‹ Traité de pathologie interne (volume 5)Chapitre 97 sur 155 · DES EXTRÉMITÉS · texte numérisé non relu

DES EXTRÉMITÉS

tiennes sont elles-mêmes fléchies, et les doigts et le poignet sont comme enroulés dans le sens de la flexion; ailleurs les doigts sont écartés les uns des autres et imcomplétement fléchis (main en griffe); parfois ils sont rapprochés et tendus comme dans l’acte d’écrire; enfin le poignet lui-même, au lieu d’être fléchi, peut être étendu (Hérard), mais c’est là un fait exceptionnel ; il en est de même de la flexion du pied sur la jambe avec extension des orteils.

Les muscles contracturés et les jointures voisines sont le siège de douleurs vives qui augmentent et diminuent avec 1 intensité de la ciampe. alors même que celle-ci est continue, elle n’est jamais uniforme, elle présente des rémissions voisines du relâchement complet, et des redoublements qui sont spontanés, ou provoqués par les mouvements, par les tentatives de redressement, lesquelles sont toujours extrêmement douloureuses. Dans d’autres cas, la crampe est réellement intermittente, elle peut même être périodique et affecter un type quotidien, tierce ou octane ( Perrin). Ordinairement bilatérale, la contracture peut cependant être bornée à un côté du corps; elle peut en revanche dépasser les segments inférieurs des membres auxquels elle est ordinairement confinée, et atteindre le bras, la cuisse, l’épaule, la hanche et même les muscles du tronc, notamment ceux du ventre, du dos, du cou et de la mâchoire; lorsque le spasme envahissant persiste, en outre, dans les parties qu’il a primitivement atteintes, l’aspect du malade ne diffère pas de celui qui caractérise le tétanos. La contracture des muscles de l’œil a été observée, mais elle est rare; il en est de même de celle du diaphragme, qui plus d’une fois cependant a causé la mort.

A côté de ces symptômes fondamentaux, quelques phénomènes inconstants méritent d’être signalés ; ce sont les contractions fibrillaires des muscles contracturés, les convulsions cloniques qui, chez les enfants, alternent souvent avec les crampes limitées, la gangrène des faces latérales des doigts par pression exagérée (Hérard), un gonflement œdémateux qui siège autour des jointures intéressées, ou même loin de toute articulation sur le dos de la main (Delpech) et de l’avant-bras. Le plus souvent apyrétique, la tétanie est parfois accompagnée d’un léger mouvement fébrile à type rémittent ou intermittent dont les exacerbations coïncident avec celles du spasme; on peut observer alors des vomissements et de la diarrhée. Dans quelques cas, enfin, la crampe est remplacée par une paralysie qui ajoute à la longueur de la maladie sans en modifier le pronostic lorsqu’elle reste limitée aux membres ; malheureusement il n’en est pas toujours ainsi, et l’on a vu (Tardieu, Trousseau) l’extension de celle paralysie r secondaire aux muscles respirateurs amener une mort rapide dont l’aui lopsie n’a pu rendre compte. La possibilité de semblables exceptions doit toujours être présente a l’esprit, mais elle ne doit pas faire perdre de vue I l.i bénignité ordinaire de la tetanie, qui non-seulement guérit presque

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