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DU CORYZA

fournis par l'inspection directe des parties. Dans le coryca, en effet, on troavera une légère tuméfaction du nez, avec couleur luisante de h peau, avec rougeur et boursouflement de la muqueuse. Les enfants respirent uniquement par la bouche, qui reste entr'ouverte, la déglutition des liquides s'opère, pourvu qu'on les donne par cuillerées. On remarquera, en outre, que si les troubles qu'on constate tenaient à un vice de conformation, Fimpossibilité de teter rernonterait à la naissance, tandis que, lorsque les accidents dépendent d'un coryza, on apprend que l'enfant tétait librement avant l'invasion de la maladie.

Un écoulement sanguinolent, l'odeur fétide qu'il exhale, l'examen des fosses nasales, l'expulsion des pseudo-membranes, feront aisément reconnaître le coryza diphthéritique.

Le coryza chronique pourrait être confondu avec des polypes muqueux; mais lorsque ceux-ci existent, l'enchifrènement ne suit pas la même marche que dans le coryza; il augmente dans les temps humides, ne produit pas ou à peine d'écoulement; enfin, l'inspection des fosses nasales finit bientôt par faire constater la présence des corps étrangers. Un abcès de la cloison ne saurait non plus en imposer en raison de la tuméfaction, de la douleur tensive que les malades accusent, et de la possibilité qu'il y a de constater la fluctuation. Il n'est besoin ici que de prévenir le lecteur, pour qu'il ne regarde pas comme appartenant au coryza chronique l'impétigo des narines, caractérisé par l'éruption à l'orifice de celles-ci de petites pustules qui sont remplacées bientôt par des <:roûtes.

Les qualités des matières excrétées révèlent souvent l'état anatomique de la membrane de Schneider. Lorsque les mucosités sont habituellement puriformes et fétides, on devra redouter qu'il n^existe quelque ulcération dans le nez.

Pronostic. — Le coryza n'offre de gravité que chez l'enfant nouveau-né ou à la mamelle, ou bien lorsqu'il est pseudo-membraneux, car nous avons vu que, dans ce dernier cas, il était toujours accompagné d'autres lésions sérieuses et symptoraatiques du même empoisonnement.

Etiologie. — La pituitaire est de toutes les muqueuses celle qui s'enflamme le plus souvent. Quoique le coryza soit une affection commune à tout âge, il parait pourtant qu'il règne surtout dans l'enfance et chez les jeunes sujets. D se montre souvent d'une manière épidémique après les variations brusques de température ou au commencement des froids rigoureux. L'iodure de potassium administré à l'intérieur provoque fréquemment un coryza très-incommode, mais d'une durée courte. Le coryza chronique a été regardé comme appartenant spécialement aux enfants lymphatiques. Il a été plusieurs fois consécutif à l'habitation dans les lieux humides, à la suppression de la sueur des pieds, à l'habitude d'aller nu-tète, à l'usage du tabac, etc. ; enfin, suivant quelques auteurs, le coryza chronique serait fréquemment, chez les enfants à la mamelle, une manifestation de la syphilis : HH. Trousseau et Lasègue ont surtout soutenu cette opinion. Une idée assez répandue en Allemagne est que le coryza est contagieux ; mais cette doctrine n'a aucune espèce de fondement. Je ne parle que du coryza simple, car il est inutile de dire qu'il n'en est pas de même de celui qui est pseudo-membraneux; ce dernier est contagieux au même degré que le croup et que l'angine couenneuse.

Traitement. — Le coryza aigu n'exige presque jamais un traitement actif, du moins chez Tadulte. Si la céphalalgie est vive, il convient de conseiller l'usage de pédiluves et de manuluves irritants; on évitera toujours l'action du froid et le régime sera doux. Si le liquide qui s'écoule irrite le nez et les lèvres.

on oindra ces parties avec de l'huile d'amandes douces ou avec la pommade de concombre, qu'on portera même profondément dans le nez. Le traitement préconisé par le docteur Williams, consistant dans l'abstinence complète des boissons pendanC trente-six ou quarante-huit heures, ne saurait être adopté, car ce serait faire subir un véritable supplice pour une maladie de peu d'importance. Les fumigations émoUientes, que beaucoup de personnes conseillent, nous ont paru comme à Chomel être le plus souvent nuisibles ; en effet, elles exaspèrent ordinairement la céphalalgie, et rendent la respiration plus difûcile, en augmentant le boursouflement de Id muqueuse. Cependant les fumigations émoUientes pourraient être utiles s'il existait une grande sécheresse des narines et si cet état était désagréable pour les malades. Si le coryza affecte un nouyeau-né, et s'il est assez intense pour produire l'occlusion presque complète des narines, il faudra remplacer l'allaitement naturel, devenu dès lors impossible, en donnant le lait par petites cuillerées à café, ce qui, ne nécessitant pas une occlusion parfaite de la bouche, permet encore l'introduction d'une quantité d'air suffisante pour l'hématose. On pourra, en même temps, employer un laxatif et quelques révulsifs sur les extrémités, tels que des cataplasmes chauds ou bien des sinapismes mitigés; les enfants seront maintenus au milieu d'une température douce.

