TROISIÈME PARTIE
MALADIES GÉNÉRALISÉES
Les maladies que je groupe sous ce chef manquent de localisation fixe et univoque, leurs déterminations sont multiples et diffuses; conséquemment, là NOTION ANATOMIQUE ne peut plus servir de base de classification, et je lui ai substitué la notion étiologique, qui est ici d'ordre fondamental. La multiplicité des déterminations locales démontre à l’origine de toutes ces maladies une altération constitutionnelle préalable ; or la genèse de cette altération générale a lieu suivant DEUX MODES ENTIÈREMENT DISTINCTS. Dans l’un, la maladie est suscitée par l'introduction dans l'organisme d’un agent morbigène qui l’infecte ou l'impressionne à la manière d'un poison : — dans l’autre, la maladie est la conséquence d’une perturbation spontanément développée, c'est un désordre autochthone ou endogène. De cette notion surgit une division étiologique naturelle des maladies généralisées en trois classes, l’une comprenant les maladies infectieuses ;: — la seconde, les intoxieations:; — la troisième, les MALADIES ou dystrophies constitutionnelles. Les deux premières classes répondent au premier mode pathogénique ; elles sont rapprochées par ce fait commun que l'agent morbigène vient du dehors, il n’est pas né dans l’organisme.
Les maladies INFECTIEUSES sont souvent appelées zymotiques : tandis que la première de ces désignations se rapporte à la genèse de la maladie, la seconde a trait au processus morbide lui-même, et elle exprime la comparaison qui à été établie entre les désordres nés de l'infection, et les phénomènes de la fermentation (&uwoow); par extension de la même 1dée, on à donné le nom de microzyme au poison ou ferment morbigène qui provoque le travail de fermentation. Ce rapprochement, qui n’était, 1l y a quelques années, qu'une ingénieuse analogie, a aujourd'hui en sa faveur un fait de première importance, qui est celui-ei : il est de plus en plus vraisemblable que linfection morbide résulte, comme la fermentation proprement dite, du développement, du fonctionnement vital et de la reproduction d'organismes inférieurs, végétaux ou animaux. Ainsi parait justifié par l'observation contemporaine le nom de contagium animatum, donné par d’anciens théoriciens aux agents producteurs des maladies infectieuses.