Le pervigilium febrile de Boerhaave, aph
(2) Démangeaison universelle à La peau avec insomnie guérie par la laitue commune sans apprêt. Mém. de l’acad. R. de Paris, a. 1705, hist. 53.
(5) Bartholinus, |. c.
{4) Hildanus, cent. 1, obs. chirurg. 97.
(5) Scheok, lib. 1, obs, 256 (vigiliæ per 14 menses).
(6 a) Chr. Rœsler, De mictione cruenta (in juvene cum somni interruptione plenaria per sex dies). Miscell. acad nat. curios,, dec. 1, a. 3, 1672, p. 529.
.… (6b) Gorter, Prax., Dib. 11, tr. 4, 450, p. 495.
(7) Galenus, In Progn., comm, 5, 12, av.
(8) Hippocrates , aph. vu.
(9) Prædict. 1, 19.
(10) Coac, $1.
(41) G. Gruner, Semiotice. Hal., 1775, P. 2L8.
LIL, De l'agrypnie primitive.
1, Définition. — On dit que l’agrypnie est primitive lorsqu'elle constitue à elle seule une maladie, où du moins qu’elle se montre seule comme effet d’une lésion latente.
2. Exemples. — Nous comptons dans notre pratique des cas d’insomnie primilive (1). On en trouve plusieurs dans les auteurs que nous avons cités: D’autres sont encore rapportés par Panarole (2), Cumme (3), Goock (4), Saïllant (5).
3. Causes. — L’agrypnie des enfants est souvent produite par le séjour du méconium, par quelque écorchure, par la dentition, par des aliments sucrés, par la trop grande quantité ou les mauvaises qualités du lait, par une bouillie épaisse (6) qui leur a été donnée en trop grande abondance, par des langes trop serrés, par la malpropreté, la chaleur ou le froid de leurs chambres (7). — Les fem-
(14) J'ai vu un enfant qui resta entièrement sans dormir depuis sa naïssance, jusqu’à ce que à l’âge de six mois il mourut d’hydrocéphale aiguë. — La femme d’un jurisconsulte de Vilna fut prise, sans cause connue, d’une insomnie qui dura trois semaines. — Un chirurgien de Vilna épousa une personne qui, auparavant, était chargée du soin d’enfants en mauvaise santé. Elle était tellement accoutumée à veiller que par la suite eîle ne put jamais dormir plus d’une heure sur les vingt-quatre.
(2) Pentecost. v, obs. 4.
(3) De agrypniis diuturnioribus; cum observat. Ros. Lentilii. Miscell. acad,.
nat. cur., dec.t1, a. 3, 1672, p. 346 ; dec.
u1, a.5 et6,1697-1698, Append., p. 127.
(4) Appendix to medical and chirurgical observations. Lond., 1773, p. 218.
(5) Histoire de la société royale de mé-
decine, 1776 , p. 518. (Il parle d’un Es-
pagnol qui était mort à soixante-dix ans sans avoir dans toute sa vie juui de plus de quelques instants de sommeil.)
(6) Riedlin , Lin. med., ann. 1v, Sept., obs. 50, p. 801.
(7) Au sujet de l’insomnie chez les enfants, v. Sennert, De regimiine recens nator., — Primerose, De morb. puer., Kib,-1,:cap; 2, — Leonell. Faventin, Tract. de ægritud. infant. — Harvey, De gener. anim. exerc. de partu. — Ettmüller, In valetud. infant., ©, 11, $ 14. — Blancar, Collect. med. physic., cent. v, No. v. Sans parler des auteurs récents qui out écrit sur les maladies des enfants,
DU SYSTÈME NERVEUX
mes sont surtout affectées d'insomnie par suite de la rétention des règles ou de la grossesse (8). Cet état est encore plus fréquent chez les vieillards (9). Ils y sont sujets principalement dans les temps nébuleux, lorsqu'il règne du vent, ou un froid humide, après avoir mangé quelque aliment trop lourd, enfin lorsqu'ils sont tourmentés par des gaz, des hernies, des lésions des voies urinaires et des hémorrhoïdes. Parmi les causes générales de l’insomnie, nous rangeons Ja saison des équinoxes et des solstices, les mauvaises habitudes (10), les maladies imminentes (11), la convalescence (12), l'usage habituel des narcotiques (13), sans excepter le tabac (14), une sensibilité morbide, les maladies du cerveau (15), la cécité (16), l'ablation des
(8) Bartholin, cent. 1v, hist. 70. — Hinz dans Stark’s Archiv. 6 B., p. 178.
