‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 50 sur 261 · C., pe · texte numérisé non relu

C., pe

(38) Galien, De locis affectis , lih. 111, c. 7. Voyez Van Swieten, Comment. in Aphor. Boerhaavii, t, n1, de melancholia.

(39) Horst., Ouv. cit.

(40) Sennert, 1. c.

(41) Une des anciennes sectes de chimistes , d’où ils ort appelé cette affection tartarum hypochondriacum.

(42) Sydenham, 1. c.

(43) Fr. Hoffmann, F'é.

(44) Highmore, 1. c.— Conring, |, c.— Wecdel, 1. c.

(45) Fernel, lib. vr, De part. morb. et sympt., ©. 7.

(46) Fr. Hoffmann, 1. c. (quelquefois).

— Broussais (toujours).

(47) Negroponte, Analogia terræ motus, anno elapso in Tyrole facti, cum hypochondriacis, Miscell. acad. nat. cur., dec.1,a. 2, 1671, p. 195.

(48) « Il est évident que l'affection hypochondriaque réside à la vérité dans tout le système nerveux et dans celui des fibres musculaires, mais qu’il occupe surtout les premières voies, » Büchner, Diss.

de vero ortu..., $ 4.

(49) Falret croirait-il avoir avancé

L'rank, vom. nt,

démontrer avec le séalpel. Dans ceite maladie, nous croyons que le sens universel interne (50) .est tellement lésé, qu'il transmet des impressions morbides au sensorium commun, ce qui fait que le malade a des notions fausses sur les changements qui arrivent dans son corps, notions accompagnées d'une perception désagréable. Le malade emploie à les combattre toute son attention, mais comme le secours des sens externes ne peut aider en tant qu’il s’agit d'objets internes, et comme en même temps l’imagination est viciée, 1l ne peut pas corriger ces fausses notions, alors le mal se montre de plus en plus dans l’encéphale, et les viscères qui en recoivent leurs nerfs, surtout le cœur, le foie, la rate, l’estomac et les intestins, perdent leur tonicité, remplissent mal leurs fonctions, et enfin se trouvent lésés, et cette maladie, d’ailleurs inextricable, se change en

maux encore plus graves.

$ IV. Diagnostic. .

1. En général, si nous admettons que l'hypochondrie consiste dans une hallucination du sens universel interne (cœnæsthésis) et dans une lésion de l’imaginalion , il s'ensuit que nul ne doit être déclaré hypochondriaque, lorsque son.

sens universel interne dénonce des maux réels, et lorsque son jugement est juste à l'égard de ses perceptions morbides.

Mais , comme il ya beaucoup de maladies (surtout lorsque leur forme ne s’est pas encore bien développée telle qu'on la trouve ordinairement décrite dans les livres et dans les cours de médecine) (1)) dont la présence ne tombe guère,

en

quelque chose de nouveau, à l’endroit où il dit, après Willis (I. c.), Büchner (1. c.) et autres : « Presque toujours le cerveau est primitivement affecté dans l’hypochondrie, très-rarement la lésion d’un autre organe peut en être regardée com me la cause éloignée? »

(59) Hafner, L c.—M.-E.-A, Naumann, Einige Bemerkungen über das Gemeiugefübl im gesunden und krankaften Zu stande. Leipz., 1824.

(1) Je n'ai guère trouvé d'auteur ou de professeur qui ne peignit les maladies avec des couleurs trop vives. Il arrive de là que souvent les maladies ne sont point connues, à moins qu'elles n’offrent cetrès« haut degré qui répond à l'idée que l’on en a donnée. Comme cela n'arrive pas souvent, on croit quelques maladies beau

ou pas du tout sous les sens des médecins, et par conséquent ne peut être re-

connue que par le récit des malades, il’

arrive facilement que lon n’accorde aucune confiance à leurs plaintes, et que lon attribue à l'imagination des choses dont l'existence aurait pu être prouvée en employant plus de soins et de science.

Ainsi donc, au nom de l'humanité, nous

voulons que le diagnostic de l’hypo-

chondrie ne soit pas fait avec négligence et témérité (2). {1 faut aussi prendre garde de ne point négliger les peines secrètes de l’ame.

2, Maladies qui simulent l'hypochondrie. — Les maladies qui prennent le plus souvent l'apparence -de l'hypochondrie, sont des lésions organiques du cerveau (3) et de la moëlle épinière (4), des maladies du cœur et des gros vaisseaux (5), des tubercules des pou-

coup plus rares qu’elles ne sont. Ainsi, lisez, je vous en prie, la description de la gastrite, comme elle se présente dans les ouvrages. Dites-moi maintenant combien de fois, dans le cours de votre vie, vous avez trouvé une telle maladie? Peutêtre deux ou trois fois, peut-être une seule fois, peut-être jamais! Cependant l'inflammation de l'estomac, comme les suites l’attestent, n’est pas rare.

(2) Étant jeune médecin et trop facile à diagnostiquer l’hypochondrie, je publiai que cette maladie était très-commune; maintenant que j'ai coutume de mettre beaucoup de soins avant d’attribuer les plaintes des malades à l’imagination, je rencontre l’hypochondrie plus rarement. | (3) Cfr. Strauss, 1. c., et le cas rapporté chap. n, $ x, 12 (34). | (4) Un ecclésiastique de Vilna présentant un aspect florissant et se plaignant continuellement de sa santé dérangée, était regardé par tout le monde comme un hypochondriaque. Mais sa maladie ayant été examinée avec plus de soin, on découvrit une aukylose des vertèbres du dos.

(5) Lancisi (De anevrÿsm., prop. 55, . 82). — Meckel (Mémoires de Berlin, 4755, p. 16). — Corvisart (Sur les maladies ei les lésions organ. du cœur et des gros vaisseaux. Paris, 1806, p. 54).

=— Testa (Ueb. 4. Krankheïten d. Herzens. À. à. E. v. K. Sprengel, Hall. 1813, p. 155, 175) et Kreysig, (Die Krankh.

d. Herzens. Berl., 1814, 4 tb., p. 552), ont très-bien éclairé l’objet dont il s’agit. Dans l'année 3807, j'ouvris, à Vilna, le cadavre d’un italien, mort tout-à-coup à

MALADIES

mons (6), des caiculs biliaires (7), le tœnia (8), le squirrhe du pancréas (9), de l'estomac (10), des rétrécissements du tube alimentaire (11), les scrofules le calcul des reins

du mésentère (12),

la suite d’une rupture d’anévrisme de l'aorte. Ce malheureux avait été déclaré par plusieurs médecins un importun et un hypochondriaque. Du reste, il faut aussi prendre garde de ne pas prendre aussitôt tout mouvement déréglé du cœur ou des artères, qui vient souvent du jeu des nerfs, pour l’effet d’un vice organique de ces parties. C’est une erreur dans laquelle beaucoup de ceux qui se livrent à l'étude des maladies du cœur, tombent lorsqu'ils sont dépourvus d’expérience propre. |

(6) J’ai eu occasion d’examiner avec beaucoup de soin plusieurs malades de l’un et l’autre sexe, déclarés hypochondriaques, et j'ai réconnu sans aucun doute la présence de tubercules pulmonaires.

