Jahrg. Heft
(39) Diss. de delirii trementis pathologia. Lips., 4826.
(40) Diss. observationes de morbo qui délirium tremens vocatur. Rostoch. ,
(41) Dans Heidelberger klinischen Ans nalen, B. 3, Heft 4.
(42) Diss. de natura delirii trementis, Reégiom., 1827.
(") Diss. quædam de ebrietate ejusque causis. Berol, 1827,
Berol. ;
DU SYSTÈME NERVEUX
Henke (43), W. Elvert (44), R. Macnish 5), Wittcke (46), G. Backhausen (41), Schirlitz (48), A. de Moulon (49), Lenz (50), Ryan (51), Pauli (52), Junghanel (53), P. Schmidt (*).
SIT. Symptômes. Nécroscopie. Causes,
* 1. Symptômes.—Dans la première pé- Tiode de l’ivrésse, on observe la gaîté, l'absence des soucis, la joie, le sentiment du plaisir et d'un agréable ver-
tige, des yeux brillants, une figure res-
plendissante, du bavardage, la rougeur de la peau, la transpiration augmentée, la soif avec des efforts fréquents d’urinér, accompagnés de soulagement, un pouls plein et fort. Mais bientôt le vertige augmente, il y a tintement des oreilles, une vue double, et les idées n'ont plus de liaison et se succèdent les unes aux autres dans le plus grand désordre, sans être soumises à l'empire de la volonté. Alors chacun découvre avec candeur et sincérité et sans dissimulation ses mœurs et son caractère, d’où l’adage : zn vino veritas. En effet, l'homme colère s’irrite, frappe et mord; l'homme passionné soupire, embrasse ; le sot se met à rire, et fatigue de ses présents ceux qui n’en veulent pas; l'homme triste verse des larmes et parle de
oo
(43) Dans Zeitschrift fur Staatsarzneykunde. 8, Ergænzungsheft , 1827, No, 7. Dumême.
(44) Medicinische Beobachtungen, nebst Bemerkungen übereinige besondere Ieilmethoden. Hildesheim, 4827.
(45) The anatomy of drunkenness.
Glasgow, 1827.
(46) Dans Hufeland, 1. c., 4898, April.
(47) Beobachtungen über den Sæuferwabhnsinn oder das delirium tremens. Bremen, 1828.
(48) Rust, Magazin. B. 28, 1829, Heft3.
(49) Delirium tremens potatorum methodus cognoscendi et medendi. Patavii,
(50) Ueber Trunksucht.—:Rust, Magazin. B., 29. 1829. Heft 1, p. 125.
(51) Gerson’s Magaz. der ausl. Literat.
der Heïlk. 4829, Sept. Oct., p. 515.
(52) Rast, 1. c., B. 30, Heft 5, p. 387.
(53) Neue Zeitschrift für Natur - und Heilk. Dresden. B. 1, Heft 4, p.114.
(‘) Beitræge zu e. Monographie üb. d.
delirium tremens in Mittheilungen aus dem Gebiete d, gesammt. Heilk, Hamb., 1350, B, 1.
la religion et de la mort ; d’autres ont d’autres hallucinations (1), jusqu’à ce que leurs forces étant épuisées ils commencent à balbutier (2) ; puis leur face devient pâle, leur crachat tenace ; ils ont des vomissements, l’oflice des sphincters est aboli, les membres tremblent, le corps vacille et la fièvre s'allume. Cette abominable scène se termine par un somineil profond (3) qui se prolonge souvent pendant vingt-quatre heures et audelà, quelquefois par des convulsions (5), l’apoplexie (6) ou la mort (7). Lorsque l’ivrognerie doit provoquer le délirium tremens, le malade se plaint d’abord de faiblesse, d’anorexie, d’un poids à l’épigastre, d’une tension de l’hypochondre droit, de rapports, de douleur de tête, de tintement d'oreilles, d'anxiété et d'inquiétude. Il change continuellement de position, sa manière d’être présente quelque chose d’inaccoutumé.
