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CHAPITRE IT

INTOXICATION MERCURIELLE. — HYDRARGÇGYRISME.

L'intoxication mercurielle (1) est THÉRAPEUTIQUE ou PROFESSIONNELLE. Cette dernière est aujourd’hui la plus importante ; mais l’autre a longtemps été prépondérante, un peu par ignorance des notions d'hygiène profes-

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988 INTOXICATIONS. — DYSCRASIES TOXIQUES.

sionnelle, et beaucoup par abus véritable de la médication mercurielle. De plus, à cette prépondérance réelle, s'ajoutait une importance artificielle née de la confusion qui était faite entre les symptômes de lintoxication, et les symptômes des maladies contre lesquelles le mercure était administré. De là, pour la pathologie de l’hydrargyrisme, une richesse d'emprunt qui en a faussement agrandi le domaine ; de là aussi, un débat, qui a produit des volumes, sur la part du mercure dans les symptômes attribués à la syphilis et sur le traitement de celle-ci sans mercure. L'observation a fait justice de ces conceptions erronées, et il suffit d’opposer la pauvreté de la littérature médicale sur ce sujet depuis dix ans à l’exubérant épanouissement qu’elle à présenté dans les périodes antérieures, pour être convaincu que le terrain a été déblayé, et que la question de l’hydrargyrisme a été ramenée à ses véritables proportions. À cette phase d’épurement, dont ils ont marqué le début, appartiennent de remarquables travaux sur l’évolution du mercure dans l'organisme, entre lesquels ceux de Bärensprung, Voit et Overbeck brillent au premier rang.

Le mercure pénètre dans l’économie par la peau, par l'appareil respiratoire et par l'appareil digestif. À chacune de ces voies d'introduction correspond un groupe spécial de préparations; ainsi, les frictions à l’onguent mercuriel et les cautérisations au nitrate acide de mercure constituent l’intoxication la plus habituelle par l'appareil tégqumentaire: -— les vapeurs mercurielles s’introduisent par les voies respiratoires, et sont la principale source de l’intoxication professionnelle; — enfin, l'appareil digestif est la porte d’entrée des préparations sèches et liquides, qui ressortissent à la thérapeutique ou à la toxicologie.

Quelle que soit la voie d'entrée, et quelle que soit la forme sous laquelle le métal est introduit, il subit dans l’économie une remarquable évolution (1); il est {ransformé en sel soluble par l’action combinée des chlo-

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INTOXICATION MERCURIELLE. — HYDRARGYRISME. 989

rures alcalins et de l’albumine, et il existe dans l’organisme sous forme d'albuminate d'oxyde de mercure combiné avec le chlorure de sodium. Les recherches de Voit et d’Overbeck ont établi le rôle nécessaire de l'ozone dans la formation de ce sel double; l'interprétation ne diffère que par les détails : selon Voit, c’est le mercure lui-même qui détermine la modification de l'oxygène en ozone, et les globules du sang auraient pour rôle de lransporter l'ozone, du mereure au chlorure de sodium, lequel accomplit, avec l'aide de l’albumine (Selmi et Grimelli), la métamorphose du métal en sel soluble. — Le processus serait plus simple, d’après Overbeck, en ce que le métal n'aurait aucune propriété ozonogénique, mais trouverait tout fait dans le sang et dans les sues des tissus, l'ozone nécessaire à la formation du sel double, qui est l’aboutissant ultime et constant de l’évolution du mercure dans l'organisme. La propriété ozonogénique qu'Overbeck refuse au mercure, il l'attribue au fer de l’hématine des globules sanguins. — La formation du sel double est, à vrai dire, le seul fait positif; même la transformation initiale du mercure en sublimé laquelle, d’après Voit et Overbeck, serait la première et nécessaire étape du processus, n’est pas absolument certaine. Dans des recherches plus récentes, Blomberg a été conduit à une autre interprétation; au lieu de cette formation transitoire de sublimé, il admet une oxydation directe du mercure par l’ozone de lorganisme, et une combinaison de cet oxyde à l’état naissant avec l’albumine, combinaison qui circule à travers les tissus, dissoute dans un liquide chargé de chlorure de sodium et d’albumine. Il est certain que si la théorie de Voit était exacte, on devrait observer souvent des phénomènes d'empoisonnement par le sublimé, notamment après les frictions mercurielles répétées. Du reste, Overbeck a parfaitement établi que cette opinion est trop absolue, en démontrant que la transformation du calomel en sublimé n’est pas totale, et que Le calomel introduit dans l’organisme donne lieu à une formation de mercure métallique.

