‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 174 sur 261 · PE DS · texte numérisé non relu

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(40) Cavallini, Storia d’una reumatica paralisia curata con l'unzione mercuriale. Venezia, 1769.

(41) Cap. x1v, $ 70, 5. Ed, de Lyps.

DU SYSTÈME NERVEUX

néraux, sentiment de constriction vers la colonne vertébrale (42), et résolution des muscles abdominaux (43), on observe encore des signes spéciaux, suivant que les régions cervicale, dorsale , lombaire et sacrée de l’épine sont affectées isolément, ou que toute la colonne vertébrale est lésée, ce qui ressort suffisamment de notre travail (44), et des observations de E. Home, qui apprennent de plus : que le sang coagulé, comprimant la surface externe de la dure-mère, qui recouvre la moelle épinière de la quatrième vertèbre cervicale à la seconde dorsale, détermine la paralysie des extrémités, tant supé-

rieures qu’'inférieures, et lèse en même

temps l'évacuation de l'urine et des fèces; que le sang exlravasé dans le centre de la moelle épinière, entre la sixième et la septième vertèbre du cou, donne lieu à la paralysie des extrémités inférieures, jamais à celle des extrémités supérieures; que la fracture de la septième vertèbre du cou, la moelle correspondante étant lésée, occasionne la paralysie de toutes les parties siluées au-dessous du lieu affecté et rend la déglutition douloureuse.

Déjà nous avons averti (46) que la paralysie due à une affection de l’épine s’observe presque toujours du côté correspondant à la cause morbide. On en cherche la cause dans le défaut d’entrecroise= ment de la substance médullaire (47). Or, :

comme l'entrecroisement de ia moelle, comparé à celui du cerveau, est très-petit, les violences exerctes sur la moelle sont rarement bornées à un seul côté, mais embrassent presque toujours toute la circonférence de l'organe : aussi E. Home s’efforce-t-il d'expliquer pourquoi les affections de l’épine donnentplus souveut lieu à la paraplégie qu’à l’hémiplégie, Cette opinion, que la paralysie due à la cyphose affecte presque toujours les deux cuisses, est prouvée. Cette paralysie, appelée ailleurs cyphose paralytique, à été décrite par Pot, Paletta, Rachetti, Copelaud (49) et autres (50). On la ren-

ne ——

(42) Armstrong, Yelloly, Copeland.

LC ca Bed

(43) Copeland, 1. c., p. 13.

(44) Cap. 1, $ 2.

(45) Op. c. (V. P. ur, vol.r, sect. 1, c.

iv, $ 12, 7 (100)), p. 270.

(47) Racchetti, À. c., p. 274.

(A8) Idem, I. c.

(49) Op. c.

(50) Wedel , Paralysis pedetentim in-

contre souvent chez les enfants, et à l'époque de la puberté. Toutefois elle n'épargne pas les adultes (51). Elle est annoncée par la langueur, l’inertie, le froid des pieds, les douleurs des cuisses, la flaccidité de la peau , la diminution de la voix. Les petits malades refusent de se tenir sur leurs pieds , et s’ils font quelques pas, ils perdent de nouveau le pouvoir de marcher, et si, aidés par d’autres personnes , ils s'efforcent de marcher, ou ils jettent leurs cuisses en avant, ou ils les traînent, ou ils décrivent avec elles un demi-cercle. Assis, ils plient leurs jambes comme les Turcs. La plupart présentent le sternum proéminent, la respiration laborieuse, la poitrine émaciée, l’abdomen météorisé, et se plaignent de douleur à la région épigastrique. Chez un grand nombre, la paralysie des bras

gruens a gibbere. V.Misce. ac. nat. c. dec.

4,an. 2, 1671, p. 335. Conr. Henz. A Roy comment. de scoliosi.Lugd.Bat., 1774.V.

