Examen de la colonne vertébrale
— Maintenant il ne reste plus rien à éclaircir, quant au diagnostic des maladies de l’épine, que l'examen de la colonne vertébrale fait selon les règles de l’art. Toutes les fois qu’on a le moindre soupcon de l'existence d’une maladie de l'épine, il faut examiner la partie qu'on soupconne en faisant tenir le malade tantôt dans la position verticale, tantôt dans la position horizontale. Chaque vertèbre en particulier doit être soumise à
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(22) La physiologie enseigne qu'un homme , suriout jeune, est un peu plus grand à son lever qu’à son coucter, phénomène qui s'explique par l’élasticité des cartilages intervertébraux intacts le matin et diminués le soir. Cette explication admise, il suit que les maladies dues à la compression des nerfs intervertébraux doivent être plus aiguës le matin que le soir : et c'est ce qui s’observe souvent dans la pratique.
(25) Cap. nu, S 7, n.1,
Frank, tou. in,
l'examen du toucher et de la vue en procédant tantôt de haut en bas, et tantôt de bas en haut. Souvent, en effet, la partie affectée ne présente n1 tumeur ni autre signe externe, mais manifeste presque toujours de la douleur à une pression plus forte. En outre, le hasard a fait découvrir à Copeland (24) un excellent moyen de diagnostic que nous avons nous-même employé souvent. IL consiste à promener une éponge pleine d’eau chaude sur la peau selon la direction de la colonne vertébrale. Tant que la chaleur n’est appliquée que sur les vertèbres saines, le malade n’éprouve qu’un sentiment de chaleur; mais dès que la vertèbre lésee ou la partie affectée a été touchée, le malade éprouve un sentiment d’ardeur intolérable. Au reste, ce moyen.
lui-même n'est pas infaillible, surtout si le corps des vertèbres est affecté. En examinant l’épine, il ne faut oublier ni les clavicules, ni les côtes, ni le sternum, organes dont l’état malade annonce souvent un vice de la colonne vertébrale. |
3. Examen des cadavres, — Quoiqu'un grand nombre d'hommes distinguésse soient livrés à l'étude anatomique de la colonne vertébrale {a), cependant, si on excepte Cassebohm (2), Cruse (c), Hesselbach (4), Ackermann (e), Oechy (*), Autenrieth (f), Fleischmann (g} et un anonyme (:), aucun anatomiste n’a enseigné la manière de disséquer la colonne vertébrale dans un but pathologique et pratique (Æ). Aussi avons-nous
(24) Op. c.
(b) Anweïis. z, anatom. Betracht, d.
menschl. kϾrpers. hernausq, V. Baldin= ger. Berlin, 1769, p. 662.
(c) Anweis. f. gerichtl. Aerzte, Gœtting., 14806, p. 107.
(d) Anleit. f. gesetzmæss. Leichnæffn.
Würzb., 1819, p. 54.
(e) Tabellar. Uebersicht bei gericht], Leichenœffn. Leips., 1801.
(‘) Anweis. z. zwechmæss, u. zierl, Leichenæffn. Prag., 1802.
(f) Anleit. f. gerichtl. Aerzte. Tüb.,
(g) Anleit. f. forens. u. poliz, unters, Erlang., 1806.
(k) Anweïs. z, gerichtl, zerglied. Bari.
(i) Anatom. patholog. unweis. f. ge richtl. Wundærzte. Stendal, 1804, p. 95.
(k) Dans les recherches médico-pratiques, la section de la colonne vertébralg
consulté avec plaisir les observations de rachiotomie (/), que Lobenweïin a lues devant la Société médicale de Vilna, et en donnons-nous ici un rapide exposé (2).
ne devrait jamais être négligée, disent avec raison Plenk (Elem. med. forens.
Vien., 1781, p. 5), Metzger (System. d.
gerichti. arzeywiss. 4. Ausg. V. Gruner, Koœnigsb., 1814), Hesselbach (1. e., p. 6) et autres. Foderé restreignit ce précepte à la section des vertèbres du cou seule« ment (Traité de méd. légale. Paris, 1815, t. 111, $ 550).
(L) Methodus columnam vertebralem rite dissecandi.
(m) Après avoir divisé la rachiotomie en partielle et générale (la dernière devant toujours être préférée à la première), £t en externe et interne, — l'examen esterne, dit cet homme distingué, fait connaître tout ce qui se présente à l’extérieur de la colonne vertébrale. Mais, pour explorer ‘toute la superficie des vertèbres, il faut d’abord les dénuder en avant et en arrière, Mais leur partie antérieure ne peut être examinée qu'autant que l’on a enlevé auparavant le col, la poitrine, l'abdomen et le bassin; et pendant qu'on détache les viscères, il faut examiner l’état des nerfs qui se voient sur les côtés des vertèbres, et surtout des grands sympathiques et de leurs ganglions, des nerfs $planchniques qui en partent, de leurs rameaux et de leurs plexus origines des nerfs cardiaques, phréniques, brachiaux, obturateurs, cruraux etischiatiques. Il faut aussi porter son attention sur les muscles voisins, les grands et petits psoas, et surtout leur gaîne qui descend dans le bassin. Lorsqu'on a en- Îevé avec soin les insertions du diaphragme, les grands vaisseaux, les nerfs et les muscles. qui occupent la face antérieure de la colonne vertébrale, on constate l’état de la superficie du corps antérieur des vertèbres et leur articulation ayec les côtes, ainsi que la face pclvienne du saérum et du coceyx; et afin d'agir plus facilement, an pratique la résection des côtes près de leur articulation, et on enlève la paroi antérieure du bassin. En hrrière, on fait une incision (*) qui, parjant de la protubérance occipitale externe, suit la ligne des apophyses épi neuses jusqu'au coccyx, et de chaque côté une autre incision qui, partant de l’apophyse mastoide, passe sur l’articulation des côtes”avec l’'apophyse transverse, et se termine inférieurement à
{*) Herselbach Aüweis,, p. 34,
MALADIES
$ V. Du pronostic et du traitement.