CHAPITRE XVIII, == DE L'AMNÉSIE
$ I. Définition. Pibliographie.
1. Définition. — L’amnésie (1) est Ia diminution ou l'abolition de Ja mémoire
(81) Renouart, Ergo flatulentiæ hypochondriacæ cathartica mitiora. Paris, 46358. — Legier, Ergo hypochondriaci mollius expurgandi. Paris, 1681.
(82) En outre, on dit que l’opium a été très-heureusement employé dans les cas où le malade avait déterminé lé jour et l’heure de sa mort. L’opium l'ayant jeté dans un sommeil qui s'était prolongé au-delà du temps qu’il avait indiqué, c'était la meilleure preuve de la vanité de ses craintes.
(83) Les semences dé mauve étaient déjà employées par Ætius (tetrab. 1, serm, 2, c.. 10).
(84) Si les malades, traités comme nous venons de l'indiquer, ne rendent pas justice à nos efforts, qu'ils aillent à
d’autres médecins qu'ils estiment meil-
leurs; car je suis de l’avis de Lentilius lorsqu'il dit : « Le médecin est délivré d’un grand poids s’il est délivré d’un malade morose , sans patience, sans idée fixe, et qui murmure » (Etéodr. med.
pract., p. 559). Lisez sur le même sujet Stahl, Disp. de ægro moroso.
(85) Willich conseille de couvrir ces bruits par la toux (De crep. ventr. probl., 95, 29). :
(86) G. Schuster, De certis in affectibus hypochondriaco -flatulentis præsidiis. Nova acta acad. nat. cur., t. ir, p. 24.
(4) De æ, negat, ét de pyiun, mémoire.
En latin, oblivio; memoriæ debilitas, deperditio, defectus, lathiphrosyne; en allemand, Verlust des Gedæchtnisses, Vergessenheit; en français, oubli, perte de mémoire; en anglais, loss of memory :
en polonais, niepamiec.
ou de la faculté de reproduire des idées déjà perçues dans l’esprit, ou de reconnaître celles qui ont été reproduites.
2. Bibliographie.—On ne se repentira point de lire sur ce sujet, outre les philosophes (2) et les auteurs des dissertations inaugurales (3), Galien (4), Gratarole (5), Schenk (6), Tulpius (7), Horst (8), Vogler (9), Linnée(10), Platner (11),
(2) Aristote, c. 11, lib. De memoria et reminiscentia. — Cicero , lib. r, ad Herenn. — Plinius, Hist. nat., lib. var, c.
xxiv. — Scaliger, Exercit. 507. — Cancellieri, Dissertazione iniorno agl’uomini dotati di gran memoria ed a quelli divenuti smemorati. Roma, 1815. — Dugald Stewart, Elements of the phylosophy of the human mind., chap. vr, $ 1—5.
(53) Hartung, Diss. de memoria et oblivione. Lips., 4622, — Ittigius, Diss.
de memoria et oblivione. Lips. 1644. — Fridericius , Diss. de memoriæ læsione, seu obliv. Jen., 1668. — Meier, Diss. de memoria læsa seu oblivione. Basil., 4687. — Vater, Diss. de natura et cura memoriæ. Witemb., 1686. — Crausius, Diss. de memoria ejusque remediorum natura, usu et abusu. Jen., 1696.—Wedigius, Diss. de memoria præsertim labili. Wittemb., 1691. — Van Zyl, Diss.
de memoria ejusque vitiis. Lugd. Bat., 1694.—Wedelius, Diss. exhibens ægrum debilitate memoriæ laborantem. Jen., 1696. Idem : De oblivione. Jen., 1704.
— Winter, Diss. de memoriæ statu naturali et præternaturali. Rintel., 1698.
— Pezold, Diss. de oblivione memcrabili. Lips., 1705.—Jantke, Diss. de memoriæ læsione. Altdorf., 1755. — Richter, Diss. de natura, labe et præsidiis memoriæ humanæ. Gœætting., 1752. — Baumer, Diss. de memoria, ejusque labe et præsidic. Erford., 1760.
(4) Cap. 1, De differ. sympt. Cap. vi, De motu muscul., lib. 117. Cap. 1v et v, De locis affect.
