIES J»IJ PLEXUS SACRÉ

Un usage trop servilement suivi, et l’idée préconçue que la névralgie d’un plexus occupe uniquement et dans toute sa longueur le nerf terminal, ont fait donnera ces névralgies le nom commun de sciatique (1); mais une observation attentive démontre que l’hyperesthésie est souvent limitée à quelques-unes des branches de ce nerf, ou même à des rameaux étrangers à sa constitution. Il convient donc de n’accepter la dénomination de névralgie sciatique que comme une expression abréviative, désignant l’hyperesthésie des diverses branches sensibles du plexus sacré ; en fait, la névralgie peut occuper les nerfs collatéraux cutanés (branche génito-crurale et fémorale postérieure du nerf fessier inférieur), sans atteindre le sciatique; elle peut être limitée à l’une des branches de ce nerf terminal, elle peut enfin l’envahir dans toute sa distribution; ce dernier cas, qui est

(1) Cotunnii Commentarius de ischiada nervosa. Neapol., 1764. — Home, Clinical expérimente. London, 1780. — Petrini, Nuovo melto di curare la seiatica. Homa, 1781. • — Lentin, Hufeland’s Journal, I, 1795. — Thilenius, Medic. und chir. Bemerkungen. Frankfurt a. M., 1789-1811. — Martinet, Sur l’emploi de l’huile de térébenthine dans la sciatique. Paris, 1824. — Bodenmüller, n° 5, in Sammlung von Dissert, von Tübingen, 1829. — Baruch, Natur und Behandlung der Ischias ( Oest . med. Jahrb., 1845). — \alleix, Romberg, Hasse, loc. cit. — Fuller, On Rlieumalism, Goût and Seiatica. London, 1852. — Béhier, De la méthode des injections hypodermiques ( Ballet . Acad, méd., 1859). — Graves, Clinique médicale, traduct. de Jaccoud. Paris, 1862. — Barella, Sciatique grave guérie par l'arsenic ( Journ . de méd. de Bruxelles, 1863). — Trousseau, Traitement de la sciatique par les pois médicamenteux (Gaz-, hôp., 1863). — Fuller, Clinical Lectures on Seiatica ( The Lancet, 1864). — Rosenthal, Neuralgia ischiadica (Wiener allg. med. Zeit., 1864). — Lasègue, Considérations sur la sciatique ( Arch . yen. de med., 1864). — Betz, Zur Pathologie und Thérapie der Ischias ( Memorabilien , 1865). Benldikt, Resultate der eleclr. Untersuchung (Wiener med. Presse, 1864). — Ueber Neuralgien (Wochenschr. der Wiener Aerzte, 1867). — Betz, Ueber bilaterale Ischias (Memorabilien, 1867). — Luton, Gaz. hebdom., 1869. — Lacrelette, De la sciatique. Elude hist., semiol. et thérap., thèse de Paris, 1869.

Vitali, Consideraiioni sulla seiatica (Ann. univ. di med., 1869). — Lawson, Med. Times and. Gaz. 1869. - Bousseau, Deux obs. de névralgie du nerf saphène externe ' hop., 1869). - Clarke, The treatment of seiatica (Med. Times and. Gaz 1870) RoszmiKL Neuralgia ischiadica (Gestes. Zeits. f. prakt. Ileilkunde, 1870). - Wei- ■ er, iebei Ischialgie (Wiener med. Wochen, 1870).

rare, est le seul qui mérite en réalité l’appellation de névralgie sciatique.

Causes. Bien que les névralgies sciatiques tirent de leur fréquence , et de leur ténacité une importance plus grande que les névralgies lombaires, cependant l’étiologie ne présente rien qui leur soit propre ou qui soit en dehors des catégories fondamentales que nous avons établies. Parmi les causes intrinsèques, la névrite, la tuméfaction du névrilème, J les névromes, ont ici leur influence pathogénique ordinaire ; sur la foi d’une observation mal interprétée, on admet depuis Cotugrio que l’œdème du nerf sciatique est une des causes possibles du mal; mais il y a longtemps que Romberg, reproduisant les conclusions du médecin de Naples, a montré qu’il n’avait point attaché à ce fait la valeur qu’on lui a depuis attribuée. Cotugno avait de puissants motifs pour réserver son jugement, car le malade était mort avec une hydropisie des deux membres inférieurs ; et comme la putréfaction du cadavre était fort avancée au moment de l’autopsie, on n’examina que le nerf du côté douloureux, de sorte qu’il n’y eut pas d’appréciation comparative. L’impression du froid et de l’humidité sur les branches superficielles du plexus est une des causes les plus fréquentes de la névralgie; il est vraisemblable que celte cause n’agit que par l’intermédiaire d’une inflammation ou d’une congestion des nerfs ; mais ce n’est là qu’une présomption, à l’appui de laquelle je ne pourrais guère citer que les observations de Bichat et de Martinet. La piqûre de la saignée du pied, la constriclion exercée par des chaussures trop étroites, ont souvent provoqué des névralgies rebelles. — Les causes extrinsèques sont extrêmement nombreuses en raison de la vaste sphère du plexus sacré ; les tumeurs anévrysmales ou autres delà jambe et de la cuisse, les ostéites, les enchondromes, les cancers du bassin, le gonflement des ganglions rétro-péritonéaux, les tumeurs des organes abdominaux (reins, phlegmons périnéphrétiques, psoïtis) ou pelviens (utérus, rectum), les tumeurs slercorales (Hasse), la compression exercée par la tête de l’enfant dans les accouchements laborieux, les altérations du sacrum, des vertèbres lombaires (1), des méninges spinales, enfin les productions morbides intra-vertébrales qui agissent sur les nerfs de la queue de cheval, sont autant de causes extrinsèques directes dont la sciatique est bien souvent la première révélation. Il en est de même des lésions de la moelle ( causes centrales ) qui intéressent directement ou par irradiation les cellules originelles des nerfs sacrés. — Les causes constitutionnelles nous sont connues, il convient seulement de signaler la fréquence du rhumatisme et de la syphilis.

Symptômes et «liagnostie. — Le siégé de la DOULEIR N Ul ÎG , le plus

(1) Dans un cas, liasse a trouvé le névrilème des nerfs sacrés enflammé et épaissi à l'émergence vertébrale par des dépôts de tubercules ; il n’y en avait ni dans les os ni dans le canal vertébral (Hasse, loc. cit., 2' édition, 18G8).

Page 1