Plus récemment les travaux de Bellini ont également établi que la transformation du calomel en sublimé n’est point du tout ia règle; ces remarquables recherches peuvent être ainsi résumées : introduit dans

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‘990 INTOXICATIONS. — DYSCRASIES TOXIQUES.

l'appareil digestif en l’état de vacuité, le calomel est amené à l’état dissous, en petite partie dans l’estomac, en grande partie dans lintestin grêle. Dans l'estomac, la solution résulte des chlorures alcalins et de l’acide lactique ; il se forme d’une part un sel double de chlorure de mercure et de chlorure de sodium ou d’ammonium, et d'autre part un lactate de mercure. Dans l'intestin grêle la solution est Le fait des carbonates alcalins, qui donnent aussi lieu à de l’oxyde de mercure et à la formation du sel double. — [ngéré pendant la digestion stomacale, le calomel est décomposé en totalité ou en très-grande partie par Les substances protéiques, pour la plus grande proportion en mercure métallique, pour la plus petite en une combinaison soluble. Si l’estomac ne contient point de substances protéiques, mais seulement des hydrocarbures, le calomel subit les mêmes transformations qu’en l’état de jeûne.

Quoi qu’il en soit des étapes, le terme final est certain, c’est la formation du sel double, albuminate d'oxyde de mercure uni au chlorure de sodium. Ce sel se présente aux organes d'élimination, et apparait dans les urines, dans la salive, dans la bile et à la peau. L’expérimentaion a prouvé que, chez les animaux, l'intestin est la voie d’élimination la plus précoce et la plus active; pourtant Overbeck, à qui est due cette conclusion, n’a pu retrouver le mereure dans les fèces de l’homme. Si J’absorption a été considérable, le mercure se dépose dans les organes, et les investigations chimiques ou microscopiques l’ont découvert partout où il a été recherché (Voit, Overbeck, Kussmaul). La similitude est donc complète, entre la genèse de l’intoxication mercurielle et celle de la saturnine ; les rapports variables de l’élimination à l’absorption, et les divers degrés de la susceptibilité individuelle rendent compte des différences observées chez des sujets, soumis en apparence aux mêmes influences morbigènes.

Les eauses de l’intoxication mercurielle peuvent être résumées dans les deux groupes suivants : 1° CAUSES THÉRAPEUTIQUES, usage interne du calomel, du sublimé, du protoiodure, etc. ; frictions mercurielles, fumigations, cautérisations avec le nitrate; — 2° cAUSES PROFESSIONNELLES (1).

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INTOXICA'FION MERCURIELLE. — HYDRARGYRISME. 991

Les principaux travaux qui exposent à l’intoxication sont ceux des doreurs sur métaux, des étameurs de glace, des chapeliers, des ouvriers employés aux mines de mercure, des constructeurs de baromètres, etc. Au reste, la lecture de la bibliographie ci-jointe pourra donner une idée exacte de la multiplicité des causes du mercurialisme industriel. On comprendra facilement la fréquence .de cette intoxication, si l’on songe que le mercure, ainsi que l’a démontré Merget, émet encore des vapeurs à une température de — 40°, et que l'émission deces vapeurs a lieu avec une force telle que, dans un espace libre, elles peuvent être projetées jusqu’à 1700 mètres de distance.