Sauvages a même conservé une espèce particulière d'hypochondrie, établie par Fracassini sous le nom de phthisique.

Il est étonnant, et pas difficile à expliquer, que la phthisie pulmonaire étant bien développée, non -seulement les craintes hypochondriaques disparaissent, mais il survient une sécurité propre aux phthisiques. J'ai observé cela aussi bien que Reil (Ficherlehre, 2 B., p. 593).

(7) Chez plus de vingt malades déclarés hypochondriaques, j'ai découvert la présence de caleuls biliaires. C’est là qu’il faudrait placer l’hypochondrie calculeuse de Fracassini et de Sauvages (spec. 8), s'ilétait permis de considérer comme hypochondrie une telle maladie.

(8) Comparez les symptômes du tænia avec ceux de l'hypochondrie, et vous.serez facilement persuadé de la facilité avec laquelle on se trompe.

(9) Highmore, Disput. anat., p. 47.— Harder, Obs. 59, p. 242.

. (10) Voyez $ ixx111, No. 2 (47).

(11) Dans les cadavres de personnes qui avaient présenté plusieurs symptômes d’hypochondrie, et surtout qui se plaignaient de constipation opiniâtre, ou qui étaient tourmeutées de diarrhée chro= nique, J'ai trouvé un ou deux rétrécissements dans la longueur des intestins, Voy. Abicht, Diss. de intestinorum coarcfat. diarrh. chron. causa min, vulg, Vilnæ, 1816.

(12) Les glandes indurées du mésen-

‘ère, en ivrilant les plexus des werfs mé-

saraiques , font facilement sympathiser le plexus cœliaque, ce qui donne naissance

DU SYSTÈME NERVEUX

(13), le diabète (14), pour ne pas parler des vices cachés (15) arthritiques, carcinomateux, pliqueux, scorbutiques et yénériens, qui, avant de prendre la forme prescrite par leur caractère propre, attaquent souvent le système nerveux, et constituent cette espèce d’hypochondrie, que les auteurs ont appelée non sans motifs, avec matière.

3. Signes de l'hypochondrie véritable. — Nous jugeons qu'il existe une hypochondrie véritable, lorsque nous n'avons, par un examen rigoureux et réitéré, trouvé ni dans la famille 16), ni dans les commémoratifs (17), ni dans les symptômes présents, de motifs sufisants pour admettre la présence d’une autre maladie. Lorsque le malade n'accuse pas constamment les mêmes symptômes, mais en change presque tous les jours (18); lorsque l’état extérieur, la maladie étant récente, indique à peine une santé dérangée; lorsque, excepté la digestion et l'évacuation alvine, toutes les fonctions procèdent avec ordre ; lorsque les distractions font oublier en-

à plusieurs symptômes hypochondriam ques. Mais alors il ne faut pas certes les attribuer à une hallucination.

(13) Morgagni, De sedibus et caus.

morb., ep. xxxvi, art. 21.

(14) Camerarius, Diss. cit. Moi-même une fois j'ai découvert chez un juif le diabète avec l'apparence de l’hÿpochondrie.

(15) Morelot, Observation d’une goutte consécutive, d’une mélancolie hypochondriaque. — Sedillot , Rec. périod. de la soc, de med. de’ Parts, 1. xxx, D. 54.

Sammlung der med. Soc. in Budissin, p.

444. « Nec est infrequens futuros arthriticos fieri prius hypochondriacos. » Stoll.

(16) Si quelqu'un descend d’une famille dans laquelle une maladie d’un viscère est commune, surtout du cœur, du foie, de l'utérus, il faut prendre doublement ses sûretés pour ne pas prendre pour hypochondrie une maladie de ce genre à son début.

(17) Toutes les fois que les symptômes d'hypochondrie se montrent après une maladie aiguë, même en apparence trèslégère, comme une fièvre catarrhale, une colique, etc., il ne faut nullement s’y fier, mais il faut s'occuper des suites de ces maladies, surtout en tant qu'ils FA tenir à une inflammation préaable.

(18) « Le plus grand des signes est ieur nombre. » Manget.

tièrement ses maux au malade, mais qu’il retombe entièrement par l'ennui ; lorsqu'il existe d’ailleurs de ces causes qui favorisent l’hypochondrie, surtout la tension de l'esprit, les passions et l’onanisme , et lorsque le malade, sans cause suffisante, change souvent de médecins.

4. Distinction de l'hystérie et de la manie.— Après avoir évité le danger de confondre les vices organiques de quelques viscères avec l’hypochondrie , un autre se présente, moins grave à la vérité, mais qu'il ne faut pas toujours mépriser, celui de prendre l’hystérie (19) et la manie (20) pour l’hypochondrie, ou vice Versa; nous traiterons de ce sujet plus loin.

5. Avertissement. — 11 ne faut pas croire non plus que l’hypochondrie se ressemble toujours entièrement (21).

Car selon la constitution diverse des malades (22), elle présente un caractère tout-à-fait différent. L'état hypochondriaque chez les sujets pléthoriques, mérite surtout la plus grande attention de la part des médecins (23). Dans ce cas, outre les symptômes généraux, on observe des douleurs d’estomac après

(19) P.rr, volr, sect, I1, cap. xiv.

(20) Chap. xxv, $ cvr, No. 5. — Ainsi la mélancholie d’argante, ou maladie imaginaire, si bien décrite par Sauvages (Nosol. meth., t. nt, p.1, Morb. class. 8, gen. 19, spec. 4), appartient à l’hÿpochondrie et non aux mélancolies.

(21) S.-A. Ponticelli, Di tre spezie d’affezione isterica e ipochondriaca, Lucca, 4739. — Leidenfrost, Diss. de mali hypochondriaci ad minimum sextupli specie. Opuscula phys. med. Lemgo, 1797, F. 1» NO. 4,

(22) « Vidi viros lacertosos, inquit Tralles (Tract. de usu opii, sect. 1, p.

