‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 62 sur 261 · CHAPITRE xx. — De l'ennui de la vie et du suicide · texte numérisé non relu

CHAPITRE xx. — De l'ennui de la vie et du suicide

$ EL. Definition. Bibliographie.

1. Définition. — La privation du plaisir qui nait de la conscience de notre propre existence sans espoir ou volonté de le recouvrer , souvent avec pen-

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à quelque exercice louable, l'esprit n’est pas assiégé par des pensées vagabondes. » Quevara, Op. e., lib. 11, €. 12.

(14) Forestus, EL. c.

(15) Par exemple de la poudre de placenta bumain mélée avec de l'essence d’artemise, de mélisse ou de safran (Michaël dans Annot. ad chimiam in artis formam redactam). On proposait comme amulette de l’ordure de l’amante dans un soulier de l’amant, d’où Ovide a dit :

« Illa tuas redolent Phineo medicamina mensas, Non semel est stomacho nausea facta meo. »

(16) Manual. pract.

(17) Promptuar. mat. med.

(18) Plutarch. in Symposiac. probl. — Aussi Ovide à dit :

« Uülius sumes acuentes lumiua rutas, »

(19) Sennert, 1. c.

(20) Faschius, L c.

(21) Cratès le Thébain traite de la manière suivante ceux qui souffrent de l’amour : « Amori, inquit, medetur fames; sin aliter tempus, quod si nec his uti possis , laqueus. » Un poète italien recommande contre la même maladie :

« Poco pane, molt” acqua e bastonate, »

chant à sa propre destruction, est appelé ennui de la vie (1).

2. Auteurs. — Ceux qui ont écrit sur l'ennui de la vie et sur le suicide, outre les auteurs de dissertations inaugurales (2), et de commentaires académiques (3), sont: Camper (4), Avenbrugger

« (1) Mélancholie anglaise de Sauvages, Misopsychia de Swediaur (du grec Muoeiv, hair, et Yvyn. la vie). Allemand, Ueberdruss des Lebens, Selbstvernichtungswuth; français, désir du suicide, monomanic homicide ; anglais, Weariness of life ; polonais, obrzydzenie zycia.

(2) Robeck, Exercitatio de morte voluntaria. Marb., 1755. — Posner, Diss.

EL Tâs adroyetpias. Jen., 1657.— Weisen, Diss, mept avroyetpias. Giess., 1668.

— Hoffmann, Diss. de adroyeoiz Hall. , AGS1. — Fasch, Diss. de autochiria. Jen., 4681. — Rœhrensee, Diss. de autochiria subtili. Wittemb:, 1702. — Wizleben, Diss. de autochiria. Lips., 4702, — Slevogt, Pr. de autochiria medica in gen.

Jen., 1707. Diss. avroyeistas med. nonnulla specim. Jen., 1708.—Grosser, Diss.

de hom, suæm. vit. destruct. Erf., 1727.

— Alberti, Diss. de autochiria litteratorum. Hal., 1727. Diss. de autochiria occulta. Hal., 1744. — Strecker, Diss. da vitæ ac necis jure circa se ipsum. Erf., 4755. — Groddeck , Coniment. de morte voluntaria ab ordine Theolog. præmio ornata Gœtt., 1785. — Gruner, Diss. de suicidio in foro med. non semper culp.

Jen., 1792. Diss. de suicidii notis in foro fere dub. Jen., 4793. Programmala de imputat. suicidii dubia. casu singularti illustr, Jen., 1797.-—- Immisch, Diss. suicidium dubium casu singulari illusiratum. Jen., 1808.

(3) A. Læœw, Autochiria ex delirio me- Jancholico. Miscell. acad. nat. cur., dec.

11, à. 8, 1689, p. 282. — J.-Il. Fürstenau, Autochiriæ singularia. Acta acad.

nat. cur., vol. vi, p.572.—J.-A., Gœritz, De autochiria quater tentata, Ibid., vol.

IV, p.225.—S. Ledel, Tristissimum melancholiæ fatum, infantem et se ipsam occidentis. Miscell. acad. nat. cur., dec.