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992 INTOXICATIONS. — DYSCRASIES TOXIQUES.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Le mercure à été retrouvé dans presque tous les organes, onen a même constaté la présence dans les os; ce dernier fait a rapport aux intoxications par frictions et par fumigations de cinabre. L’altération du sANG consiste dans la diminution de l’albumine et des globules rouges, dans l’augmentation de la coagulabilité et peut être aussi de la quantité de la fibrine (Overbeck), enfin dans l'accroissement ordinaire, mais non constant, de la quantité d’eau.

Dans un cas d'intoxication rapide par le cyanure de mercure, Klebs a constaté, entre autres lésions, une DÉGÉNÉRESCENCE GRAISSEUSE très-prononcée du foie, avec accumulation d'éléments lymphoïdes dans les gaînes des vaisseaux portes ; 1l y avait dans les reins une stéatose commencçante des canalicules de la substance corticale ; les muscles du tronc et des extrémités n'avaient plus de striation et présentaient un trouble finement granuleux. Bien qu'il s'agisse ici d’un cas à marche très-rapide, il est permis cependant d'appliquer ces données aux intoxications lentes, mais assez graves pour menacer la vie. »

Dans les expériences qu'ils ont entreprises sur eux-mêmes, Mayençon et Bergeret ont constaté que l’ingestion du sublimé continuée pendant quelques jours, donne lieu à une fluxion des reins avec chute de l’épithélium, à la formation de mucosités et de sédiments dans l’urine, à une fluxion du foie avec augmentation de la sécrétion biliaire, et à la tuméfaction de la muqueuse buccale avec gonflement des glandes salivaires. C’est principalement dans l'urine et dans les fèces qu’ils ont retrouvé le mercure, et

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INTOXICATION MERCURIELLE. — HYDRARGYRISME, 993

ces deux voies d'élimination sont, pour l'abondance, en raison inverse l’une de l’autre.

Quant à la pénétration des globules mercuriels à travers la peau à la suite de frictions, fait qui semblait définitivement établi par les expériences d'Overbeck, de Blomberg et d’autres observateurs, elle n’est plus guère admissible en présence des recherches très-ingénieuses de Rindfleisch, lequel a montré aussi que l'application directe du mercure sur les muqueuses, sur les séreuses, dans la cavité péritonéale, n’était pas suivie de pénétralion. Si done, à la suite de l’ingestion, on retrouve des globules de mercure dans les glandes lymphatiques du mésentère, c’est, d’après lui, parce que ces globules arrivent dans le courant lymphatique par les ulcérations intestinales, qu'il croit constantes en pareil cas. Le même observateur a toujours retrouvé dans les fèces de gros globules de mercure, dont la surface était partiellement transformée en oxydule.

SYMPTOMES ET MARCHE

Le début des accidents diffère suivant la source de lintoxication; ainsi le MERCURIALISME THÉRAPEUTIQUE S'annonce presque toujours par la stomatite ; il est même rare qu'il aille au-delà, si la cause est supprimée et si le traitement est bien dirigé; dans tous les cas, les accidents nerveux et la cachexie sontsecondaires.

Le MERCURIALISME PROFESSIONNEL peut débuter aussi par la stomatite et par la salivation, mais plus souvent il se manifeste d'emblée par d’autres accidents, notamment par des phénomènes nerveux, et la cachexie peut survenir sans qu'il y ait jamais eu d’inflammation buccale. Souvent c’est le tremblement qui est le symptôme initial; dans d’autres cas, c’est une modification générale de l'organisme, connue depuis Pearson sous le nom d'éréthisme mercuriel. Les caractères principaux de cet état sont les suivants : perte de l'entrain et des forces, décoloration du visage qui devient päle ou grisàtre, amaigrissement, apathie au travail, irritabilité psychique extrême, lourdeur habituelle de tête allant jusqu’à la douleur, vertige, tintements d'oreille, douleurs dans les membres et dans les jointures, tressaillements involontaires surtout à la face, enfin incertitude des mouvements délicats, de l'écriture par exemple, surtout lorsque le malade se sait regardé. Quand l'appareil digestif est en cause, ce qui n’est pas constant, on observe les signes plus ou moins marqués d’un catarrhe gastrique, qui disparaît rapidement si l'individu est soustrait à l'influence toxique; mais si la cause nocive n’est pas supprimée, on voit survenir le tremblement, soit seul, soit avec d’autres accidents. Cela dit sur ce début spécial du mercurialisme professionnel, voyons les effets communs de cette intoxication.

