‹ Traité de pathologie interne. v. 2Chapitre 5 sur 176 · ELOGE DU PROFESSEUR GRISOLLE. XIII · texte numérisé non relu

ELOGE DU PROFESSEUR GRISOLLE. XIII

Tout en reconnaissant Tutilité du rôle que jouent, dans ce développement des choses, les hommes d'initiative auxquels je sais rendre toute justice, je préfère de beaucoup, je l'avoue, le rôle de ceux qui règlent et épurent ce mou- Tement.

C'est à cette dernière classe d'esprits que H. Grisolle appartenait.

Je vous disais tout à l'heure que si, dans son Traité de pathologie, M. Grisolle n'a pas rendu ses récits agréables par un style plus fleuri, c'est qu'il ne l'a pas cherché. Cela, je le crois fermement, car s'il eût voulu, il savait écrire avec assez de talent pour faire tout autrement. Un jour vint, en effet, où, chargé de prononcer à la Faculté I'éloge du maître qu'il aimait tant, de H. Chomel, h. Grisolle montra des qualités d'écrivain qui furent comme une sorte de révélation. C'était un aspect tout à fait nouveau sous lequel il se présentait. Je l'ai entendu prononcer cet éloge, et j'ai été singulièrement transporté par cette page remarquable. Ce n'était pas seulement l'expression profonde dû respect et de l'affection pour le maître chéri; cela, nous nous attendions tous à le trouver dans la bouche de notre ami ; mais c'était un style d'une rare abondance et d'une rare pureté. La lecture que j'ai dû faire plus tard de cet éloge, alors que, chargé de celui de H. Rostan, j'ai étudié avec soin les manières différentes des différents orateurs, cette lecture, dis-je, m'a fait apprécier plus profondément encore tout le mérite de cette composition. On y trouve surtout des portraits, celui de Broussais et celui de Chomel entre autres, dont le pinceau élégant et ferme est plein de vérité et qui sont des plus excellents. L'effet de ce discours fut considérable et d'autant plus grand qu'il était plus inattendu. Quiconque a entendu ou lu cette production, reconnaîtra facilement avec moi que, si H. Grisolle n'a pas enveloppé ce qu'il a dit dans son Traité de pathologie sous une forme plus gracieuse, c'est qu'il a pensé que tout ornement était superflu quand il s'agissait d'énoncer les vérités de la science. A-t-il eu raison? S'est-il trompé? Je n'ose décider pour ma part, mais j'ai tenu à bien vous montrer, messieurs, que H. Grisolle avait, quand il était opportun de le faire, témoigné des qualités d'un écrivain distingué.

En 1853, H. Grisolle fut nommé professeur de thérapeutique, et l'on peut dire, en quelque sorte, que ce fut là pour lui une manière de bonne fortune Pendant qu'il occupa cette chaire, en effet, il ajouta aux connaissances qu'il avait pu acquérir auprès de Louis et de Chomel, des données plus complètes sur la valeur des différents agents du traitement dans les maladies. C'était la dernière main qui pût être mise aux conditions qui le désignaient d'une façon spéciale pour la chaire de clinique. Cette chaire lui échut naturellement quand, à la fm de 1864, M. Rostan fut forcé, par l'état de sa santé, de quitter les travaux de la Faculté.

C'est alors, messieurs, que, ici même, à la place où vous me voyez assis aujourd'hui, H. Grisolle déploya des qualités qui le rendaient un professeur particulièrement efficace. C'est là, en effet, qu'il donna ces leçons cliniques si remarquables, parmi lesquelles je citerai plus spécialement celle qui fut la première en date, et qui restera toujours un modèle du genre. Elle avait pour objet l'étude de la péritonite tuberculeuse. Quelle sûreté de vues cliniques, quelle netteté, quel tact! J'ai lu et relu bien des fois cette leçon, non pas que j'eusse à y chercher des renseignements ou des détails spéciaux, mais parce qu'elle m'a toujours paru un sujet d'étude et de méditation, à titre d'exemple d'une exposition vraiment clinique, claire, simple et éminemment inslruclive. Vous la trouverez dans la Gazette des hôpitaux pour 1865; et dans Tannée 1866 du même recueil vous trouverez deux autres leçons, l'une sur l'atrophie

m iÂÀMù fit' >itfjrtst^tii GiasoLL£.

