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DE L'ENTÉRITE ET DE LA COLITE AIGUËS

ne peuvent supporter le lait; on remplace alors cet aliment par des panades, par des décoctions mucilagineuses, par des bouillons de poulet, par des gelées, par quelques fécules; on n'arrive à des aliments plus substantiels que progressivement et lorsque la maladie semble toucher à la guérison. La plupart des malades sont soulagés comme par enchantement, et s'habituent à la diète lactée qu'ils tolèrent des mois entiers, et qu'ils continuent d'eux-mêmes, car ils en apprécient les bienfaits tout de suite. Mais le régime ne remédie pas à tout, et surtout aux douleurs gastralgiques. Celles-ci seront combattues par l'opium porté jusqu'à effet sédatif : lui seul peut ici se montrer utile. On prescrira en môme temps quelques bains gélatineux ou sulfureux ; les malades seront en outre soumis aux meilleures conditions hygiéniques. Roldtansky s^est montré partisan d*une médication révulsive : il a conseillé d'appliquer à l'épigastre des vésicatoires, des cautères, des moxas. Ces moyens m'ont paru inutiles; je crois qu'on ne doit y recourir que lorsque le traitement qui précède a été impuissant.

En cas de vomissements de sang, voyez, pour les indications à suivre, l'article Hématémèse.

DE L'ENTÉRrrS ET DE LA COLITE AIGUËS

Le mot entérite semblerait devoir exprimer toute inflammation siégeant sur un point quelconque de la membrane muqueuse du tube intestinal; mais l'usage l'a surtout consacré pour désigner la phlegmasie de l'intestin grêle, et surtout celle qui occupe le jéjunum et l'iléon. L'inflammation du duodénum a reçu le nom spécial de duodénite^ comme celle du gros intestin prend ceux de colite ou de redite^ suivant que la maladie occupe le côlon ou le rectum. U n'est pas jusqu'à l'inflammation du cœcum qu'on n'ait désignée par un mot spécial, par celui de typhlUe.

L'entérite est caractérisée par des douleurs abdominales plus ou moins vives, et ordinairement mobiles, s*accompagnant de selles liquides, muqueuses ou bilieuses en nombre plus ou moins considérable.

Divisions. — Parmi les nombreuses divisions qui ont été établies dans l'histoire de l'entérite, nous croyons qu'on ne doit conserver que celles qui font distinguer la maladie en bénigne et en grave, en aiguë et en chronique. Enfin, il est une espèce d'entéro-colite qui, en raison des lésions qui l'accompagnent, des symptômes qui la caractérisent et de sa nature spécifique, constitue une maladie distincte de l'entérite proprement dite : je veux parler de IdL dysenterie, dont nous traiterons en particulier.

Caractères anatomiqnes de l'entéro-colite. —Les caractères anatomiques de l'inflammation sont les mêmes dans l'intestin que dans l'estomac; on trouve, en effet, dans l'un et dans l'autre, les mêmes modes d'injection et de coloration et les mêmes altérations de nuâition. Pour peu que l'entérite ait une certaine durée et une certaine intensité, la membrane muqueuse est non-seulement rouge, mais elle est en outre boursouflée, épaissie ou amincie, friable ou ramollie (1). Le tissu cellulaire sous-muqueux est souvent épaissi et assez induré.

(1) Pour bien apprécier ces altérations, il font se rappeler que la moqueuse intestinale est natorellement blanche, que son épaissenr est an peu plus considérable dans le jéjunum que dans riléon ; on pent la comparer à ceUe d*une feuUle de papier Joseph (Louis). A l'état sain, la muqueuse peut fournir des lambeaux de 10 à 23 millimètres (5 à 10 lignes), lorsque après ravoir incisée on la détache en la saisissant avec une pince ou avec le bout des ongles. Lft mu* queuse du gros intestin est pins ténae, et foamit des lambeaux phis longs.