(9) Déjà Hipppocr. a rangé l’insomnie parmi les maladies des vieillards (sect.
ui, aph. 51). V. Heurnius in comment., sect.1n1, aph. 91.— Henri de Heers, Diss.
— Langius, lib. 1, ep. 26 de vigil. sen.
(10) Les enfants qu’on accoutuine trop à dormir le jour passent les nuits sans sommeil. De même les habitants des grandes, villes qui font de la nuit le jour et du jour la nuit, lorsqu'ils vont à la campagne et reprennent des habitudes de vie conformes à la nature, éprouvent dans les premiers temps de l’insomnie.
Combien Hippocrate a raison lorsqu'il dit : Que l’homme sain veille le jour et dorme la nuit.
(14) Augenius, Liv. v, epist. 7.
(12) Lorsque l’insomnie est produite par des maladies, elle persiste souvent après leur guérison. Cela arrive presque constamment dans la convalescence des ivrognes après des maladies mal jugées.
Aussi, « lorsque l’insomnie ne disparaît pas dans la convalescence , nous devons craindre le retour de [a première maladie ou l'apparition d’une nouvelle. » — Hippocrate, Des crises, $ 9.
(13) Lorsque des narcotiques ont été administrés pendant quelque temps et sont ensuite mis de côté, l’insomnie est inévitable. v. Ephem, nat. cur., dec. 7, ann. 11, obs. 69.
(14) Casp. Hoffmann, 1. 11, cap. 5, $ 50, et Miscell. nat. cur., dec. 1, an, 14, obs. 185.
(15) Bonet, Sepulchr., sect, v, obs.1 (de la sérosité); sect. vr, obs. 4 (de la sérosité); obs. 4 (les vaisseaux distendus, un ulcère et de la sérosité dans les ven-
paupières (17), l’insolation (18), l'étude (19), surtout immédiatement avant l'heure du sommeil, les émotions, surtout la douleur (20), l'amour, l'imagination (21), une mauvaise digestion (22), l'usage du gibier (23), la constipation (24), une sécrétion copieuse de bile (25), des lésions du foie (26), de la vésicule biliaire (29), du pancréas (30), la présence de vers
tricules); obs. 5 (une matière ichoreuse dans le crâne) ; obs. 6 (un abcès).
(16) J'ai vu plusieurs aveugles d’un âge avancé affectés d’insomnie.
(17) Châtiment infligé chez les Romains et les Carthaginois. Lisez là-dessus Wedel, 1. c., et Bauhin, b. 111, anat., Cap. 55. — On voit dans Zacchias, Quæst. legal (lib. vi, t. 11, qu. 1, $ 24) que, même dans les temps modernes, des accusés ont été torturés par l'insomnie.
(18) De la Prade, I. c., p. 46.
(19) Gilibert, Adversaria medica pr., p: 207. ss
(20) Willis, De anima brutor., p. 2.— Sauvages, clas. viir, xxit, 2. Insomnie par émotion, — Ainsi, une mère, après la mort de son enfant, succombe au besoin de dormir; mais bientôt l’image de celui qu'elle a perdu se présente à ses yeux et éloigne tout sommeil. — J'ai vu un jeune juif qui, ayant perdu deux ans auparavant ses parents, depuis ce temps jouissait à peine d’une heure de sommeil sur les vingt-quatre. Le malade lui-même remarqua aussi que depuis ce temps ses cheveux ne croissaient plus.
(21) La crainte de l’insomnie suffit pour la produire. — Wepfer (obs. 95, p.
555) parle d’une femme à qui la seule :
mention du sommeil faisait éprouver des palpitations et des syncopes.
(22) Un repas trop copieux, ou, chez les adultes, l’omission d’un repas, des aliments flatulents, des gaz, des aigreurs des premières voies sont souvent la cause de l’insomnie.
(23) Rhodius, Obs. med. cent. 1, obs, 80. — Galien, De alimentor. facultat., HE ae D.
(24) C’est une cause très-ordinaire, comme l’a déjà remarqué Rulandi, Lib.
cural., empir. 1V, p. 254.
(25) Forestus, lib. x, obs. 55.
(26) Rahn, Diss. sistens mirum inter caput et viscera abdomin. commercium.
Gœætt., 1771, p. 71. — Stieglitz dans Hufeland’s Journal der pr. Heilk., 4 B., p.
(29) Stuart dans Philosophical trans, No. 414.
(30) Bonet, 1. c., lib. 1, sect. 6, obs.