Parfois il désire, d’autres fois il repousse l'alcool. Quelquefois il est affecté de diarrhée, d’hémorrhoïdes , ou d'hématurie. Mais il est surtout tourmenté par l’insomnie et des songes terribles. Les yeux sont d’un rouge pâle ou jaune, la pupille est contractée (*), la langue est recouverte d’un mucus jaune, et tremblante. De plus, la mâchoire inférieure tremble ainsi que les extrémités, surtout les mains et les pieds, quand le malade est assis. Ce tremblement, joint aux
(4) Ainsi Plater rapporte (Obs., lib. 7, p. 37) qu'un homme ivre, voyant l'éclat de la lune sur la place publique, crut voir
un fleuve profond dans lequel il pouvait
nager, et, dans cette idée, quitta ses habits, etc. Voy. Prosp. Alpin, Med. Ægypt., hb. av, c. 2, p. 122: ME
Ut Their feeble tongues, Unable to take up the cumberous word, Lie quite dissoly’d. Before their maudlin eyes, Seen dim and blue, the double tapers dance Like the sun wading the misiy sky.
Tuaoxp:sox.
(3) Cap. vi.
(4) Galien, Henri Ab Heeret Darwin disent avec raison, en parlant de l'ivresse habituelle, qu’elle n’est pas entièrement dissipée avant le lendemain à l'heure à peu près où elle a été contractée.
(b) Perry dans Journal de médecine,
(6) Cap. v, $ 26.
(7) Ephem. nat. cur., dec., I, âñn.5, obs. 315; ann. 4 et 5, obs. 47.
(*) London medical gazette. No. 5. — Froriep, Notizen, B., 21, No, 12, p. 192,
soubresauts des tendons, empêche l’exploration du pouls. Celui-ci est tantôt normal, tantôt plus fréquent, le plus souvent mou, irrégulier et vacillant.
Chez plusieurs on rencontre l'épistaxis, et chez quelques-uns la vibration des carotides, ainsi que des hoquets et de l’éclampsie. Lorsque la maladie fait des progrès, l’insomnie, l’anxiété et le tremblement augmentent ; les sens, surtout la vue, éprouvent des hallucinations. Jour et nuit le malade parcourt sa chambre ou même toute la maison, et veut sortir dans le but de s'occuper de ses affaires ; du reste, il se laisse retenir sans violence. [1 parle sans suite ; parfois il aperçoit les objets renversés, et plus souvent il croit voir des spectres. des voleurs, des rats, des chats, des corbeaux, des scarabées, des mouches, des araignées ou leurs toiles, ou il croit entendre des oiseaux gazouiller, ou s’imagine avoir des enfants dans son ventre. A l'apparition d'une sueur continue, froide, visqueuse , ces phénomènes tantôt diminuent, tantôt augmentent de violence. Dans le premier cas, le malade s'aperçoit de son hallucination, et en rit lui-même ; dans le second, il cherche à mordre ses propres mains, les approche de ses parties génitales, mais ne cherche pas du tout à attaquer les assistants qu’il ne cesse presque jamais de méconnaitre. En général, la mémoire parait dérangée, et le malade manifesle avec une grande volubilité ses désirs. Tantôt la maladie se termine dans l'espace d’une semaine ; tantôt elle se prolonge jusqu'à irois mois (8). Nous ne l'avons jamais vue durer si long-temps.
2. Necroscopie. — On rapporte que les cadavres des ivrognes ont off:rt une dilatation de l'estomac (9), une distension des vaisseaux du cerveau(10),de l'air dans ces vaisseaux (11),et dans les ventriœules une sérosité ayant l'odeur du vin (12) ou de l'alcool (13). Ceux qui sont morts du delirium tremens nous ont offert à nous et à d’autres (14), sinon toujours
ee — = Fe — — ————
(8) Backhausen, 1. c.
(9) Ephemer. nat. cur, , cent. x, obs.
(10) Weber, Obs. med., Fasc. 2.
(11) Müller, Einleitung zu dem Entwurfe einer neuen Methode. Frf., 1704, p.162.
(12) Wepfer, Obs., p. 7.
(13) Schrader, Obs. anat. med.
.. (44) Andreæ , 1, ç. — Romberg dans
MALADIES
une inflammation des méninges, du cerveauXet du cervelet, au moins un épanchement copieux de sérosité, surtout à la base du crâne. On a noté, dans certains cas, du sang épanché, comme dans l’apoplexie, dans différentes parties &e l'encéphale (15), une sérosité abondan-
te non-seulement dans le crâne, mais
aussi dins le conduit rachidien (16), la dure-mère enflammée (17) et les sinus remplis de sang (18); l’arachnoïde rouge (19), le cœur emphysémateux (20), le foie développé (21). Quelques auteurs soutiennent que le sang contient, dans ce cas, de l'alcool (22).