(5) De memoria reparanda, augenda, servanda. V. Opuscul., p. 405.
(6) Obs., lib. r, obs. 128.
(7) Obs. medicinal., lib. 1v, €. xv.
(8) Disput. de memoria conservanda.
(9) Mnemosynologia. Jen., 1676.
(10) Schwedische akad. Abhandl, J., 4745, p. 117.
(11) De vi corp. in memor. Lips., 4767. Specimen. Pathologia ad cognoscendas memoriæ vicissitudines necessaria. V, Balding, Sylloge, t. nr.
MALADIES
Bruckmann (12), et par-dessus tov Louyer-Villermay (13).
$ IT. Symptômes. Causes.
1. Symptômes. — La mémoire, la plu précieuse (1) et en même temps la plu humble (2) des facultés de l’âme, s’ap plique (3) tantôt aux choses, tantôt au mots, et offre différents phénomènes soit à l’état sain, soit à l’état malade En effet, les uns recoivent facilemer les images des choses, mais les ow blient aussi vite qu’ils les ont recues:
tels sont les enfants; d’autres sont len:
à recevoir les images des choses, ma:
sont plus tenaces à les conserver, pa exemple les hommes doués d’une imag nation légère ; d’autres conservent seule ment les bagatelles, mais, quant aux cho ses qui exigent une plus grande attem tion, ils ne les saisissent jamais , telle sont les femmes; d’autres sont dans un:
condition tout-à-fait opposée, parexempl les hommes adonnés à des oecupation sérieuses; d’autres ne peuvent (4) pas re
(12) Horn’s Archiv. für med. Erfahr, 1825. July. August., p. 58.
(13) Essai sur les maladies de la mé moire. Mémoire de la société de méde:
cinc de Paris, t. 1, p. 68.—Sédillot, Re:
cueil périodique de la société de méde:
cine de Paris, t. LxIv (série 2, t. ut), p:
2714. Et Dictionnaire des sciences médi.
cales, t. xxxi1, p. 278. (Je m'en sers).
(1) La mémoire embrasse certaine:
ment non-seulement la philosophie, mai:
tous les usages de la vie, et tous les arti à elle seule. |
(2) «.... faculté toute passive, humble greffière de tous les actes de la vie hu:
maine et des événements du monde chacun accuse sa servante de négligence où d’oubli :
Nul n’est content de sa mémoire, Ni mécontent de son esprit. »
Virrermay, L c.
(5) « Lucullus habuit divinam quandam memoriam rerum, verborum majorem Hortensius., » Cicero, Acad. quæst., lib. 1v.
(4) Linnée, 1. c. « Manget dans ses cours de botanique, tenant sous ses yeux la pimprenelle, ne pouvait qu'avec une peine infinie en trouver le nom, quoiqu'il se ressouvint facilement de celui de beaucoup d’autres plantes d’un usage moins journalier : le même embarras se représentait à lui chaque année dans ses cours, » Villermay, 1, ç. « Broussonnet.….
DU SYSTÈME NERVEUX
enir certains mots seulement; d’autres ie se souviennent que d’un petit nomjre de choses et de noms, et cela après ong-temps et avec beaucoup de peine, ’est l’amnésie légère ; d’autres, à la véité, se souviennent, mais d’une autre faon, dans un ordre inverse, sans bien se ‘appeler le temps et le lieu (5) (amnésie); l’autres perdent la faculté de lire et reiennent celle d'écrire (6); d’autres font les transpositions de lettres dans les mots (7); d’autres enfin ne se souvien-
sent de rien, pas même de leur pro-
pre nom (8), c’est l'amnésie complète.
Nous ne passerons point non plus sous silence la perte particulière de mémoire, qui s'étend seulement à certaines pério des de la vie, et qu'a quelque ressemblance avec ce qu’on a sppelé sommeil magnétique double (9) (10). Quelquefois
{après un léger coup d’apoplexie)... ne put jamais prononcer ni écrire correctement les noms substantifs et les noms propres, soit en français, soit en latin, quoique tout le reste de ces deux langues fût demeuré à son commandement. »
Villermay, L. c.
