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ami ne voulait pas aller. Je suis tout à fait, quant à moi, de l'avis de H. Grisolle. Je suis fermement convaincu que la statistique bien maniée, selon les principe5 que M. Andral et M. Gavarret ont suivis, est la méthode la plus sûre et la plus féconde pour arriver, par une probabilité aussi probable que possible, à la connaissance des faits de la clinique. Cette méthode offre le double avantage de préciser les résultats et d'éviter les erreurs. Il est bien évident, en effet, que celui qui, s'en fiant à ses souvenirs, écrit, à propos de tel ou tel problème clinique : c J'ai vu souvent les faits se passer ainsi », m'inspire moins de confiance que celui qui, traitant du même sujet, me dira : c Sur 200 observations
> bien relevées, j'ai trouvé 140 fois le fait dont il s'agit. > D'abord je vois précisément que ce dernier ne fait pas appel à ses seuls souvenirs, et nous savons tous combien les souvenirs sont souvent défigurés par les défaillances de la mémoire. Ensuite, je suis également plus tranquille avec ce dernier auteur touchant les déviations que l'imagination et la partialité de l'opinion préconçue peuvent faire subir à l'appréciation des faits observés. Je ne dis pas que les chiffres peuvent répondre atout; M. Grisolle et nos maîtres ne le disaient pas non plus; mais je dis que, lors de l'étude des faits cliniques, la bonne statistique intervient comme un élément de précision et de rigueur dans les conclusions que Ton doit dégager. Voyez même, messieurs, en ce moment, ne considérons-nous pas comme très-utile la précision rigoureuse des chiffres substituée à l'appréciation individuelle, quand il s'agit d'étudier dans les maladies le symptôme température? On disait autrefois, et quelques personnes persistent à s*en tenir encore à ces expressions : c La peau est chaude, la peau est médiocrement chaude, la peau offre une grande chaleur . > Nous disons, nous : c La température — prise dans un point qui varie, mais que l'observateur indique toujours — est de 38®, 40^, 40^,7 ou 8 dixièmes. » N'y a-t-il pas là une précision plus utile que l'énoncé d'une vague appréciation ? N'a-t-on pas là un tableau irrécusable de la marche et des oscillations du symptôme température? Mais, disent ceux qui, pour ne pas prendre la peine de faire cet examen, en contestent l'utilité, vous mettez toute la médecine dans votre étude thermométrique ! Non ; certains de ceux qui se sont livrés les premiers à ces recherches en ont peut-être exagéré un peu la portée ; or cet enthousiasme pour un nouveau moyen d'examen est un fait inhérent à la nature de l'homme, qui se passionne volontiers au début de toutes choses; mais, en somme, ce qui reste de ces travaux après une saine critique est bon, et l'enregistrement rigoureux de la température dans les maladies a déjà permis d'établir des faits pleins d'utilité pour le diagnostic et pour le pronostic; je vous l'ai montré dans plusieurs occasions. Eh bien ! la constatation exacte de la température, substituée à l'appréciation individuelle, est une méthode du même ordre que la méthode statistique substituée à des souvenirs vagues pour l'étude des divers symptômes, pour celle de leur marche, de leur terminaison, de leur valeur pronostique. C'est le moyen de mettre très-peu du sien dans les jugements qu'on porte sur les choses, et partant c'est le moyen le plus sûr d'approcher de la vérité. H. Grisolle, qui, comme je vous l'ai dit, avait inscrit ces paroles de Rousseau en tête de son premier travail, devait être naturellement partisan de la méthode numérique employée comme élément des jugements qui doivent être portés sur les faits et sur leur valeur. U résumait au reste ses opinions sur ce point, dans l'avant-propos de son Traité de pathologie interne^ par les paroles suivantes : c Pour s'élever de la connaissance des faits particuliers à celle des
> faits généraux, on ne s'est plus fié à la mémoire, aux impressions vagues, » aux inspirations théoriques; on a recueilli des faits nombreux, on les a