(31), une vie sédentaire, l’abus des plaisirs de l'amour, la rétention du sperme, des hémorrhoïdes (32), l’usage des boissons fermentées, du thé et du café.
4. Diagnostic. — Quelques personnes ont besoin pour vivre d’un sommeil moins long que les autres (33). Nous ne rangeons pas dans les insomnies morbides l'état de ces personnes, non plus que ces veilles accidentelles, dues à une fatigue, un bruit, une solitude (34) inaccoutumés, à la lumière, à la faim, à une température trop chaude ou trop froide, à des insectes (35), à l'habitude de dormir dans l'après-midi (36). En effet, l’agrypnie est une maladie occasionnée surtout par la diathèse inflammatoire, gastrique , arthritique et nerveuse.
5. Agrypnie inflammatoire. — L'agrypnieinflammatoire doitordinairement naissance à des hémorrhagies supprimées, à la rétention du sperme , à l’insolation, aux liqueurs fermentées , à la préoccupation d’esprit. Elle est souvent accompagnée d’une sensation de chaleur universelle, d’une démangeaison de la peau, d’ardeur en urinant, de vibration insolite du cœur et des artères.
6. Agrypnie gastrique. — L'agrypnie gastrique est commune chez les enfants et les femmes enceintes; c’est un elfet des aigreurs des premières voies, des vers intestinaux, des gaz, de la gourmandise, et aussi d'une vie sédentaire ou
8. — Aubert, Progymn. Exercitat. 44, dans le livre de Abditis causis de Fernel.
(51) Welsch, De vigiliis cum ejulatu diurno. Miscell. acad, nat, cur., dec. r, a. 8, 1877, p. G6.
(32) J'ai vu très-souvent l’insomnie résulter de cette cause.
(35) J'ai connu à Vienne un jurisconsulte italien d’une santé excellente, qui était arrivé à l’âge de 65 ans sans avoir jamais dormi plus de deux heures sur les vingt-quatre.
(54) Wepfer (obs. 95, p. 555) parle d'une femme qui ne put jamais dormir seule, — V, Fortis, Consult. et respons., î.1, cent. 1, cons. 27, p. 55.
(55) Les pucerons sont appelés avec raison par Pline les hôtes d'été des auberges.
(56) La question du sommeil dans l'après-midi est discutée dans la savante dissertation de Schlung : De recte capiendo somno pro tuenda valetudine, Jenæ, 1728.
du chagrin. Elle est accompagnée de sécheresse de la langue, de soif, de fétidité de l’haleine et d’un poids à l’épigastre.
7. Agrypnie arthritique. — L'agrypnie arthrilique précède quelquefois ou suit les attaques de goutte. Elle appartient à différents temps de l'année, mais surtout aux équinoxes. Elle attaque alors surtout les hommes qui, dans &’autres moments , jouissent plutôt d’un sommeil profond.
8. Agrypnie nerveuse. — L'agrypnie nerveuse résulte de mauvaises habitudes, d’un métastase sur le cervéau , d’études trop prolongées, de l’usage des narcotiques, d’excès vénériens , d'émotions.
Elle est accompagnée de symptômes d’hypochondrie et d’hystérie , surtout de besoins fréquents d’uriner, de frayeurs, d'anxiétés , de chaleurs fugitives et partielles.
9. Pronostic. L’agrypnie n’est presque jamais salutaire (37) ; elle est toujours intolérable (38), et elle fraie le chemin à plusieurs maladies du cerveau et des nerfs; elle menace l’enfant d’encéphalite, d'hydrocéphale, de convulsions; l’adulte, de vertige, de mélancolie, d’hypochondrie, de phthisie et de manie; le vieillard, d’apoplexie, surtout lorsqu'elle se montre tout-àcoup. |
10. Traitement.—Suivantla nature de l’agrypnie,on choisit(39)parmiles moyens externes : la phlébotomie , surtout de la saphène, les ventouses scarifiées au dos,
les sangsues à la tête, ou aux endroits
d'où le sang fluait auparavant avec avantage pour le malade, les lavements émolliens, auodins (40), les pédiluves, les
{57) Büchner (Schenken), Diss. de salutaribusægrotantium agrypniis. Érford.,
(38) Ce n’est pas au malade tourmenté par l’insomnie qu’on peut appliquer ce passage de saint Jean Chrysostôme : La nuit se présente comme le refuge de nos maux, la consolation de nos calamités, le remède de nos blessures (Homil. x, ad Philipp.).— Et lorsque l’agrypnie est primitive, on n’a plus l'espoir que le sommeil reviendra lorsqu'on aura guéri un autre état morbide.
