‹ Traité de pathologie interne (volume 5)Chapitre 90 sur 155 · NÉVRALGIES DU PLEXUS SACRÉ · texte numérisé non relu

NÉVRALGIES DU PLEXUS SACRÉ

olles sont rarement périodiques; les exacerbations ont lieu d’ordinaire dans la seconde moitié du jour et au commencement de la nuit. Quand le mal est produit par une cause matérielle, il dure autant qu’elle, ou bien l’hyperesthésie aboutit à l’anesthésie, avec impuissance motrice plus ou nl0ins prononcée; cette terminaison peut aussi être observée dans la névralgie qui ne dépend d’aucune altération organique, mais elle est alors beaucoup plus tardive, ce n’est qu’après des années de souffrance que l’excitabilité des nerfs malades est définitivement épuisée, encore ce phénomène est-il loin d’être constant. — En raison de la fréquence des causes extrinsèques, l’examen clinique de toute névralgie lombo-sacrée doit être complété par Y exploration de l’abdomen, de la colonne vertébrale, et par le toucher rectal et vaginal.

Traitement. — Les indications et les moyens de les remplir sont les mêmes que dans les autres névralgies, ils nous sont connus; je mentionnerai seulement quelques médications qui sont spécialement utiles dans les névralgies sciatiques et crurales ; ce sont les lavements laudanisés concentrés (15 à 20 gouttes de laudanum de Sydenham dans 60 ou 80 grammes d’eau); l’huile essentielle de térébenthine en potion càla dose de 10 grammes par jour, ou en lavement à la dose de 15 grammes ; on fait prendre d’abord un de ces lavements le soir, et plus tard on peut en donner un matin et soir (ce médicament réussit mieux dans les cas subaigus que dans les cas aigus). Dans les névralgies congestives produites par l’action du froid et qui sont caractérisées par leur cause, par la soudaineté de leur début, la violence des douleurs, et parfois même par un léger mouvement fébrile, il est utile de commencer le traitement par l’application de ventouses scarifiées sur la région lombo-sacrée et sur le membre inférieur; après quoi c’est aux vésicatoires volants répétés coup sur coup qu’il convient de s’adresser; dans la sciatique d’origine rhumatismale, l’iodure potassique à hautes doses a donné de remarquables succès. Parmi les moyens topiques, il convient de signaler la cautérisatiou intercurrente, les cautères à pois médicamenteux (opium et belladone) de Trousseau, les empkàtres de nitrate d’argent (60 centigrammes a 1 gramme de sel pour 30 grammes de préparation emplastique) recommandés par Betz, et avant tout l’électricité. Lorsqu’on a le choix des appareils, il est préférable d’employer le courant constant, dont la souveraine efficacité' est établie par les nombreuses observations de Remak, Benedikt, Rosenlhal, etc. ; dans le cas contraire, on obtiendra de bons résultats au moyen d’un appareil d’induclion, si l’on a soin d’électriser avec l’éponge humide d’une part, et le pinceau métallique de l’autre ; je recommande spécialement un procédé qui consiste à électriser avec un seul des fils du pinceau; ce mode d’électrisation, qui est tellement puissant qu’il fournit des étincelles avec le petit appareil de Legendre et Morin, mérite d’être vulgarisé ; il est fort douloureux, c’est vrai, mais il a rarement trompé mon attente.

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