37), torosos, robustos, nihilominus hypochondriacos; vidi alios tenuioris corporis habitus, teneriori solidorum ownium compage præditos, malo hoc misére afflictos; vidi sanguine et succis plenos , æque ac macilentos ejus tyrannidem expertos; vidi satis exercitatos mobilique vivendi generi addictos; vidi sedentariam et otiosam degentes vitam, perinde ægritudine hac odiosa laborantes, »

(23) C’est l’Affectus Mirachialis des anciens. Sur ce sujet, il faut lire une thèse soutenue à Leipsick, en 1754, par Lembder, sous la présidence d’Adolphi. Voyez Fracassinii Hypochondriasis inflammatoria, egregie ab Ettmüllero descripta.

l’ingestion des aliments, la chaleur des hypochondres, une pulsation à la région épigastrique, simulant presque un anévrisme de l'artère épigastrique (24), de l’épistaxis, la rougeur de la face et des joues, des chaleurs passagères, par fois excitées mème par un peu de vin, et aussi des douleurs hémorrhoïdales.

$ V. Pronostic.

t. Danger. — L'hypochondrie est une maladie ennuyeuse et d’un traitement difhicile. Elle prépare la voie à l’arthrite à la sciatique, au calcul des reins, à la cachexie, au scorbut (1), aux polypes du cœur, aux obstructions des viscères abdominaux, à l’amnésie et à la mélancolie (2). Quelquefois, mais pas toujours (3), elle est un préservatif contre diverses maladies, surtout contre les maladies fébriles et contagieuses , ou bien ces maladies lui servent soit de crise (4), soit de remède (5).

2. Sémeiotique.— Les symptômes qui indiquent une maladie plus grave, sont :

la tension de l'hypochondre gauche, une constipation opiniâtre, upe urine claire, sacomplication avec l’hystérie, etd’autres maladies. Une urine noire sans fièvre, les règles et les hémorrhoïdes, qui coulent modérément, délivrent de cette affection. Les vertiges, la cécité, le dépérissement, indiquant un danger d’apoplexie et de mort, sont du plus mauvais présage.

(24) Albers, Uher Pulsationen im Unterleibe. — Allen Burns, Von einigen der hæufigsten u. wichtigsten Herzkrankhe:ïien, ferner vom Anevrysma der Brustaorte, von Pulsationen in der obern Bauchgegend , etc. A. d. E. Lemgo, 1815, p- 515—516.

(4) Graba, Diss. de affectu hypochondriaco cum symptomatibus scorbuti.

Giess., 1608.

(2) Krey, Diss. de connubio inter me- Jancholiam et malum hypochondriacum- Erf., 4797.

© (3) Morton, De variolis, cap. 6, opp., p. 382.

(4) Ritter, Neuere Erfahrungen über die Heilkræfte der Thermalquell. in Wiesbaden. V. Hufeland’s Journ. der pr.

Tleilk., 20 B., 5 St., p. 145.

(5) Hartmann, Diss. dysenteriæ malum hypochondriacum solventis exemplum.

Franç£, 1787.

MALADIES

$ VI. Traitement.

1.En général.—VL'hypochondrie étant une maladie des plus délicates (1), son traitement se divise-en deux parties, l’une pour les intervalles, et l’autre pour les paroxysmés. « En général, comme Montanus (2) l’a déjà dit, dans le traitement de cette maladie , on ne peut pas, comme on le fait dans d’autres cas, limiter ses soins à un mois ou à une année, mais il faut les continuer pendant toute la durée de la vie. » Dans tous les cas, il faut en premier lieu éloigner Îes causes de la maladie, causes dont les malades ne conviennent pas toujours (3), si toutefois la chose est possible, et tracer un régime dont on ne s’écartera pas.

2. Régime. — Ainsi il faut conseiller aux hypochondriaques de se livrer modérément à l’étude, et d’en choisir le gen-:

re (4); de s’y livrer s'ils le peuvent en plein air (5); de ne pas trouver mauvais, une honnête oisiveté et les délassements :

EE

(4) Sennert (Diss. e., $ 151) dit : « Mais.

il est très-difficile que toutes ces choses:

soient bonnes. En effet, il y a des indi-.

cations contraires, et par exemple le plus :

ordinairement l'estomac est débile... il demande du chaud, au contraire la dis-.

position inflammatoire demande des ré-:

frigérants ; il faut donc agir avec précaution, de peur qu’en voulant remédier à:

l’un nous ne nuisions à l’autre. »

(2) Consil., No. 230.

(3) « La première difficulté qu'on a à vaincre avec les gens de lettres, quand il s’agit de leur santé, c'est de les faire:

convenir de leurs torts. » Tissot, 1. e.,

.(4) Ludwig, Diss. de contentione studiorum moderanda. On peut adapter à plusieurs ce que Tissot dit de quelques érudits : « Espèce d'hommes qui, attachés à l'ouvrage comme le manœuvre à sa bêche, pourraient être comparés à quelques Fakirs des Indes; comme eux ils se séparent du genre humain, comme eux ils se macèrent de plein gré, sans que souvent il en revienne le plus léger avantage à la société. » L. c., p. 64.

(5) Pline le jeune dit : « L'âme de ceux qui se promènent en plein air s'élève. » Et Tissot : « Souvent même c'est au milieu des délassements que naissent les idées les plus heureuses, et c'est en se promenant à la campagne qu'un des plus beaux génies de ce siècle a composé ses immortels ouvrages. 2

DU SYSTÈME NERVEUX

de l'esprit (6); d’être contents de leur sortet des biens qu’ils possèdent (7); de donner à leur corps un exercice convepable (8), et cela soit par la promenade, soit par les courses en voiture, surtout en conduisant eux-mêmes les chevaux, soit par l'équitation (9). Tous ces exercices doivent être pris dans des lieux agréables (10), sans fatigues (11), lorsqu'il n’y à pas de vent (12), en ayant

(6) Senèque ( De tranquillitate vitæ ) dit: « Enim admodum fertiles agri perpetuo et sine intermissione agricolis inservire non possunt, ita assiduus labor animum turbat, ejusque vires Justo Citius exhaurit. » — Valère Maxime dit élégamment (lib. 1) : « Danda est remissio animis; meliores alacrioresque requieti surgunt. » — Rivinus n'a pas dit avec moins d’elégance : « Utilissimum et necessarium ad sanitatem servandam his est, non raro museum cum palæstra, pennam cum gladio aut reticulo, libros cum pila, sellam cum equo, otium cum saltu mutare. » (De agrest. vitæ sanitate, disput.). Cfr. Fr. Hoffmann, Tractatus :

de studiis per regulas diætet. facilitand., p. 55, et Tissot, 1. c., p. 153.

(7) Quod sis, esse velis nihilque ma-

is. Martial.

Statt ængstlich deine Uhr zu richten und zu putzen, Zu spæbn, ob j-des Rad leicht in das andre greift,

Und frei um seine Spindel læuft,

Ermuntre deinen Geist, deu £Augenblick zu nutzen, Der Zeit, die dir vorüberschweift, Die schnellen Fittige zu stutzen.

