INotion. — Nous rattachons à l’oph
thalmie exanthémateuse l’inflammatior des yeux varioleuse, morbilleuse et scar latineuse.
2. Ophihalmie varioleuse. — L’'ophthalmie varioleuse, qui n’est étrangère à aucune période de la variole, provient, soit de l'extension de la blépharite (89) à la conjonctive oculaire, soit du développement de la variole sur la cornée elle-même. Dans les deux cas, la seléro:
tique rougit, et il y a photophobie, dou.
leur pongitive et larmoiement. La fièvre survient, si déjà elle ne complique la variole elle-même. Lorsque la cornée est sur le point d’être envahie par la variole, cette membrane présente un ou deux points opaques d’où s'élèvent des pustules (90). L’éruption varioleuse de la cornée, abandonnée à elle-même, s’ouvre le plus souvent à l'extérieur et à l’intérieur, c’est-à-dire dans la chambre antérieure de l’œil. Dans ce dernier cas, on doit s’attendre à une cicatrice entourée de blanc qui intercepte ou abolit la vue.
La perforation de la cornée donne lieu au staphylôme de l'iris, à la synéchie parlielle antérieure et à Pocclusion de la pupille. Si plusieurs pustules varioliques occupent la cornée, elles deviennent confluentes, et produisent la cécité.
Quand Ia maladie est tout-à-fait récente, on empêche le développement de la variole sur la cornée, par l’application de l’eau froide sur les yeux et un vésicatoire derrière les oreilles. Si la variole est déjà
(88) Ch: v, & 1 (89) Ch, 1, $ 5. (90) Beer, op. c.; 4 th.;, tab, 1, fig. 2.
DFS YEUX, DES OREILLES ET DES NARINES,
développée, il faut ouvrir les pustules avec une lancellte, aussitôt qu'elles sont pleines. Les endroits qui suppurent doivent être traités comme les abcès de la cornée.
3. Ophthalmie morbilleuse. — À une période quelconque de la rougeole, mais surtout lors de son invasion, la conjonctive et la sclérotique se recouvrent d’une teinte rosée, et l’on voit survenir la photophobie, l’épiphora avec douleur dans le globe oculaire lui-même, qui exécute
ses mouvements avec peine. Enfin, les
Cartilages tarses participent à l’inflammation. La cornée, devenue d’abord plus brillante, finit par acquérir de l’opacité.
Elle est souvent envahie elle-même, comme dans l’ophthalmie rhumatismale, par des phlyctènes qui dégénèrent en de petits ulcères ichoreux rongeants. Le pus Stagnant entre les lames de la cornée constitue ce qu'on appelle l’ongiet de l'œil , simulant l’hypopion. L’ophthalmie morbilleuse commencçante s'enraie assez facilement, pourvu que le malade n'ait été atteint auparavant d'aucun vice ; dans le cas contraire, les ulcères de la cornée, les cicatrices enfoncées, les rides, la
hthisie, le rhytidosis, en sont le résultat. Bien plus, lorsque l’inflammation a pagné l'intérieur de l'œil, on doit s’attendre au rétrécissement de la pupille.
L'ophthalmie morbilleuse légère n’exige que le traitement général de la variole, ét l’attention déjà recommandée d’exposer l’œil à une lumière modérée (91).
Quand, au contraire, les yeux sont violemment affectés, et surtout quand ils sont le siége d’une douleur vive accompagnée de photophobie, il faut promptement recourir aux sangsues, que l’on appliquera selon la manière ordinaire. On posera ensuite un vésicaloire au-dessous des lobules des oreilles. S'il survient des phlyctènes, on applique la chaleur sèche sur les yeux, jusqu'à ce qu’elles soient ouvertes, mais ensuite on a recours à la solution de pierre divine. L’exanthème combattu, c’estle cas d'employer des bains tièdes et des cautères. A l’intérieur, on prescrit avec avantage les préparations antimoniales douces, et principalement le soufre doré d’antimoine. Nous sommes éionnés que Beer recommande ici le calomel (92), attendu qu’il n’est presque jamais indiqué pour combattre les résultats de
(91) P. 1, V. 11, C. XH, LIX, N, 2, AP.
de Leyps.) (92) Ouv. €., 1 th., p. 540,
la rougeole (93). Si les ulcères de la cornée se montraient rebelles, il faudrait ajouter de l’acétate dé plonrb à la solution de pierre divine, et recourir à la pommade de Janin. Toutefois, elle ne doit être employée qu’en frictions sur la marge des paupières.
4. Ophthalmie scarlatineuse.—Avant que la scarlatine ait envahi toute l’étendue du système cutané, on voit souvent apparaître de la rougeur sur la partie de la conjonctive, qui reste cachée sous les paupières lorsque les yeux sont ouverts (94). IL est rare que la conjonctive oculaire soit un peu soulevée. Il y a à peine photophobie, et malgré la rougeur des yeux, l’épiphora s’observe très-rarement (95). Il est plus ordinaire de voir s'a- .
masser aux angles des yeux une lymphe coagulable qui offre lapparence de la chassie. Au reste, l'affection des yeux, dans la scarlatine , se dissipe ordinairement sans laisser aucunes traces, ce qui prouve d’une manière évidente qu’elle diffère tout-à-fait de l’ophthalmie morbilleuse , avec laquelle Beer lui attribue de la ressemblance (96). |
5. Avertissement. — Les ophthalmies qui, chez les scrofuleux, surviennent plus tard , après la variole, la rougeole et la scarlatine, c’est-à-dire quand l’exanthème est depuis long-temps terminé, ne peuvent plus être appelées varioleuses, morbilleuses et scarlatineuses, mais on les regarde comme scrofuleuses, par la raison qu’elles proviennent du vice scrofuleux, réveillé pendant le cours d’une maladie cutanée antérieure. Les ophthalmies qui sont dues à la guérison prématurée des dartres se traitent par les moyens capables de rétablir celles-ci ; la même règle est applicable à la disparition des poux (97).
$ X. Ophthalmie scrofuleuse.