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> comparés et comptés, et par ce rapprochement, par cette analyse, par cette 1 numération, on est arrivé à des déductions rigoureuses, à la connaissance
> de quelques lois précises, à des résultats positifs en séméiotique, en étio- » logie comme en thérapeutique. »
€e traité de pathologie est l'œuvre capitale de M. Grisolle. Je ne puis en étudier ici avec vous tous les articles ; mais soyez sûrs que tous ont un caractère de sûreté scientifique, si je puis dire ainsi, qui donne au livre une valeur réelle. On peut bien dire que M. Grisolle n'a pas rendu ses récits agréables; il ne l'a pas cherché, mais il est impossible de ne pas reconnaître que les propositions qu'il a émises sont toujours précieuses et de bon aloi; qu'il donne sur la question qu'il expose tout ce qui est démontré. Un philosophiB éminent disait : c Ni la grâce, ni la grandeur d'une idée, quelles qu'elles soient, ne suffisent
> pour la faire accepter sans preuve de Fesprit philosophique; il faut que cette
> idée subisse, d'abord et sans cérémonie, le libre examen des yeux humains
> et le libre travail des mains humaines ; tantôt qu'elle descende au fond d'un
> creuset, tantôt qu'elle traverse les filtres et les fumées d'un laboratoire, ou
> bien qu'elle résiste très-longtemps à toutes sortes d'épreuves multipliées
> et compliquées; et ce n'est qu'après avoir été soumise et avoir survécu à cette
> acquisition intellectuelle qu'une idée prend place dans le temple de la Vérité
> et est admise au nombre des lois d'une saine philosophie. »
Ce que le docteur Chalmers demande aux idées avant de leur reconnaître droit de cité dans la philosophie, M. Grisolle le demande toujours aux faits avant de les admettre au nombre des lois d'une science positive et saine.
Quanta la manière dont elle progresse, messieurs, la science procède comme un pars qui augmente sans cesse son territoire et recule incessamment les limites de sec possessions. Voyez dans l'autre hémisphère, il est une grande nation qui s*étend de jour en jour. Des hommes hardis, trop à l'étroit dans les villes bien renées, avides de mouvement et emportés souvent par l'esprit d*aventure, T'>£it tberther des contrées nouvelles sans se soucier des obstacles qu'ils ont à braver: pois ils prennent possession de ces terres conquises. Leurs moyens sont psrf •>:^ saaTa;?es et violents, ils ne reconnaissent ni n'observent souvent les lois d'oTie oK/raie bien rij^oureuse, et ils occupent tout, les mauvaises comme les Lmmt^ terres, sans choix, sans examen, pounu qu'ils s'approprient le sol. Poiî. apr-é* <:« pionnî'rr?, d'autres viennent, plus calmes, plus judicieux, qui ée.'ïi^^ H p^^^-it U valeur du fonds que les autres ont occupé, qui séparent les Urr^ fwM^*^ d^ terraias douteux ou stériles, qui en règlent la culture, et qui, r»ff«ru2t ifiA KMran un peu trop libres des conquérants, font régner sur la éWCLi^-nt ^U» kftf morales H protectrices. Alors seulement le pays nouveau est o'/tLiitcn^ H difpe de (ireiKire place dans TUnion.
Im sMs^ ésuk\ b âdence chacun suit fimpulsion de la nature et des tendances ^ VA ^:;Hfri*: Vw nm ^am^aXH par leur imagination, poursuivis comme par un i^tf'Ai ^ k'i''r*:t^,h'ir 4ei iâ^a j^<^n<^ralement acir^'pl^es, s'^^lancent en avant ffkr tSA: uLtîaiiit im^np^n*^, Toutn'^^t pas toujours bien réfléchi, bien coor- •'.•; •> CtiiO!: a5f>i"î*m«>nt ^.u avarit. \^ m^'i^urs inl*fllectuelles de ces pionnier» *ft -a Ktf»^^:!)^ £* wot p8t* t-iojoar^ marquée au sceau du bon sens, cette mo~ z^jfz ^^, r*r»çr:t: sab ï4.«ioeiii bient/H d'ao'rrs plus rassis dans leurs jugements, ''*c««riafi<n:.*i yiih frÂI*. p4rï.» ri^rorir'^ai. plus s<Tupnleux des lois de la logique *-: ;• vt rtJaJr*: ^kuss ^y^n fi^^fin^ton*. il- trient alors les nouvelles acquisitions 4fç^.-rv^* a.1 -V/«:â-Vr </>fr;T::ia. wnt U part de ce qui est bon et de ce qui eti -^îrtV-îT ^m U:tz. *f. r'^îL^riîftittït aV^r* ï*^ départements que La science peut et éuK iégpMJMJKfli e/AfefC^ e«MflM <lea atqnjKàtîon^ nouvelles et solides.