3. Causes. — L'ivresse est produite par les vins vieux, sans acidité, peu diurétiques, contenant du gaz acide carbonique, chargés de soufre ou d’ambre (23), par l'alcool joint à des aromates , à la moutarde, au laurier cerise, par les:
boissons fermentées qu’on fait avec des:
fraits, le miel (24), oule lait (25), par la bière double, ou faiteavec des poisons:
narcotiques, comme l’ellébore blanc, le:
lycoperdon bovista, leledum palustre, la jusquiame, l’ivraie, par l’eau chargée de:
gaz acide carbonique (26). Il n’est pas:
Zeitschrift für psychische Aerzte. 1822.
Heft 1.
(15) Ebermaier, L. c.
(16) Rust, Magazin., B. 21. Heft 2, ps:
(47) Schirlitz, 1. c., p. 542.
(18) Backbausen, I. ce.
(19) Backhausen, I. c.
(20) Nasse, Leichenœtffnungen zur Diag.
nostik und pathologischen Anatomie.. Bonn, 1821. Erste Reihe.
(21) Andreæ, |. c.
(22) Wasserfuhr dans Rust’s Magazin.
B. 27, Heft 2, p. 298. — Segala dans Ger-.
son’s Magazin der auslænd. Liter. der:
gesammt. Heilk., 1826, Mai. Jun., p. 488.
(23) Matthiol. ad Dioscoridem, lib. r, Cap. XX.
(24) Les Lithuaniens, surtout les habi-.
tants de la ville de Kowno, préparent, avec le miel des abeilles nourries de fleurs du tilleal, une liqueur nommée lipiec, qui est égale au vin de Hongrie, et qui, lorsqu'elle est vieille, est trèsenivrante.
(35) Sennert, Prax., lib. 1v, P. 11, De inf, morb. Sas
(26) Ovide (lib. xv, Metamorph.) dit du fleuve de Lynceste :
«Hunc quicuique parum moderato gutlure traxit, Haud aliter titubat ac si mera vina bibisset, »
Voy. Pline (Hist. nat., lib. n, c. 405}, et les effets de notre eau de Seltz.
DU SYSTÈME NERVEUX
nécessaire que foules ces choses soient bues : l'ivresse résulte aussi de leur emploi, sous forme de vapeur, de bain, de fomentation (27), de lavement (28).
L'action prolongée des causes, mais surfout l'usage de l’alcool (29), auxquels Se.joignent le chagrin, le désespoir, Ja colère, la jaiousie; en un mot les passions (30), les veilles (31), et une
mo
(27) Loubet, Traité des plaies d'armes à feu.
(28) Borel, Cent, r, obs. 56.— Paullini,
Cent. 111, obs. 8.
(29) Bien que je ne puisse approuver sans restriction les paroles d'Ifeineck (1. c., p. 6.): « Bemerkenswerth ist es, dass dieses Uebel nur bei Brantweintrinkern, nicht bei Weintrinkern bemerkt worden, » cependant je suis forcé d’avouer que le delirium tremens s’est présenté à moi en Lithuanie, où le peuple est adonné à la boisson de l'alcool, bien
lus fréquemment qu’en Autriche et en | HER HA où l’abus du vin est plus facile. Cela n’est point étonnant, si nous considérons que l'alcool agit sur le corps humain comme un poison (Orfila, Allgemeine Toxicologie oder Giftkunde, Nach dem Franzæsischen mit Anmerkungen begleitet von Hermbstædt. Berlin, 14819, p- 82). Je ne déterminerai point si l’alcool qu’on tire des pommes de terre à cause du principe azoté qu’il renferme ; est plus pernicieux que celui du froment (Rust's Repertorium, B, 47, Heft 2, p.
(30) Personné n’a manqué de faire attention à l'influence des passions dans la production du delirium tremens. Quant à moi, je Suis même d'avis que l'usage de l'alcool dans l'absence de ces passions ne pourrait guère produire le delirium tremens. Et quel homme est plus le jouet des passions que l’homme ivre, toujours soucieux ? Rarement la fortune lui sourit, bien qu’on la place parmi les causes de l'ivresse (Reid, On hypochondriacal and others nervous affections. Lond. ; 1816).
(31) Backausen , regardant l’insomnie comme un symptôme du delirium treraens ; blâme Kriebel de l’avoir rangée au nombre des causes de cette affection.
