HYPERKINÉSIE DU FACIAL. — TIC CONVULSIF
tic non douloureux ou convulsif. Les impressions morales vives, l’imitation, doivent être mentionnées comme causes exceptionnelles; dans quelques cas, enfin, l’excitation réflexe ne vient ni du trijumeau ni de l’organe de l’idéation, elle naît dans l’intestin (helmintliiasis) ou dans l’utérus.
SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC
La convulsion mimique est clonique ou tonique; la première forme, qui est de beaucoup la plus fréquente, consiste en secousses instantanées qui contorsionnent par des grimaces bizarres une moitié de la face ; la diduction subite des commissures palpébrales et labiales ( rire sardonique ), le froncement du front, le clignement des paupières, l’ascension ou la distorsion des joues et de l’aile du nez, sont les effets les plus ordinaires de cette hyperkinésie ; mais toutes les combinaisons imaginables sont possibles, on a même observé ces mouvements convulsifs dans le pavillon de l’oreille. Comme la crampe est presque toujours unilatérale, le calme et l’expression naturels de l'autre moitié de la face contrastent d’étrange sorte avec l’agitation grimaçante du côté malade. Le tic est fréquemment limité à quelques-uns des rameaux du facial, aux palpébraux, par exemple, d’où la nictitation et le blépharospasme ; dans d’autres cas, il s’étend à toute la sphère expressive de la septième paire ; ailleurs, enfin, il en dépasse le territoire, et des irradiations motrices ont lieu dans les muscles animés par le nerf masticateur, l’accessoire ou l’hypoglosse. — Les secousses sont rarement continuelles, elles apparaissent plutôt sous forme de paroxysmes dont la durée varie depuis une fraction de seconde jusqu’à une ou deux minutes. Plusieurs observations de de Gràfe prouvent que la pression sur certains points variables chez les divers malades peut suspendre la convulsion; lorsque ces points sont peu nombreux et limités, ils deviennent de précieux jalons pour la névrotomie. Ces petits accès reviennent spontanément, ou bien ils sont provoqués par une impression morale, intellectuelle ou physique, qui agit comme excitant réflexe ; ces mouvements anormaux troublent les mouvements naturels de l’articulation des sons, de la mastication, de la déglutition, et la représentation idéale (l’imagination) de 1 un de ces actes fonctionnels ou de tout autre mouvement normal de la face suffit souvent poui ïamener un paroxysme; les accès d’origine réflexe cessent ordinairement pendant le sommeil, comme les mouvements de la choree, mais cette pause manque souvent lorsque les mouvements sont réellement spontanés.
La fqrme tonique est caractérisée par le spasme persistant des muscle: doù résulte la déviation partielle ou totale d’une moitié de la face- 1 menton, les lèvres et l’aile du nez sont entraînés du côté malade, la corn
JACCOUD. — Path. int., 3e édit.
missure labiale est tirée en bas dans le même sens, les sourcils sont élevés ou abaissés, les paupières ne peuvent être complètement closes à cause . de la résistance spasmodique du muscle frontal, et si l’on tente de les fermer, cette excitation exagère aussitôt la contracture de tous les muscles atteints. On les sent durs et tendus sous les téguments, ils ne prennent aucune part aux mouvements exécutés par l’autre moitié du visage; la mastication ne se fait que du côté sain, la parole est confuse et inintelligible. Dans deux cas de Romberg et de Hall, celte crampe tonique a succédé à une paralysie du nerf facial du même côté. — Qu’il s’établisse brusquement ou graduellement, le tic convulsif a une marche chronique et une durée indéterminée ; il peut, comme toutes les névroses de motilité, survivre à sa cause, et devenir une modalité organique habituelle. Sans gravité au point de vue du danger qu’elle engendre, la maladie est tout à fait sérieuse si l’on en considère les chances de guérison.
La forme tonique pourrait être prise pour une paralysie faciale de l’autre côté ; mais dans la crampe, ce sont les muscles du côté dévié eu dehors qui sont immobiles, dans la paralysie ce sont les muscles du côté dévié en dedans vers la ligne médiane ; dans la crampe, les muscles immobiles sont saillants et rigides, dans la paralysie ils sont souples et mous ; dans la crampe, les muscles du côté dévié en dedans (côté sain) ont leur réaction électrique normale, dans la paralysie les muscles de ce même côté (qui est le côté malade) présentent le plus souvent une réaction diminuée ou nulle.
TRAITEMENT
Les bains de vapeur, l’opium, la poudre de Dover et les évacuants sont spécialement indiqués lorsque la convulsion est produite par le froid; en l’absence de cette cause, on aura soin de rechercher si quelque lésion irrite un des rameaux de la cinquième paire, et eu cas d’affirmative on obéira à Findication causale en faisant disparaître la cause elle-même, ou en rompant la voie qui en transmet l’excitation; l’extraction de dents cariées, l’ablation de ganglions malades ressortissent au premier procédé, la section des filets de la cinquième paire appartient au second, et les faits de Romberg et de von Grafe sont entre autres de beaux exemples de succès. Si l’indication causale est nulle, il convient d’avoir recours aux stupéfiants et aux anesthésiques locaux ; les applications de chloroforme, les pulvérisations d’éther, les injections sous-cutanées de morphine, et le bromure de potassium à hautes doses, sont les moyens les plus rationnels, mais ils échouent souvent. Quelques individus ont été soulagés et même guéris par la compression d’une pelote appliquée sur le tronc du facial ou sur les muscles convulsés. Comme on ne peut songer à sectionner le
HYl'EUKIiNÉSlE L)E L’ACCESSOIRE DE \\ ILLIS.
facial en raison de la paralysie consécutive, Dieffenbach a exécuté la section sous-cutanée des muscles atteints, et, quoique le cas fût très-ancien, le succès a répondu à son attente : des tremblements fibrillaires à peine appréciables ont remplacé la convulsion.