partie du fœtus, feront exclure l'idée d'une grossesse extra-utérine
Peut-on diagnostiquer quelle est la lésion qui a été le point de départ de l'hématocèle? On ne saurait avoir, à cet égard, que des présomptions. On pourra soupçonner que l'hémorrhagie est consécutive à la rupture d'une veine du plexus pampiniforme, lorsqu'il existe des varices sur les grandes lèvres, sur les parois du vagin et jusque sur le col utérin; lorsque surtout un examen antérieur aura fait constater par le toucher vaginal une tuméfaction pâteuse, molle, vers un ou vers les deux culs-de-^sac vaginaux, signe indiqué par M. Richet pour reconnaître un varicocèle ovarien. On comprend aisément que le toucher ne saurait plus fournir les mêmes résultats lorsque le sang s'est déjà épanché.
Le début brusque de la maladie pendant l'époque des règles, des accidents très-aigus, l'aggravation de la maladie, l'augmentation de la tumeur sanguine à chaque révolution menstruelle, pourront bien faire soupçonner une lésion ovarienne; dans le cas où il ne se fait point d'excrétion sanguine au dehors, lorsque l'utérus est volumineux, dans les cas surtout où quelques caillots fibrineux ou un sang poisseux finit par s'écouler, on pourra supposer une de ces hématocèles par rétention, sur lesquelles M. Bemutz a appelé l'attention, sans être parvenu peut-être à en démontrer l'existence d'une manière certaine.
Pronoatic. — L'hématocèle rétro-utérine est une affection sérieuse, pouvant entraîner après elle plus d'un péril, cependant elle se termine le plus communément d'une manière favorable.
Étiologie. — La maladie n a jamais été observée avant l'établissement des règles ni après leur cessation. Elle se déclare surtout après un trouble de la menstruation, après une excitation trop vive des organes génitaux; on a surtout cité le coït pratiqué pendant l'époque menstruelle.
Traitement. — L'expectation est ce qui convient le mieux dans toutes les périodes de la maladie. L'intervention en effet a été rarement utile, souvent elle a été fatale, tandis que la plupart des guérisons ont été obtenues par les seuls efforts de la nature. Il y a pourtant des circonstances où une médication active
742 DES HÉMORRHAGIES.
doit être employée. Au début, lorsque les douleurs sont vives, lorsque la fièvre est intense, lorsqu'il existe des signes de péritonite, on doit recourir aux antiphlogistiques, mais on recommande de les employer avec plus de modération que dans une phlegmasie légitime.
Les accidents aigus enrayés, il faut attendre l'évacuation spontanée de la tumeur ou sa résolution; il est alors, le plus souvent, avantageux de soutenir les forces des malades par un régime reconstituant. Dans les cas, rares d'ailleurs, où la tumeur, devenue trop volumineuse, gêne par son volume les organes voisins, ou bien lorsqu'elle devient le siège de vives douleurs, lorsque la malade dépérit, s'il existe une fièvre hectique par suite de la suppuration du foyer, on recommande d'évacuer celui-ci, soit par une incision, soit par une ponction faite ayec un bistouri^ ou bien avec un trocart garni à son pavillon d'une peau de baudruche, afin de prévenir la pénétration de l'air. Cette dernière manière de procéder semBlerait préférable; cependant, dans quelques cas, elle est insuffisante, parce que le sang coagulé dans la tumeur ne peut s'échapper par l'ouverture étroite du trocart. De quelque manière qu'on opère, il faut préalablement s'assurer que dans le point qu'on va diviser il n'y a aucun vaisseau volumineux dont la blessure pourrait être fatale : c'est un accident qu'on a déjà observé.
DES SUEURS DE SANG, OU DE l'hÉMATIDROSE. .
Il existe dans la science un certain nombre d'observations authentiques qui •démontrent que du sang a quelquefois été exhalé par la peau, et probablement par les mêmes voies que la sueur. Ces faémorrhagies, qui presque toujours se font sur des surfaces peu étendues, ne se montrent pas indistinctement sur tous les points du corps, mais on les voit surtout se produire là où la peau est blanche, fine et pourvue d'une grande quantité de glandes sudoripares : tels sont la pulpe des doigts, les aisselles, les orteils, le cou, les côtés du nez, etc. quelquefois enfin les sueurs de sang se font à la surface d'une ancienne cicatrice.