(59) S. Schultz, De euporistis quibusdam somnum cConciliantibus, haud vulgaribus. Miscell. acad. nat. cur., dec. 1, a. 6 et 7, 1675 et 1676, p. 254.
(40) Dans l’insomnie des hystériques,
DU SYSTÈME NERVEUX
maniluves , les lotions, les bains tièdes (41) ou froids (42) , le chatouillement de la plante des pieds (43), la peau de lièvre (44), les substances narcotiques introduites dans les narines (45), les frictions sur la tête avec l'huile de safran (46). — Parmi les médicaments internes, la poudre tempérante, l'acide sulfurique alcoolisé (47), le surtartrate d’antimoine et de potasse (48), les purgatifs, surtout l’aloës (49), l’émulsion d’amandes (50), de semences de pavots (51)
des lavements d’infusion de camomille et de deux drachmes d’huile cuite de Jusquiame sont ordinairement très-utiles.
(41) Marcard , Uber die Natur-und den Gebrauch der Bæder. Hannov., 1795.
(42) NT « Ter uncti Transnanto Tiberim, $somino quibus est opus alto. »
Horarius.
(45) P. Romrael, Hypnoticum rarum.
Miscell. acad, nat. cur., dec. m1, an. 7 et 8, obs. 43.
(44) E. Hagendorn , De pellis leporinæ
in vigiliis usu. Miscell. acad. nat, cur., dec. 11, a. 5, 1686, p. 200.
(45) Timæus, cas. 9, lib. 11, p. 94. Je n'ose pas donner ce conseil.
(46) Avicenne , 1. c. — S. Ledel: le safran appliqué extérieurement à la tête pour procurer le sommeil, produit la chaleur de l’estomac. Miscell. acad. nat, cur., déc. n1,.a. 4, 1685, p. 145.
(47) L’élixir acide de Haller excelle dans les insomnies inflammatoires nerveuses.
(48) Le tartre émétique à petites doses répétées m'a été fort utile, non-seulement dans l’agrypnie gastrique,mais aussi dans la nerveuse, surtout s’il ya menace de mélancolie.
(49) Fischer (1. c., $ 83) conseille l’aloès hépatique, surtout dans l’insomnie des vieillards.
(50) Forestus. Heurnius. J'ajoute quelques amandes amères aux amandes douces , surtout pour les enfants, mais non pour ceux d’un âge trop tendre.
(51) Dioscoride. Oribase. Ce remède simple est un narcotique très-employé chez les Lithuaniens. 11 m'a servi plusieurs fois à chasser une insomnie hystérique.
blancs, l’opium (52), la jusquiame (53), la belladone (54), des pilules de cynoglosse (55), la thériaque (56), l'électuaire dit repos de Nicolas (57), le safran (58), le camphre (59), le musc (60), l’ambre gris (61), l’éther sulfurique alcoolisé (62), la teinture de mars solaire (63), la poudre hypnotique de
(52) Tout le monde sait que l’opium ne convient nullement dans l’insomnie par cause inflammatoire et gastrique. Il n'est jamais sûr de l’employer chez les enfants et les vieillards. Il est utile dans les insomnies nerveuses des convalescents, surtout sous forme d'extrait aqueux et de narcotine. Les frictions d’opium sur les paupières sont aussi conseillées (de la Prade, 1. c.). Les fumigations d’opium sont dangereuses (Charpentier de Cassigny, Reise nach China und Bengalen.
Berlin, 1801, p. 288).
(53) Elle produit rarement l'effet désiré. |
(54) Jahn, Klinik der chron. Krankh.
Erf,, 4815, 4, Abschn.
(55) Je ne connais aucun narcotique:
préférable à ce composé divin. Je donne aux adultes un bol de cinq grains.
(56) Ce composé l'emporte souvent sur l’opium simple, surtout si c'est de la vraie thériaque de Venise.
(57) Il rivalise avec la thériaque. On l’administre à la dose d’un à deux drachmes. Il contient cinq grains d’opium par once.
(58) Stœrk, Libellus, quo continentur experimenta, etc.
(59) Fischer, 1. c., $ 86. I1 a administré à un jeune homme mélancolique le camphre avec l’aloès hépatique.
(60) Thilen , Med. chir. Bemerk., p. 46.
Dans l’insomnie des enfants et des hystériques. Je donne volontiers dans ce cas trois grains de musc et de cinnabre avec un grain d’extrait de jusquiame.