(5) Le comte Bennigsen, général en chef de l’armée russe, homme à jamais respectable, m'a parlé d’un officier, qui se rappelait bien avoir assisté au siége d’une ville, mais qui avait oublié s’il s'était trouvé parmi les assiégés ou parmi les assiégeants.
(6) 3. Schmid, dans Ephem. acad.
nat. eur., dec. 1, an. 5 et 4, obs. 154.
(7) « M. D..., à la suite d’une attaque de paralysie, ne pouvait plus prononcer
un mot sans altérer l’ordre des lettres
qui le composent : par exemple, pour dire flûte, il prononçait tufle. » Villermay, |. c.
(8) Pline (1. c.) rapporte que Messala Corvinus, bien qu’il eût conservé tous ses sens intacts, avait oublié son propre nom : c'est à quoi se rapportent les vers de Lucrèce (lib. vi) :
« Cepit oblivio rerum Cunctarum, neque possent cognoscere ut ipsi. »
(9) Heinecke (ouv. e., p. 59) et Kluge (ouv. c., p.177), auxquels il faut joindre Darwin (Zoonomie, etc., A. d.E. übers.
von Brandis. Hannov., 14795, 2. Abth., p. 327), et Reil (Rhapsodien, etc., p.
(10) Le journal américain ( Med.
repository } du mois de janvier 1816, contient une observation des docteurs Mitchell et Noit , sur une personne non mariée , d’un âge moyen, douée d’es-
’amnésie se montre tout-à-coup (11),
prit et de connaissances peu ordinai« res, ayant toujours été bien portante, qui, sans cause connue, tomba toutà-coup dans un profond sommeil prolongé plusieurs heures au-delà du temps accoutumé, et qui en s’éveillant avait perdu non-seulement la mémoire des mots, mais aussi des choses. Elle recommença à apprendre son alphabet ; cependant elle le fit assez vite. Après quelques mois elle tomba dans un nouveau sommeil, au sortir duquel elle se retrouva daus l’état où elle était avant le premier sommeil, ne conservant aucun souvenir de ce qui s'était passé dans l'intervalle des deux. Il survint plus tard un troisième paroxysme, après lequel elle se retrouva dans la même condition, quant à la mémoire, dans laquelle elle était après le premier accès; c'est-à-dire qu’elle oublia tout ce qu'elle avait appris avant sa maladie, et il continua à lui en arriver autant par la suite, de sorte qu’elle eut une double existence, qui changeait après chaque paroxysme de sommeil. En effet après les 5e, 5e, 7e accès, etc., elle ne savait absolument rien de ce qu’elle avait appris depuis sa jeunesse, et elle ne savait que le peu de connaissances qu'elle avait pu apprendre dans le court espace qui s'était trouvé entre le premier et le second paroxysme.
Mais, après les 2e, 4°, 6e paroxysmes, etc., elle retombait de nouveau dans l’état où elle était avant le premier, et possédait beaucoup de connaissances. Quand la malade était dans un de ces états, elle ne se souvenait nuliement de l’autre, et devenait tout-à-fait étrangère à elle-même ! »
« Une jeune dame fori spirituelle et fort respectable, après de longues traverses et des contrariétés äe la part de sa famille, épouse un homme qu’elle aimait passionément : lors de sa première couche, il survint un accident, accompagné d’une longue faiblesse, au sortir de laquelle elle avait tour-à-fait perdu la mémoire du temps qui s'était écoulé depuis son mariage inclusivement; elle se rappélait fort exactement tout le reste de sa vie jusque-là; mais depuis cet instant tout lui était parfaitement inconnu. Elle repoussa même avec effroi, dans les premiers instants, son mari, et son enfant qu'il lui présentait. Depuis elle n’a jamais pu recouvrer la mémoire de cette période de la vie, ni des événements qui l'ont accompagnée. » Villermay, 1. €.
(41) Bruckmann, ]. c. —S. Jackson, American journal ofthe medical sçiences.
Febr,, 1829,
quelquefois elle augmente progressivement. T'antôt ce mal existe seul (12), tantôt il est accompagné de la perte des autres facultés de l’âme (13).