Weiz, Neuen auszug aus diss, für Wundærzte, 15 B., p. 108. Coopmans, Diss.

de cyphosi, ibid. 1775. Ludwig, Advers.

med. pract., 1.1, p. 712, t. 11, p. 327.

Cheselden, Osteographia, tab. 44. Sandifort, Mus. anat., tab. 1, 2, 5, 47, fig. 5, 6, vol. r, Sect. iv, p. 127; n. 1; p. 129, n. 2, 5, p. 167, n. 104; tab. 56, p. 168, n. 105; tab. 58, p. 181, n. 209, p. 182, n. 210; tab. 50 usque ad 55, p. 185, n.

241; tab. 54, 55, p. 184, n. 219; tab. 56 usque ad 58, p, 188, n. 215; tab. 59, GO.

Ludwig,lib. r, tab. 42, fig. 2, p.7, 25,618; tab. 14, fig. 1, p. 9, n. 26, 21. Walter, Anat. mus., 2 B, p. 59, n. 426, 430.

Voigtel, Hanob. d. path. anatomie, 1 B, p. 310. Dolbeare, Case of curvature of the spine. V. Transact. of the college of physic. of Philadelphia, vol. r, P. 1, p.

45. Crell. puellæ gibbosæ sectio et causa hujus mali in eadem detecta. V. Act. ac.

nat. cur., vol. 1x, p. 229. Portal, Obs.

anat. sur une bosse particulière. V, Mém.

de Paris, a. 1776, Hist., p. 42, Mém, p. 242. Nebel, I. c. Kok, Obs. d’une paralysie des extrémités inférieures avec courbure de l’épine dorsale. V. Act. de la soc. de méd. de Bruxelles, Ægrotantibus, t. 1, P. 11, p. 177, n. W. Appleton, Account of the succesfuil treatment of a paralysis ofthe lower limbs, occasionned by a curvature ofthe spine. V. Med. papers communicated to the Massachussets med. soc., nrb. 1, p. 56. B. Cevasco, Cifosi paralitico curata. Giorn. della soc.

med. chir. di Parma, vol. 1v. p. 155, (51) Morgagni, ep. x, XI XIV,

MALADIES

survient. La maladie croissant, les ex trémités inférieures se résolvent compiès tement, sans perdre toutefois entière ment la faculté de sentir, et cependant Ja paralysie atteint la vessie elle-même Si on examine la colonne vertébrale lorss que la maladie est plus avancée (52), om la voit s’écarter en un point de la ligne droite et proéminer sous la forme d’um angle (cyphose). La substance des vertès bres affectées ne se gonfle jamais, comme on l’enseignait autrefois ; mais, comme l’atteste Paletta (53), on la trouve (54) plus molle, consumée et réduite en une pulpe analogue à celle qu’on rencontre dans les stéatômes, non sans traces de suppuration (55) etd'ankylose (56). Auss3 n'est-il point étonnant que la colonne vertébrale, ainsi affaiblie, puisse à peine résister au poids de la tête et à l’actiom des côtes, et doive s’infléchir en avant, au-dessus et au-dessous du lieu affecté.

La cyphose a le plus communément som siége dans les vertèbres du dos et des lombes. Il est à noter que non-seulement les parties situées au-dessous de la cyphose, mais quelquefois aussi ceiles qua sont situées au-dessus, deviennent paralytiques (57), et que l'étendue de la maladie des vertèbres n’est pas toujours en rapport avec le degré de la paralysie (58). En général, cependant, cette observation d'Hippocrate, que la maladie de l’épine au-dessus du diaphragme affecte surtout la poitrine, et au-dessous affecte surtout l’abdomen (59), se trouve confirmée. Les auteurs ne sont pas d'accord sur la cause de la cyphose paralyti que ; ils la cherchent tantôt dans le vice scrofuleux (60), tantôt dans une àcreté particulière d'humeurs .(61), et tantôt dans une maladie de la moelle épinière

(52) Copeland dit avec raison que la cyphose ne se manifeste que lorsque la maladie est avancée ; bien plus, que quel:

quefois la carie affecte déjà les vertèbres sans qu'on puisse encore constater le signe extérieur, 1. c., p. 9, 40.