JACCOUD. — Path. int., 6e édit. 11, — 63

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Appareil digestif (1). — J'ai décrit ailleurs la stomatite, je n’y reviens pas. L’ANGINE CHRONIQUE est souvent liée à de petites ulcérations plates, de couleur cuivrée, et à récidives fréquentes. Kussmaul déclare que la connaissance de cette angine est d’une grande importance pratique, mais il ajoute qu’il n’est pas possible de la distinguer d’une forme semblable de l’angine syphilitique, ce qui me paraît diminuer singulièrement cette grande valeur clinique. — Le ptyalisme mercuriel pancréatique de de Dietrich, la lientérie mercurielle de Falck, sont fort problématiques; il n’en est pas de même d’un CATARRHE GASTRO-INTESTINAL, Qui, en raison de sa persistance, peut compromettre labsorption, par conséquent la nutrition, et produire un effet analogue à celui de linanition. Il est bon de noter que chez les animaux, on a pu provoquer une ulcération néerosique de l'intestin par des frictions mercurielles sur la peau. D'éminents observateurs, entre autres Graves et Rokitansky, ont rangé le mercurialisme parmi les causes de l’altération lardacée du foie et de la rate; Graves surtout insiste beaucoup sur les rapports de Paltération du foie avec l’imprégnation mercurielle ; mais ses observations, comme celles de Rokitansky, concernent des syphilitiques, et jusqu’à nouvelle preuve, ces lésions hépato-spléniques doivent être distraites de la pathologie de l’intoxication mercurielle.

Appareil d’innervation (2). — Ici encore, le domaine de lhydrargy-

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(2) DIETERICH, FALCK, KUSSMAUL, OVERBECK, loc. cit.

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INTOXICATION MERCURIELLE. — HYDRARGYRISME. 995

risme a été élargi ontre mesure, et de fait les arthralgies, le tremblement, les paralysies sont les seuls désordres bien positifs. — Pendant le repos, le TREMBLEMENT est nul, ce qui le distingue de la paralysie agitante, mais le malade veut-il faire le moindre mouvement qu’aussitôt des oscillations surviennent, et augmentent d'intensité en raison directe de l'effort, et de l’étendue du mouvement voulu. En général, le tremblement mercuriel s’annonce lentement, il est le signe d’une intoxication invétérée, il envahit successivement les membres supérieurs, les membres inférieurs, la tête, les lèvres et la langue, ce qui détermine une incertitude de la parole analogue au bégayement. Chez certains malades, le tremblement peut devenir si violent qu’on est obligé de les faire manger, car les mouvements désordonnés sont si prompts, qu'ils se meurtrissent la figure en voulant porter les aliments à leur bouche (Mérat).

Les PARALYSIES sont fort rares, celles que Falek a nommées myopathiques ne sont vraisemblablement que l’effet de la cachexie, ce sont des amyotrophies (Gubler); celles qu'il a nommées névropathiques, sont en général limitées aux mains et aux bras, c’est par exception qu’elles s’étendent aux membres" inférieurs et revêtent la forme de paraplégie. Les observations contemporaines n’ont pas confirmé l'existence de l’épilepsie, de l’hypochondrie, de la manie et de l’idiotisme mercuriels. Même remarque pour l'amaurose et la surdité. Quant aux inflammations oculaires, l'iritis appartient à la syphilis et non au mercure; tout ce qu’on peut attribuer à ce dernier, c’est la conjonctivite, qui accompagne quelquefois la stomatite (Ammon).

