MALADIES
bras (7) ou bien dans les doigts annulaire et auriculaire (8); de pandiculations, de bâillements, de palpitations et d’un sentiment de resserrement à la région précordiale (8), et presque toujours d'un sentiment particulier de faiblesse, comme si une maladie grave ou la mort même allait survenir (10).
avant sa mort une raideur du cou, et enfin le tétanos pendant les dernières heures de sa vie, je serais plutôt tenté de placer la cause de l’aphonie dans la portion cervicale de la moelle qui donne naissance au nerf accessoire de Willis, dont le ra meau interne se distribue au larynx.
Pendant le printemps de 1818, j'ai guéri un homme d’une constitution athlétique affecté d’une manie furieuse périodique, liée aux hémorrhoïdes. Le malade me prédit sans se tromper l'approche de son accès, d'après la raucité de sa voix.
Lorsque ce symptôme survenait, et que la douleur habituelle de la tête s’exaspérait, la maladie apparaissait. Quelle:
que soit la manière dont les choses se passent, nous demandons aux anatomistes et aux physiologistes si cette apparition simultanée de l'impuissance et de l'aphonie, produites par la lésion de la moelle épinière, serait capable d’expliquer la sympathie qui unit les parties génitales et le larynx. Peut-être pourrait-on expliquer aussi l’évolution de la barbe par les nerfs cervicaux qui four nissent en grande partie à la peau de la face.
(7) Voy. ch. x, $ 48, n. 2.
(8) J'ai observé ce symptôme en 1815, sur un marchand de chevaux affecté d’une rachialgie cervicale très-douloureuse qui avait succédé à une céphalée.
(9) Dans presque toutes les maladies qui s’accompagnent d’une douleur à la nuque, et surtout d’une douleur gravative, le malade éprouve un genre particulier de faiblesse dont une malade me rendit compte dernièrement de la manière suivante : « Lorsque la douleur me prend, je suis dans un état tel qu'il me semble que déjà la mort m'a frappée en partie. » | (10) L'an 14810, un marchand juif âgé de 50 ans, robuste et d’une santé florissante, sujet depuis dix ans aux hémorrhoïdes, vint me consulter pour une douleur qu'il éprouvait au niveau de ÏJa sixième vertèbre cervicale. Le malade me raconta que cette douleur le prenait avec violence deux ou trois fois par mois, et qu'elle s’aççompagnait de palpitations,
DU SYSRÈME NERVEUX.
9, Rachialgie dorsale, — La rachialsie dorsale, notalgie de quelques auteurs (11), s'accompagne de symplômes très-variés. T'els sont la difhiculté de respirer, l’essouflement, les soupirs dont la respiration est entrecoupée (12), lop-
d’un sentiment d’oppression qui empêchaït la marche, de bâillements et de pandiculations. Ces différents symptômes {ils avaient la plus grande analogie avee ceux de l’angine de poitrine) me parurent dépendre d'une affection de la moelle, et j'eus recours à la saignée générale, à l’application de sangsues et de
ventouses scarifiées sur le lieu malade,
et enfin aux moyens propres à entretenir la liberté du ventre. En même temps j'avertis ses parents du danger que couräit le malade, et je les engageai à prendre conseil d’autres médecins. Les confrères qui furent appelés, en voyant l’'embonpoint et l'air de santé de cet homme, s’étonnèrent de mes craintes, qu'ils traitèrent de peur panique, et déclarèrent
u’iln’y avait aucun danger. Maïs à peire y avait-il trois semaines d’écoulées, que le malade mourut subitement pendant la nuit, Je ne pus obtenir de faire l’autopsie, Je soupçonne que le malade avait succombé à une hémorrhagie de la moelle,
(41) Du grec vwros, dos, et &hyos, douleur. Swediaur, Nov. nosol. method.
systema, vol. 1, p. 459. Hale, 1812.
(12) En 1815. j'ai observé sur une jeune fille une difticulté toute particulière de respirer. La malade, qui parlait du reste avec facilité, était forcée à chaque minute d'interrompre une ou deux fois son discours, et de faire une profonde inspiration, comme un soupir. Elle attribuait elle-même la cause de sa maladie à ce qu’elle s'était tenue pendant très-longtemps le dos près d’un fourneau allumé.
En 1817, j'ai guéri une jeune fille âgée de douze ans, qui avait un commencement de cyphose de la troisième etde la quatrième verièbre dorsale. Elle poussait aussi des soupirs involontaires, et de plus elle présentait une lividité très-grande de la peau des bras, des palpitations et de l’amaigrissement. Parmi les médecins qu’elle consulta, les uns soupçonnèrent des tubercules pulmonaires, les autres une maladie du cœur. Lorsque j'eus reconnu le siége de la maladie, je fis appliquer sur les côtés de Ia colonne vertébrale, d'a bord des sangsues, et ensuite des cautères. La malade fut mise à la diète, et le corps fut suspendu à l’aide des bras qui furent fixés sur un point plus élevé.
— En novembre 1818, je fus appelé en
pression, les douleurs dans les hypochondres, et surtout au niveau des fausses côtes (13); la rigidité des muscles abdominaux, l'impossibilité de retourner le corps d’un côlé sur un autre (14), la difficulté de s'asseoir, de se lever, de marcher sans avoir le corps fortement penché en avant, la constipation, les envies fréquentes d'uriner, et souvent aussi l'impossibilité de retenir ses urines (15), l’amaigrissement surtout des
consultation pour une femme qui un an auparavant avait fait un voyage dans une voiture incommode et sur un terrain très-inégal, et qui revint chez elle à moitié morte, par suite d’une douleur très-aiguë qu’elle éprouvait dans le côté droit de Ia poitrine. On pratiqua une saignée qui fut suivie d’un grand soulagement, mais à la suite de laquelle il resta encore dela douleur vers le dos etles fausses côtes droites. La troisième de ces côtes fut trouvée comme séparée de son cartilage, et repoussée en dedans. La malade éprouvait la même difficulté à respirer, et de plus des bâillements, quelquefois même des sanglots, comme on l’observe dans l’inflammation du diaphragme. Mais comme la malade ne voulut permettre aucune opération à l’aide de laquelle on pût re< mettre en place la côte affectée, ou plutôt son cartilage, on appliqua tout simplementune bande qui soutenait une lame métallique, que l’on interposa autant que possible entre le foie et les côtes, et cette simple manœuvre soulagea beaucoup la malade,
(15) Piusieurs fois J'attribuai à tort ces douleurs au foie ou à la rate, avant d'avoir reconnu qu'elles dépendaient de Ja moelle épinière. -
(14) Un malade m'a affirmé qu'il avait plus de facilité pour se lever et se coucher ensuite, que pour se retourner d’un côté sur un autre lorsqu'il était couché, ce qui lui semblait extrêmement difficile.
(15) Une jeune fille russe, d’une famille noble, âgée de 20 ans, en sautant à pieds joints sur un marche-pied, sentit tout-àcoup une douleur vive entre les épaules, à laquelle on äe fit pas attention. Quelques mois s'étaient à peine écoulés, lorsqu'il survint tout-à-coup, sans cause connue, une grande difficulté de respirer, et peu après une incontiuence d’urine, avec faiblesse et amaigrissement des extrémités inférieures. On opposa, mais en vain, à ces symptômes, toute espèce de médicaments. La malade, fatiguée de ne voir aucun moyen réussir, vint à Vilna l’année 1816, et se confia à mes soins.
membres inférieurs, l’anesthésie de la peau qui les recouvre, et la flaccidité des muscles gastro-cnémiens.