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Ces diverses altérations sont presque toujours partielles : elles sont le plus sou- Tent bornées aux quatre ou sept derniers décimètres de Tintestin grêle ; le duodénum est le point le plus rarement affecté. On ne trouve guère la muqueuse altérée dans toute retendue de l'intestin que lorsque Tentérite est produite par une substance toxique; dans ce cas, on peut voir des eschares, des ulcérations et parfois même des perforations. Mais dans Tentérite simple, il n'y a ni développement ni ulcération des follicules intestinaux; la membrane muqueuse ellemême n'est presque jamais ulcérée; il est très-rare aussi qu'il existe des concrétions, comme on en voit dans le muguet. Enfin, la suppuration du tissu cellulaire sous-muqueux est un phénomène plus rare encore dans l'entérite que dans la gastrite. C'est dans ces cas seulement que l'entérite peut être appelée pMegmoneuse.

Ce que je viens de dire de l'intestin grêle s'applique à tous égards au gros intestin. Il nous a paru pourtant que, dans l'inflammation de ce dernier, le ramollissement était plus considérable; il n'est même pas rare de ne plus retrouver la membrane muqueuse dans une grande étendue, les matières fécales sont alors en contact avec la tunique celluleuse épaissie. Les ulcérations et les suppurations interstitielles sont moins rares dans la colite qu'elles ne le sont dans l'entérite et dans la gastrite. Ainsi, dans l'entéro-colite, qui est si fréquente chez les enfants à la mamelle, M. Bouchut signale avec raison comme communes, dans la forme aiguë ainsi que dans la forme chronique de la maladie, des ulcérations, les unes étroites, linéaires, faciles à méconnaître, les autres, circulaires, paraissant siéger sur les cryptes mucipares. Dans la phlegmasie de l'intestin, les ganglions abdominaux ne sont pas engorgés; la rate et le foie ne sont altérés qu'accidentellement, et peut-être même le deviennent-ils indépendamment de la lésion intestinale. L'estomac, qu'on a regardé pendant quelque temps comme étant toujours malade dans l'entérite, ne participe, au contraire, aux altérations de l'intestin que dans la très-minime partie des cas. Rien, en effet, de moins commun qu'une gastro-entérite.

Symptâmes. — L'entérite simple est rarement précédée de frissons et de fièvre. Presque toujours les phénomènes prodromiques n'existent que du côté de l'abdomen, qui est comme gonflé, endolori; l'appétit est perdu ou diminué. Bientôt les malades accusent des coliques sourdes, contusives, ou bien aiguës, vives, lancinantes avec pincements et exacerbantes, se faisant surtout sentir au niveau de l'ombilic, où paribis elles sont comme concentrées; cependant le plus souvent elles s'irradient vers les autres points du ventre. La diarrhée accompagne ces souffrances : les selles sont plus ou moins nombreuses; elles sont en général annoncées par un redoublement dans les coliques; les matières évacuées sont jaunes, muqueuses, plus ou moins homogènes; elles sont verdàtres et mêlées à des grumeaux blanchâtres, formés par du caséum, chez les enfants qu'on allaite. Lorsque les selles se renouvellent trop souvent, ; elles produisent un sentiment de cuisson et de brûlure à l'anus. Presque tou- 1 jours les coliques se calment après diaque évacuation, et dans leur intervalle les malades éprouvent des grognements et des gargouillements. Le ventre ex- . ploré, on constate qu'il est souvent légèrement rétracté, ou bien plus tendu, \ plus sonore, et même météorisé. La pression est douloureuse dans un ou l plusieurs points; il n'est même pas rare, surtout si l'inflammation occupe le |ros intestin, de constater une sensibilité comparable presque à celle de la péritonite, bien que la séreuse abdominale ne participe point à la phlegmasie. Alors même qu'elle n'existe qu'à un faible degré, l'inflammation des intestins s'accompa((ne d'inappétence, de soif et d'un état de faiblesse qui .st propor-

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