INFLAMMATION DU SYSTÈME LYMPHATIQUE
vineux ou violacé. Ces lignes sont irrégulières, tortueuses, et circonscrivent des espaces plus ou moins grands de peau saine. Ils occupent une étendue plus ou moins considérable; ils s'étendent parfois sur toute la longueur d'un membre, et ont presque toujours pour point de départ une altération quelconque des téguments, comme une plaie, une phlegmasie ou une suppuration. C'est le plus souvent dans le voisinage de ces lésions que la lymphite commence ; il n'est pas rare cependant que les premières rougeurs se montrent dans un point plus ou moins éloigné. Ces rougeurs peuvent exister uniformément, ou bien des plaques érysipélateuses ne tardent pas à s'y entremêler; rares et disséminées d'abord, elles se réunissent bientôt, se confondent entre elles et finissent par former une rougeur uniforme, offrant tous les caractères d'un érysipèle ordinaire. La partie malade est le siège d'une douleur brûlante, que M. Velpeau a comparée avec raison à celle de l'insolation, et qui toujours est exaspérée par la pression. Il exisle communément un gonflement ordinairement peu considérable et comme œdémateux de la partie; enfin, les ganglions auxquels se rendent les lymphatiques enflammés sont presque toujours douloureux et gonflés.
Lorsque l'inflammation atteint primitivement le plan profond des vaisseaux lymphatiques, c'est la douleur qui, d'après M. Velpeau, fixe tout d'abord l'attention : elle est profonde, pongitive ou lancinante; elle est fixe, mais disséminée comme par foyers et d'une intensité inégale dans les différents points. Si l'on palpe la partie, on exaspère beaucoup les souffrances, et l'on'sent profondément des points indurés très-douloureux qui finissent par soulever la peau; il existe souvent aussi un gonflement dur, mais pourtant œdémateux, de la partie. La peau est tendue, luisante, blanche ou d'un rose pâle : elle rougit, devient érysipélateuse, lorsque la phlegmasie se propage aux lymphatiques superficiels.
Les symptômes généraux de l'angioleucite se bornent communément à quelques frissons et à un état de malaise au début; bientôt la fièvre s'allume; elle est plus ou moins vive ; elle s'accompagne de soif, d'inappétence et parfois de vomissements. Ces symptômes appartiennent exclusivement à la phlegmasie; mais il en est d'autres qui résulteraient de l'infection du sang par le pus : tels sont le délire, la prostration, la langue fuligineuse, la petitesse du pouls, c'est à-dire l'ensemble des symptômes qui marquent la seconde périole de la phlébite suppurée. Cependant de pareils accidents sont fort rares ; car les ganglions lymphatiques, qui eux-mêmes sont enflammés, opposent le plus souvent une barrière insurmontable au pus et empêchent que ce liquide ne pénètre dans le système veineux. Cette pénétration, dont Gérard conteste même la possibilité, parait pourtant avoir eu lieu quelquefois; c'est du moins ce que semblent prouver plusieurs faits recueillis par M. Velpeau, à moins qu'on n'admette qu'il y ait eu alors phlébite concomitante. Quoi qu'il en soit, à supposer que la lymphite puisse produire l'infection du sang, celle-ci différerait, dit-on, de celle qui est consécutive à la phlébite, en ce qu'elle s'opérerait lentement : les symptômes caractéristiques ne seraient donc jamais ni aussi graves ni aussi rapides que ceux de l'inflammation veineuse. Il faut pourtant excepter les cas où la maladie a succédé à l'introduction dans l'économie d'une manière septique : c'est ainsi que beaucoup des individus qui succombent aux suites d'une piqûre anatomique commencent par avoir une angioleucite qui s'accompagne bientôt des accidents les plus formidables de l'infection purulente, sans que Tautopsie puisse toujours faire constater une inflammation veineuse.
Terminaison. — L'angioleucite peut se terminer par résolution; c'est ce