(54) Racchetti, 1. c., p. 196.

(55) Voigtel,1. c., p. 512.—Ghirlandi, in Giornale di medicina pratica di Brera, vol. 1v, 1815, settemb. o ottob.

(56) Voigtel, I. c.

(57) Jebb. V. Racchetti, 1. c., p. 505,

(58) Pott , 1. c. Racchetti, 1, e.

(59) Racchetti, 1, c., p. 306.

(60) Pott, I. c.

(61) Paletta, 1. c,

DU SYSTÈME NERVEUX

Ile-même (62) (source à la fois de la cyhose et de la paralysie). Quant à nous, dmettant pour ce qu’elles valent les opi-ions de ce genre, nous cherchons, d’une ranière générale, l’origine de la cyphose aralytique dans les causes traumatiques gissant sur l'épine et déterminant l'inlammation chronique d’abord des verbres, ensuite des méninges, et enfin de à moelle elle-même, avec les suites prores de l’inflammation; et ces causes, ssurément, produisent des effets plus raves lorsqu'elles agissent sur des perpnnes affectées de quelque vice constiatif que lorsqu'elles agissent sur des ersonnes d’ailleurs saines. La résolution es diverses parties ne dérive certainesent pas indistinctement de la compresion que les nerfs qui s’y rendent éprouent de la cyphose, puisque l’aulopsie adavérique enseigne que dans la cyphose >s vertèbres ne sont pas tuméfiées, mais lutôt érodées. Mais, cependant, personne e niera que les vertèbres érodées, s’éartant de la ligne droite et occupant ‘autres lieux, ne représentent une luxaon spontanée (63), et ne puissent agir ur les organes voisins très-délicats, tels ue les nerfs. En outre, il est établique cyphose est souvent accompagnée de ankylose des vertèbres (64). Enfin, ïl ut prendre garde de chercher seuleent dans les nerfs l'explication des acidents qu'éprouvent les personnes afectées de cyphose. C’est une chose conue, en eftet, que, lorsque la colonne ertébrale est fortement affectée de cyhose, les cavités de la poitrine et de abdomen sont très-rélrécies, et les rands vaisseaux, surtout l'aorte, écartés e la ligne droite (65), d’où un grand ombre de maux que certainement on ne

(62) Latoure, Mémoire sur la paraiyie des extrémités inférieures, qu’on suposait dépendante de la courbure de léine du dos; avec des observations qui rouvent que cette maladie, avec ou sans ice veriébral, dérive de la lésion de la noelle épinière et qu’elle se guérit par :s fontanelles. V. Mém. de la soc. méd.

’émulat., an. 6, p. 62; Rachetti, 1. c., , 311.

(63) Rust, 1. c., p. 75 : « Auch ist die ogenannte Pottischo Læhmung weiter ichts als die Folge einer spontanen erschiebung einiger Wirbelknochen von nnen nach aussen. »

(64) Voigtel, 1. c.

(65) Idem, |, ç., p. 514.

peut attribuer aux nerfs. Il ne faut pas croire cependant qne toute paralysie dépendante de la colonne vertébrale soit nécessairement accompagnée par la cyphose ou par un autre vice externe. Les observations des autres (66), en effet, et les nôtres propres, apprennent qu’on rencontre un grand nombre de paralysies spinales sans aucun signe externe à la colonne vertébrale. Parmi elles, on range : 1° Les paralysies qui tirent leur origine de l'inflammation chronique d’un caractère traumatique , rhumatismal, arthritique, hémorrhoïdal, des méninges qui entourent la moelle épinière, ou du