Thümmel’s Reisen in das mittægige Frankreich , th. 7, p: 92.

(8) Galenus , De tuenda valetudine, — Mercurialis, Art. gymnast.

que nous compterons plus bas.

(6) Sydenham, Opusc. med., ch. vu.

(10) Ce qui a fait dire à Galien (I. c., lib. 1) : « Omnia optima sunt exercitia, quæ non modo totum corpus exercent, verum etiam animum oblectare possint. »

(14) C'est avec raison qu'Aristonyme conseille , « en se livrant à l’exercice, d'éviter la fatigue. » Cfr. Celse, liv. 1, ©, 2. — Les paroles de Nenter méritent aussi d’être retenues : « Qu’après un fort exercice on ne rentre pas de suite dans le repos. » (Fund. med., P. 1, p. 224.) Les cochers ont cette précaution ; lorsque leurs chevaux sont fatigués par une course très-rapide , ils ne les enferment pas de suite dans l’écurie.

(12) Saactorius (Med, stat., aph. %, sect. v) a dit: « Un exercice violent, lorsque le vent souffle, est mauvais. »

et autres

égard aux repas (13). IL faut aussi leur conseiller les voyages, surtout par mer, la natation (14), la culture des jardins, les excursions botaniques , zoologiques , minéralogiques; les travaux des champs, la chasse (15), le jeu de paume, de ballon, de quilles, la course aux anneaux, les joûtes, les exercices militaires (16), etc.En hiver, il faut recommander la course en traîneau , l'exercice des arts mécaniques qui demandent le mouvement du corps, comme celui de tourneur ; les jeux qui produisent le même effet, tels que le jeu de billard (17), l'escrime, la danse (18); enfin le balancement (19), les lits suspendus (20), lechant (21), l’usage des instru-

(13) « De suite après le repas, restez tranquille , ou faites mille pas. » — Sanctorius aussi (1. c., aph. 6) : « C’est nuire à sa santé que de manger immédiatement après un exercice violent. » V. Plazius, Diss. de usu med. exercit. corp. Lips.,

(14) Si le malade est faible et arthritique, employez de l’eau tiède. V. Chr.

Lang, De thermis carolinis, p. 255, et PTaz,.l..c.. D. 72:

(15) Dolæus (Encyclop., med., p. 54) recommande la chasse comme un remède très-efficace pour chasser les images fantastiques.

(16) Traité des tournois, joûtes, carrousels et autres spectacles publics. — Gutsmuths, Gymnastik für die Jugend, 1793. — Le mème, Spiele zur Uebung u. Erhol.d. Jugend, 1796, et Vieth , sur le même sujet. — Elias’s Anfangsgründe d. Gymnast. od. Turnirkunst. Bern,

(17) Le noble jeu du billard.

(18) < Non-seulement les danses apportent un soulagement au corps, mais aussi sont un remède puissant pour l’âme, puisqu'ils procurent à la fois un délassement et la gaîté, de sorte qu’on peut les recommander avec beaucoup de raison à ceux qui souffrent d’une imagination déréglée. » Plaz, 1. c., p. 51.

(19) Le malade doit se placer sur une longue planche Soutenue à ses deux extrémités, qu’un domestique abaissera et qui, par sa propre force élastique, reviendra sur elle-même. Les adultes peuvent aussi se servir de berceaux accommodés à leur longueur.

(20) Voyez chap. vu, $ xxxv, 10.

(21) Lisez, touchant les effets du chant sur le corps humain, Pechlin (lib. 11, obs. 29), Roderic à Castro (Med. polit., Lib. rv, c. 46). Ce dernier dit : « Le voya-

ments de musique (22), de tout ce qui excite le cours du sang, les jeux scéniques(23), lesspectacles, surtout les comédies (24), les lectures (25) propresà égayer l'esprit (26) et à provoquer les ris (27), le

geur chante pour supporter plus facilement les fatigues du voyage; la musique adoucit l'ennui du prisonnier dans son cachot, et le matelot se livre à la symphonie pour chasser les craintes de la mer. » D'où vient aussi le proverbe :

< Ceux qui portent un fardeau en chantant sentent moins de fatigue. » C’est ce que démontre aussi ce qui se passe parmi le peuple russe, qui chante en faisant presque tout ce qu'il fait,

(22) On trouve les effets de la musique sur les hypochondriaques décrits dans Miscell. acad. nat. cur., dec. 11, a. 4 p. 4

(25) Une très-bonne méthode pour oublier les chagrins, c’est d’imiter les actions d’un autre homme. C’est à quoi servaient autrefois ces repas nommés regalia .ou Wirthschaften.

(24) Celles de Molière, Régnard, Destouches, Marivaux, Picard, Favart , Fabre d’Eglantine, Dumoustier, Collin d’Harleville, Goldoni, Kotzebue, Nota, Scribe, etc.

(25) ro a tu solatia præbes ;

Tu curæ requies, tu medicina vénis.

à Ov, lib. rv, trist. eleg. x.

(26) Voici les éléments d'une bibliothèque antihÿpochondriaque. Il Decamerone del Boccaccio, l’Orlando fur. dell Ariosto, la secchia rapita del Tassoni, il Riccardetto del Forteguerri, l’Orlando

inamor. del Berni, la Cicceide del Laz=

zarelli, Bertoldo , Bertoldino e Cacasenno , il Malmantile racquistato del Lippi, I ragguagli di Parnasso del Boccalini, gli Epigrammi del Pananti, la Corneide di Gamera, le favole del Pignotti, gli animali parl. del Casti, — Pills to purge melancholy, Tristram Shandy, Lousiad, Bozzy and Piozzi, Pindariana, Love's vagaries, Czazy tales for grown gentlemén, the Rivals, School for scandal, Founding hospit. fort wit, Gretna Green, the Irishman in Spain, Rule a wife, and have a wife, the Dramatist, — Les essais de Montaigne, les satires de Boileav, Gilblas de Santillane, par Le Sage, les mille ét une nuits, traduit de l'arabe, par A. Galland, les œuvres de Pigault le Brun, la bibl: univers. des romans, composée par une société de gens lettres. — Rabner’s Satyren u. Briefe. — Wieland’s Poet. u. pros, Werke. Ein komisch-humoristisch satirisches Quodlibet. Hal-

bérst., 1825. = Jana Kochangwskiego,

MALADIES

jeu modéré des échecs ou de hasard , et, dans tous les cas, la société d'hommes d'un esprit enjoué et joyeux (28), surtout

oo

Piesni i Fraszki. Antypasty malzenskie.

— Maurycyusza Trzyprzyckieso, Dwor miajacy w sobie osoby i mozgi rozmaite.

