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DE L'ENCÉPHALITE

de la roideur et de la contracture; plus tard^ la paralysie se déclare; elle est toujours plus ou moins progressive. Cette succession dans les accidents permettra de distinguer Tencéphalite de Thémorrhagie cérébrale dont les accidents se déclarent brusquement; mais souvent il sera presque impossible de la différencier d'avec le ramollissement.

M. Durand-Fardel croit pourtant qu'il y a une forme d'encéphalite qui, anatomiquement caractérisée par l'injection et par le ramollissement des circonvolutions avec adhérence des méninges, offrirait, comme accidents prédominants, des symptômes apoplectiques tout à fait semblables à ceux d'une hémorrhagie cérébrale. Les faits rapportés par H. Durand-Fardel ne nous semblent pas à l'abri de toute objection; car, malgré le soin avec lequel les observations ont été recueillies, il ne nous est pas démontré que, pour la plupart du moins, sinon dans tous, les symptômes apoplectiques n'aient pas été précédés de quelques prodromes propres à l'encéphalite et étrangers aux hémorrhagies.

Certains ramollissements inflammatoires ou atoniques des parties blanches centrales du cerveau ressemblent beaucoup, par leur début, à la fièvre typhoïde. Comme dans cette dernière, il existe de la céphalalgie, des étourdissements, des vertiges, des bourdonnements d'oreille, de l'insomnie, du délire, quelquefois des épistaxis, de la diarrhée et toujours une fièvre assez. intense. Cependant on pourra s'éclairer sur la véritable nature de l'affection, en notant que, dans le cas de ramollissement, il y a absence des principaux symptômes abdominaux et de râles dans la poitrine; ajoutons qu'au bout de peu de jours on voit survenir de la roideur, ou de la paralysie dans une moitié ou dans les deux côtés du corps, et souvent dès le début on constate du strabisme ou de la diplopie, accidents qui doivent toujours mettre en garde et empêcher qu'on ne porte un diagnostic prématuré.

Une fois fixé sur«la nature de la maladie, il est impossible de localiser l'altération dans telle ou telle partie du cerveau ; il est même souvent ditlicile de déterminer si la maladie est bornée à un seul côté ou si les deux hémisphères sont atteints simultanément, puisqu'une encéphalite locale peut produire de la contracture ou des secousses convulsives dans les deux côtés. Cependant il faut convenir que ce cas est rare, et que le plus ordinairement, lorsque les symptômes spasmodiques ou de paralysie se montrent simultanément dans les deux côtés, on trouve une lésion dans les deux hémisphères à la fois, ou bien l'ai téralion dont l'un d'eux est le siège est assez considérable pour avoir pu exercer une compression sur le côté sain. Nous avons dit aussi qu'il était impossible de préciser le genre d'altération qui existe : cependant, si les symptômes sont impuissants pour résoudre ce problème, il y a parfois certaines circonstances qui peuvent venir en aide au diagnostic. C'est ainsi que, lorsque chez un malade atteint d'une otorrhée ancienne, se liant à une altération des os, on voit diminuer l'écoulement, et survenir de la céphalalgie, du délire, de l'agitation, des convulsions, du coma et de la fièvre, on peut presque affirmer qu'un abcès se forme ou que peut-être il est déjà formé dans le lobe moyen. Il est impossible d'établir pendant la vie le diagnostic différentiel de l'encéphalite chronique d'avec les affections cérébrales à marche lente. On ne peut avoir ici que des présomptions d'après la connaissance des commémoratifs.

Pronostic. — Il est peu de maladies aiguës aussi graves que l'encéphalite ; en effet, elle tue presque tous les individus qu'elle frappe, et ceux, en petit nombre, qui survivent, restent jusqu'à la fin de leurs jours infirmes, paralytiques ou en état de démence. La variété qui débute par des mouvements convulsifs est de toutes la plus grave.

Étiologie. — On n*est pas encpre suffisamment fixé sur la nature des causes prédisposantes et efficientes qui peuvent produire Tencéphalite. On sait pourtant que cette maladie atteint deux ou trois fois plus souvent Thomme que la femme ; mais on n'est pas encore suffisamment fixé sur l'époque de la vie à laquelle la maladie prédomine, les uns ayant indiqué l'enfance, d'autres l'Age viril. On ne sait non plus rien de précis sur le rôle que jouent les affections tristes de l'àme, les travaux de l'esprit et la température : quelques faits autorisent à penser que la maladie peut survenir sous une influence héréditaire. L'encéphalite reconnaît souvent comme cause déterminante une violence extérieure sur les os du crâne, l'insolation ou les excès alcooliques. Nous avons dit aussi que l'inflammation de l'oreille interne, soit qu'elle dépende primitivement de la carie du rocher, soit que, bornée d'abord à la muqueuse, elle finisse par altérer cet os, est une cause d'encéphalite, laquelle se termine ici presque toujours par la formation d'un abcès. Le virus vénérien a été considéré par Lallemand comme pouvant aussi exercer une influence directe et primitive sur le cerveau et l'enflammer; mais cette opinion ne nous semble être encore nullement démontrée; il est, au contraire, incontestable pour tous que le virus vénérien, en altérant les os du crâne, peut devenir ainsi l'occasion indirecte d'une encéphalite. Enfin, celle-ci se développe fréquemment au pourtour d'un caillot ou d'une tumeur du cerveau : dans tous ces cas on dit qu'elle est consécutive.

Traitement. — Le traitement ne diffère en rien de celui que nous avons indiqué précédemment pour la méningite ; ce sont les antiphlogistiques combinés avec les mercuriaux et appliqués suivant les mêmes règles. Peut-être pourrait-on essayer aussi la méthode contre-stimulante qui échoue généralement dans les phlegmasies des membranes séreuses; quelques faits autorisent du moins à employer ce traitement dans l'encéphalite aiguS*. Dans la période de coUapsus, et lorsque la maladie passe à l'état chronique, il faut insister sur les révulsifs puissants portés sur le tube digestif et surtout sur la peau : tels sont un séton, un ou plusieurs cautères à la nuque, ou bien un large vésicatoire sur le cuir chevelu.

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