Leésions externes.— Parmi ces cau
ses on trouve au premier rang les lésions
externes, et parmi celles-ci : les chocs imprimés au dos du fœtus contenu dans l’utérus, les manières vicieuses de porter les enfants, les jeux gymnastiques, surtout avant le complet développement du corps (93), les punitions infligées sur le dos (94), l’action de porter des poids
(89) Elem. physiol., t. 1v, p. 404.
(90) On the nervous systém., cap. 21.
Edinb., 1785.
(91) Racchetti, |. c., p. 430.
(92) Idem., ibidem., p. 431.
(93) Que les amateurs de l'exercice nommé par les Allemands das Tuynen, prennent note de ceci.
(94) Les militaires, à la suite du fouet
MALADIES
sur la tête (95), les violences extérieures produisant Les luxations et les fractu.
res des vertèbres, les secousses imprimées à la colonne vertébrale par un saut ou une chute d’un lieu élevé, par un voyage en voiture sur un chemin pierreux et inégal (96), enfin les efforts pour élever des poids ou exécuter des travaux de différents genres.
3. Lésions internes.— Mais la colonne vertébrale peut être lésée non-seulement par des violences externes, mais encore par des violences internes. Nous voulons parler des anévrismes de l’aorte et des abcès musculaires, surtout de ceux du psoas (97), comme causes fréquentes de maladies de ia colonne vertébrale.
4. Pleéthore. — Si nous examinons le trajet tortueux que l'artère vertébrale parcourt dans l’intérieur de l’axis, de l'atlas et autour du grand trou occipital, nous comprendrons que la mauvaise conformation des deux premières vertèbres
SR
ou des coups infligés sur le dos, ont sou« vent des maladies de l’épine. Mais jamais les affections de l’épine ne sont plus évidentes que chez les hommes auxquels on à infligé la peine du knout. J'ai examiné à Vilna cinq,cadavres d’homicides qui avaient succombé à cinq cents coups de knout : deux avaient péri sous le knout et les autres au bout de quelques heures, après avoir éprouvé de la rétention d’u= rine et de fecès. La Surface du dos était livide et noire. Sous les téguments sè trouvait du sang extravasé, ayant jus= qu’à cinq pouces d'épaisseur et au-delà.
Les muscles voisins étaient friables, les méninges et la moelle épinière rouges, entourées par un épanchement de séros sité sanguinolente et présentant des ec= chymoses. Le cœur et l’aorte complètes menti vides de sang. ;
(95) Tels que les paysans et les pay+ sannes qui gravissent les montagnes en portant Sur leur tête des outres pleines d'eau, et surtout les portefaix italiens (focchini) qui portent sur leur tête et sur leur dos les plus lourds fardeaux que j'aie jamais vu porter à aucun homme.
(96) En Lithuanie, les riches ét les no bles ont l’habitude de voyager sur des traîneaux (bryczka) afin d’aller plus vite.
Ce mode de voyager, lorsqu'on en a pas l'habitude, donne lieu souvent, comme je puis l’affirmer, aux plus graves affections de la colonne vertébrale.
(97) The new England journ. of med, and surg., 1816, vol. 5. Bedingfield compend. of med, practig,
DU SYSTÈME NERVEUX
ryicales, ou les congestions et autres stacles à la circulation du sang dans ntérieur du cerveau, doivent délermir la pléthore des vertèbres cervicales.
à pléthore, du reste, de la colonne verbrale peut encore survenir si des obructions des viscères abdominaux , si xs fèces ou des gaz distendent les instins , si l’utérus pendant la grossesse 8), ou des efforts pendant l’accoucheent, s'opposent à ce que l'aorte se déloppe ainsi que ses nombrenx rameaux scéraux. Dans ce cas, il faut que le ng refoulé dans la partie thoracique : l'aorte reflue en grande partie dans s artères sous-clavières, dans les artè- 5 intercostales supérieures et dans les itres artères intercostales qui naissent nmédiatement de l'aorte. Si les choses > passent ainsi, la pléthore artérielle e la colonne vertébrale est inévitable, y un rameau de chaque artère interstale arrive à la colonne vertébrale par s trous de conjugaison et s’anastomose ec les artères spinales. Il faut savoir ssi que ces artères ont été trouvées afctées d’anévrismes (99). Or, comme la upart des veines vertébrales se dégornt dans les veines intercostales, que utes les veines intercostales, excepté la remière, qui le plus souvent se jette ins la veine sous-clavière, se terminent
ans la veine azygos, que la véine azygos
erse le sang qu’elle contient dans la eine cave descendante, il s'ensuit que utes les causes qui mettent obstacle à tte évacuation, telles que les maladies u poumon et du cœur droit, doivent éterminer la pléthore veineuse vulgaiment nommée hémorrhoïdale dans le inal vertébral. Et si on pèse toutes ces 1oses, on comprend quel détriment doit pporter à la moelle épinière la suppreson des menstrues, des hémorrhoïdes et es autres hémorrhagies (100).