Furfanterye Polskie.— Achazego Kmity, Spitamegeranomachia i List. od zydow do rnessyasza, — Zablockiego, Drziela teatralne. — X. Baki, Uwagi o smierci niechybney, przedrukowane w Wilinie, 1807.— Dziela Krasickiego. Pisma heroikomiczne Wagrierskiego i Kniaznina,

(27) Sur l'efficacité du rire dans l'hypochondrie on peut lire : Rommelius dans Act. nat. cur., dec. 11, a.8 , obs. 176. — Camerarius ; Syllog. memor., p. 65.— Alberti, Diss. de risus commodo et incommodo in œconomia vitali. Hal., 4746.

— Pechlin, Obs., p.464. Le grand prince Pierre M., sujet aux paroxysmes de l’hypochondrie, en était aussitôt délivré, pourvu qu'on pût l’exciter à rire. C'est à quoi excellait un bouffon de la cour nommé Balakirjew. V. Neue Auekdot. v. Peter dem Grossen, gesammelt v. Golikow., No. 419. Dans les Eph. Germ., dec. 1, ann. 1 et 2. On parle d’un musicien qui était tombé dans un état très-grave d’hypochondrie et de mélancolie, à qui tous Jes remèdes étaient désagréables, et qui cependant en demandait avec anxiété.

Le médecin , au lieu de remèdes, lui éerivit sur son ordonnance la fin du cantique « vom Himmel kam der Engel Schaar, »

qui se trouve finir ainsi : « geduldig, fræœhlich allezeit, » avec son air usité: en voyant cette formule, le malade partit d’un grand éclat de rire, et, parfaitement rétabli, il quitta aussitôt son lit.

(28) Aristote (lib. r, ce. 7) dit : « Homo natura aptus est ad cœtus societatemque. » Et Sénèque : « Hæc morborum impelus arcuit, senectuti adminicula prospexit, solatio contra dolores dedit (De benefic., lib. 1v, €. 18). » On fit :

« Tibia et psalterium suaves edunt eantus, sed utramque suavis lingua vincit.»

Mais je préfère de beaucoup la société des femmes d’un esprit orné à celle des hommes (pour distraire les hypochondriaques), parce que les hommes ne sa vent guère parler d’autres choses que d'affaires politiques ou économiques , et autres sujets ingrats, et cela quelquefois avec une ostentation ridicule d’érudition.

Les femmes, au contraire , possèdent l’art incomparable, non-seulement de discourir avec légèreté sur des objets agréables, et de nous suggérer insensiblement des sujets convenables pour nous

DU SYSTÈME NÉRVEUX.

à table (29). Toutes ces choses sont d'autant plus utiles, qu’elles apportent plus de distraction à l'esprit, et qu’elles détourment de la considération de son propre corps. L’on obtient parlois le même résultat de malheurs (30) ou d’un amour (31), pourvu qu'il soit platonique (32).

En outre, il faut encore tâcher que peu à peu le malade cesse d'ajouter foi à ses perceptions morbides (33). Il sera utile, en attendant, que le médecin, au com-

faire oublier nos chagrins, mais encore (ee qui sourit beaucoup à notre amourpropre) d'écouter nos histoires avec attention, et d’exciter de plus en plus notre conversation qui languit, par un petit mot inséré à propos.

(29) Il est utile de manger en compagnie ; plusieurs personnes y trouvent les aliments plus agréables, surtout si ils viennent d’une cuisine étrangère. C'est ce qu’enseigne ur proverbe familier en Allemagne :° « In Gesellschaft éssen, es schmecke einem unter der Gesellschaft viel besser, fremd Brod gedeihe besser, ‘denn einheimisches, etc. »

(50) Ainsi j'ai vu plusieurs hypochondriaques guéris par les changements politiques, par la perte d'un patrimoine, etc.

(34) Joepser (Manuduct. ad vit. long., P. 1, c. 12, p. 157) dit de l'amour :

« Lorsqu'il ne passe pas les limites de la modération , il exeite la chaleur engourdie des viscères, il relève la force languissante de l'estomac, il aide la coction tardive, il produit un bon sang, il en- #ante des esprits en quantité, il donne à 1a face une couleur florissante , et procure de la sérénité à l’âme. » « Ayant besoin d’une véliémente diversion , pour m'en distraire, je me fis par art amoureux, et par estude, à quoy l’âge m'aydait; Famour me soulagea, et retira du mal qui m'étoit causé par l'amitié. » Montaigne, OEuvr., tu, 13, p. 75.

(52) Car bien que les hypochondriaques éprouvent quelquefois du soulagement par la perte du sperme, cependant iln’y à pas à douter qu'une perte répétée ne leur soit nuisible.

(33) J'ai pu guérir plusieurs hypochondriaques en parvenant à leur persuader le mensonge de leur sens interne universel.

Lorsqu'ils étaient tourmentés de nouvelles craintes vaines touchant la perte de leur santé, je les interrogeais sur ce qu'ils pensaient de quelques journaux politiques qui admeéttaient des nouvelles sans choix ct sans bonne foi. Par ex. le Zuschauer de Riga, le Constitutionnel de Pa-

mencement, ait l'air de croire à toutes les plaintes du malade, et qu'ensuite, après les avoir mises en doute, il déclare hautement, à la fin, qu’elles sont sans fondement (34). Plusieurs ont recours à la supercherie (35), mais le plus souvent sans avantage, car à l’erreur connue en succède une autre pire (36).

3. Continuation. — Mais il serait inutile de donner ses soins à l'âme, si en même temps on ne s’occupait de la nourriture. En général, elle doit être simple (37) et répondre plus à l'exercice que l'on prend (38) qu'aux forces de l'estomac, qui souvent sont faibles chez les littérateurs (39). Que le pain soit de froment et

ris, le Morn. chron. de Londres? Nous n’en croyons pas un mot, me répondirent-ils. Et pourquoi cela? Parce qu'ils nous ont trompés plus de cent fois. Et cependant vous ajoutez foi à vos perceptions malades, qui sont si trompeuses, qui mille fois vous ont annoncé telle ou telle chose sans qu'il en arrivât jamais rien.

(54) « Mais ici il faut user d’une trèsgrande prudence et mesurer tellement les expressions même sévères, que le malade puisse voir qu’elles viennent entièrement de notre bienveillance pour lui; et il faut d’abord bien examiner si le malade les süpportera bien, car plusieurs les reçoivent avec une très-grande peine.»

Riedlin, Lin. med., ann. nr, Jun. obs, 30, p. 422. — De même Platon dit (lib.