Appareil respiratoire (1). — Le CATARRHE LARYNGO-BRONCHIQUE n’esl jamais observé comme manifestation isolée du mercurialisme, mais il accompagne assez fréquemment les autres accidents. Quant à la PHTHISIE PULMONAIRE, elle n’est pas directement justiciable de l’intoxication mercurielle ; mais cet état constitutionnel, agissant à l’égal d’autres causes débilitantes, en favorise le développement. Du reste, toutes ces affections n'ont de spécial que leur cause; il serait superflu de les décrire.

Appareil génito-urinaire (2). — ci encore, nous retrouvons une con-

hemiplegia with rhythmical unilateral tremor of the affected side, after exposure to the influence of mercury and lead (Dublin Journ. of med. Sc., 1873). — Paralysis of the muscles of the hand and forearm from local contact with cattle blister (red oxide of mercury) (Eodem loco, 1873).

(1) Kocu, Bemerkungen über Hydrargyrose (Ganstatt's Juhresb. f. 1855).

FALCK, WALLER, OVERBECK, Loc. cit.

BUCHHEIM, Loc. cit. — HERMANN, Wien. med. Wochen., 1858. — MicHAËLIS, Archiv {. phys. Heilkunde, X.

(2) EiSENMANN, Ueber Urämie (Würzb. Verhandl., 1852). — ROSENSTEIN, Zur Aeliologie der parenchymatôsen Nephritis (Virchow’s Archiv, 1858).—PAyY,Guy's Hosp. Reports, 1860.

COLSON, De l'influence du traitement mercuriel sur les fonctions de l'utérus (Arch,

U96 INTOXICATIONS. — DYSCRASIES TOXIQUES.

fusion presque totale avec la syphilis, témoins le chancre mercuriel et l'orchite mercurielle. Les seuls accidents positifs d’après les observations de Colson sont la métrorrhagie, l’aménorrhée et l’avortement ; la faculté de concevoir n’est pas compromise (Spilsburg, Kussmaul), mais les enfants de parents mercurialisés sont débiles, et apportent souvent en naissant une disposition marquée à la scrofule et à la tuberculose.

Appareil tégumentaire (1). — À la suite de l'application du mercure sur la peau, des éruptions cutanées (hydrargyrie) prennent naissance, qui revêtent la forme d'ÉRYTHÈME, de ROSÉOLE, d’ÉCZÉMA. Ces faits sont trèsfréquents, et mon distingué collègue Isambert a montré que les bains sulfureux déterminent des rougeurs, des phlyctènes et parfois des eschares sur les parties, qui préalablement ont été soumises à des frictions mercuelles. L'usage interne du mercure, sans aucune application cutanée, peut aussi donner lieu à des manifestations cutanées de même forme que les précédentes, ou bien à des poussées d’uURTICAIRE. Cela est rare, mais les cas d'Ascherson, d’Alley, de Kahleis, d’Auer (rapportés par Kussmaul), celui qu'a observé Kussmaul lui-même ne laissent pas de doute sur ce point.

Sous le nom d’'HYDRARGYRIA FEBRILIS, On décrit une éruption qui ressemble beaucoup à la rougeole; les taches, d’abord isolées, se réunissent,

gén. de méd., 1828). — TROUSSEAU et PiDoux, Traité de thérap. — P. DuBots, HUGUIER, ROSEN, Behrend’s Syphilidologie, 1839, 1843, 1860.

SCHLICHTING, De diuresi copiosa et simul salutari loco salivationis exorta. Ephemerid. Norimberg, 1748. — LouvriEr, Nosogr. therap. Darstellung syphilit. Krankheitsformen. Wien, 1819.