Dans ces derniers temps, M. Teissier (de Lyon) a proposé d'appliquer au coryza le traitement abortif, qui réussi, si généralement contre les phlegmasies de plusieurs autres membranes muqueuses. Il conseille d'introduire dans les narines un petit bourdonnet de charpie trempé dans une solution de 25 à 30 centigrammes de nitrate d'argent pour 30 grammes d'eau distillée, et de le promener pendant six ou huit secondes sur la partie antérieure et inférieure de ces cavités. Il faut quelquefois renouveler l'application plusieurs jours de suite ; cependant une seule a réussi parfois à enlever un coryza après dix ou douze heures. Je doute cependant que cette méthode réussisse le plus souvent, à cause de la difficulté qu'il y a à promener le caustique sur toute la surface malade. Il &ut pourtant l'essayer dans le coryza pseudo-membraneux ; on a dit aussi d'insuffler alors de l'alun et du calomel. On pourrait encore donnera Tii)térieur le chlorate de potasse qui, s'éliminant un peu par la muqueuse nasale, pourrait en modifier la sécrétion, comme cela arrive pour la muqueuse buccale dans la stomatite ulcéro-membraneuse.

Dans le coryza chronique, on fera d'abord cesser l'action des causes qui Font produit ou qui l'entretiennent. On administrera quelques boissons sudorifiques et quelques laxatifs; on fera dans les fosses nasales des fumigations, d'abord émoUientes, puis aromatiques. Si ces moyens échouent, on appliquera un vésicatoire à la nuque, ou bien encore on établira une dérivation sur un organe Toisin, tel que la bouche, à l'aide de masticatoires plus ou moins puissants, comme le serait du tabac. Dans ces derniers temps, on a beaucoup vanté la médication topique portée sur l'organe malade ; on a surtout préconisé dans ce but les préparations mercurielles, comme le calomel, ou l'oxyde rouge mêlés à parties égales de sucre ou de gomme. Le sous-nitrate de bismuth a parfois été utile dans les mêmes cas. On a encore employé les cautérisations avec le nitrate d'argent : nous en parlerons dans l'article suivant. Enfin, si Ton reconnaissait que le coryza chronique est une des manifestations de la syphilis, on lui opposerait le traitement spécifique que nous exposerons dans le tome 11^ en traitant des maladies vénériennes.

DE L'OZËNE. 519

DE l'ozène

Synontiiii. ~ Coryza ulcéreux, rhinite ulcéreuse, punaisia, etCè

Nous donnons le nom d'ozène ou de coryza ulcéreux à une forme de h rhinite anatomiquement caractérisée par des ulcérations de la pituitaire. Quelques auteurs ont signalé la fétidité des narines comme constituant le caractère distinclif de la maladie; mais c'est là un accident commun à plusieurs affections des fosses nasales (telles que coryza simple et ulcéreux, vice de conformation, etc.); on ne saurait, par conséquent, en faire un signe pathognomonique : cependant il est assez important pour qu'on doive, dans la description, diviser les ulcérations des fosses nasales en fétides et en non fétides.

Caractères anatomiques. — Lorsqu'on examine les fosses nasales dans le coryza ulcéreux, on trouve la membrane muqueuse épaissie, gonflée, mamelonnée, friable, décollée par un pus fétide, et détruite dans différents points. Les ulcérations sont très-variables quant à leur siège, à leur nombre, à leur étendue et à leur aspect. Les unes sont petites, n'intéressant que la membrane muqueuse; elles siègent ordinairement, suivant Boyer, à la partie antérieure de la cloison, au point de réunion des portions cartilagineuse et osseuse. Les autres se rencontrent le plus communément à la racine du nez, sur la muqueuse qui tapisse les os propres et le vomer. Quelquefois petites, et alors très- nombreuses, il est plus commun de n'en voir qu'une, deux ou trois au plus, mais très-larges. Les unes sont superflcielles; les autres, profondes, pénètrent jusqu'à l'os, qui, à ce niveau, est carié, ramolli ou nécrosé. Les bords de ces solutions de continuité sont très-irréguliers. Un mucus puriforme, sanguinolent, et des croûtes brunes, noirâtres, obstruent les fosses nasales, qui exhalent le plus souvent une odeur fétide. Enfin, on peut trouvei des désordres plus grands encore, comme la destruction des os propres du nez, de la cloiscr«, du vomer; le nez lui-même peut être détruit en totalité ou en partie.