1, de legibus) : « Le médecin doit d’abord persuader avéc prudence, et ne doit pas commander. » De là résulte la nécessité de l’éloquence pour le médecin. — Lancisi a fait là-dessus des réflexions admirables , en parlant de la bonne direction des études médicales. Opp. varia, V. H.

(55) Melancholia hypochondriaca pia fraude curata. Miscel). acad. nat. cur., dec. n, a. 4, 1682, p. 449. Voyez chap.

xXxv, &xr, No. 2.

36) Voyez Chicoineau , Diss. an ægrotantes imaginarii sola diversitale ideurum sanaadi sint? 4715.

(37) Rivinus (1. c.), d’après cela, conseille les mets de village.

(38) Ce précepte d'Hyppocrate (lib. nr, sur la diète} a été élégamment rerdu par Ramazzini (lib. de principum valetud:, cap. vi, p. 56).— C’est à quoi tend ausst le précepte de Pinicelli (In mundo sÿmbol., lib. v, No. 55) : « Qui enim sapientiæ operam daturus, eum oportlet esse victum tenuem. »

(39) Les hommes qui s'occupent de lit-

de seigle bien cuit, bien levé, médiocrement salé, assaisonné avec des semences d'anis, de carvi, de fenouil ; qu’il ne soit ni chaud ni dur et sec; que les aliments ne soient pas continuellement les mêmes.

Les viandes convenables sont celles de poulardes , de poules, de chapons, de poulets, de faisans , de perdrix, de grives, de francolin, d’alouettes et d’oiseaux de plaines, de bois et de montagnes; le veau, l’agneau, le chevreuil et les jeunes animaux ; le bœuf, le lièvre, le chevreau, le cerf, bouillies plutôt que roties. Les œufs frais sont d’une digestion facile. I faut choisir les poissons de taille médiocre et de rivière, tels que les truites, les brochets, les perches, les goujons, et, pour remédier un peu à leur flatulence (40), il faut les manger au commencement du repas, avant les autres mets. Si cependant vous ne les mêlez point à de la viande et à autres choses, vous ferez encore mieux (41). Les légumes et les herbages, pourvu qu'ils ne soient pas venteux, ne doivent pas être tout-à-fait négligés (42). Ceux qui conviennent le mieux sont les épinards, Poseille , la carotte, la laitue (13), l’ortie (44), la bette-rouge (45), l'asperge et les capares (46). Comme acides, il convient

térature n’ont pas de plus grand ennemi que l’état de leur estomac. Lancisi (De subitanea morte , lib. 1, c. 22) et Tissot (L e., p. 78) nous en avertissent avec raison.

(AO) Fien., De flatu, c. 7.

(41) Fabr. de Hildan, De tuenda valetud., p. 15. Les préceptes de la religion catholique prescrivent d’agir de la sorte, au moins à des jours déterminés.

(42) J'ai connu des hypochondriaques auxquels la nourriture animale, prescrite pour les fortifier, était nuisible, et qui supportaient beaucoup mieux une nourriture végétale. Cela n’a rien d’étonpant , si l’on fait attention à la tendance del’hypochondrie à dégénérer en scorbut.

(45) J. Lanzoni, De malo hypochondriaco lactucæ usu curato. Miscell. acad.

nat. cur., dec.inr, à. 2, 1694, p. 41.

(44) Lorsaue la plante est jeune, on s’en sert en Lithuanie, et une fois cuite, à peine si l’on peut la distinguer des épinards.

(45) La plante jeune est mise en usage par les Polonais et les Russes, sous le nom de botwina. Qn fait cuire aussi la racine comme celles des autres iégumes.

(46) Benivien, obs. 105. — Sennert, 1. c., S141. |

MALADIES

d'employer les oranges, les limons, les citrons, les groseilles, et leurs sucs. Par-. mi les fruits, ceux qui sont avantageux sont les cerises acides, la prune, les raisins cuits au soleil, les amandes douces, les pistaches, les pommes de pin, les pommes de Barsdorf, les figues. Pour hoisson, prescrivez un vin agréable (47), celui du Rhin , de Graves , le vin rauge de Bordeaux (mêlé à une quantité d’eau voulue s’il en est besoin (48) ), et, à moins que Je malade ne soit pléthorique, le vin doux d’Espagne , de Chypre, ou le vin amer d'absinthe vers la fin du repas (49).

Que la bière soit claire, sans lie, et bien houblonnée. Pour confitures, prenez des conserves de roses, de gingembre, de scmences de fenouil, de carvi, de coriandre, ainsi que l'écorce d’oranges confites dans le sucre. Les glaces, que l’on appelle vulgairement sorbets, conviennent à ceux qui sont pléthoriques. Si l’on en excepte ceux-ci, le café après le diner convient presque à tous, ainsi que quelques gouttes d’un alcoolat doux, vulgairement liqueur, mais dont il faut blämer l’usage avant le repas (50). Lorsque le travail de la digestion est achevé, l’eau froide , prise en assez grande quantité, agit comme spécifique pour augmenter les forces, chez les pléthoriques (51).Chez les autres, surtout en hiver el par un temps humide, il convient de prendre du thé, car il faut, dans l'hypochondrie,

ee ne

(47) 3.-C. Fehr., Iypochondriacus vino generoso curatus. Ephem. acad. nat.

cur., cent. 9 et 10, p. 275.

(48) Lisez Weickard, Philosophischer Arzt. Frkf. a. M. 1790, p. 150

(49) Langhans (Von den Krankbeiten des Hofes oder der Weltleute. Bern, 4710, p. 155) et d’autres (Hildebrand, 1. c.) conseillent aux hypochondriaques de boire à peine en mangeant ; je ne puis souscrire à ce conseil.

(50) Quoique je ne méprise pas volontiers les usages nationaux, et que je les croie le plus souvent basés sur l'expérience, cependant je ne puis en aucune façon donner mon assentiment à l'usage des Russes et des Polonais, de prendre de la liqueur avant le repas.

(51) Theden, Neue Bemerkungen und Erfahrungen , 1782, p. 151.— Hufeland, Das Element des Wassers als Ileilmittel.

— Du même, Journ. der pr. Heilk., 1814, 4 Heft, p. 11. Cependant rien de trop, comme le remarque avec raison Hildebrand, 1. c..

BU SYSTÈME NERVEUX

occuper beaucoup de la transpiration 52). Le sommeil, si l'habitude le permet, doit être pris sur le côté gauche, et prolongé selon les circonstances (53). On ne doit le faire précéder que d’un souper modestie ou d'aucun (54); il doit être suivi d'un déjeùner qui ne surcharge pas estomac (55). Il faut dans tout cela suivre un ordre qui ne contrarie pas les lois le la nature (56); les évacuations alvines doivent suivre les mêmes lois.

