NÉVRALGIES DIJ PLEXUS SACRÉ
ordinairement elle occupe les branches génito-crurale et fémoro- cutanée du nerS fessier inférieur ou petit sciatique, et dans ce cas elle se fait sentir dans la région fessière à la partie postéro-externe de la cuisse, et accessoirement au périnée et jusque dans le scrotum; quand la névralgie affecte la branche articulaire du sciatique et le nerf péronier, la douleur occupe les deux côtés de l’articulation du genou, la région externe et antérieure de la jambe, et la portion correspondante du dos du pied; est-ce le sciatique poplité externe qui est pris, particulièrement le rameau tibial antérieur, alors c’est le côté interne du pied et les premiers orteils qui sont le foyer du mal ; dans la sphère du sciatique poplité interne, la douleur est souvent limitée au saphène externe, auquel cas elle se manifeste derrière la malléole externe, au côté externe du talon, du pied, et dans les deux derniers orteils; les nerfs plantaires proprement dits ( névralgie plantaire ) sont plus rarement affectés. 11 est exceptionnel, même dans les névralgies de cause centrale, que toute la sphère du plexus sacré soit intéressée, ün conçoit, d’après ces notions sur le siège variable du mal, qu’il ne peut y avoir rien de régulier ni de constant dans la situation des points douloureux fixes qui ont été donnés comme pathognomoniques. Parmi ceux qui ont été indiqués par Yalleix, les principaux sont les suivants : le point lombaire, au-dessus du sacrum ; le point sacroiliaque, sur l’articulation de ce nom ; Y iliaque, vers le milieu de la crête de l’os; le fessier, au sommet de l’échancrure sciatique (ce point qui est dit correspondre à l’émergence du grand nerf sciatique correspond aussi au nerf fessier inférieur)-, trois points fémoraux, supérieur, moyen et inférieur, au niveau de l’origine des principaux nerfs collatéraux du tronc du sciatique; le point poplité au niveau de sa bifurcation; le rotulien sur le bord externe de la rotule (rameau articulaire du poplité externe)-, le péronéo-libial vers l’articulation du tibia et du péroné (émergence du saphène péronier)-, le point péronier au niveau du trajet décrit. par le poplité externe autour du col du péroné ; le point malléolaire cà la partie postérieure de la malléole externe ( saphène externe) ; enfin le dorsal du pied et le plantaire externe.
Il est rare que la névralgie débute brusquement ; c’est d’abord une simple sensation d’engourdissement et de pesanteur dans le membre, avec ou sans fourmillements plantaires, et au bout de quelque temps la douleur éclate dans l’une quelconque des régions ci-dessus énumérées. Comme dans les autres névralgies, cette douleur est double ; il y a un élément continu, à caractère contusif et profond, et un élément paroxystique qui se manifeste par des élancements ascendants, descendants ou irréguliers, dans un territoire d’étendue variable; ordinairement les douleurs paroxystiques ne forment pas des accès nettement séparés, la phase de répit est si courte que les douleurs sont simplement rémittentes ; elles peuvent acquérir la même violence que dans la prosopalgie, et la situation du pa-
tient est alors tout aussi lamentable : des hommes robustes et courageux se tordent en gémissant sur leur lit de souffrance ; tout mouvement est impossible pendant l’acmé, et dans les moments de rémission la motilité reste entravée, hésitante, pénible, soit que les contractions musculaires réveillent la douleur, soit que le malade en redoute simplement le retour. La douleur est accrue par l’excitation superficielle des téguments, par les mouvements communiqués (surtout par ceux de la hanche), par le contact du talon sur le sol, par les efforts de défécation, par les secousses de la toux; comme la simple tension des aponévroses suffit souvent pour augmenter le mal, le membre est habituellement maintenu dans une position demi-fiéchie. Dans bon nombre de cas, la douleur, quelque vive qu’elle soit, n’est ressentie que dans les parties molles, mais, dans d’autres, elle se fait sentir térébrante et profonde dans les os et les articulations. Nous avons établi, en étudiant le diagnostic du tic douloureux, la véritable signification de ce phénomène; dans la sphère de la cinquième paire, il révèle une névralgie d’origine intra-crânienne; dans la sphère du plexus sacré, il indique une névralgie d 'origine intra-vertébrale ; avec ces douleurs profondes coïncident parfois des aberrations de la sensibilité consistant en fourmillements, picotements, sensation de duvet ou de plume, ou bien encore des impressions douloureuses telles que douleurs rachidiennes spontanées ou provoquées, douleurs en ceinture ; alors la névralgie n’est pas seulement intra-vertébrale, elle a certainement pour origine une lésion de la moelle ou une lésion des méninges agissant sur le système spinal postérieur. Dans ces diverses circonstances, la sciatique est ordinairement double ; elle peut l’être aussi lorsqu’elle reconnaît pour cause une compression intra-pelvienne ; mais, en dehors de ces groupes de faits, la dualité est absolument rare. — Les irradiations sensitives sont peu nombreuses; des douleurs dans les branches postérieures des nerfs sacrés, une douleur épigastrique avec nausées, sont les plus communes. — Les irradiations motrices sont des crampes, des secousses musculaires, quelquefois au moment de l’acmé un tremblement général passager. — Les synergies vaso-motrices sont nulles ou peu connues; quand la névralgie est ancienne, le membre maigrit, les muscles s’atrophient ; mais cette dénutrition tardive est simplement le résultat de l’immobilité prolongée. J’appelle en revanche une sérieuse attention sur un fait nouveau dont j’ai fixé la valeur sémiologique : lorsque des névralgies disséminées sur plusieurs branches du plexus sacré sont compliquées dès les premiers jours de paralysie et d’atrophie dans les muscles innervés par les fibres motrices correspondant aux fibres sensibles douloureuses, c’est une névrite atrophique qui est eri cause, et, en raison de leur dissémination, ces névrites doivent être regardées comme la première étape de la maladie à laquelle j’ai donné le nom d 'atrophie nerveuse progressive.
Les névralgies sciatiques ont le plus souvent une marche rémittente,