Pour moi, l’un ne me paraît point exciure l'autre. Eh quoi! de ce que les ictériques sont très-portés à se mettre en colère, il faudrait exclure la colère des causes de l'ictère? Chez les gens ivres comme chez les autres bomines , les mouvements de l'âme naissent des chagrins, des mouvements de l’âme naissent les insomnies,
Frank, Tom. ut.
constitution annuelle particulière (32), produisent le plus souvent le délirium tremens. Celle maladie attaque principalement les hommes (33), ceux d'un âge müûr (44)et ceux qui passent alternativement leur vie entre de rudes travaux et le repos (35), qui souffrent du tœænia (36), et qui descendent de parents adonnés au vin (37). ”
$ HIT. Diagnostic. Pronostic.
1. Diagnostic.— L'ivresse est souvent feinte par les voleurs et d’autres malfaiteurs ; elle peut être confondue avec l’apoplexie et d’autres espèces de délire.
La connaissance du genre de vie du malade, les soupçons des assistants, les vomissements et la nature des matières rejetées, la présence ou l'absence d'une haleine vineuse, aident ordinairement le diagnostic (1). Celui du delirium tre.
et des insomnies les maladies avec veilles,
(52) Gœden et Backausen ont fait ressortir avec raison l'influence de la con- Stitution annuelle sur le delirium tremens. En effet, le nombre des ivrognes est toujours considérable, et néanmoins cette affection ne se présentée qu'à certaines époques de l’année (quelquefois chez plusieurs à la fois), et je me souviens qu'elle se montrait à Vilna surtout au commencement du printemps.
(33) Le rapport qui existe entre le nombre d'hommes et celui des femmes affectés de delirium tremens est difficile à établir, puisque en général les femmes sont moins adonnées au vin. Cependant, bieu que j'aie vécu environné d’un grand nombre de femmes ivrognés, je me souviens à peine d’un seul cas où une d'elles ait été prise d’un véritable delirium tremens (mais me voici pris moi-même de la manie des explications! }). N'est-ce pointauxrègles toujours abondantés chez les femmes adonnées au vin que l’on doit attribuer cette immunité?
(54) Backausen n’a observéle delirium tremens que de trente à soixante ans.
Mes observations sont d'accord avec les siennes.
(55) Comme les maçons, les menuisiers, les matelots, les voituriers (Back hausen).
(56) Salvatori, 1. ce.
(37) «Thechildren of drunkards are ges nerally idiotic or born with evil propensions. » Burton, Anatomy of melanchols,
(41) Certainement pas toujours, sur-
mens se tire des hallucinations des sens, des tremblements et de l’insomnie. En effet, c'est par la réunion de ces symptômes que Th. Sutton a établi cette nouvelle maladie, de même que les médecins de l'antiquité, avec la couleur jaune de la peau, la blancheur des matières fécales et la propriété de teindre possédée par les urines, ont établi l'ictère. Mais un grand nombre de maladies bien différentes se cachent sous la forme de l’ictère, et il en est de même pourle delirium tremens. Malheur donc à ceux qui traitent les maladies d’après leurs noms! Pour obvier au mal qui peut en découler, les auteurs distingués se sont eflorcés, après que les maladies ont été définies par la réunion de quelques symptômes, de les subdiviser de nouveau en espèces (2). Qu'il en soit ainsi pour les maladies qui jouissent depuis long-temps du droit de cité! mais pourquoi perpétuer l'abus de définir comme espèces d’un seul et même genre des maladies tout-à-fait différentes? — Nous eroyons que le delirium tremens (je demande pardon pour ce nom absurde (3) ),
tout dansles hôpitaux, où souvent on apporie des malades inconnus ramassés sur la place publique. On appelle alors un jeune médecin endormi, et il prescrit souvent un vésicatoireet de l’arnica pour un homme qui, le-lendemain, quand le sommeil a triomphé de l'ivresse, se porte bien, vous remercie el s’en retourne chez lui. Voyez Henr. Ab Heer, Observ.
par Backhausen en aigu et en chronique, en idiopathique et symptomatique, en sthénique et en asthénique.
(5) Cette maladie serait mieux nommée : délire avec tremblement.
(4) Les noms de Phrenesie der Sæufer donnés par Albers, et Hirnentzündung der Sæufer par Andreæ au delirium tremens, nous montrent que l'encéphalite n’a point échappé à ces hommes illustres.