^.t U'.iÀMAik^ k U ftuiU; défti 4/rei\lim%, et l'autre sur rarthrile Uennorrha^iqoe, k>^/^^' 4)Ui ^Àmé^U^ui éi^jJeuieut <l'a|/{>récier les émiiientef qualités de clinicien 4^gi 4ibli»j^aai^fi( M. CiinyoUe, fc^ ttachea^le bien, ëi je vous désigne ainsi c«rt^iii-^ lé-^/ziit, é:'eM Mfuleiiiefif pn;e qu'il m'a fallu choisiTyCar les mêmes Ui^'êir^ ^ reif'/uv4tii( dans t(;utes, ou du luoixâs toutes témoignent à des dt^^Tés 4iv4^ t d^^to êiUtin*th nmtlii/^n»

Il <;bi uu iii^H, iiMfSttii'urt^y que je prononçais tout à Theure, et puisque je le rtti^'ÀfHirtf. f je d/^»ire HiàrrHAtr un nioineni sur sa signification trop souvent all/if^, s^ion moi. Quel la/;t! vous disais-je tout à riieure en vous énumérant U'% quaii(/'S rJiniques qui i/rillent dans la première leçon de M. Grisolle sur la p/'iitiiniUt. Kli i>ien J<; iU^Mrtt beaucoup, dans votre intérêt, que vous ne preniez pas W rliant^e et que vous n'allie/, pas croire que le tact médical est un don naturel, nn edf'i de l'inspiration, une qualité d'artiste;. Cela a été dit et répété; î'm\h nie imralt tout k l'ail inexact. Le tact médical est le résultat de Texpérience, le fruJI de l'étude uttcnlive. (î'est la connaissance, acquise et non pas spontanéii, d«6 nipporls qui lient les symptômes aux lésions, connaissance qui, dans lu pniliiiue, permet de rattacher prornptement l'un à l'autre ces deux termes du prulm^ne. (Itaie science des rapports, croyez-le bien, ne naitpas avec Tindividu. Stdon qu'on est plus ou moins bien doué, on la possède plus ou moins vite, Miiii.i Icnt^/ pour bien dt^montré que sans l'étude «issidue vous ne pouvez arqui^rir cctln quulilé, Avoir beaucoup vu en médecine, c'est avoir beaucoup reKiinli^, ('i^hl-Zi-dire avoir beaucoup comparé, non pas seulement les faits entre mu, mais avoir conqmré les faits qu'on observe avec les types qui ont Aie di^limitiVs dans la science, à titre d'individualités et de groupes pathologiques, he là pour vous cette m^cessitiS sur laquelle j*insiste habituellement, sur laquelle je reviens et je reviendrai sans cesse, de vous préparer à l'étude de la liiniijue par de fortes études théoriques. M. Grisolle était imbu de ces idées et imrlait avec un certain dédain dos cliniciens purement inspirés. Il était aussi péuêlh^ de ce que je vous répète chaque jour, que dans vos études cliniques, ce (|ui est le plus utile, ce n'est |)as la leçon que nous vous faisons à l'amphi- IhôÀtiY» mais bien celle que nous vous donnons dans la salle même de l'hôpil«l, quand nous vous t(u\ons à prtu'éder à l'interrogation et à Tétude complète du UMlule« t>rlos nous faisons tous nos efTorts, dans les leçons à l'amphilhis.UiVx |H^ur \ous insti uiiv le plus et le mieux possible, mais là nous pouvons WiiU'U^eul wnis montivr, à titrt* d^evenqdes, comment notre intelligence a pro- €iM^ jvur amxer à r^H'ounaUre et à dénommer un groupe morbide qu'il sagissail d^nWr^ux'ter; nous |Hm\\nis vous donner encore quelques règles générales SNur U uuAUKMY de diriger iv troiv;AiL insister sur certains points relatifs au proi*s»*>i.iic. SOT le^i luviiv Atious qui ont dêiidé de lu théra(>eu tique à suivre dans la siiY<dCL«^a t'*^^'^^^'^ -^^^"^ ivmbiea ivt e\[v>ê de5 prvHrétlês de Tiatelligence du Htoitr^if es4 'jcK'i:^^ ïcWKJtd que U mise eu leuvre directe et personnelle de l'inlel- Igetto* yht \'iM<\^\ èVcvv tui-uièiœ ù Tictixt. il eslilors coùtniinlàune altenîï«m jiuij .viiifiiVije. îfiii^ sj.*ttieiiue; d ue revoit pvis toute5 colli^ées el toutes munies es r-iHur^ies rju i^'>ieuî du rvsu.Iut, il laut qu'il les acquière par un TVKul nLedtfcium i x, i Ixii-e d'ujL kt>? 'ir a lui, ti aoa-seolemeal ce tra- ^•îwl ft >î iaàirur ui ien-'eac ^ 'a:ft*\ ^ri^er 'tn^^ sa ax^ioi'jîre Fîiistoire de l o&- ^$er>ai2un aarucuiiers lui i jr/»'i»;'i^ sa rv*.*à»fr:he* omis •??i»^jrç ÏL^ coostitaenl une sorre le ^fTinasuiiue jiteilec* i*iL*i im prjfîcs: i f-iduinitioa jcientilique jèuerrtie ïv. :ti\m pu i -îu- 70umi:> i :^*.Ui -fciiie. •Zri'*iz-îni)L tenez toujours II»- «îuseiî;.nemtîuts me jt: tous^ sus juis^r lu -t r»^s naïaiiiîî? -îa beaucoup plus wtttt utilité «(ue le&.er:jn^ jukt j& kou^ lunms. |ixeii{ii£ iauKÇUàjj apporte. Ce

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