2.Causes.—Rien n’est plus fragile chez l'homme que la mémoire; elle peut être attaquée par des causes inconnues (14), et aussi par un vice héréditaire (15), une conformation particulière du crâne (16), et surtout celles des lobes antérieurs du cerveau (17) (18), comme à la suite d’une
(12) J. B. Gründel, Ex casu omnimoda memoriæ abolilio , remanente tamen intellectu in suo vigore. Miscell.
acad. nat, cur., dec. 1, a. 6, 1687, p.
(15) D. Nebel, De judicii et memoriæ imbecillitate post lethargum, tandem accedente epilepsia dlethali, Miscell, acad. nat. cur., dec. 1x, a, 9 et 40, 4701, 4705, p. 232.
(14) G. Serger, De memoria a nulla manifesta causa abolita. Miscell. acad.
nat. cur., dec, 1, a. 3, 1672, p. 572.
(15) Friderici, 1. c., cap. v.
(16) Ceux qui ont une tête pointue et élevée, n'ont pas de mémoire, d’après l'observation d'Homère (Iliad., description de Thersite). Les Arabes, comme nous l’apprenons surtout d’Avicenne (lib.
1, can. fen. 1, Tr. 6, c. v et 11: can.
fen 1, Tr. 2, 6) plaçant le siége de la mémoire dans l’occiput, reconnaissaient pour cause de l’amnésie le développement insuffisant de la partie correspondante du crâne. Cette opinion a été suivie par Sennert (Inst., 1. c.), Tulpius (lib. :, c.
xx1V), Fernel (Physiol., lib. 1v, e. xv), Friderici (1. c., ©. 1) et autres. Gall a placé le siége des différentes espèces de mémoires dans les parties tout-à-fait opposées du crâne, et on ne manque point de faits à l’appui de son opinion, du moins quant à la mémoire locale, En attendant nous adoptons ce que dit Villermay (1. c.) : « Au resie plusieurs auteurs ont prouvé, par diverses observations pathologiques (Cesalpin, Quæstiones peripatelicæ, p. 116, et Claudinus, De memoria) qu'aucune région spéciale «du cerveau ne pouvait être le siége exclusif, soit de la mémoire, soit de l’imagination. » |
(17) Bouillaud (Traité clinique et physiologique de l’encéphalite, etc,, deux.
partie, chap, 1) rapporte plusieurs cas dans lesquels la perte de la parole et de la mémoire des mots provenait de l’affection des lobes antérieurs.
(18) Pelargus, Med, Jahrgænge, 5 B., p. 68. — Meyer, Anat, Abhandi, vom Gehirn, Berl,, 1779, p. 4,
MALADIES
chute (19), d’une contusion de l’occ:
put (20) et de petits osselets placés enti les méninges (21); elle peut l’être par faiblesse de l’enfance (22) ou de la viei lesse (23), par le climat (24), le froi (25) , le vent (26), la chaleur (27), un condition encore inconnue des eaux (28:
l'ivresse (29) , surtout celle que prodw
(19) Pline, L. c.—Schenk, Obs., lib.
No. 436. © |
(20) Tulpius, obs. 4. — Zacutus Lus:
tan., Curat. 32. — E. Camerer, Memori gravi occipitis percussione singularité læsa. Ephemer. acad. nat, cur., cent. 1 et IV, p. 133.
(21) De la Motte, Observation anatc mique sur Ja perte subite de la mémoire causée par une quantité de petits os dan la duplicature des deux méninges, et qu occasionnent des fréquentes attaques d’é pilepsie. Mém. de Paris, a. 1711, his p. 27.
(22) L'opinion de Quintilien que le enfants excellent pour la mémoire, es révoquée en doute par Rhodiginus (lih XX, C. vin, antiq. lect.), Sennert et Pla ter (L. c.), et c'est avec raison, s’il s’agi de la mémoire des choses et non de mots.
(25) Isocrates (dans le Panathénaïque dit de iui-même : « Maintenant il ne m:
reste qu'à demander qu’on pardonne ma vieillesse l’oubli et la loquacité, af fections qui ont coutume d’accompagne cet âge, et à retourner vers ce lieu.
Cfr. Aristote, sect. xxx, probl. v.
(24) Selon Galien (6 epidem. com. G $ 8), les Athéniens étaient pleins de sa gacité et de génie, au contraire le:
Thraces étaient paresseux et manquaien de mémoire. Fe.