(61) G. Schober, De essentia ambræ vi hypnotica. Miscell. acad. nat. cur., dec. 11, aun. 9 et 10, p. 457.
(62) Burserius, Inst. med. pract., vol.
Hi, Cap. 111, $ 68.
(63) S. Wolff, In vigiliis vel inquieto somno usus singularis tincturæ martis S0laris. Miscell, acad, nat, çur., dec, 11, ae
Kriel (64), l’assa-fétida (65). Parmi lessecours hygiéniques, on compte : un ordre convenable dans les repas , ordre pour lequel on ne peut pas prescrire de règles gévérales (66), l'usage du lait (67), la chair de lièvre, le poisson, les écrevisses de rivière (68) , le riz au lait (69), la laitue (70), les chous crus (71), l’abstinence des liqueurs fermentées , du thé et du café, mais cette règle souffre des exceptions (72) , la température modérée
(64) Samml. auserl. Abh. f. pr. Aerzte, 4 B., 2 St., p.169. v. J.-C. Jacob, Tract.
de viribus hypnot., a minerali regno haud alienis, Act. nov. acad. nat. cur., 1.1, p. 465. Le médicament dont il s’agit est composé de nitrate de mercure précipité à l’aide du foie de soufre. Une dame de Vilna qui avait éprouvé des hémorrhagies graves de l’utérus, tomba dans une agrypnie rebelle qui s’opposait au rétablissement de ses forces. Un scrupule de poudre hypnotique de Kriel fut administré le soir. Il en résulta un sommeil bienfaisant qui dura dix heures, et rien ne s’opposa ensuite à sa convalescence.
(65) Burserius, 1. c. (la nuit en pilules).
(66) Le souper est quelquefois nuisible, quelquefois utile. Bien plus, quelques personnes sont affectées d’insoranie lorsque leur estomac vide demande des aliments. Je conseille donc avec Jœrdens (L. c.) d’en tenir tout préparés, même durant la nuit.
(67) Augenius (epist. med. 7, lib. v) préfère le laït de chèvre à tous les autres comme narcotique.
(68) J.-A. Limprecht, De modo extraordinarium conciliandi somnum fluviatili astraco, qui latinis auctore Gesnero, cancer, perperam, Germanis Fluss- Krebs, vocatur. Acta acad. nai. cur., vol. 11, p. 492.
(69) Hercules Saxonia, prælect, pract., P..1: 6.10, D, 2;
(70) Galen, lib. 1, De alimentor. fa- ŒIL, Cua0i Cie, À. 11, vole ir, ect. à, cap. x, S Hu, 48,
(71) Les Lithuaniens mangent ce légume cru à leur souper (ea allemand, Sauerkraut), avec le jus acide produit par sa fermentation auquel ils ajoutent de l'huile d'olives. Ce moyen fait cesser parfaitement l’insomnie hémorrhoïdale, et les estomacs faibles n’en sont pas incormmodés, d’ai écrit cette remarque à Vilna.
(72) L’insomnie par cause arthritique est souvent guérie par le café. v. Blegnÿ,
MALADIES
des chambres, les oreillers durs (73), un lit suspendu et agité (74), l'usage de litières (75), les odeurs (76), la musique (77), l'exercice à l'air libre, le bruit d’une eau qui tombe ou qui coule lentement (78), le bruit modéré de conversations (79) ou de lectures, celui des moulins , le chant des oiseaux, ou bien, au contraire, le repos absolu de tout ce qui environne, le silence après le bruit (80), enfin, le magnétisme animal (81).
pe
De potu cof., p. 64. De même l'usage du punch convertit chez quelques sujets une insomnie rebelle en un sommeil salu:
taire.
(73) Schenck, obs. 70.
(74) Octavius Horatianus.
(75) On regarde comme somnifère la vertu spécifique qui appartient à l’exercice en litière, comme duvenal l’atteste par ce vers :
a Namque facit sormnum clausa lectica fenestra. »
(76) Heurnius recommande un sachet dans lequel entrent : fleurs de violette, de nénuphar, une poignée de chaque; écorce de mandragore, deux drachmes; graines d’aneth, une drachme; safran, un scrupule. F, une poudre qu’on met dans un linge.
(17) Les Pythagoriciens, pour calmer les peines du jour, employaient des chants dont la musique s’adaptait à cet usage.
V. Pierre Foreest (1. x, de cerebri morb., obs. 56) et Heurnius (1. c.). Les chansons des nourrices produisent le même effet.
