n’a aucun mouvement volontaire
Outre Ia catalepsie vraie, que nous avons définie,et qu'on nomme aussi catalepsie parfaite, il existe encore plusieurs degrés moindres de la même maladie, ou catalepsie imparfaite, que nous avons désignée sous le nom d’affections cataleptiques, prenant pour guide en cela , Rolfink (38), et surtout Hercule Saxonia (39). On a vu quelques affections de ce genre dans l’hystérie (40), dans les fièvres
(57) Pineau, sur les dangers des inhumations précipitées. Paris, 1776. — Bruhier, von der Üngewissheit der Kennzeichen des Todes. À. d. Fr. von Janke, p.
126, 155. — Meckel, 1. c., p. 120. — Mason Good, the study of medecine. Val.
EXT, P- 582. ) k
(58) Epit. de cognoscendis et curandi:
particular, corp. affeet., lib. c. 8.
(59) Prælect. practicæ. :
(40) Petetin , I. c. , et Burserius, 1, c..
p.107, dans une note. Le cas qu’il y rap:
porte, Comme l’auteur lui-même le soup:
’ DU SYSTÈME NERVEUX: 79
soit continues ( 41), soit intermittentes (42), et par suite de lésions des ovaires (43). Cependant, il ne faudrait pas mettre de suite sur le compte de la catalepsie tous les mouvements automatiques qui se montrent dans ces maladies : l’influence du sommeil, comme dans lhydrocéphale (44), ou à l’occasion des vers (45). Si les symptômes cataleptiques se montraient seulement dans un seul côté (46), ou dans une seule partie, mais avec les autres caractères de la maladie, il ne faudrait pas les exclure de la catalepsie vraie. Enfin , il ne faut pas ignorer que Ja catalepsie peut marcher de compagnie avec le cataphora (48), avec la somniation, l'extase (49), et, ce qui paraîtra sur-
conne, n’appartient guère à la catalepsie.
ll en faut dire autant d’une affection hystérique qui, dans le journal de Horn, est regardée comme une catalepsie (Archiv für med. Erfahrung., 4829, Mærz, April, p. 248).
(44) Boerhaave, 1. c., ad aph. 1040.
(42) Febris intermittens perniciosa cataleptica. Voyez Medicus, Gesch. der pe-+ riode. Krankheiten. 1. B. 2. Aufi., 14792, p. 16. Ephem. nat. cur. dec. 11, an. 1, obs. 1. Voyez un cas de catalepsie périodique chez un chien, ibid. ann. v, obs. 1.
Act. med. et philos. Hafniens. t. 111, obs.
52, — Boerhaave, aphor., $ 4140.— Balding., Mag., 1. c., p. 207.— Thyssen, Geschiedkundige Beschouwing der ziekten in de Nederlande, Amsterd., 4824.
(45) Renard, L. c.
(44) Cap. 1v.
(45) Benedictus, De curat. morb,., lib.
, €. XXVI. — Tissot, |. c., p. 54.
(46) De la Mettrie, p. 275. — Weber, pbs. med. fase. 1, an. 1764. — Voyez Fa- Ml. €, D. 09, © OSIUs fr) €, D. 21, r’admettantpoint de catalepsie partielle.
(AT) Tissot, |. c.
(48) The gazette of health. No. 158, ). 158, Feb. 1829. (Cas d’une jeune fille, sarah Carter, qui habitait près de Cambridge.)
(49) Voyez Appendix. Quelques cataeptiques, dit R. A. Vogel (Prælect. de :0gn0s. et curand. præcip. corp. human.
ifféct. Lausan., 1781.—Ed. Tissot, P. 11, 570, p.157), deviennent én même temps xtatiques pendant la durée du paroxysne, et racontent des choses étonnantes, les visions divines, des assemblées d’anes, parlent des langues qu’ils n’ont point pprises, et même, s’il en faut croire ce qu’on raconte, semblent prédire l'avenir.
prenant, avec la danse de St-Guy même (50). Dans ces cas, on dit qu’elle est composée.
$ IV. Pronostic. Traitement.
1. Pronostic. — On trouve assez rarement des exemples funestes de catalepsie (1) ; ilest donc étonnant que cette ma- Jadie ait étédéclarée très-dangereuse (2).
Quelquefois, elle disparait à la suite d’une hémorrhagie du nez (3) ou de la menstruation (4); mais lorsqu'on la fait disparaître, elle reparaît facilement (5), et le plus souvent, elle se répète pendant toute la durée de la vie (6). La catalepsie est plus grave dans les maladies aiguës que dans les maladies chroniques. Cependant , dans ce dernier cas, on l'a vue se changer en manie {7), en mélancolie (8), en épilepsie (9) et en atrophie (10).
(50) Le cas rapporté par Sauvages d’après les Actes de l'académie d’Upsal de J’an 1742, p. 41, sous le nom de catalepsie délirante (1. c.), ne nous paraît rien autre chose qu’une catalepsie compliquée de somniation , puis de chorée.
(1) Dodonæusrapporte un cas de catalepsie mortelle dans ses notes sur Benivenius. De abditis rerunr caussis, cap.
xLvi. Lonicerus parle d’un malade mort dans le paroxysme (De exempl. morb., cap. de congelat., p. 5).
(2) Le Pois, Sennert, Boerhaave.
(3) Aëétius, lib. vi, ec. 4,
(4) De la Tour, I. c.
(5) Sauvages, I. c.
(6) Fahr, in Ephem.nat.,cur. dec. 11, ann. 2, obs. 1.
(7) Marcell. Donat, 1. c. Un homme de trente ans, dont la vie était tout-à-fait vicieuse et déréglée, étant entré dans une église de Vilna, dans l’année 1815, pendant le carème, entendit un sermon trèsaustère. Comme il était fortement agité par les remords de sa conscience, à la porte même du temple il tomba d’une attaque de catalepsie. Bien que cette attaque disparût après un quart d'heure, il devint triste et rêveur, et au bout de quelques jours il tomba dans une manie qui se faisait surtout remarquer par le désespoir, par la crainte d’un supplice éternel, et surtout par les efforts pour fuir un démon qui le poursuivait. Cet homme fut livré à nos soins et guérit après deux semaines.
(8) Osius, 1. c., p. 20.
(9) Nic. le Pois, 1. c.
(10) Postellius, dans Journ, de méd.,
2, Trailement. — D'aprèsles diverses hypothèses que les auteurs se sont faites sur la cause prochaine de la catalepsie, ils ont recommandé tel ou tel mode de traitement (11). Pour nous, guidés par les indications générales, et procédant avec douceur, comme Tissot le conseille {12}, nous proposons, suivant les circonstances, les sangsues (13), les bains froids (14), les émétiques (15), les lavements et Les suppositoires (46), les anthelmintiques (17), l’opium (18), le sous-sulfale de cuivre et l’ammoniaque (19), l'éléctricité (20), le magnétisme animal, la musique (21), si l’on peut, le coit (22), les frictions, le chatouillement de la plante des pieds (23), le lait et le sucre (24). Nous surveillons avec grand soin la HE épigastrique (25), et nous écartons bien loin la colère, la terreur et les soucis.