CHAPITRE XV. — NOTIONS PRÉPARATOIRES AU TRAITÉ DES VÉSANIES
$ Ier, Du sujet en general.
1. Objet, — Au moment où nous entreprenons de décrire une partie des plus obscures de l’histoire des maladies du système nerveux, savoir, les vésanies, nous avons pensé qu'il serait utile de faire précéder la description des maladies qui en font partie, savoir, les hallucinations et les manies, par quelques notions préparaloires. Nous espérons aussi que ces nolions répandront un certain jour, même sur cette partie obscure des chapitres précédents, qui traite des causes prochaines des songes, de l’incube, de la somniation , du somnambulisme, de l’extase et de la catalepsie. Ce chapitre est donc une épisode qui sert, et de complément à la partie de l’histoire de ces maladies déjà donnée, et d'introduction à celle qui nous reste à décrire. Nous y avons exposé sans détour un court examen phy-
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siologico-pathologique de laclion des sens et des facultés de l’âme.
2. Avertissement.—Dans le courtexamen que nous allons faire d’un sujet aussi grave, et qui se lie nécessairement à la psychologie et à la philosophie morale, nous nous abstiendrons des spéculations métaphysiques autant qu’il nous sera possible, et, guidé par le sens commun, nous nous altacherons uniquement à l’expérience.
3. Observations générales. —Les sens sont destinés à recevoir des impressions.
Outre les cinq sens externes, il en faut admettre un interne universel (1). Les impressions reçues par les sens sont transmises au Cerveau par les nerfs propres.
Le cerveau jouit de la faculté de recevoir les impressions qui lui sont apportées.
Quand le cerveau fait usage de cette faculté, il exerce l'attention. Par l'effet de l'attention, il arrive que les impressions, reçues par le moyen des sens et des nerfs, excitent dans le cerveau des images qui répondent aux objets qui ont agi sur les sens, ou, en d’autres mots, que le cerveau se représente à lui-même les images qu'il a reçues. Ces images sont appelées des idées, quelquefois des notions. Par les idées , soit qu’elles viennent des sens externes, soit du sens interne universel, nous avons conscience, c’est-à-dire que nous connaissons notre position relativement aux choses externes, et notre condition. Dans le cerveau, résident encore les facultés : 1° celle de rappeler les idées recues, bien que l’objet qui les a excitées soit absent (la mémoire); 2° celle de créer de nouvelles idées avec les idées reçues (l'imagination) ; et 3° celles de séparer, de joindre, de comparer des idées, d’en découvrir et d’en marquer la différence (le raisonnement et le jugement, son effet). Toutes ces facultés, prises ensemble, sont appelées du nom d’inteili- #ence ou d'esprit. Leur exercice fournit occasion à de nouvelles impressions. Mais toutes Les impressions, soit qu’elles viennent des sens, ou de l'exercice des facultés intellectuelles, affectent le corps d’une manière agréable ou désagréable. De là, naissent le plaisir ou la peine. L’une engendre les désirs, la seconde les aversions. Les désirs et les aversions remplis ou non remplis excitent des affections agréables ou désagréables. Les affections
(1) Cap, 5, $ x, 22 (47).
agréables produisent le plaisir, les affec tions désagréables produisent le dégoût De ces affections, jointes à l'attention e:
à l’imagination , naissent les passions di âme. Elles sont ordinairement diviséet en excitantes, déprimantes et mixtes. Let passions de l’âme et le jugement exer!
cent une force sous l’empire de laquelli plusieurs parties du corps sont mises er mouvement. On appelle cette force vo:
lonté. Il y à aussi d’autres causes plu:
matérielles qui, presqu'à l'insu de l'in:
telligence, excitent différentes parties at mouvement, ce que l’on attribue à l'in:
stinct. Nous traiterons de chacune de ce:
choses en particulier.
SIT. Des sens, de l'attention et des per ceptions.