(25) Mercatus (lib. De intern, morb curat., €. xxIx) affirme que des soldat qui voyagent à travers des montagne:
couveries dé neïge, perdent la mémoire Jackson, 1. c.
(26) Tulpius, 1. c. (quant il frappe st l’occiput.)
(27) D. Dodart, Observation d’un en fant de huit ans, qui perdit ia mémoire pendant les grandes chaleurs de 4705.
Mém. de Paris, a. 1705, p. 58.
(28) C'est à cela sans doute que se rapportent les fictions des poètes sur le fleuve Léthé. Pline raconte aussi qu'il y a dans la Béotie, vers l’antre de Trophonius, près du fleuve d’Orchamène, deux sources, dont l’une donne la mémoire, et l’autre l'oubli...
(29) Pline dit: (1. c., cap. xx) « Le plus grand prix de l'ivresse, c’est l'oubli
PU SYSTÈME NERVEUX
a bière (30), la faim (31), l'usage des jignons, de l'ail, du raifort (32), le oit (33), l'enfantement (34), la fatigue 35), la vie sédentaire (36), le repos (37),
le toute chose, et la mort de la mémoire. »
(50) Savez-vous d’où la bière tire son om cerevisia? C'est de ce qu’elle porte \u cerveau.
(51) Gallien, 1. ©. — Zacut. Lusit.,
Prax. mirab., lib. n, hist. 43.
(32) C'est ce que disent Forestus, lib.
«, obs. 52, et Wedel, L. c., p. 8. Mais és Juifs de la Lithuanie qui se nourrissent presque exclusivement de cela, et qui néanmoins parlent ordinairement trois ou quatre langues, prouvent lé conraire.
(35) C’est à juste titre qu’il est regardé -ommie une peste de l'esprit, et rangé jarmi les principaux ennemis des hommes studieux par Marsilius Ficinus (lib.
De studiosor. valetud. tuenda, c. vi).
Roderie de Castre (Tract. de affect. muier., lib. 1, c. xv) et Gilgius (Diss. de memoriæ Jæs. ex nim. vencris usu riunda. Altdorf., 1691).
(54) J. L. Hannemann, De memoriæ mbecillis cura in puerpera.. Miscell.
cad. nat. cur., dec. 1, a. 4, 1685, p.
128. — Capuron, Cours théorique et pralique d'accouchement, p. 38. « Madame Fl..., âgée de vingt ans, éprouve à l'issue d’une première couche très-douloureuse, une vive affection morale qui entraîna une syncope fort prolongée. Revenue à elle au bout de trois jours, cette dame ne se rappelait aucunement être récemment accouchée. Cette amnésie persista endant plusieurs mois. » Villermay, 6 À
(35) « Mirum dictu est quantum nox interposita adferat firmitatis, sive quiescit labor ille, cujus sibi ipsa fatigatio obstabat, sive maturatur ac coquitur, seu firmissima ejus pars est recordatio.
Quæ statim referri non poterant, contexuntur postero die, confirmatque memoriam idem illud tempus quod esse in causa solet oblivionis, » Quintilian, Inst.
orat., libr. x1, €. n.
(36) Rolfink, in Med. medend. spec.
coram., lib. 1, sect, 11, €. Lui.
(37) C'est ce qui a fait dire à Caton l’ancien : « Otium imminait memoriam +»
et à Sénèque « Memoria nil perdidit, nisi quod sæpe non respicit. »
les veillées (38), la crainte (39), la terreur (40), la colère (41), la joie (42), les poisons (43), surtout les narcotiques (44), les philtres (45), les purgatifs (46), la saignée (47), les affections de l’abdomen (48), surtout les hémorrhoïdes (49), les anomalies dans la menstruation (50), surtout les maladies antécédentes, comme les
(38) De là le proverbe : « Studeo, studui, habet in supino stultum. » Voyez Schenk, obs., lib. No. 130.
(39) Cælius Aurel. raconte que des soldats cffrayés par une trombe, oublièrent tout ce qu'ils savaient auparavant, c. v, lib. v. Voyez Marcellus Donatus, lib. 1, c. xui, p. 285. Des examens académiques prouvent aussi fréquemment la même chose.