D'après Senèque (De providentia), Mécène, après trois ans d’insomnie , parvint
- à dormir par le moyen de concerts dont
le bruit lointain parvenait doucement à ses oreilles. |
(78) « Adhibenda aquæ destillatio crebra, cujus sonitu sæpe ægrotantes inducti somnum capiunt. « Cæl. Aurel. — « Prodest etiam aliquid ad somnum Silanus juxta cadens; vel gestatio post cibum, et noctu; maximeque lecti susoensi motus, » Celse, lib. 11, c. 18. — « Cuique vero usilata somnum accersunt : nautis in cymba decubitus, et in mari navigatio, et littorum sonus et undarum murmur, et ventorum bombus et maris navisque odor. » Aretée, De curat. morb.
acut., lib. et
(79) J'ai connu un vieux prince polonais qui ne pouvait guère dormir qu’en faisant venir des chasseurs pour parler de chasse autour de son lit.
(80) Galien, |, c.
(81) J'ai débarrassé la femme d’un ju-
CHAPITRE VIII. == DU RONCHUS, DE L’AGI- TATION, DES CRAMPES, DE LA CHALEUR ET DES FRAYEURS NOCTURNES.
$ Ier. Du sujet en general.
1. Son importance. — Le sommeil peut être lésé non-seulement par excès et par défaut , mais encore par sa manière d’être. Après le cataphora et l’agrypnie, il faut donc aussi examiner les phénomènes morbides qui surviennent au moment où l’on s’endort, au moment du réveil et pendant le cours même du sommeil. Sans parler ici de l’espèce particulière de manie que l’on appelle xocturne (1), nous trouvons : le ronchus, l'agitation, les crampes, la chaleur et les frayeurs nocturnes, ainsi que les songes effrayants, l’incube, le somnambulisme, et, sous quelques rapports , le sommeil magnétique. Nous parlerons de ces sujets dans les chapitres suivants.
2. Limites. — À ces maladies, nous joindrions volontiers toutes celles qu’on peut ranger parmi les maladies nocturnes (2), telles que les pollutions, l’écoulement involontaire de l’urine, l’asthme, les sueurs, en tant que ces affections se présentent la nuit, mais l’ordre que nous avons établi nous le défend. Nous avons déjà parlé de l’épinyctide (3).
$ Il. Du ronchus durant le sommeil.
1. Définition. — Le ronchus est un ronflement fatigant qui survient dans l'expiration et dans l'inspiration , et qui est accompagné d’un bruit rauque dans le larynx et la cavité des fosses nasales.
2. Bibliographie. — Il existe sur ce sujet une dissertation assez savante de Lust (1).
3. Symptiômes.— Le ronchus est désagréable non-seulement aux autres, mais
risconsulte de Vilna de son insomnie, à l’aide du magnétisme animal.
(4) V. chap. xxv.
(2) Grass, Diss. de morb. noctur., Jenæ, 1709, et Basmann dans Hufeland’s Journ. der pr. Heilk., 10 B., 2 St., p. 120.
V. Darwin, Zoon., vol. 1, sect. 18, et vol. 1, art, somnus interruptus.
(3) Edit. secund., P, r, vol. 1, sect. 11, C. XUI, S LxxII, 6.
(1) De rhoncho dormientium. Halæ, 1745,
encore au dormeur lui-même, lorsqu’il en à une perception obscure, ou qu'après son réveil, il trouve une sensation d'ivresse, la sécheresse de la gorge, la voix rauque, les narines obstruées , une saveur désagréable.
4. Causes. — Le ronchus est un effet d’une mauvaise habitude, du peu de longueur du cou, de la saillie en dedans des vertèbres cervicales (?), du sommeil pris la tête inclinée sur la poitrine, de la fatigue , d’une conversation, de cris qui ont précédé le sommeil, d’une atmosphère chaude , corrompue par la respiration d’un grand nombre de personnes , ou par la vapeur de charbôn , d’une nourriture grossière , d’un coryza, d’une sécrétion surabondante de salive, de maladies de la luette, des amygdales, des glandes du cou, de la pléthore, de la bile, du mucus et des polypes des fosses nasales.
5. Pronostic. — Le ronchus peut annoncer soit une céphalée (3), soit une apoplexie (4).
6. Traitement. — Le traitement varie suivant les causes. On recommande en général les gargarismes émolliens, le miel, les conserves de tussilage (5), les carminatifs , les tempérants.
$ II. De l'agitation, des crampes, des chaleurs nocturnes.