4. Médicaments. — Afin que le conseil donné par Montanus à un hypochoniriaque : « Fuis les médecins et les médicaments, et tu reviendras facilement à la santé (57), » ne nous atteigne pas,

(52) Montanus, consil. 131, conseille de se munir la poitrine contre l’injure des saisons, en portant sur la région de l'estomac une peau de vautour. Des fricions sur les extrémités faites soir et main sont encore utiles.

(55) Les hypochondriaques, surtout les pléthoriques , se portent quelquefois plus mal lorsqu'ils prennent plus de sommeil qu'il n’en ont l’habitude. On ne peut donc établir aucune règle générale làdessus.

(54) IH faut surtout bien tenir compte de l'habitude ; si elle prescrit le souper chez un malade pléthorique, les fruits rouges sont surtout avantageux. Nous conseillons au malade qui a des hémorrhoïdes, de prendre du choux cru lorsqu'il commence à aigrir, et de méler son suc avec de l’huile d'olive, comme Île font les Lithuüaniens.

(55) On doit fuir les déjeûners de vian-

des et de poissons, surtout lorsque ces

mets sont fumés et acides, ainsi que les liqueurs et les vins. À moins qu’il ne s’agisse de soldats et d’autres personnes qui se livrent à de violents exercices du corps. Mais prenez à leur place du choolat, du thé, du café et du lait seul.

(56) La coutume actuelle de prendre an déjeûner qui ressemble à un diner (déjeûner à la fourchette) et de souper le soir au lieu de diner, cette coutume, qui change la nuit en jour et le jour en la nuit, est un obstacle à la santé et aux ravaux littéraires; car personne, après un tel déjeûner, ne peut vaquer pendant le reste de la journée, avec succès, à ses occupations, et celui qui ne dort pas la nuit perd les forces de son esprit.

(57) L. c. La même chose est attestée par Ætius, tetrab. 11, serm. 2, c. 40. — Sennert, Prax., lib. 111, P, y, sect. 1, cap. 6. — Welschius, cent. 1, cons. 100, p. 155, etc. — Ch,-M. Adolphi, De fe-

nous employons peu de médicaments, et nous ne les changeons pas volontiers (58).

Aleur place,nous envoyonsles hypochondriaques aux sources médicinales, dont les eaux (59) sont savonneuses, salines, elenfin ferrugineuses, pour en faire usage soit à l’intérieur, soit à l’extérieur. Si nous ne pouvons pas le faire, nous cherchons, par les médicaments, à tenir le ventre libre, à chasser les flatuosités, à exciter les forces de la digestion, à arrèter la trop grande sensibilité du système nerveux, et à rendre du ton à tout le corps. Les médicaments qui remplissent ces médications sont : 1° Les eccoprotiques pris le soir, par exemple : l’électuaire lénitif, la poudre tempérante (60), la racine de rhubarbe (61), l'extrait d’aloës [succotrin (62), de coloquinte (63), l'extrait alcalin de jalap (64); 2° les infusions carminatives prises le matin à

lici melancholiæ hypochondriacæ sine ullo resnedio solutione. Acta acad. nat, cur., vol. 1, p. 546. |

(58) Déjà Sénèque avait dit (epist. r) :

« Nil sanitatem magis impedit, quam crebra medicamentorum mutatio. »

(59) Edit. secundæ , P. r, vol. 1, sect.

11, Cap. vi, $ xxxvin, 27, 55. Et R.-F, Ovelgün, Veternus cum malo hypochondriaco junctus, per aquas medicatas Wildungenses curatus. Acta acad. nat. cur., vol. v, p. 512. — Thilenius, Resultate der Bruanenkur in Ems dans Hufeland’s Journ, der pr. Heilk., 1816, Jun., p. 88.

(60) P. ex. de magnésie, de nitre, de tartre vitriolé et d'un oléo-saccharum de fenouil. ‘

(61) R. poudre de rhubarbe, trois gros.

F. avec s. q. de sirop de rhubarbe, des pil. de trois grains. Saupoudrez-les de poudre d'iris de Florence. S. à prendre avant de se mettre au lit.

(62) R. extrait aqueux d’aloës succotrin, un gros ; poudre de rhubarbe, deux gros. M. diviser en soixante pilules qui, si on le veut, seront recouvertes d’une feuille d'or ou d'argent. A prendre la nuit de trois à quatre pilules.

(65) R. extrait aqueux de coloquinte, un gros. Divisez-en svixante pilules égales. Saupoudrez de poudre de cannelle, D. s. pren. le soir de deux à quatre pilules. La teinture de coloquinte, recommandée par Odier (Annales de la soc. de médecine pratique de Montpellier, t. 16 (hist., t. 4), p. 89), est trop irritante.

(64) Ce médicament est souvent mis en usage par moi. Il ne saurait être trop recommandé.

jen, telles que des semences d’anis, de fenouil , de coriandre, des sommités d'origan, de marjolaine, de menthe poivrée (65), etc.; 3° la racine d’ipécacuanha (66), les élixirs stomachiques et viscéraux, le fiel de taureau, l'extrait de ménianthes, de Chardon bénit, la décoction de quassia amara (67); 4° l’eau de laurier cerise (68), l'acide prussique (69), l'oxide de zinc, l'extrait de jusquiame, le muse ; et 5° le fer (70). Le plus souvent

(65) R. semences d’anis étoilé, de coriandre, trois gros de chaque; mélisse, trois onces ; broyez ; d. sous forme de thé.

(66) On la donne très-bien sous forme de pastilles, contenant chacune un quart de grain d’ipécacuanha , une heure avant le repas. Il est à désirer que le malade ne sache pas qu'il prend un remède de la classe des émétiques, de peur que par imagination il n'éprouve des nausées ; car on ne recherche ici ni nausée ni vomissement, à moins qu'il n’y ait une incation particulière. Ætius (tetrab. 2, serm: 2, c. 10) avait déjà dit, de l'usage de l’émétique dans l’hypochondiie : « Si cependant l'estomac est faible, il ne faut pas lui ajouter de fatigue. »

(67) Je ne suis pas de l’ovis des médecins qui préparent des décoctions de cette sorte très-saturées; car un gros et demi de buis suffit pour rendre amère une livre d’eau. |

(68) Thilenius, Med. chirurg. Bemerk.,

p. 193 (de 30 à 40 gouttes, ou même de 60 à 80, trois ou quatre fôis par jour).

J'avoue que je n’ai jamais dépassé dix gouttes.

(69) Kopp dans Hufeland’s Journ. der pr. Heilk., 1821, December, p. 4. (I danne une goutte de ce poison, préparé d'après Vauquelin , trois ou quatre fois par jour.) Ceux qui veulent suivre l'avis de ce médecin, d’ailleurs recommandable, doivent lire d’abord les avertissements de Sibergundi qui y sont joints, 1.