(40) On rapporte que le grammarien Artemidore ayant vu tout-à-coup un crocodile, oublia ses lettres.—Schenk, I. e.
— Ch. F. Paullini, Memoria abolita ex terrore et frigore. Miscell. acad. nat. cur., dec. n, a. 5, 1686, append., p. 63. — J.
G. Bœtticher, Gravis memoriæ læsio, ex vehementi terrore, feliciter sublata.
Acta acad. nat, eur., vol, vi, p. 154.
(1) Villermay dans Dictionnaire, etc., P- 316. R
(42) Villermay, ibid.
(45) Friderici (1. c.) rappelle le cas de Bamba, roi des Goths. L’arsenic en particulicr est accusé dans Baldinger, Neuem Magazin 11,B,.
(44) P. ex. Ïla ciguë, d’après les observations de Plater {Obs., lib. à, p. 5) et de Pouteau (OEuvres posthumes, t. 1). Chez lesenfants la mémoire est facilement détruite par les remèdes qu'on leur donne pour les faire dormir.
(45) R. Lentilius, Paralysis et oblivio a philtro. Miscell, acad, nat, cur., dec.
(46) Salmuth, c. 11, obs. 45. — Paullini, Lanx sat. D. V., obs. 92,
(47) P. Rommel, Loquelæ, memoriæ et rationis imbecillitas a venæ sectione.
Miscell. acad. nat. cur., dec, u, ann. 5, 1686, p. 280.
(48) Conseils de quelques italiens, cons. 18. , de
(49) Primitiæ physico-medicæ, vol.
TE
(50) Bartholin dans Act. Hafn., t. 11, obs, 78,
fièvres{51), surtout les pestilentielles(52), les céphalées(53), l’encéphalite (54), l’hydrocéphale (55), l'apoplexie (56), le cataphora (57), l'hypochondrie (58), la manie (59), l’épilepsie (60), la colique (61), le choléra (62), et autres (63). On peut chercher la cause prochaine de lamnésie,
(51) Paullini, eent. 1v, obs. 79. — Juch, Diss. sisitens cas. de singul. imbecill. ex febre maligna. Erf., 4751.—J'ai observé après le typhus de Vilna, en 1806, une amnésie parfaite, chez un homme de quarante ans, « On les a surtout remarqués (les phénomènes de l’amnésie) dans les maladies qui ont fait périr un si grand nombre de Français à Wilna, après le désastre de Moscou : chez la plupart des soldats qui échappèrent, la mémoire était presque entièrement perdue, » Villermay, 1. c. Voyez Gasc, Histoire de l’épidémie de Wilna. Paris,
(52) Thucydides, lib. rr, De bello Peloponensi., — Diodore de Sicile, lib. xrr.
— Hippocrates, lib. nr, epidem. — Schenk, 1. c., obs. 132. — Zacut. Lusitan., !. c., hist, 44.
(53) Cap. ni, $ 11, 4, et Forestus, lib.
x, Obs. 65.
(54) Cap. ni, SK 17, 5.
(55) Cap. 1v, $ 22, 4 (88).
(56) Cap. v, $ 25, 2 (56, 37).—Plater, obs. 16. — Forestus, lib. x, obs. 4, 32.
Journal général de médecine, t. xx, 1764, +
(57) Ephem. nat. cur., dec. 111, ann.
9 et 10, obs. 124. — Blancard, Collect.
med. phys., cent. 1v, No. 85, et cap. vi, S 31 (52).
(58) Cap. xvu, $ 76, No. 4. — Plater, lib. 1, obs. 4.
(59) Cap. xxv..
(60) Galenus,-hib. in, De loc. äffect., c. 6, et l'expérience de tous les jours.
(61) Vater, Diss. de memoriæ læsione ‘ex colica spasmodiea: Wittemb., 1722.— F. J. Double, Observation sur une co- .Jique néphritique spasmodique, remar-
quable par un symptôme insolite, la perte de la mémoire dont cette colique a été suivie.—Sédillot, Recueil périodique de la‘ société de médecine de Paris, t.
XXXIX, p. 264.
(62) J.-G. Hovyer, De hemiplexia cum aphonia et totali rerum omuium oblivione, à cholera triduana feliciter curata. Ephem, acad. nat. cur., cent. 5 et
Ps Be HUE:
(53) A. Vega, De arte mederd., lib, ui, ©. 10. — Benivenius, De abditis morborurn çausis.