1, a. 10, 1692, p. 50. —N. Ackermann, Frivillig. svælt-dœd. Svenska Lækare Sæli$kK,, Handl., R.2, 42,3, p.117. — G. Parkmann, Du suicide dans Sédillot, Rec. périod. de la Soc. de méd. de Paris, t. LxIV (série 2, t. 11), p. 576 (Ex Lond.

med. phys. Journal, No 234). — Fuchs, Anatome laqueo voluntarie suffueati.

Nova act. acad, nat.çur., vol, vi, p. 264 et 267. — L,-D. Le Roy, Geneeskundige

(5), Elvert (6), Muller (7), Bischoff (8), Rowley (9), Osiander (10), Staël Holstein (11), Schulz (12), Chevrey (13), Esquirol (14), Falret (15), Grohmann (16), Hinz (17), Casper (18), Schlegel

Waarneemiingen over het beteugelen van den lust tot zelfmoord. Verhandel.

van. het Genootsch.—Te Antwerp.,Deel1, BI. 250. Observations médicales sur la guérison du penchant au suicide, suivant la méthode d'Avenbrugger dans Graperon, Bulletin des sciences médicales, t.

at, p. 498. —— Py, Sur le suicide dans les Annales de la société de médecine pratique de Montpellier, t. xxxvu, p. 35, 149, 172.

(4) Gedagten over de Kindermoord en Zelfmoord. Leuwaarden, 1774.

(5) Von der stillen Wuth oder dem Triebe zum Selbstmorde. Dessau , 1785.

(6) Ueber den Selbstmord in Bezug auf gerichtliche Arzneykunde. Tübing., 1794.

(7) Selbstmord, nach medicinischen und moralischen Ursachen hetrachtet, Frankf., 1796.

(8) Versuch über den freiwilligen Tod, Nürnb., 1797.

(9) Treatise on madness and suicide.

Lond., 1804.

(10) Ueber den Selbstmord. Hannov., (11) Réflexions sur le suicide, 1515.

(12) Der natürliche Selbstmord, eine psychologische Abhandlung. Berlin,

(13) Essai médical sur le suicide. Paris , 181$.

(14) Dictionnaire des sciences méd., t.

LHI, p. 213—9283. Note sur la monomanie. Paris, 1827.

(15) De l'hypochondrie et du suicide.

Paris, 1821.

(16) Vorschlag zu einer vergleichenden Liste der Selbstmærder. — Hufeland, Journal der pr. Heilk., 1823, Aug, , p. 79. ;

(17) Fragmente über den Tod des Erhængens. — Henke, Zeitschrift für die Staatsarzneykunde, 4 Jahrg., 1824, 1, Vierteljahrheft, p. 116.

(18) Der Selbstmord und seine Zunahe me in unserer Zeit; dans Beytræge zur med. S'atistik und Staatsarneyk, Borlin,

MALADIES

(19), Heyfelder (20), Piantanida (21) et autres (22).

SIL. Symptômes. Neécroscopie. Causes,

1. Symptômes. — La haine de la vie est précédée souvent de l’ennui simple (1). Celui qui est affecté de cette maladie est agité par une inquiétude continuelle; des bäillements fréquents viennent suspendre la respiration ; il étend convulsivement les bras, il est continuellement forcé de changer de place, il ne peut fixer ses yeux sur aucun objet , et son esprit sur aucune idée; il rejette également le repos et le travail, en un mot il sent un vide qu’il ne peut remplir d'aucune facon. Beaucoup de ces malades, par haine pour les hommes (2), fuient les villes et les sociétés, les abhorrent, et préfèrent passer une vie solitaire dans les lieux déserts, dans les montagnes et les forêts. D'autres, languissants, tristes, ennuyés de tous les remèdes, arrangent leurs affaires, écrivent leur testament, font leurs adieux à leurs amis par des lettres qu’on doit leur remettre plus tard, etenfin ne craignent pas de trancher violemment le fil de leurs jours, tout faible et court que la nature le leur a fait (3).