Symptdmes. Marche. — Cette hémorrhagie a lieu communément sans prodromes; ailleurs, la partie qui va être le siège de l'hémorragie se tuméfie, rougit, devient douloureuse; le plus souvent tout se borne à des douleurs névralgiques. Le sang qui suinte à travers la peau est en gouttelettes plus ou moins nombreuses et serrées. L'examen microscopique fait par M. Magnus Huss et par M. Parrot a démontré dans ce liquide la présence de nombreux globules rouges et de quelques globules blancs. Si l'on essuie la partie par où Thémorrhagie s'est faite, on trouve que la peau n'a subi aucune modification appréciable dans son aspect et dans sa structure.
L'hématidrose a une durée courte. Il n'est pas rare qu'elle se juge en quelques minutes, ou bien en quelques heures : très-rarement elle a duré un ou plusieurs jours. C'est une des hémorrhagies dans lesquelles la perte de sang est le plus minime; aussi ne voit-on guère à sa suite l'anémie et les accidents qu'on peut constater après la plupart des autres hémorrhagies.
L'hématidrose est très-sujette à récidive, soit que l'exhalation sanguine se fasse toujours sur le même point, soit qu'elle ait Ueu successivement sur différentes parties du corps. Cette maladie étant fréquemment liée à l'aménorrhée, il s'ensuit qu'elle se montre alors tous les mois d'une manière périodique; elle semble être dans ce cas supplémentaire des règles.
Diagnostic. — Le diagnostic ne peut offrir aucune difficulté. Il est inutile
DES HEMORRHAGIES INTERSTITIELLES. 743
-de dire que certains topiques, comme la verveine, peuvent colorer la sueur en rouge; mais, pour peu qu'on soit attentif, il est impossible qu'on commette une méprise de ce genre.
Pronostic. — Le pronostic n'est jamais (&cheux, à moins que Thémorrhagie n'occupe une grande partie de la surface du corps, et ne se lie à quelque condi- , tiongrave de l'économie.
fitiologie. — Les sueurs de sang ont été vues, pour la plupart, chez les femmes jeunes, ou dans la période moyenne de la vie; elles ont coïncidé chez «lies avec l'aménorrhée ou avec des règles insuffisantes. Nées quelquefois sous l'influence d'un état pléthorique, elles arrivent plus souvent p^ut-être chez des individus anémiés, et, comme l'a établi un médecin distingué, le docteur Par* rot (i), on les verrait naître particulièrement chez les femmes d'une constitu* tion faible, irritable, sujette à de violentes perturbations nerveuses, comme l'hystérie ou l'épilepsie.
Toutes les causes déterminantes de Thématidrose sont celles qui impriment une commotion violente au système nerveux, comme une frayeur vive, ou bien un violent accès de colère.
Traitement. — Cette hémorrhagie, étant presque toujours très-peu consi- •dérable, ne réclame aucun traitement local. L'indication principale est de combattre la cause qui en a provoqué l'apparition : on fera cesser la pléthore, si elle existe, ou bien on rappellera l'hémbrrhagie supprimée, si l'hématidrose est supplémentaire; on donnera enfin des sédatifs, des antispasmodiques, si la maladie est l'effet d'une secousse morale, ou l'on reconstituera l'économie s'il existe une chloro-anémie. Lorsque aucune indication positive ne ressort de l'état symptomatique et de la considération des causes, on devra ne rien faire. Quelques médecins conseillent alors de favoriser l'apparition d'une hémorrhagie moins insolite, comme le serait, par exemple, un flux hémorrhoïdal. Hais je ne vois aucune espèce d'avantage à tenir une pareille conduite; car on risquerait de remplacer une hémorrhagie bénigne par une autre qui serait au moins incommode. Si (chose fort rare) les sueurs de sang étaient assez abondantes pour affaiblir les malades, on les modérerait par des applications froides et par la compression.
DES HEMORRHAGIES INTERSTITIELLES, OU DES APOPLEXIES.
