‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 108 sur 261 · Rachialgie lombaire. — Cet état · texte numérisé non relu

Rachialgie lombaire. — Cet état

de la peau et des extrémilés inférieures

s’observe surtout dans la rachialgie lombaire (osphyalgie(16)), et dans la rachialgie sacrée (17). De plus, on voit

Quoique dans l'historique qu’elle me fit de sa maladie elle se fût à peine plainte de la douleur qu'elle avait éprouvée entre les deux épaules, je voulus cependant examiner la partie. Je ne trouvai, il est vrai, aucune tumeur, mais le toucher était fort douloureux vers la troisième vertèbre dorsale. Alors rapprochant ce symptôme de la cause première de la maladie, c'est-à-dire du saut qu'avait fait la malade, je diagnostiquai une affection de la colonne vertébrale. Je fis appliquer deux cautères sur les côtés de la colonne vertébrale, je donnai à l’intérieur le mu riate de chaux et l’arnica, et je recommandai le décubitus dorsal pendant la plus grande partie de la journée. Sous l'influence de ce moyen, on vit bientôt disparaitre d’abord la difficulté de la respiration, ensuite l’incontinence d'urine, et enfin la faiblesse, ainsi que l’amaigrissement des jambes. Cette jeune fille, après six mois de soins, retourna chez elle parfaitement bien portante; elle est encore vivante à l’époque où j'écris, quoiqu’elle ait eu à supporter les plus grands chagrins.

(16) Du grec ous, lombe , æyoc, douleur. |

(17) Un homme de quarante ans, menant une vie très-sédentaire et sujet aux

hémorrhoïdes, vint me consulter, en

1818, pour une douleur très-vive, qui, partant des dernières vertèbres lombaires, descendait vers le milieu du sacrum. Cette douleur existait déjà depuis dix ans, el avec plus ou moins d'intensité; mais depuis deux ans, elle s'était accrue par suite de l’application d’un vésicatoire que l’on avait placé sur la partie malade.

Alors il survint aussi une anesthésie de la peau des jambes, telle que le malade ne pouvait pas même sentir lorsqu'on frictionnait cette partie avec une brosse.

Les extrémités inférieures étaient comme en bois, suivant l'expression du malade.

Leurs muscles étaient flasques et la marche très-mal assurée. L’évacuation de l'urine était difficile, quelquefois involontaire, et s’accompagnait d’une constipation opiniâtre. Il restait impuissant auprès d'une épouse d'une grande beauté,

MALADIES

survenir ordinairement dans cette affection des fourmillements, un sentiment de froid, des secousses comme électriques, des faiblesses dans les jambes, de la difficulté à uriner, une constipation opiniâtre et l'impuissance.

4. Causes de la rachialgie. — Les causes de la rachialgie sont : la luxation des vertèbres (18), leurs fractures (19), la carie, les violences extérieures exercées sur la colonne vertébrale, telles que les chutes, les coups, les secousses (20), la compression, par exemple, par des vêtements trop serrés ; l'habitude de s'asseoir de travers contractée par les enfants, soit en écrivant, soit en dessinant ; les médicaments irritants appliqués trop près de la colonne vertébrale (21), les

Er

J'employai les eccoprotiques et les applications de sangsues. Plus tard, je plaçai

des cautères sur les côtés de la colonne vertébrale, et jusqu'ici le malade a éprouvé un grand soulagement.

(48) Cfr. cap. 1, $ 1, n. 3 (34).—Bonet,

Sepul., t. in, 1. v, part.iv, C. int, p.571.— Fabrice de Hilden., Obs. cent. v, p. 458.—

Zittmann, Med. for. Lips., 1706, cent. 1v,

cas 5. — Swieten, Comment., t. 1, p. 55.

— Ludwig, Advers. med. pract., vol. n,

p. 11. De luxatione vertebrarum colli a

medico forensi circumspecte disquirenda.

Harrup., New. med. journ. Lond., vol.1,

p. 4. — Scharschmidt, Med. chirurg.

nacbrichten 5; Th. p.539. Acta soc. med.

Hafn., vol. 11. — Petit, Traité des maladies des os, t. 1, p. 109. — Boettcher, V..

d. krankh. d. knoclien. 2, B., p. 110.— Preiss, Salzb. med. chirurg. zèitung,

1792, 3 B., p. 29. — Newmann, Journ.

de med. chir. et pharma. Décembre, 1815,

p. 562.—Thillaye, ibid., 1816, mars. — Bedingfield, Op. ec. — Ehrlich, Chirurg.

beobacht. Leipz., 14815, obs. 95 (cas remarquable et digne d’une recommandalion particulière). — Rust, Arthrokakologie. Wien., 1817, $ 105, sq. (avec une bibliographie étendue qui s’y rapporte).

(19) Boeticher, 1. c.,p. 242.—Ludwig, L. c., vol. 11, p. 507.—Sœæmmering, 1. ec.

(20) Cfr. cap. r, $ 5, 2 (96). On trouve des exemples fréquents de rachialgie chez les courriers.