MALADIES
tantôt dans la faiblesse (64), tantôt dans une pléthore comprimant le cerveau. Au:
trefois on la cherchait dans le défaut de chaleur (65), ou dans l'humidité du cerveau (66), ou même dans des vices toutà-fait opposés. Ces hypothèses doivent être rappelées parce qu’elles ont exercé une influence sur la pratique.
$ IT. Diagnostic Pronostic. Traitement.
1. Diagnostic. — La marche que l'on a suivie pour distinguer le caractère de l’a: poplexie et des cataphora, sert aussi pout l’amnésie. On doit chercher quelle par:
il faut attribuer, dans la production de cetile maladie, aux causes traumatiques aux diathèses inflammatoire , rhumatis:
male, arthritique, gastrique, atonique et nerveuse,
2. Pronostic.—Mais quel que soit le caractère de l’amnésie, il ne faut pas en négliger les plus petits signes qui annoncent son arrivée. Lorsqu'ils ne sont pas les avant-coureurs de quelque grave affection ,ils constituent par eux-mêmes uné maladie digne dé toute notre commiséra:
tion (1). L’oubli des injures est le seui qu'on doive louer. Les maux plus grands que l'amnésie annonce ordinairement sont l’apoplexie (2) etl'épilepsie (3). L’amné:
ES
(64) Groote dans Hufeland’s Journ, der pr. Heilk., 1824, Mai, p. 124.
(65) « Il est mème juste, dit Galien, que la fatuité et la perte de mémoire viennent du refroidissement da cerveau :
(L.c, chap. 5). — Paul Ægineta (lib. nr c. 2) et Forestus (lib. x, obs. 23) sont dé l'avis de Galien. |
(66) Antipho n’a donc plus de souve:
nir? La mémoire est-elle donc si humide? (Cæcil. dans Epicler.).
(1) De même que les exemples d’'hom:
mes doués d’une étonnante mémoire:
rapportés par Crichton (1. c., p. 205) e:
Caucellierius (1. c.), excitent en nous une légitime envie, de même les exemple:
de la perte de cette faculté, qui, à juste titre, a été déclarée la source de la sa:
gesse el la mère des sciences, décrits pat Bonet (Medic. septentr., lib. r, sect. 9.
c. 2) et Boerhaave (Prælect. ac. in inst med. ex ed. Haller, vol. 1v, p. 465), nou: arrachent des larmes, surtout si ce:
exemples ont lieu chez des hommes ins:
iruits.
(2) Chap. v, $ xxv, 1.
(5) « Si chez un homme sain d’ail:
DU SYSTÈME NERVEUX
sie qui se présénte avec de la fièvre (4), - un léger délire (5), ou de la diarrhée (6), est ordinairement moins grave. C’est tout le contraire lorsque l'oubli est l'effet de la vieillesse, des fièvres (7), d’une apoplexie ou d’une épilepsie in vétérées.
3. Traitement. — On fortifie la mémoire en l'exerçant (8), en écrivant (9), par le secours mutuel des sens (10), et par d’autres règles données par ceux qui ont écrit sur la mémoire artificielle ou l'art mnémonique (11). Cependant il ne
leurs, la mémoire.vient à faillir tout-àcoup, il est à craindre qu'il ne survienne une épilepsie, ou une sidération , ou une résolution, ou quelqu’autre affection du cerveau, » Ætius, L. c.
(4) Mœbius (Institut., p. 400) prouve, d’après les observations de Weber (Obs.
med., fasc. 11, p. 67), qu'une fièvre arthritique a guéri de l’amnésie.
(5) Mœbius, I. c.
(6) Dodoenæus (Obs., cap. 47) donne un exemple d'amnésie dissipée par une diarrhée.
(7) Cependant le malade dont nous avons parlé plus haut {$ præc. (51)), a guéri.
(8) « Comme le bienfait de la mémoire est très-grand, on doit chercher à le-conserver et à s’en servir ; si l’on agit différemment , il arrive comme pour les priviléges, on la perd en ne s’en servant pas. » Wedel.