1. Agitation.—L'inquiétude qui existe au moment où l’on s'endort, se prolonge quelquefois même durant le sommeil, pendant lequel elle se manifeste sous la forme d’une agitation continuelle, par une démangeaison de toute la peau que l’on est porté à gratter, et par de fréquents soupirs. Ce mal est produit par la trop grande chaleur de l'atmosphère, par l’usage des boissons fermentées, par les émotions morales, par la continence, par les vers (sans parler des insectes),
(2) Un juif de vingt ans arriva en 1813 de très-loin à Vilna, uniquement pour être débarrassé d’un ronchus qui l’empêchait de dormir. En examinant la gorge, nous constatâmes que les vertèbres cervicales faisaient saillie en dedans. Le lieu correspondant à la nuque présentait une excavation provenant sans aucun doute du vice rachitique.
(3) V. chap. 11, $ vrni, No. 3.
(4) V. chap. v, $ xxv, No. 1.
(5) Zorn , Botanol, med,, p. 689,
par la suppression d’hémorrhagies habituelles ; mais surtout par le vice hémorrhoïdal. Le traitement consiste dans l’éloignement des causes, dans les lavements émollients pris au moment de se coucher, les pédiluves, un électuaire lénitif, la saignée , et surtout les ventouses scarifiées. Quelquefois les extrémités inférieures (1) seules sont en proie à cette inquiétude et se trouvent dans une agitation continuelle. Cet état de gêne intolérable est dû, en général, à des gaz amassés dans l'abdomen et à une conslitution arthritique. Aux moyens de traitement déjà indiqués, on ajoute avec succès le décubitus sur le ventre (2).
2. Crampes. — D’autres fois, les jambes seules sont spasmodiquement affectées. Le refroidissement de la peau, de l'abdomen, les gaz , les évacuations alvines copieuses, la fatigue en montant ou descendant des collines ou des escaliers, produisent cet état de gène que le malade peut calmer lui-même en frictionnant avec sa main la partie malade.
Enfin, nous ne passerons pas sous silence les agitations, pour ainsi dire intérieures, qui se montrent surtout fau moment où l'on passe du sommeil à l’état de veille. Dans cet état, le malade est pris d’anxiété, d’oppression (3) et de paipitations du cœur, avec fréquence du pouls, éructations , sursauts , et pendant tout le jour suivant il ne jouit pas d’une santé convenable. Les hystériques et les hypochondriaques sont surtout affectés de la sorte, et principalement lorsque jeur réveil est brusque. Une position droite, l'évacuation de l'urine, un bain d'air, le changement de chemise, un verre d’eau fraiche pris à jeun et suivi de café, tels sont les moyens à recommander en ce cas. Il faut avoir soin, surtout, que le malade se réveille spontanément , ou que si on le réveille, ce soit graduellement et pour ainsi dire indirectement.
3. Chaleurs. — Quelques personnes sont privées des bienfaits du sommeil par une chaleur qui occupe soit tout le corps, soit la plante des pieds. Nous avons rencontré cette affection surtout chez des femmes âgées. Cette chaleur est quelquefois si intense, qu'elle parait, en quelque
(1) Inquiétude des jambes.
(2) Mon père l’a observé sur lui-même ; mes observations le confirment.
(3) Zecchi, consult. 61, p.627. De cordis molesta oppressione in somno.
MALADIES
sorte, se ‘rapprocher de la combustion spontanée (4). La cause nous à paru, én général , résider dans les aliments, les boissons , les hémorrhoïdes , l’aménorrhée, mais surtout une phthisie pulmonaire latente. Les moyens ordinairement utiles sont : un lit dur en crins, recouvert d’une peau d'élan, les poudres tempérantes, les émuisions refrigérantes, l’eau de Seltz, l’élixir acide de EHaller, les affusions ou l’arrosement avec de l’eau froide, les lavements, les sangsues à l’anus ou à la vulve, et quelquefois les ventouses scarifiées au dos.
