‹ Traité de pathologie interne. v. 2Chapitre 115 sur 176 · DE LA PÉRITONITE PUERPUÉRALE · texte numérisé non relu

DE LA PÉRITONITE PUERPUÉRALE

péritonite chronique, les matières irritantes s'épanchstient dans un péritoine déjà recouvert de fausses membranes épaisses.

La péritonite par perforation une fois diagnostiquée, on recherchera le point de départ de la maladie. Pour le déterminer, on aura égard aux antécédents et aux circonstances au milieu desquelles Tindividu se trouve. Les signes de perforation surviennent-ils chez un sujet atteint de dothiénentérie, de dysenterie ou de phthisie, on soupçonnera une perforation intestinale. Si, au contraire, les malades portent dans quelque partie du ventre une tumeur fluctuante qui s'est affaissée ou a diminué de volume au mbment de la manifestation des accidents de péritonite, on regardera celle-ci comme ayant été produite par la perforation ou par la rupture de la tumeur dont je parle.

Pronostic. — La péritonite, toujours si grave lorsqu'elle est primitive, est un accident bien plus fâcheux encore lorsqu'elle survient consécutivement. Presque toujours alors elle accélère ou provoque un terme fatal.

Traitement. — Il est presque toujours impuissant. Les émissions sanguines même locales sont rarement permises par l'état des forces. Les mercuriaux en frictions et à l'intérieur seront prescrits, ainsi que les vésicatoires sur l'abdomen. Hais il est des indications particulières à remplir lorsque la péritonite suc« cède à la rupture ou à la déchirure d'un des réservoirs contenus dans l'abdomen. Y a-t-il eu perforation intestinale, on devra, pour empêcher l'issue d'une nouvelle quantité de liquide et favoriser la formation d'adhérences protectrices, condamner le malade au repos le plus absolu, à l'immobilité la plus complète, et éviter qu'aucune espèce de pression soit exercée sur le ventre. On le privera de boire et l'on étanchera la soif avec quelques morceaux de glace, ou en faisant sucer des quartiers d'orange. Il est presque inutile de dire que les purgatifs et même que les lavements simples sont absolument interdits. Si c'était la vessie perforée qui eût provoqué la péritonite, on devrait mettre dans ce réservoir une sonde à demeure, qu'on laisserait toujours débouchée pour empêcher toute accumulation d'urine dans l'organe. Dans tous ces cas, surtout lorsqu'il existe une perforation intestinale, il faut, d'après les conseils des docteurs Graves et Stokes, administrer tout de suite l'opium à haute dose, ainsi que nous l'avons recommandé précédemment. (Voyez p. 59; voyez, en outre, tome II, l'article Perforation intestinak.)

De la péritonite puerpérale.

Symonymii. — Ifétro-périUMiito puerpérale, fiètre puerpérale, typhus puerpéral.

La péritonite est ditepu^^afe lorsqu'elle survient chez les femmes récemment accouchées.

Historique. — Les graves accidents qui emportent un si grand nombre de femmes après l'accouchement ont fixé de tout temps l'attention des médecins ; mais c'est surtout dans le courant du dernier siècle que furent entreprises, en Angleterre, en Allemagne, en France, des recherches qu'on poursuit encore activement de nos jours. Doublet (1) et Doulcet (2) senties médecins dont les travaux ont été les plus distingués ; mais ce sont nos contemporains qui, en recherchant et signalant toutes les lésions viscérales que présentent les femmes

(i) Nouvelles Recherchée iur la fièvre puerpérale, Paris, 1789, in-12. (i) Mémoire iur la maladie qui a attaqué les femmes en couches à VHôteUDieu, Paris, 1782, in-4o.

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emportées par la fièvre" dite puerpérale, ont pu mieux expliquer que par le pas< les symptômes si variables qu'on observe. C*est surtout aux travaux de Dance (1^ delonnelé (2), Dugès(3), Baudelocque (4), P. Dubois (5), Voillemier(6), Ja< quemier (7), Béhier (8), que l'on doit les progrès qu'a faits de nos jours ceti partie de la science.

Caractôres anatomiques. — Dans la péritonite puerpérale, les caractèn anatomiques de Tinflammation du péritoine sont à peu près les mêmes que dai la péritonite simple; cependant il existe quelques différences qu'il importe d connaître. Ainsi la rougeur du péHtoine est beaucoup moins vive; quelquefoi elle est à peine marquée. Très-rarement générale, on ne la constate guère qu dans l'excavation pelvienne, vers les fosses iliaques et à la paroi antérieure d l'abdomen. L'épanchement est beaucoup plus considérable; mais il ne dépass presque jamais 1000 grammes; il est communément opaque, trouble, séro-pu rulent et mêlé à des flocons albumino-fibrineux. Trompés par une grossier ressemblance, les auteurs du dernier siècle (Pujol, Levret, Bordeu, etc.) avaiei pensé que ce liquide n'était autre chose que le lait dévié et altéré. Mais les an; iyses chimiques ont démontré depuis longtemps qu'aucun des éléments du la n'existait dans ce liquide qui ne diffère en rien, par sa composition, de celi qui se forme dans toutes les phlegmasiesdes membranes séreuses. Dans la pi ritonite puerpérale on trouve presque toujours les intestins très-dilatés par de gaz, et ces organes, comme dans toutes les autres formes de péritonite, offrei constamment beaucoup moins de longueur qu'à l'état normal. La séreuse ei devenue aussi plus friable, elle se détache plus aisément. La péritonite est 1 plus communément générale, elle peut néanmoins être circonscrite, et, dan ce cas, elle occupe presque toujours l'excavation pelvienne.

Indépendamment des lésions du péritoine, il en est presque toujours d'autre qui impriment à la maladie certaines formes, et dont la fréquence varie dan les différentes épidémies; les plus communes se remarquent du c6té de l'utérus Cet organe peut être exempt de toute espèce d'altération dans son tissu comm dans ses vaisseaux; tout peut se borner à un peu d'injection du péritoine qu le recouvre. Son volume peut être un peu plus considérable que celui qu'il de vrait avoir en raison du nombre de jours écoulés depuis l'accouchement. Ceper dant, dans un grand nombre de cas, et souvent chez toutes les femmes qi succombent dans le cours d'une même épidémie, on trouve l'utérus ou ses an nexes plus ou moins altérés.

Si l'accouchement est récent, la cavité de l'organe exhale une odeur désa gréabie ; elle est tapissée par une couche d'une matière sanieuse, puriforme ( plus ou moins filante. Dans le point surtout où le placenta était inséré, exist une sorte de bouillie que l'ongle ou qu'un filet d'eau détache, et au-dessous d laquelle le tissu utérin est gris, rosé et ferme. Ce n'est pas là un état pathologique mais une disposition normale qui peut cependant être le point de départ, d lésions graves, car en cet endroit existent des veines en grand nombre, encor perméables, et qui peuvent mi s'enflammer ou bien ouvrir une voie dans l'écc

(1) ArdUvei de 1828 et 1^829.

(2) Archives de 1830, t. XIl et Xin.

(3) J<mmal hebdomadaire, années 1828 et 1839. (i) Traité de la péritonite puerpérale. Paris, 1830.

(5) Dictionnaire de médecine^ t. XXVI, art. Fièvre puerpérale.

(6) Journal det connaiitances médico^tùrurgicalet, 1839 et 1840L

(7) Manuel des accouckements^ t. II, p. 604.

(8) Union médicale, année 1858

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