SUPPLÉMENT AU CHAPITRE XIV
Contenant l'étonnante histoire d’une catalepsie composee.
Louise Baerkmann , âgée de vingtdeux ans, fille d’un menuisier de Kiessling, de la religion protestante , avait épousé un horloger catholique. Elle avait des yeux noirs vifs et des cheveux roux; son éducation était convenable pour une personne de son rang. Elle se servait ordinairement de l’idiôme polonais et pos-
t. 20, p. 407.-—Boerhaave, |. c. Cet étudiant en droit devint aussi phthisique.
(11) Voyezle Pois, Sennert, Boerhaave.
(12) EC: p. O1.
(13) Voyez Appendix.
(14) Marx, L c.
(15) Wedel, 1. c.
(16) Idem, I. c. |
(17) E. c. l'huile de térébenthine (Weaver, I. c.), mis non pas, comme . Jui, une dose folle.
(18) Wedel, I. c.
(19) Thomassen de Thuessink, Verhandelingen te Vlissingen. Deel 14, p- 363. Sami. auserl. Abh. für pr. Acrzle 47. B., p. 279.
(20) Cosnier, 1. €.
(21) Petroz, dans Dictionn. des scienc.
“méd., t. 1v, p. 281.
(22) Ephem. nat. cur. dec. 11, obs. 42.
(23) Wedel, I. c.
(24) Appendix.
(25) Petetin et appendix.
MALADIES
sédait l'allemand , mais nullement l’italien, bien qu ’elle eût demeuré plusieur:
années chez sa sœur qui était mariée à ur Italien. Elle n’était pas musicienne, mai:
elle avait autrefois fréquenté le théâtre Elle était à la fin de la première année d’un très-heureux mariage , et sa gros.
sesse s'était très-hien passée, lorsqu'elle accoucha, le second jour de décembr.
1815, d'un enfant qui mourut bientôt La mère éprouva une hémorrhagie asse:
considérable. Comme elle était dans ur heureux état de convalescence , aprè s'être servie d’eau froide pour nettoyer se parties génitales, le 23 décembre,elle tom ba dans une fièvre brûlante accompagné d’une de ces tuméfactious que l’on nom:
me phlegmasia alba dolens , qui se mon tra à la cuisse droite. On employa les sai:
gnées, les sangsues, les légers évacuants les vésicatoires, les diapnoïques, les diu rétiques, le calomel, les scarifications su la partie affectée, et plusieurs autre moyens locaux, les uns après les autres et tous sans aucun résultat. L'autre cuiss même se tuméfia également. Ces tumeur devinrent d’une telle dimension, que le cuisses et même les pieds triplèrent d volame. Ces parties étaient tellemen sensibles au toucher et au mouvement que la malade était obligée de rester cou chée immobile sur le dos, et était, nui et jour, tourmentée de douleurs si atro ces, qu'elle pouvait à peine , dans l'es:
pace de vingt-quatre heures, avoir un:
demi-heure de sommeil. Elle resta ains non pendant une ou deux semaines, mai pendant plusieurs mois, clouée sur so:
lit, en proie à une fièvre violente, ac compagnée de sueurs copieuses. Epuisé par tant de chagrius, et réduite au dés espoir, elle perdit toute confiance dan les médecins, les congédia le 4 de mar:
et suivit les conseils des charlatans « des bonnes femmes. L'un d’eux lui pres crivit des poudres de crème de tartre, d' nitre, de la magnésie et du castoreum qui pr oduisirent de fréquentes et copieu ses évacuations alvines, suivies d’un grande prostration des forces. Il arrix par hasard, à cette époque, que la malac fut très- -effrayée par la chute d’un pet enfant. Peu de temps après, le 19 à mars, elle tomba dans un délire darar lequel elle aflirmait qu'elle se porta:
bien ; elle voulait quitter la maison, de mandait à s'habiller, et ainsi de suitl Cette scène s'était terminée au bo:
d'une heure par quelques symptômes € calalepsie , air moins à en juger par ,
DU SYSTÈME NERVEUX. 81
récit du mari.Cette malheureuse, devenue semblable à un squelette, si l’on en excepte les parties tuméfiées, éprouvait de nouveau ses anciens tourments.Méprisant désormais tout secours humain, et n’attendant plus de consolation que de la toutepuissance de Dieu, nuit et jour elle lui adressait les prières les plus ferventes, et quittant la foi évangélique, elle embrassa la religion catholique. Cependant, au bout d'une semaine, le même délire reparut accompagné, à ce que dirent les assistants, de chant et de symptômes cataleptiques, comme auparavant. Ces symptômes disparurent encore pour un temps, et furent suivis d’un abattement de forces qui augmentait de plus en plus, et des indices avant-coureurs de la mort.
Maintenant, deux paroxysmes avaient lieu par semaine, constamment entre quatre et cinq heures du soir, dans lesquels (toujours d’après le récit des assistants) elle était d'abord cataleptique, ensuite tombait dans l’extase, et à la fin se mettant tout-à-coup à chanter, elle déplorait son malheureux sort et implorait le secours du ciel ; elle se servait de l’idiome polonais, y mêlant en entier quelques phrases italiennes. Toutes ces choses étaient regardées par le mari et les parents de la malade comme le délire qui annonçait une mort prochaine, Aussi appelait-on les prêtres et nullement les médecins. Il arriva par hasard que le frère du mari, Jean Baerkmann, docteur en médecine, qui avait voyagé pendant plusieurs années en France et en Allemagne, arriva à Wilna. Il visita la malade, mais comme il la trouva dans un état qu'on croyait désespéré , et comme d’ailieurs il avait beaucoup d’affaires, il ne Jui donna pas un soin particulier. Cependant , il arriva que le 13 de mai, il fut, par hasard, témoin d’un paroxysme.
Reconnaissant aussitôt qu'il n’y avait pas
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