(9) Bacon atteste que l'habitude d’écrire est un grand moyen pour aider la mémoire (lib. v, de augment. scient., #5).
(10) Les vers que nous tâchons de confier à notre rémoire, ne doivent pas seulement être lus, mais récités, afin que la vue soit soutenue par l’ouie.
(41) Cet art, découvert Simonide de Cos et perfectionné par Métrodore le sceptique, a été développé dans les cuvrages suivants : Matthæolus, De memoia augeuda per regulas et medicin., 4486.— Perusinus, Artis memorativæ s.
de præceptis artificial. etregulis med. ad augend. memor. tractat, Argent., 1498.
— Ryff, De memoria artific. opusc. Argent., 1541. — Blondus, Libell. de memor, Venet., 1545. — Rogani, De memoria reparanda, augenda, servanda. Rome, 1558. — Monsleo, Artificium memoriæ. Ncap., 1567, — Menzinger, De memoria confirm. præcepta. Argent., 1568.
— Rosellius, Tliesaur, artificios. memoriæ. Venet., 1579. Discours pour conser= ver et augmenter la mémoire. Lyon, 4586.— Ravennati, Phœnix s, artificiosa
Frank. tou, 14,
faut pas d'excès. Selon les circonstances, nous employons comme moyens physiques , contre l’affaiblissement de la mcmoire , les saignées (12), les ventouses scarifiées (13), les vésicatoires (14) , les cautères (15), les sétons (16) , le cautère actuel (17), les lotions (18) et les onc=
memoria. Vincent., 4600. —- Bruxii,. Simonides redivivus, seu ars memoriæ et oblivionis. Lips., 1610. — Meyssoneri Pentagonum philosophico-medicum, seu ars novæ reminiscent. Lugd., 4639. — Schenkel , Ars memorandi.— Willisius, De memoria naturali fovenda, in collect.
de arte memoriæ. Lips., 1674. — Joh.
Cph. Freyh. v. Aretin system. Anleit. z.
Theorie und Prax. der Moemonik. Mit 3 Kupfern. Münch., 14810, 8. Cfr. Hervieux, l'Art d'élever les serins, p. 361.
(”) Bacon (1. c.) dit de la mémoire ar-tificielle , qu’elle peut être perfectionnée jusqu’à produire des prodiges et des mere veilles, mais qu’elle est semblable à l’agilité des funambules et au jeu des acteurs; car ce sont à peu près les mêmes choses. Les uns abusent de la force de leur corps, et les autres des forces de leur . âme; ils peuvent bien exciter notre surprise, mais ils ont peu de dignité.
(12) Les anciens pensant que l’amnés'e provenait du défaut de chaleur du cerveau, proscrivirent, d'après cette hypothèse , la saignée. On doit cependart l’'employer, si l’oubli annonce une apca plexie chez les pléthoriques.
(15) Solenander, Consil. med., p. 126, On les applique à. l’occiput, entre les épaules, aux bras et à la surface interne des cuisses.
(14) On à coutume de les placer der rière les oreilles.
(15) À la base du crâne. C’est ainsi que fut traité le malade dont nous avons purl:
plus haut (cap. v, $ xxv, 2 (56)), et qui guérit entièrement.
(16) Rolfink, Method. med, spec. com., Hb..iv, seat. 54 PE ©...
(47) Severin, Pyrotechn. chir., lib. Is P. 1,6. 10:
(18) Wedel avait coutume de faire La ver la tête avec une décoction de marjo.
laine, de mélisse, de feuilles de laurier, dans du vin. On a célébré la lessive de sagesse de Mynsichtius, composée de sommités de lavande, des fleurs de roses, de romarin, de racine d'iris de Florence, coupées ct renfermées dans un sachet de toile, et infusées dans une lessive, pen dant une heure ou deux, avant de laver la tête. Lorsqu'il n’y a pas de vice arthrit'que où rhumatismal, on peut employer
tions sur la tête (19), les cucuphes (20), es apophlezmatismes (21), les aromates (22) , les bains (23), les lavements (24), les eccoprotiques (2b), les émétiques (26), les racines d'acorus calamus (27), la pyrètre (28), le dracocéphale de Moldavie (29), la marjolaine (30), la rue (81), la