INFLAMMATION DU SYSTÈME LYMPHATIQUE
On sait que le système lymphatique ^e compose de vaisseaux et de ganglions. Nous allons étudier successivement l'inflammation dans ces deux ordres d'organes.
DE L'âNGIOLEUCITE STNOimcit. — Lymphttit*, lymphhe, lymphangite.
A difl^érentes époques, les auteurs ont invoqué l'inflammation du système lymphatique comme étant la source d'une foule d'affections aiguës et chroni-
DE L'ANGIOLEUCITE. 476
queSy mais la plupart de ces opinions n'avaient point pour base une observation sévère. Ce n'est que récemment qu'on a convenablement étudié ce point de la science. Les connaissances précises que nous avons sur ce sujet sont dues, en partie, aux travaux de MM. Aiard (1), Andral (2), Cruveilhier (3), Duplay (4), et surtout aux recherches de M. Velpeau, dont l'important travail, inséré dans les Archives de 1836, a été reproduit depuis par tous ceux qui ont traité la même question.
Anatomie pathologique. — Les vaisseaux lymphatiques qui sont le siège d'une inflammation aiguë augmentent de volume et deviennent visibles à l'œil nu. Hs se montrent alors sous la forme de cordons blancs ou rougeàtres, bosselés, inégaux, pouvant égaler en volume une plume de corbeau. Hs sont généralement distendus par un pus phlegmoneux, homogène : leur face interne est quelquefois tapissée d'une fausse membrane; leurs parois sont souvent rouges, friables, épaissies; elles ne s'affaissent plus lorsqu'on pique le vaisseau et qu'on le vide du pus qu'il contient. Le plus souvent les lymphatiques continuent à être perméables, mais quelquefois ils sont oblitérés par une fausse membrane ou par l'adhésion des parois entre elles! De pareilles oblitérations ont été plusieurs fois observées sur une partie du canal thoracique lui-même, qui était alors transformé dans ce point en un cordon fibreux. Dans un grand nombre de cas, du pus existe dans les vaisseaux lymphatiques, sans qu'il soit possible pourtant de constater aucune lésion manifeste dans la portion* correspondante de ces organes. C'est ce qu'on observe, par exemple, fréquemment pour les lymphatiques de l'utérus et du bassin chez les femmes qui succombent à la fièvre puerpérale. On est alors porté à admettre que le pus a simplement pénétré dans les vaisseaux par absorption; cette opinion qui semblerait justifiée en raison de la présence à peu près constante d'un foyer purulent dans un organe voisin, ou tout au moins à cause d'une infiltration purulente du tissu cellulaire, n'est pourtant pas probable lorsque l'on considère le volume considérable des globules du pus. Ceux-ci, en effet, ne sauraient jamais être absorbés en nature. Ils ne peuvent pénétrer dans les voies circulatoires que lorsque ces dernières ont subi une solution de continuité. Si cette cause n'existe pas, il faut que le pus ait été sécrété par les vaisseaux eux-mêmes. Il est rare de trouver des abcès métastatiques chez les sujets qui succombent à une angioleucite; cependant M. Velpeau parait en avoir observé plusieurs fois de très-nombreux et très-petits dans les poumons et dans le foie. N'y avait-il pas dans ces cas une phlébite concomitante ? C'est ce qu'il est impossible d'affirmer. Quoi qu'il en soit, le sang trouvé dans le cœur et dans les vaisseaux est ordinairement noirâtre et diffluent.
A l'état chronique, l'angiolcucite est surtout caractérisée par l'induration et par l'épaississement des parois; les lymphatiques présentent alors de distance en distance des nodosités produites par l'induration des valvules; quelquefois, mais rarement pourtant, il existe de la suppuration : Astley Cooper en a rapporté un exemple. L'obstruction et l'oblitération des conduits sont un résultat très-commun de l'angiolcucite chronique.
Symptômes. Marche. — Lorsque l'inflammation occupe les vaisseaux lymphatiques superficiels, on voit se dessiner à la surface de la peau des stries, des rubans ou de simples plaques, qui varient, pour la couleur, du rose au rouge
(i) Inflammation des vaisseaux lymphatiques, Paris, 1824.
(2) Archives générales de médeciney t. VI, p. 502
f3) Anatomie pathologique y 11» livraison.
(4) Archives générales de médecine, 2« série, t. VII, p. 293.