5. Chaleur, froid.— Les paysans, les rdiniers et tous les hommes qui tra-
(98) On ne se repentira pas de lire sur > sujet Fréd. Hoffmann (Med. rat. syst.,
1m C. 1, Obs. 6j 7 | a
(99) Malacarne encephalotomia nuova niv. Torino, 1780.
(100) Sur la pléthore de la cavité verbrale, lisez : Morgagni, Op. c., ep. zxn, , Gauthier de Chaubry dans le Journal én. de la soc. méd. à Paris. V. Harless, ourn. d. ausl. liter., 9 B., 2 st. Cfr. Dürr 1 Hufeland’s Journ., 26 B., 2 st,, p. 86 Suiv.
vaillent le corps courbé en avant, el exposés aux rayons du soleil, sont sujets aux maladies graves de la colonne vertébrale. Ceux qui, pendant l'hiver, ont l'habitude de tourner le dos au feu, ou de rester exposés à l’action d’une fournaise (1), sont soumis aux mêmes maladies. Une cause entièrement opposée agit sur la colonne vertébrale des voyageurs qui ont à supporter long-temps un vent froid sur le dos, ou chez les personnes qui, ayant chaud, exercent la défécation, soit en plein air, soit dans des lieux d’aisance mal fermés. Les soldats et tous ceux qui, sans un chapeau à larges bords, voyagent sous un ciel pluvieux et froid, reçoivent l’eau qui, de la tête, coule sur le cou, le dos et les lombes, sont surtout affectés de rhumatismes de la colonne vertébrale (2). Ainsi se trouve confirmé cet aphorisme d'Hippocrate (3), que le froid est surtout nuisible à la moelle épinière (4): ce que l’on comprend d'autant plus facilement que les nerfs de la peau tirent surtout leur origine de la moelle épinière. £
6. Mouvements. — Nous ne passerons pas non plus sous silence l’action des exercices immodérés sur la colonne vertébrale. Car, non-seulement celte cause détermine facilement le tétanos chez les chevaux, mais aussi chez lés hommes, comme le prouve l’exemple des coureurs qui précédaient autrefois le char des princes. Et ici encore les extrêmes se touchent. Car le décubitus dorsal longtemps continué parait prédisposer dans les hôpitaux les convalescents et les blessés aux affections de la colonne vertébrale (5). |
7. Plaisirs de l'amour. — Nous avons déjà parlé de la connexion des organes génitaux avec la colonne vertébrale (6).
(4) Ainsi, les femmes lithuaniennes restent des heures entières le dos tourné au feu et s’attirent ainsi de graves maladies.
(2) Ellias Engholm d. kriegsshygiene, Leipz., 1818. (Cet homme remarquable demande qu’on ajoute au casque des soldats (tschakko’s) une partie postérieure qui protège leur nuque.)
(3) Aph., v. 18, à. 9.
(4) Morgagni à rapporté un exemple remarquable de ce genre observé par Valsalva. Op. c., ep. 11, 20, 2, 5.
(5) Brera, Op. c. V. Harless, n'ca
, (6) Su, n. 6.
Hippocrate avait dit : « La consomption dorsale provient de l’épine ; elle attaque surtout les nouveaux mariés et ceux quise livrent trop aux plaisirs de l’amour (7). »
Mais outre la perte de la semence, la puberté elle-même agit sur la moelle épinière comme la dentition agit sur le cerveau (8).
8. Affections de l'âme. — Parmi les mouvements de l’âme , la terreur et la crainte paraissent le plus agir sur la moelle épinière. |
9. Poisons. — Sans parler de la contagion doat nous nous sommes occupés plus haut (9), les poisons n’épargnent pas la moelle épinière. C’est démontré pour l’upas antiar (10), et on en peut à peine douter pour le plomb (11), le mercure (12), le seigle ergoté (13) et l’écorce d'angusture (14).
10. Metastases. — Il n’est pas rare que les métastases de la variole, des affections morbilleuses (15), et de la blennhorrée urétrale se portent sur la colonne vertébrale.
11. Rachitisme, syphilis, scorbut. — 11 nous resteruit à parier du rachitisme, de l’arthrite, du scorbut et de la syphilis comme causes de maladies de la colonne vertébrale; mais comme ces affections agissent surtout sur le système osseux de la colonne épinière, c’est-àdire sur les vertèbres, et accompagnent la paralysie ou lhydrorachis chronique, nous nous occuperons plus loin (16) de ce qui, dans leur histoire, regarde la médecine.
(7) De morb., I. u, c. 49, edit. Lind., t. 1, p. 75.
(8) Cfr. cap. x, $ xzvin. Les symptômes de la chlorose, maladie qui accompagne souvent la période d'évolution, c’est-à-dire la päâleur de la peau, les palpitations du cœur, la rétention des menstrues, la difficulté des mouvements, peuvent très-bien s'expliquer par une affection de la colonne vertébrale.
(9) $ ar, 2, 5.
(10) Schnell, Diss. veneni upas antiar vires exhibens.
(14) Cfr. cap. xu, $ 45.
(12) Cap. u, $ 8.
(15) Cfr. cap. xiv.
(44) Emmert. Hufeland, Journ., 4817, nov., p. 109.
(15) Pouteau, OEuvres posthumes, vol.