Lorsque le sang, au lieu d'être exhalé à la surface d'une membrane, s'épanche violemment dans l'épaisseur des tissus, on dit alors qu'il y a hémorrhagie ifh terslitielley ou apoplexie. Ce dernier mot, adopté d'abord par les anciens pour caractériser le début rapide d'une maladie qui expose à une mort immédiate, fut ensuite consacré pour désigner toutes les afl'ections du cerveau qui se manifestent par la perte subite du sentiment et du mouvement dans une ou plusieurs parties du corps ; d'autres le réservaient aux cas seulement où les accidents dépendaient d'une hémorrhagie dans la substance cérébrale. Ainsi, pendant longtemps, le mot apoplexie n'a eu qu'un sens purement symptomatique. Aujourd'hui, au contraire, la plupart des médecins semblent ne vouloir lui donner qu'un sens anatomiquey en le consacrant pour exprimer tous les épanchements de sang qui se forment brusquement et spontanément dans l'épaisseur de nos tissus.
(1) Gaiette hebdomadaire, année 1859.
744 DES HÉMORRHAGIES.
Il n'est pas d'organe de l'économie dans lequel on n'ait observé les héroorrhagies dont je parle ; mais c'est dans le cerveau et dans les poumons qu'elles sont le plus, communes; viennent ensuite la peau et le tissu cellulaire sous* cutané, les muscles de la vie de relation, le placenta, le foie, la rate, l'utérus, les reins, le cœur. Quel que soit, d'ailleurs, l'organe, le sang, en s'épanchant dans les tissus, écarte nécessairement leurs fibres ou les mailles qui les constituent, et le plus souvent même il les rompt violemment. Le liquide ainsi extravasé forme un véritable corps étranger, qui peut être la cause de plusieurs lésions consécutives ; dans la plupart des cas cependant il est résorbé peu à peu, ou bien il subit diverses transformations organiques que nous indiquerons dans chacun des cas particuliers. Enfin le point de l'oi^ane où Tépanchement s'est fait, et qui a été déchiré ou tout au moins tiraillé, devient lui-même le siège d'un travail réparateur que nous ferons également connaître.
DE L'hÉHORRHAGIE CÉRÉBRALE.
Stmonyhib. — Apoplexkt bdmato-encépbalie; apopUxia, iideratiOt attonittu morbut, é^.
On donne le nom i'hémorrhagie ou ffapopleoHe cérébrale à un épanchement plus ou moins considérable de sang dans la substance du cerveau, produisant pendant la vie la suspension subite et plus ou moins complète de l'intelligence, du sentiment et du mouvement dans une ou plusieurs parties du corps.
Historique. — L'histoire de cette affection remonte au premier âge de la science. Les médecins de l'antiquité avaient, en effet, décrit plus ou moins exactement ses symptômes et sa marche; mais, privés des lumières de l'anatomie pathologique, ils en ignoraient la nature et les causes : aussi l'avaient-ils confondue facilement avec plusieurs autres maladies des centres nerveux. Ce n'est seulement que depuis les travaux de F. Hoffmann, de Wepfer, de Valsalva et de Morgagni, que nous avons quelques connaissances positives sur les hémorrhagies des centres nerveux. Morgagni surtout, dans ses 2", 3*, 4* et 5* lettres, a non-seulement mieux précisé le siège de ces épanbhements, mais ce fut lui qui le premier démontra les rapports qui existaient entre les lésions cadavériques et les symptômes observés pendant la vie. Depuis ce grand médecin, les hémorrhagies cérébrales ont été l'objet de travaux remarquables parmi lesquels nous mentionnerons ceux de MM. Moulin (1), Riobé (2), Andral(3), Cruveilhier(4), Abercrombie (5), Gendrin (6), et la Monographie si justement estimée de Rochoux.
Anatomie pathologique. — La présence d'une quantité plus ou moins considérable de sang dans la substance du cerveau est le caractère anatomique de l'hémorrhagie cérébrale. Celle-ci ne se rencontre pas avec une égale fréquence dans toutes les parties de l'organe : ainsi Rochoux et M. Andral ont démontré, par des relevés statistiques, que les corps striés et les couches optiques sont le siège le plus ordinaire des épancheraents; viennent ensuite la portion des hémisphères située au-dessus du centre ovale de Vieussens, les lobes latéraux du cervelet et les lobes antérieurs du cerveau. La maladie ne
(1) Traité de Vapnplexie, 1819.
(%) Thèse de Paris, année 1816.
(3) Clinique médicale, t. V.
(4) Dictionnaire de médecine et de diirurgie pratiques, art. Apoplexie.
(5) Maladie» de V encéphale, traduit de l'anglais. <6) Traité de médecine pratique, t. 1.