Squirrhe et cancer des paupières
— Le squirrhe des paupières se développe le plus souvent à la suite du tylo-
sis, ou d’une verrue (69). Cette maladie
se distingue dû chalazion en ce que le squirrhe, s'étendant jusqu’à la marge des paupières , occupe une plus grande surface, et en ce qu’il forme une tumeur noueuse, parcourue cà et là par des vaisseaux variqueux, excessivement dure et indolente, à moins que déjà elle n'ait dégénéré en cancer. Cetie dégénérescence doit être attribuée aux violences extérieures, à une mauvaise méthode de traitement, à la constitution carcinomateuse des malades et au vice qui produit la plique. Elle est annoncée par des douleurs lancinantes et augmentation de la
tumeur qui devient très - sensible, par
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(67) Ch: 11, ÿ 7, n. 5.
(68) Beer, ouv. c.,2 B.,p. 148.
(69) Dermours, 1, €, p. 120, 14h, XVI, fig, 2.
MALADIES
un grand nombre de vaisseaux variqueux, la couleur jaunûtre de la peau et la lividité de la conjonctive oculaire. Si à ces phénomènes se joint une fièvre lente, le diagaostic n’est pas douteux. Le cancer déclaré de là paupière se reconnaît en ce qu’il ronge la peau, qu'il donne naissance à un ulcère à bords inégaux, élevés, durs, Saignants, qui répand un ichor fétide, et qu’il s'accompagne d’une céphalalgie profonde à làäquelle les hémorrhagies fournies par les vaisseaux variqueux apportent seules un soulagement momeñtané. On a des exemples de nodosité des paupières dégénérant toutà-coup en cancer (70). Quoique le squirrhe des paupières se transforme plus difficilement en cancer que celui du globe oculaire, il constitue cependant une maladie très - dangereuse. Le pronostic du cancer est encore plus grave. C’est chose absurde et tout-à-fait chânceuse que de tenter :à résolution du squirrhe : car il constitue un véritable 20/{ me tangere (71). En effet, s’il est vrai que les remèdes externes provoquent la dégénérescence cancéreuse, il ne l’est pas moins que l'usage interne de la ciguë maculée altère la constitulion du malade sans aucune espèce d'avantage. Et même, l’extirpation da squirrhe où du cancer, si elle exige évidemment une perte de substance de la paupière, ne saurait être entreprise avec succès, vu le danger presque inévitable de la lagophthalmie (72). L'expérience ultérieure apprendra ce qu’il faut penser de la formation de la paupière inférieure avec la peau de la joue (73). On a vainement essayé de guérir le cancer de la paupière sans opé-
ration.