(1) B. BELL, Trealise on gonorrhoed virulenta and lues venerea. London, 1793. — Mac MULLIN, De erythemate mercuriali. Edinb., 1805.

ALLEY, Obs. on a peculiar eruptive disease arising from the exhibition of the Mercury. Dublin, 1804. — Obs. on the hydrargyria, or that vesicular disease arising from the exhibition of the Mercury. London, 1810. — MoriarTtY, Description of the mercurial Lepra. Dublin, 1804. — Spexs, On erythema mercuriale (Edinb. med. and surg. Journ., 1805). — Horn, Die Mercurialrose (Dessen Archiv, 1815). — RuTtER, Edinb. med. and surg. Journ., 1809. — Ramsay, Eodem loco, 1811. — Cunisnozm, Eod. loco, 1812. — CrAwrorD, £odem loco, 1820. — KanLeïs, Hufeland’s Journal, 1823. —— HREC- ZYMA, De exanthemate mercuriali. Vilnæ, 1815. — Rayer, Trailé des maladies de la peau. Paris, 1826. — Esser, Gräfe’s und Wallher’s Journal, 1827. — RAmBACH, De hydrargyrosi. Dorpati, 1825. — LoEWENHARDT, Diag. pract. Abhandlungen aus dem Gebiete der Med. and Chir. Prenzlau, 1838. — Baron, Gas. méd. de Paris, 1850. — BRUNZLOW, Preuss. Vereins.-Zeit., 1851. — MarreLs, In Moleschotts Untersuchungen, 1857. — Marx, Journ. de méd. de Bordeaux, 1859. — FaLck, loc. cit. — WALLER, Beiträge zur Lôsung einiger Streitfragen in der Syphilidologie (Prager Viertelj., 1859). — KusSMAUL, loc. cit. — OVERBECK, loc. cit.

ISAMBERT, De quelques accidents locaux dus aux préparations mercurielles appliquées. a la surface de la peau (Bullet. de thérap., 1867).

INTOXICATION MERCURIELLE. — HYDRARGYRISME. D91

les vésicules sont volumineuses; vers le quatrième jour, la desquamation commence, et elle est précédée de mal de gorge et d’exfoliation de la muqueuse palatine et pharyngée. Dans certains cas, la fièvre est violente, l’angine très-douloureuse, l’éruption confluente et pourprée, on observe des phlyctènes, le malade se plaint d’anxiété et d’oppression, c’est l’nv- DRARGYRIA MALIGNA, laquelle peut entrainer la mort du sujet (Alley).

Système osseux (1). — Après d'innombrables controverses, après des erreurs tenant toutes à la confusion du mercurialisme avec la syphilis, on peut conclure aujourd'hui avec Overbeck, Kussmaul et les observateurs les plus autorisés, qu’à l'exception des altérations des maxillaires dans les stomatites graves, il n’existe aucune maladie des os de cause mercurielle.

Cachexie (2). — L'intoxication finit par déterminer une détérioration générale de l’organisme, accompagnée quelquefois d’hémorrhagies, et caractérisée par la décoloration des tissus, par l’æœdème de la face et des extrémités, par une torpeur des facultés intellectuelles, et par un affaiblissement de presque toutes les fonctions.

DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC

Sauf pour la stomatite, dont les traits sont bien caractérisés, on ne peut faire le diagnostie que par la connaissance préalable de la cause, d’où la nécessité, devant un cas douteux ou difficile, de remonter immédiatement à l’étiologie. Il n’est pas jusqu’au tremblement qui, malgré les quelques différences qu'il présente avec le symptôme analogue issu de la

(1) DIETERICH, FALCK, KUSSMAUL, OVERBECK, loc. cit.