Tantôt ils se plongent une épée dans la poitrine, tantôt ils se jettent dans des fleuves rapides , ou ils prennent secrètement un poison qui ronge les viscères et leurs humeurs, se pendent , se brülent la cervelle, ou refusent des aliments (4).

(19) Ueber den Selbstmord überhaupt und mebrere Fælle desselben insbesondere. — Henke, 1. e., Jahrg., 4827, Heft 5, No. 12. Ergænzungsband 7, No. 4, B.

8, No. 8.

(20) Der Selbstmord in arzneylicher und med. polizeilicher Beziehung. Berliu, 1828.

(21) Del suicidio. Milano, 1898,

(22) Nous les citerons au chapitre des manies.

(4) Il est très-bien décrit par l'illustre miss Edgworth dans le roman intitulé :

L'ennui.

(2) Apanthropia de Swediaur du grec & privat, et &vÜpwros, homme. Aversion pour la société des hommes. Allemand , Menschenhass.

(5) « Mille modis morimur mortales, nascimur uno, Una via est vilæ , moriendi mille figursæe. »

(4) Freywilliger Hungertod von dem Verhungerten selbst beschrieben. — Hu:

feland’s Journ, der pr. Heilk., 1819, Morz., p. 95.

DU SYSTÈME

Tantôt ils cherchent de l’éclat , tantôt ils veulent disparaître sans laisser de traces (5)-

2. Néeroscopie. — Les cadavres de ceux qui périssent ainsi présentent, outre les lésions qui dépendent du genre de mort qu'ils ont choisi, un crâne qui diffère à peine de l’état normal (6), des dilatations des vaisseaux sanguins de la dure-mère (7), un corps calleux plus mou que de coutume (8), un os de la longueur d’un pouce et de la largeur de trois lignes, dans une fosse situéeau-dessus du ventricule droit du cerveau (9), des vices du cœur et des inflammations chroniques des intestins (10), le colon situé plus basque dans l'état normal (11), des concrétions biliaires dans la vésicule du fiel 2), et souvent rien de morbide qui puisse tomber sous les sens (13).

3. Causes. — El faut chercher les causes de l'ennui de la vie et surtout du sui-

ro,

(5) « Quelques suicidés cherchent à dérober jusqu'aux traces de leur mort, tandis que d’autres se tuent avec éclat. »

Esquirol, I. c.

(6) « M. Gall pense que le crâne des suicidésest épais, dense : je possède dans ma collection beaucoup des crânes qui démentent cette opinion. » Esquirol, 1. c.

(1) Home, Observations on the functions of brain. Read the 26 Mai, 1824.

Philosoph. transact., p.255—257, — Fréjau, Traité des émissions sanguines.

(8) Loder’s Journ. f. d. Chir., 4B., 1 St., p: 162; 167.

(9) Merkwürdige, nach dem Tode entdeckte, Ursache einer Schwermuih, welche mit dem Selbstmorde endigte, dans Hufeland’'s u. Himly’s Journ. der pr.

Heilk., 18143, April, p. 51. Un exemple semblable se trouve dans le même journal, ann. 1812, April.

(10) Osiander, 1. e. Cfr. Rust’s Magaz.

der gesammten Heilk., B. 18, p. 466.

(44) Annalen für die gesammte Ileilk., unter der Redaction der Mitglieder der Grossherzogl. Badischen Sanitæts-Commission, 4 Jahrg., 1824, Heft 1, p. 142.

(12) Fourcroy, Discours prononcé à la séance de l'Ecole de médecine de Paris du 95 vendémiaire, ann. IX.

(13) J'ai ouvert le cadavre d’un homme qui avait été son propre bourreau; et j'ai trouvé tous les viscères en bon état.

Esquirol dit Ia même chose (Dict., 1. c., P: 270).

cide : dans une éducation dépravée (14) »

dans la trop grande civilisation des peu ; ples (15), dans Île fanatisme politique (16) et militaire (17), dans la lecture des livres d’une fausse philosophie (18) et des romans (19), dans la vanité de l'âme lorsque tous Îles vœux sont remplis (20), dans la solitude{2?1),dans les occupations ennuyeuses (22), dans Île mauvais exem-

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