Symptômes. — Le coryza ulcéreux succède quelquefois au coryza aigu, ou bien son début est obscur et ne diffère en rien, par ses symptômes comme par sa marche, du coryza chronique, dont nous avons précédemment parlé. Le malade, en effet, est habituellement enchifrené; il mouche Beaucoup de mucus épais, jaunâtre, verdâtre, purulent; il éprouve de la gène, rarement de la douleur, dans les fosses nasales. Celles-ci sont obstruées par des croûtes adhérentes, que la plupart des malades arrachent avec leurs doigts, ce qui produit parfois un suintement sanguin ; l'inflammation augmente à la suite de ces manœuvres, qui, répétées fréquemment, peuvent rendre la guérison difficile ou impossible. Cependant, dans une forme plus grave de la maladie, le fluide qui s'échappe est ichoreux, fétide, et l'air qui traverse les fosses nasales pendant l'expiration est lui-même imprégné de cette odeur pénétrante, insupportable, qu'on a comparée à celle de la sueur des pieds ou des macérations anatomiques, ou bien à celle d'une punaise écrasée ; de là le nom de punaisie donné à la maladie, et celui de punais, sons lequel on désigne quelquefois les malades. Lorsque l'ulcération s'étend aux os ou aux cartilages du nez, on voit cet organe se tuméfier, se déformer et devenir d'un rouge violacé. En pressant à ce niveau avec les doigts, on constate souvent de .l'empâtement, de l'œdème, une sorte de crépitation due à l'altération des os propres, qui finissent par se détacher et sortir, soit par les fosses nasales, soit par une ulcération des té-

guments. Dans ce cas, le nez s'affaisse a sa base, tandis que sa pointe se relève, ce qui donne à la face quelque chose dignoble et de hideux.

Presque toujours il existe chez les punais, pour expliquer Thorrible odeur qu'ils exhalent, un état pathologique des solides (inflammation, ulcérations de la muqueuse, caris des os, vice de conformation, étroitesse des narines, aplatissement du nez). Cependant dans quelques cas exceptionnels, les individus atteints de cette horrible infirmité ont toutes les apparences d'une belle constitution; leur nez est bien conformé; leur muqueuse nasale aussi, lorsqu'on peut l'examiner, semble intacte, et à en juger par le mucus qu'elle exhale on la dirait exempte de toute altération. Les malades dont nous parlons auraientils, en vertu d'une disposition inconnue, la fâcheuse prérogative de sécréter normalement, sans lésion appréciable du tissu, un mucus nasal infect, comme nous en voyons tant d'autres dont la sueur des pieds, des aisselles, exhale une odeur des plus désagréables, bien que la peau de ces parties ne diffère en rien de celle du commun des hommes?

Marche. Durée. Terminaisons. — Le coryza ulcéreux a toujours une marche chronique : cependant il peut présenter de temps en temps des exacerbations qui lui donnent momentanément l'apparence d'une maladie aiguë. Cette affection, qui n'a pas de tendance à guérir spontanément, a presque toujours une durée longue, indéterminée. Elle rend souvent la vie incommode, insupportable, mais elle ne l'abrège pas sensiblement; lorsque la mort survient, c*est toujours par suite de quelque complication. ' Diagnostic. — Nulle difficulté pour distinguer l'ozène des odeurs désagréables ou infectes ayant leur cause dans la bouche. Lorsqu'il n'existe que de l'enchifrènement, ainsi qu'un écoulement jaune, verdàtre ou purulent, il est impossible de dire si le coryza est simple ou bien s'il est ulcéreux. La fétidité des narines n'est pas non plus un caractère distinctif, puisque nous avons vu qu'on pouvait l'observer dans les deux formes de la maladie, et même chez les individus qui ont la base du nez aplatie, les fosses nasales étroites et vicieusement conformées. L'inspection seule des parties, comme la pratique M. J. J. Cazenave, pourrait pourtant permettre d'établir le véritable caractère de la maladie, s'il est vrai qu'on puisse manœuvrer comme l'indique le médecin de Bordeaux. Quoi qu*ii en soit, M. le docteur Cazenave procède à l'examen en plaçant d*abord son malade en face d'une croisée bien éclairée ; il lui renverse la tête en arrière et fait parvenir les rayons lumineux aussi profondément que possible. S'il existe des croûtes, il fait des lotions et des fumigations émollientes, afin de les détacher sans effort. Si cette exploration ne fait rien découvrir, M. Cazenave prend un stylet mousse, flexible et recourbé à son extrémité en forme de crochet; il l'introduit dans la fosse nasale aussi profondément que possible; puis en le ramenant d'arrière en avant, et en lui faisant exécuter de légers mouvements de rotation, il explore avec l'extrémité mousse toute la surface de la membrane pituitaire. Celle-ci est-elle exempte d'ulcérations, le stylet glisse sans sentir d'inégalités; mais si, au contraire, la membrane offre des solutions de continuité, l'extrémité de l'instrument est retenue par les bords de l'ulcération. L'exploration dont je parle devra surtout être faite sur la partie de la cloison qui est voisine de la racine du nez, puisque nous avons vu que c'était le siège de prédilection des ulcérations. Mais il nous semble fort douteux qu'on puisse arriver par ce moyen à un résultat utile, et d'ailleurs, jusqu'à présent, personne, que nous sachions, n'a vérifié les assertions du médecin de Bordeaux.