(70) Le fer, depuis les temps les plus reculés, a été pour les hypochondriaques comme l'ancre de salut. Ainsi, Pline recommande l’eau où le vin dans lesquels on a plongé un fer rouge (nat. hist., lib.

54,c. 15). V. Paul d’Ægine, De re med., lib. mm, c. 49. — Dioscorides, lib. v, c.

53. — Mercatus, De recto præsid. usu., Hb. n1, c. 7. Ce dernier auteur avertit avec raison que l’on ne peut pas continuer en sûreté les martiaux, si les excréments ne prennént la couleur noire.

Le plus souvent, je me sers de la teinture ou de l’acétate de fer, ou des fleurs de se] ammonijaçal martial.

MALADIES

nous tächons, par une seule formule, de répondre à plusieurs médications (71):

5. Continuation. — Lorsqu'il existe une complication inflanrmatoire, surtout l’hémorrhoïdale, il faut mettre en usage:

la saignée du pied, les sangsues à l'a+ nus (72), les acides végétaux, surtout le vinaigre (73), et les pédiluves. Si les vis— cères sont obstrués depuis long-temps, il faut en venir à la méthode que nous ex= poserons ailleurs, sans négliger les lavéments de Kampf (74). S'il y a soupçon d’un vice latent syphilitique; carcinoma:

mateux, pliqueux, arthritique, etc., on doit joindre avec prudence les remèdes qui y seraient appropriés avec ceux indiqués jusqu'ici (75). En général, la gomme résine de Gayac est très-propre à ces:

sortes d'hypochondrie (76). Il en faut

(71) Par exemple, pour la liberté du ventre , l'évacuation des gaz et le ton de:

l'estomac :.R. feuilles de séné, une oncé:

et demie; semences de coriandre, trois:

gros; herbe dé ménianthe, racine de ca lamus aromaticus, une once de chaque.

M. D. S. On en prend une pincée pour une infusion à boire le matin.— Par ex., pour rendre le ventre libre, pour donnér!

des forces à l'estomac, et pour fa sensibilité du système nerveux : R. extrait:

aqueux de rhubarbe, déux gros; fiel dei taureau, une demi-once; fleurs de ziné:

et bon muse, un scrupule de chaque. M:

f. 1. a. pilul. de trois grains; prenez trois! fois par jour de six à sept pilul. P. ex.; pour corroborer, au lieu de fleurs de zine, prescrivez deux gros d’acétate de fer.

(72) J.H. Schœnheider, Observationes de morbo hypochondriaeo et usu hirudinum in eodem. Acta medica Havniensia,, vol. 11, p. 315. | |

(73) Oribase, Boerhaave et Lorrÿ, v.d.

Melancolie. A. d.L. Leipz., 1770, 2 B., p. 580.

(74) Kæmpf, ouv. c., et Faber, Disss.

ulier. exposit. nov. meéthodi Kæmpfianæ, curandi morb. chron. invetcratos, præ= cipue malum hypochondr. Tübing., 1755: Voici la formule : R. racine de taraxacum, de saponaire, deux onces de cha:

que; herbe de petite centaurée, de ma rube blanc, une once de chaque; fleurs de tanaisie, de camomille, demi - oncé de chaque ; coupez et f. des espèces ; pré pez-en une poignée avec autant de son, pour un lavement , avec s. q. d’eau que:

l’on fait bouillir pour une colature d’une livre.

(75) Ici on ne peut donner de règles spéciales.

(76) Je fais beauçoup de cas de ce mé

DU SYSTÈME NERVEUX

lire autant d’un cautère lorsqu'il y a ar-

hritis (77 a).

6. Traitement du paroxysme.— Au noment du paroxysme de l’hypochonlrie , il faut réveiller le courage du maade et lui inspirer de la confiance (77b), occuper de chasser les vents, et à cette in employer des lavements carminaifs (78), des frictions aromatiques sur 'abdomen (79), des ventouses sèches vec la flamme près de l’ombilic, ou des mplâtres anodins (80) sur toute la surace du ventre. À l’intérieur, il convient l'employer les eaux de menthe crêpue ou le fenouil , avec la teinture aqueuse de ‘hubarbe, cependant en petite quantité,

dicament, que j'emploie depuis un gros usqu’à deux dans les vingt-quatre 1eures.

(77 a) De Meza, De fonticuli effectu in

iffectu hypochondriaco observatio. Soiet. med. Hafniens. collectanea, vol. n, >. 70. :

(77b) De belles observations sur l’inluence de l’imagination et de la coniance dans les médicaments , ont été re- “ueillies par Paullini dans Eph. germ., lec 1, ann. 2, p. 258. — Ricdlin, Lin.

ned., ann. 1. Jul, lin. 12. — Bartholin, Hist. de paralyt. N. T., p. 42. — Solenander, sect. 5, cons. 15, $ 17. — Helwig, Obs. med. 86. — Schræk, In adjecto schol. — Deusingius dans Exam.

pulv. symipath., p. 65.

(78) Par exemple, avec l’infusion de petite centaurée ; les semences de cumin, de carvi, de fenouil, avec de l'huile de lin. — J.-P, Hain, De enematum utili- (ate in pathematibus hypochondriacis et facili applicatione ; cum addendis Ros.

Lentilii. Miseell. acad. nat. cur., dec.1, d..%, 16725 p. 402; dec. 111,,a. 5 et 6, 1697, 1698, append., p. 150.

(79) Parexemple, avec l'huile exprimée de muscade , le baume externe de vie de Hoffmann, l'esprit composé de lavande, de romaine, l’eau de la reine de Hongrie, etc.

(80) Comme l’emplâtre antihystérique de Sydenham , l’emp. anodyn de Fuller, l'emp. de galbanum safrané avec de l’opium et du camphre , l’emp. aromatique de la pharmacie russe, l’emp. résolutif de Schmucker, mais surtout l’'emplâtre savoneux de Barbet, dont je

me sers très-souvent. Tous ces emplâtres

doivent être élendus avec soin sur une peau , et l’on doit garnir la circonférence de diachylon, alin qu'ils puissent se çoller,

de peur de trop ouvrir le ventre (81).

Dans les grandes attaques , on ajoutera l’éther acétique, sulfurique, et surtout l'éther nitrique alcoolisé, avec le suceinate liquide d'ammoniaque empyreumatique, et enfin l’opium lui-même (82). Si la région épigastrique est d’une grande sensibilité, les émulsions et les mucilagineux (83) l’emporient sur les médicaments énergiques(84). Les gaz intestinaux (85) et les rapports ne doivent point être arrêtés ; il ne faut point non plus les ame-

ner de force (86).

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