$S IV. Des frayeurs nocturnes:
1. Definition. — On nomme frayeur nocturne (1) le réveil subit accompagné de terreur.
2. Bibliographie. — Sennert {2) a écrit d'excellentes choses sur les frayeurs nocturnes dau premier âge et de l’enfance.
3. Symptômes. — Les nouveau-nés qui éprouvent des frayeurs durant leur sommeil, présentent en dormant l’expression du rire ou des pleurs, et bientôt après se réveillent en sursaut et avec les yeux hagards. Assez souvent ils sont pris de fièvre pendant le sommeil, ils suent ou se réveillent en poussant des cris terribles , pleins de frayeur et presque en convulsions. Ces symptômes n'épargnent pas les enfants plus âgés ni même les adolescents, qui sortent quelquefois de leurs lits et crient au secours avec l'accent du désespoir. Bien plus, il n’est pas rare de voir des adultes, lorsqu'ils ont à peine fermé les yeux, être arrachés en sursaut de leur sommeil comme par des images terribles , s’élancer hors de leurs lits et se trouver en proie à la frayeur , à des palpitations et à des lipothymies.
4. Causes. — Les causes de cet état proviennent chez les nouveau-nés des
(4) Edit. de Leipsick, P. r, vol. 11, sect. 1, chap. xxvur.
(1) Thorybos et phobos d'Hippocrate (aph. 24, liv. ur). Yrvovobtz, terreur du rant le sommeil. Conturbatio, conster« natio, panicophobos (Herodote, 1. vir).
Panophobia (Sauvages, class. virr, 42).
En allemand, Auffahren, Zusammenfahren ;‘Erschrecken im Schlafe; en français, terreur panique, frayeur nocturne; en polonais, zryWwanie sie ze snu.
(2) De morbis infantum, chap. 8,
BU SYSTÈME NERVEUX
mauvaises qualités du lait , des aigreurs et des gaz dans les voies digestives, de l'air chaud renfermé et non renouvelé des berceaux. Chez les enfants plus âgés et chez les jeunes gens, il est produit par les vers (3) et par les contes des nourrices sur les ombres et les fantômes qui errent durant la nuit. Enfin, chez les adultes , il est dû aux remords, à la crainte de maux imminents, aux soucis, aux sollicitudes, à des changements dans le lit, à un repas trop copieux, à des boissons échauffantes , à des excès vénériens, à l'arthritis, aux calculs.
5. Diagnostic. — Les frayeurs nocturnes diffèrent de la terreur, en ce que celle-ci reconnaît, en général, une cause externe ; de l’épilepsie, en ce que le malade, dans ce cas, éprouve plusieurs secousses , et du cauchemar par l’absence de la sensation de poids. Nous reviendrons encore sur ce sujet.
6. Pronostic.—Les frayeurs nocturnes chez les enfants sont souvent précurseurs de l’encéphalite , de la rougeole et de la variole.
7. Traitement. — Le traitement varie suivant les causes. Chez les nouveaunés, il faut d’abord s'occuper de la nour-
rice, il convient de la purger doucement. Aux aigreurs et aux gaz on oppose les absorbants et les carminatifs (4), les lavements et les frictions huileuses sur:
l'abdomen (5). On détruit ou on modère les effets pernicieux de la dentition chez les enfants robustes, surtout chez ceux dont les joues sont rouges et la tête chaude, par les sangsues appliquées derrière les oreilles; s’il y a constipation, par des laxatifs doux et par des sinapismesaux jambes. Chez les enfants grèêles dont le système nerveux est très-développé, nous introduisons dans les boissons , selon le conseil de Sennert, les graines noires de pivoine enveloppées dans un linge.
Et nous ne rions pas aux dépens des femmes qui suspendent par un fil, au cou
(5) Panophobie vermineuse de Beniven. V. Sauvages, I. c.
(4) R. Yeux d'écrévisses ou magnésie pure, six grains; inmucilage de gomme arabique , demi-drachme ; eau de fenouil, une once ; sirop de rhubarbe, demi-once.
M. D. S. une cuillerée à café toutes les heures.
(5) On emploie surtout à cet usage l'huile de macis obtenue par l’expres- Sion,
de leurs enfants, la racine fraîche de cette mème plante. On à droit de s’étonner que Forestus recommande encore l’agathe (6) et le corail dans ce passage :
« Ceux qui portent une de ces pierres au cou ne craignent pas les revenants et les fantômes. » Mais lorsqu'il s’agit d’enfants imbus de pareilles opinions, il faut les en corriger avec prudence et peu à peu (7). Aux vers on oppose les vermifuges.
Pour les adultes en emploie avec avantage le régime conseillé contre les agitations. Nons avons souvent donné avec avantage un scrupule de la poudre antispasmodique rouge de Stahl avant le sommeil. Darwin (8) conseille, dans les lésions du sommeil dont nous avons parlé jusqu'ici, l’opium comme un remède suprême. Nous n’adoptons pas ce conseil indistinctement. Le magnétisme animal mérite ici de plus en plus qu’on l’essaie.