‹ Traité de pathologie interne. v. 2Chapitre 67 sur 176 · DES PAROTIDES · texte numérisé non relu

DES PAROTIDES

Dans le langage des pathojogistes, le mot parotide sert à désigner un engorgement aigu, inflammatoire, de la glande parotide, qui survient communément dans la période d'accroissement ou vers le déclin de plusieurs maladies graves, commme la peste, le typhus d'Europe et d'Amérique, et, dans quelques cas, de fièvre typhoïde, de fièvre pernicieuse et de choléra.

On a distingué les parotides en critiques et en acritiqueSy suivant que leur apparition coïncidait avec une amélioration dans les symptômes principaux de la maladie, ou qu'elle était suivie, au contraire, d'une aggravation dans l'état général. Dans l'un et l'autre cas, la parotide constitue une affection essentiellement symptomatique. Il peut n'y avoir qu'une seule parotide ; d'autres fois il s'en forme deux simultanément ou bien successivement.

Sjrmptômes. — En général, l'engorgement débute par un petit noyau vers l'angle de la mâchoire ou sur un point quelconque de la région parotidienne, puis en quelques heures, ou bien en deux jours, la tumeur acquiert des proportions considérables ; elle peut envahir une partie de la face et du cou : elle s'oppose alors non-seulement à l'écartement des mâchoires, mais souvent elle gêne la déglutition et même la circulation cérébrale par la compression qu'elle exerce sur les veines jugulaires. La tumeur dont nous parlons, souvent plus grosse que le poing d'un adulte, est rouge et parfois violacée ; elle a quelquefois tous les caractères du phlegmon; ailleurs elle n'est ni dure, ni élastique, mais empâtée. U est fort rare que ces tumeurs se résolvent; presque toujours elles sont suivies de suppuration, quelquefois de gangrène. La suppuration se

forme toujours de très-bonne heure, mais emprisonnée au milieu de grains glanduleux, dans un lissu cellulaire serré, et bridée par des aponévroses résistantes ; elle se réunit difficilement en foyer, et elle a quelque tendance à fuser le long du cou. Cette suppuration se fait jour le plus souvent directement au dehors. Quelquefois Fabcès s'ouvre dans le conduit auditif externe. Plusieurs fois j'ai vu des désordres considérables succéder à la suppuration de la parotide; les grains glanduleux, disséqués par le pus, tombaient sphacélés; le nerf de la septième paire était compris lui-même en entier ou en partie dans la destruction : aussi en est-il résulté une paralysie complète ou partielle d'une moitié de la face.

Pronostic. — Les parotides, loin d'être une crise heureuse, constituent presque toujours un accident fâcheux. C'est une maladie nouvelle qui a ses périls; beaucoup de malades, en effet, succombent à ses suites, les uns épuisés par la suppuration, d'autres emportés par une résorption purulente consécutive le plus souvent à une phlébite.

Chez les individus qui guérissent, l'inflammation ayant pu produire une destruction ou une oblitération du conduit de Sténon, il en résulte une incommodité qui peut persister toute la vie. C'est un suintement d'un fluide séreux analogue, dit-on, à la salive, suintement qui se reproduit à chaque repas. H. Baillarger a réuni six observations de ce genre dans un travail publié en 185^ dans la Gazette médicale de Paris.

Traitement. — Lorsque la tension est extrême et la douleur vive, il faut appliquer sur la tumeur un certain nombre de sangsues, et la recouvrir ensuite de cataplasmes émollients et sédatifs ; les onctions mercurielles seront également utiles. On devra inciser de bonne heure, et ne pas attendre que le pus soit réuni en foyer. D'ailleurs, en faisant cesser Fétranglement, on empêchera plus sûrement les désordres que par tous les topiques qui ont été tour à tour préconisés. (Pour les soins consécutifs, voyez dans les livres de chirurgie le traitement des abcès simples et gangreneux.)

Dans la parotide, les grains glanduleux sont réellement affectés; mais nous ne savons pas s'ils le sont primitivement ou consécutivement à l'inflammation du tissu cellulaire.

DE l'hépatite

Le mot hépatite sert à désigner les inflammations aigjctë et chronique du tissu du foie.

Historique. — Cette affection, vaguement indiquée avant Galien, un peu mieux connue depuis ce grand médecin, et surtout depuis les travaux de Blanchi, de F. Hoffmann, de Van Swieten et de Morgagni, a été l'objet de quelques recherches de la part des modernes, parmi lesquels il faut citer, en France, UN. Andral (1), Louis (2), Jourdan, Mérat (3), Bonnet (4), Haspel (5), Dutroulau (6) ; en Angleterre, on distingue les travaux de Saunders, de Twining, d'Annesley, de Budd, et en Allemagne le traité récemment publié par Frerichs.

(i) Oàd^m médicale, t. II.

A) Reekmdiei amtonuhpathologiquet. Paris, 1826.

(B) DkUimiÊln det «cteneet méâkale», art Hépatite et Maladies ou foie.

(4) TnM dm mâUdiei du foie,

(5) MoMkt de VÂlgéne, t L

(6) Mémobrtê de VAcodimle imfirkle de médecine, t. XX.

Page 1