HEINTKENS, Veber Tüuschungen durch Quecksilber in Knochen. Nürnberg, 1765. — SWAN, An Inquiry into the action of mercury on the living body. London, 1823. — GRAVES, Clinical Lectures. Dublin, 1848. Trad. de Jaccoud. Paris, 1860. — BEHREND, Syphilidologie., F, 1857. — HERMANN, Behandlung der Syphilis ohne Mercur. Wien, 1857. — MicnaËLis, Wochenbl. der Gesells. der Wiener Aerzte, 1857. — Compendium der Lehre von der Syphilis. Wien, 1859. — VircHow, Dessen Archiv, XVIIT. — PATRUPAN, Oester. Zeits. f. prakt. Heilkunde, 1859. — Sicmuno, Ueber Beinbrücheheilung bei mercurialisirten Syphililischen (Zeits. der Wiener Aerzte, 1860). — JERITTELES, Gibt es Knochensyphilis, ete. Olmütz, 1862.

(2) SOBERNHEIM, Arzneimillellehre. Berlin, 1843. — Avyres, The Lancet, 1845. — Le- 8ERT, Handb. der prakt. Medicin. Tübingen, 1859. — Mosrer, Ueber den Uebergang von Sloffen aus dem Blute in die Galle. Giessen, 1860.

OESTERLEN, BUCHHEIM, SIMON, Loc. cit.

ARMAINGAUD, Le mercure engraisse-t-il? (Bordeaux méd., 1874). — WILBOUCHEWITCH, De l'influence des préparations mercurielles sur la richesse du sang en globules rouges el en globules blancs (Arch. de physiol., 1874).

998 INTOXICATIONS. — DYSCRASIES TOXIQUES.

sclérose en plaques ou de l'alcoolisme, n’ait besoin d’être éclairé par les notions anamnesliques.

Le pronostie dépend de la persistance de la cause et de l'intensité de lintoxication. IT faut aussi tenir compte de l’âge du sujet et de sa constitution; le tremblement, bien que moins grave que la cachexie, n’en in- ‘dique pas moins une intoxication invétérée.

Les intoxications mercurielles légères peuvent guérir par la suppression seule de la cause. Dans tous les cas, les règles de l'hygiène en ce qui concerne le vêtement, l'habitation, les soins de propreté doivent être scrupuleusement observées. Le CHLORATE DE POTASSE, l'IODURE DE POTASSIUM à la dose de À à 3 grammes par jour, les bains sulfureux, S'il n’y a pas d’accidents cutanés, constituent la base de la médication; on en seconde les effets par un régime tonique et par les préparations de quinquina. Les perfectionnements des procédés industriels, la stricte observation des mesures prophylactiques dans les ateliers ont rendu l’hydrargyrisme moins fréquent et moins redoutable; c’est là pour le progrès la voie la plus certaine. Toutefois la volatilisation du mercure à des températures très-basses en rendra toujours le maniement redoutable.

(1) KNoD vON HELMENSTREIT, Usage interne de l’iode (Hufeland's Journal, 1832). — MELSENS et NAT. GUILLOT, Sur l'emploi de l'iodure de potassium pour combattre les affections saturnines et mercurielles (Compt. rend. Acad. Sc., 1844, 1849). — Ann. de Chimie et de Phys., XXVI; 1849. —"SrRuMPF, System. Handb. der Arzneimittellehre. Leipzig, 1855. — SCHWARZENBACH, Verhandl. der phys. med. Gesells. zu Würzburg, 1856. — HERMANN, Oesterr. Zeits. f. prakt. Heilkunde, 1861. — Scarorr, Lehrb. der Pharmalkologie, 1856. — PLEiscuz, Oesterr. Zeits. f. prakt. Heilkunde, 1856. — HER- MANN, Die Behandlung der Syphilis ohne Mercur. Wien, 1857. — LORINSER, Mercur und Syphilis (Wiener med. Wochen., 1858). — HELLER, Aerztl. Jahresb. aus dem K. K. allg. Krankenhause zu Wien, 1857-1859.

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GAUDEFFROY, De l'emploi de l’iodure de potassium dans le tremblement mercuriel.

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