(21) Cfr. 4 {46). Chez les hommes dont la maladie de la colonne vertébrale dépend soit du rachitis vénérien, soit de Ja pléthore, il faut appliquer avec les plus grandes précautions, à la nuque ou entre les épaules, les vésicatoires et les autres emplâtres irritants. Personne ne peut en effet répondre des effets qu'une irritation

DU SYSTÈME NERVEUX

efforts pour étendre les bras (22), pour soulever des fardeaux, ceux que l’on fait en dansant (23); la pléthere, surtout celle qui dépend des hémorrhoïdes ou de Ja suppression des menstrues, l'impression le la chaleur où d’un froid très-vif sur la colonne vertébrale, les émotions morales (24), les excès dans les plaisirs de lamour, l’onanisme, l’abstinence des plaisirs de Vénus (25), la puberté (26), la grossesse (27), le rachitisme, les scroules, le rhumatisme, la goutte, lorsqu'ils attaquent les vertèbres, les méninges où bien la moelle elle-même, etc.; nous allons revenir plus bas sur ce sujet.

S III. Diagnostic.

1, Généralités. — Nous avons défini la rachialgie une douleur sans fièvre qui part de la colonne vertébrale. Il découle de cette définition que les douleurs que lon ressent vers la région de la colonne vertébrale, mais qui n’en partent pas, ne peuvent être rapportées à la rachialgie ; J faut donc ici d’une manière générale distinguer de la rachialgie le rhumaisme aigu des régions cervicale, dorsale et lombaire (28), ainsi que leurs suites, et en particulier toutes ces affections vavues qu'on désigne sous le nom de douleurs symptomatiques de ces régions.

Nous en parlerons d’une manière spéciale..

extérieure peut produire sur une partie déjà malade. On a vu une simple scarilication pratiquée entre les épaules déterminer la paralysie du bras. (Fabr. de Hiiden, cent. v, obs. 71.)

(22) C'est ainsi, par exemple, qu'on l'observe chez les blanchisseuses lorsqu’elles étendent leur linge, ou bien chez les autres femmes lorsqu'elles attachent les rideaux de leurs fenêtres.

(25) Cfr. n. 5 (44).

(24) Ricdiin, Millenarius 110.

(25) Le coït et les pollutions donnent souvent lieu à une rachialgie passagère de la région des lombes.

(26) La région lombaire devient douloureuse chez les mâles et chez les femelles, à l'époque de la puberté, et c’est ee qui est bien connu des tondeurs d’animaux.

(27) Lossius, Consil., n. 34.

(28).P. 1, vol. n, cap. xuiv, $ 184, n.

2. Diagnôstic différentiel de la rachialgie cervicale. — Les maladies du gosier et de l'œsophage simulent quelquefois la rachialgie cervicale , et nous l'avons observée plus d’une fois, soit dans l'angine simple, soit dans la dysphagie.

Toujours est-il qu’il ne faut pas oublier que ces maladies peuvent ainsi amener la rachialgie à leur suite.(Alors en effet elles se propagent aux vertèbres cervicales et attaquent ensuite les enveloppes de la moelle, et la moelle elle-même) (29).

D'ailleurs, par suite d’une marche inverse, on a vu (30) la rachialgie, surtout celle qui provient de la carie des vertèbres cervicales, donner naissance à l’angine,

3. Diagnostic différentiel de la rachialqie dorsale, — La rachialgie dorsale est simulée par les maladies de la partie postérieure des poumons, et peutêtre aussi par les altérations encore peu connues du canal thoracique, et bien

(29) En 1795, j'ai soigné dans l'hôpital civil de Vienne, dont j'étais ‘alors médecin en chef, un homme très-maigre qui portait dans la gorge un ulcère syphilitique ancien, répandant une odeur fétide, et qui avait été négligé. Cet homme se plaignait en outre d’éprouver de l’ensourdissement dans les bras. Dès que J'eus connaissance de ce dernier symptôme, je dis immédiatement au médecin en second, le docteur Weiss, que J'étais presque certain qu’il existait une carie des vertèbres cervicales. II manquait jusqu’alors la douleur de la nuque, qui se manifesta deux mois seulement après; mais en même temps qu'elle apparut, on vit survenir aussilôt la paralysie du bras gauche, et plus tard celle du droit. Une mort subite, ainsi que je l’avais prédit, mit fin à tant de douleurs. A l'ouverture du cadavre , nous avons trcuvé les corps des troisième, quatrième et cinquième vertèbres cervicales affectés de carie.

L’altération des vertèbres s’étendait jusqu'aux membranes de la moelle enflamméce. Cette espèce de carie est souvent, ainsi que le soutient Mathias, un effet du mercure : An inquiry into the hist. and nature of the diseases produced in the human constitution by mercury, with obs. on its connex. with lues venerea, Lond., 1811, 2° édit.

(30) Angina vertebralis Hippocratis, V. Apb. s. mm, n. 26, et prorrhetic., |, 1.

— Galien, De loc. aff., 1. 1V, C. 1. — Aetius, Tetrab. 11, serm. 1V, C. XLVI. — Paul Æginète, Liu, ©. xXVH,—Rust, 1. c.

certainement par celles du pancréas (31) et de l'aorte.

4. Diagnostic différentiel de la rachialoie lombaire.— La rachialgie lombaire “peut être confondue avec les maladies de l'aorte (32). (Elles s’'accompagnent du reste assez Men d'une véritable rachialgie, qui provient de la carie des vertèbres) (33). On la confond aussi quelquefois avec les maladies des reins, ef entres autres avec leur augmentation de volume (34), avec un Calcul contenu dans leur intérieur, avec les affections de la rate (35) et avec la névralgie sciatique.

5. Diagnostic différentiel de la rachialgie sacrée. — La rachialgie sacrée, surtout si l’on ne tient pas compte des autres symplômes, peut être confondue

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(31) Bonet, Sepulçhr., 1. 1, $ 22, obs.

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