système nerveux du canal vertébral, On

pourrait lPappeler rachialgite paralytique. Elle se rencontre très-fréquemment chez les ouvriers qui travaillent en faisant effort avec les lombes, et chez les soldats et les paysans exposés aux vicissitudes de l'air. La maladie, commençant sous la forme d'une rachialgie (67), s’établit lentement, en déterminant tantôt les callosités des méninges, tantôt la destruction d’une partie de la moelle épinière , tantôt une extravasation séreuse, purulente, sanguinolente. 2° [es paralysies qui proviennent de métastases portées sur le canal vertébral : elles peuvent plus ou moins être rapportées à Ja forme inflammatoire. Ainsi, nous avons vu un grand nombre d'exemples (68) de fièvres rhumatismales et typhoides , accompagnées d’une affection particulière de la moelle épinière , jugées par une crise imparfaile, et terminées par la pa-

(66) « Subinde tum hujusce morbi (spinæ bifidæ) tum cyphosis symptomata, sine ipso ad vertebralem columnam tumore, externo observari videntur, »

4 P. Frank, I. c.; Racchetti, 1, c., page

(67) Cap. ri, $ 8, n. 7.

(68) Je me rappelle entre autres un noble polonais très-riche qui, en 1815, convalescent d’une fièvre typhoïde, perdit à ce point l’usage de ses mains que ses domestiques étaient obligés de le faire manger. Le mouvement des bras demeura libre. 11 n’en fut pas de même des cuisses qui vacillaient et s’embarrassaient dans Ja marche. 1l existait une maigreur générale, En 1817, des cautères furent placés sur les parties latérales de l'épine et apportèrent du soulagement; mais, à l'automne suivant, le malade fut rapidement enlevé en voyage par une maladie aiguë,

ralysie des bras et des pieds. La scarlaline donnant lieu à une hydropisie du Canal vertébral se termine parune mort prompte ou par la paralysie. Les autres exanthèmes, quoique plus rarement, donnent lieu aux mêmes résultats (69).

3° La paralysie due à l’ossification “des cartilages inter-vertébraux où aux concrétions tophacées des vertèbres ; maladie déterminée le plus souvent, comme nous l'avons dit (70), par l'arthrite et la syphilis. 4° Paralysie due à l’apoplexie du canal vertébral. Cette maladie, déjà exposée ailleurs (71), souvent compagne (72) ou effet (73) de l’apoplexie cérébrale, se développe quelquelois isolément. Dans ce cas, l'apoplexie spinale, comme nous l'avons dit plus haut (74), entraine presque toujours la paraplégie. Si la maladie n’est point excitée par une cause traumatique, ele est presque toujours annoncée par une rachialgie. Elle est le plus souvent déterminée par la suppression des hémorrhoïides, des lochies, des menstrues, surtout chez les personnes affectées de scorbut. L’apoplexie se manifeste tout-à-coup, comme d'habitude, laissant après elle la paralysie des diverses parties qui tirent leurs nerfs du lieu affecté. Le cadavre ouvert, on trouve une partie quelconque de la moelle épinière inondée de sang ou de sérosilé (75).

Le cerveau se présente intact. Il n’est donc pas étonnant que les facultés de l'âme ne soient pas ou soient à peine troublées. Et 5°, la paralysie due à l’atrophie ou au défaut de nutrition de la moelle épinière. Cette maladie est trèssouvent, dans lun et l'autre sexe, le résultat de l’onanisme et de la consomption dorsale. Quelquefois elle paraît déterminée par des poisons. — En tous cas, pour établir le diagnostic des paralysies spinales sans apparence de vices externes de la colonne vertébrale, il faut se rap-

(70) Cap. 11, $ 7, n. 10, 14.

(71) Cap. ui, S 14, n. 5.

(72) Comme dans les cas cités par Morgagni, op. c., epist. EX, IV, t. 11. — Racchetti, 1. c., p. 247. — De Agostini in Giorn. di med. prat., 2 vol. — Fodéré, De apoplexia disquisitio theor. pract.

Avignon, 1808.

(15), P. 1, no. misect. 4,0. 6009...

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