C est encore par l'inspection qu'on pourra différencier le coryza ulcéreux

DE L'OZENE. 5Si

d'avec un polype, d'avec rinflammalion phle^oneuse ou les abcès de la cloisoiiy ainsi que nous l'avons exposé plus haut. Je ne dirai rien du coryza qui accompagne la morve et le farcin chroniques ; car c'est le 8ympt6me d'une affection générale qui, comme nous le verrons plus tard, a des caractères particuliers.

Enfln, le coryza ulcéreux diagnostiqué, il faut reconnaître sa nature. S'il y a peu de douleur, si le mucus nasal est peu altéré, s'il n'exhale, non plus que l'air, aucune odeur fétide, il est probable qu'il n'existe qu'une ulcération simple, dont la guérison sera facile. Mais si l'odeur est fétide, si l'écoulement nasal est ichoreux, purulent, on devra regarder l'ulcère comme étant plus grave, et l'on recherchera alors s'il n'est pas symptomatique d'un état constitutionnel, tel que syphilis et scrofule ; on éclaircira ce problème par l'étude des commémoratifs et des symptômes concomitants.

Pronostic. — Si le coryza ulcéreux ne compromet pas l'existence, il constitue du moins une affection incommode, répugnante, et qui peut produire à la longue une déformation et même une mutilation.

Étiologie. — Le coryza ulcéreux est rare avant dix ans; on l'observe snr^ tout dans la jeunesse et dans l'âge adulte; on ignore quelle est l'influence du sexe; il a paru être parfois héréditaire. Une constitution molle, scroful^use, semble y prédisposer, on ne sait pas précisément si les personnes qui sont sujettes aux coryzas aigus y sont plus exposées que d'autres. Quant aux causes occasionnelles, elles nous sont inconnues dans la plupart des cas ; toutefois il est hors de doute que l'ozène a été plusieurs fois consécutif à l'extirpation ou à l'arrachement des polypes; d'autres fois la maladie semble être un accident de la scrofule; enfin, plus souvent encore, l'ozène est produit par la syphilis constitutionnelle. C'est surtout lorsqu'il reconnaît cette cause qu'on observe la destruction des os et des cartilages du nez.

Traitement. — On a conseillé un grand nombre d'agents thérapeutiques contre le coryza ulcéreux. Il faut, lorsque les accidents aigus existent, les combattre par le traitement antiphlogistique et par les révulsifs, par des lotions, des injections et des fumigations émoilientes; c'est par ce dernier moyen qu'on provoquera la chute et l'issue des croûtes qui obstruent les fosses nasales, et qui sont une cause permanente d'irritation : les malades ne devront jamais les arracher. Plus tard on a recours aux injections détersives, avec les eaux sulfureuses naturelles, avec le chlorure de calcium ou de sodium (2 grammes pour 150 à 200 grammes d'eau d'orge), avec une décoction de roses rouges ou avec une solution de sous-acétate de plomb. On peut aussi faire, soit avec celui-ci, soit avec le minium et la céruse, une pommade, un cérat, que l'on introduit dans le nez à l'aide d'un pinceau ou d'une tente, ou bien encore on fait priser du sous-nitrate de bismuth et du chlorate de potasse. Depuis près d'iin siècle les mercuriaux ont été administrés à différentes époques contre le coryza ulcéreux non syphilitique. On a conseillé le précipité blanc, le précipité rouge, le calomel mêlés à parties égales de sucre porphyrisé, ou bien on fait des injections dans le nez avec des liquides de compositions différentes. On «mploie surtout les astringents (solutions plus ou moins faibles d'alun, de tannin, de sulfate de cuivre ou de zinc) ; des modificateurs topiques plus énergiques, comme une solution faible de nitrate d'argent ou de sublimé (2 à 5 centigrammes pour 100 grammes), dose qu'on pourra dépasser plus tard; on pourra encore employer la teinture d'iode très-affaiblie, une solution de chlorate de potasse- Si l'ozène est de nature vénérienne, il faudra soumettre le malade à un traitement mercuriel régulier, auquel on associera l'usage des

&i INFLAMMATION DE QUELQUES-UNS DES ORGANES DES SENS.

sudorifiques. La constitution scrofuleuse exigera à son tour l'emploi des toniqneSy des ferrugineux, de l'huile de foie de morue.

Les injections médicamenteuses seront toujours précédées d'une injection à grand courant pour déblayer les parties et mettre la muqueuse dans de bonnes conditions pour être influencée par le liquide médicamenteux. Ces injections, répétées deux fois par jour, sont d'ailleurs un excellent palliatif. M. Maisonneuve les a recommandées avec juste raison. D est d'ailleurs fort remarquable de voir l'éau poussée vivement dans une des narines, lorsque la tête est légèrement inclinée en bas, ne pas pénétrer dans la gorge et revenir en partie par la narine opposée, vers laquelle le courant est dirigé par le voile du palais qui en se relevant forme une espèce de gouttière.

DE l'otite

Sous le nom d^otUe on comprend toutes les inflammations de l'intérieur de l'oreille. On les divise, d'après leur siège, en externes et en internes. Dans le premier cas, la phlegmasie, bornée au conduit auditif externe, ne dépasse pas la membrane du tympan ; dans le second, elle occupe une ou plusieurs des parties qui constituent l'oreille interne. Eu égard à sa marche, on divise encore l'otite en aiguë et en chronique.

Caractères anatomiques. — Dans l'otite aiguë externe, la peau fine qui tapisse le conduit auditif est injectée, rouge et souvent assez tuméfiée pour oblitérer tout à fait le canal; elle a alors l'aspect d'une membrane muqueuse. On peut voir à sa surface des vésicules, des pustules, de petits abcès et des ulcérations; quelquefois elle est décollée par du pus, et il est commun alors de trouver les cartilages subjacents ramollis et perforés. Les os, au contraire, sont rarement altérés ; souvent la membrane du tympan est perforée ou détruite. Dans l'otite interne, on trouve les différentes parties constituantes de l'oreille interne, notamment la cavité du tympan, les cellules mastoldes, le conduit d'Eustachi, tapissées par une muqueuse rouge, boursouflée, ramollie, ulcérée ; ces cavités et les canaux demi-circulaires eux-mêmes sont parfois remplis d'une matière sanieuse et purulente ; enfin, les os finissent bientôt par être attaqués à leur tour. Ces lésions sont bien autrement graves et profondes dans l'olite chronique, plus généralement désignée sous le nom A*otorrhée purulente. Ici, en effet, on trouve des végétations fongueuses dans le conduit auditif externe ; la membrane du tympan est complètement détruite, et les osselets de l'ouïe sont détachés, libres, ou bien il n'en existe plus de trace, la suppuration les ayant entraînés pendant la vie. Les os sont cariés dans un ou plusieurs points; on observe surtout la carie de l'apophyse mastolde et celle du rocher au voisinage des canaux demi-circulaires : le conduit auditif interne est beaucoup plus rarement atteint. Dans les cas où le rocher est carié, nécrosé, vermoulu dans toute son épaisseur, on observe souvent des lésions graves vers le cerveau et ses membranes. La dure-mère peut alors être noirâtre, détachée de Tos, et la portion correspondante du cerveau être ramollie ou devenue le siège d'un vaste abcès, le plus souvent enkysté, dont la cavité communique quelquefois avec l'intérieur de l'oreille à Taide de plusieurs ouvertures ou pertuis du rocher. Les désordres pourtant n'ont pas toujours cette étendue ni cette gravité. Souvent, en effet, l'inflammation chronique de l'oreille moyenne est seulement caractérisée par un épaississement, par un boursouflement de la muqueuse, avec accumulation de concrétions diverses à sa surface. Mais une des altérations les plus fréquentes, au rapport du docteur Toynbee, ce serait la formation

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