A cela se joignent les témoignages d’autres médecins, parmi lesquels j'attache beaucoup de poids à celui de Neumann (Rust, Magaz., B. 8, St. 2, p. 556); et de Berndt ( Rust. Repertorium, B. 15, Heft 1, p. 87). Et je ne puis oublier ce que j'ai vu de mes propres yeux sur quel-
ues cadavres |
(5) J'ai déjà averti fchap. 11, $ 16, No.
4) qu'il y a des maladies dans lesquelles on ne peut admettre que l'encéphale soit absolument enflammé, mais cependant où l’on doit accorder qu'il est gra-
(2) Le delirium tremens a été divisé
embrasse, selon les circonstances, les maladies suivantes : 1° l'encéphalite avec tremblements (4) ; — 2° la fièvre céphalique (5); — 3° la rachialgite avec tremblement (6); — 4° la fièvre lente nerveuse (7); -— 5° la manie (8); — 6° un état inflammatoire du foie, de l'estomac, du pancréas et de la rate, qui influe souvent sur le plexus nerveux solaire (9); — 7° enfin le délabrement de tout à
op
vement affecté : telles sont les fièvres céphaliques, dans lesquelles Pearson et Armstrong ont rangé certains cas de delirium tremens (Brainfever following intoxication).
(6) P. n, vol. r,sect. 2, chap. ur, K 12, No.1;ch.1x, S 44, No.1-5. (Ed. de Leyps.)
(7) Hufeland a appelé le delirium tremens la fièvrelente nerveuse des buveurs; et en effet j'ai vu des exemples de cette maladie, où le délire sans folie furieuse, avec de l’aversion pour le lit, insomnies, tremblement des mains et de la langue, soubresauts des tendons et sueurs froides (rais sans que la grande prostration des forces se füt déclarée), ressemblait tellement à la fièvre nerveuse de Huxham, qu'une goutte d’eau ne ressemble pas davantage à une autre.
(8) Backhausen, sans user de détours et en passant les limites établies par Sutton, appelle le delirium tremens la manie des buveurs (Sæulerwahnsinn), et en cela appuie fortement mon avis; car il s’en faut de beaucoup que la manie des buveurs (et j'en puis parler savamment, puisque les hôpitaux de Russie en sont pleins) n’est pas toujours accompagnée de tremblements. 9
(9) Günther, Grœtzner, Schirlitz, ont bien reraarqué quel grand rôle jouent dans le delirium tremens l'estomac et surtout le foie. Et en effet, dans plusieurs cas de cette maladie j'ai pu soupçonner l'existence d’une hépatite cachée. Quoi qu’il en soit, lorsque les viscères de l’abdomen sont irrités par l'alcool, il n’est pas surprenant que le plexus solaire ou “cœliaque sympathise, sans que pour cela je place l’essence dela maladie dans ce plexus , comme Goëden quand il dit (1 c., chap. 4) : « Das Wesen des delirium tremens ist darin begründet, dass der unendliche, elementarische Pol des sensiblen Lebens den ordnenden und bindenden, den basischen beherrscht, dass jener das Maas überschritten hat und die organische Gesetzmæssigkeit innerhalb einer bestimmten organischen Grenze , innerbhalb des plexus cœliacus. » Se doute qu'un majade affecté de delirium tremens ait Jamais fait de semblables sottises,
DU SYSTÈME NERVEUX
le système nerveux (10). Ce sera au médecin , chaque fois qu’il se présentera des apparences de delirium tremens, de les soumettre à l'analyse, et en procédant d’après les préceptes qui ont été donnés et que nous donnerons encore, sans opinion préconcue, de donner à chaque maladie ce qui lui appartient.
2. Pronostic. — L'ivresse porte avec elle son châtiment, et une foule de maladies viennent à sa suite : en effet, latête est distendue par des exhalaisons malsaines, le cerveau est assailli de vertiges,
les yeux sont tournés, les oreilles réson-
pent comme d’un bruit de vagues, la langne vacille, le discours est futile, l'haleine est fétide, l’estomac est malade, le cœur palpite, les mains exercent des gestes ridicules et insensés, la marche est incertaine et glissante, les nuits sont agitées, d’affreux ronflements se font entendre, ie malade a des songes horribles, il lâche ses urines et ses excréments sous lui, et très-souvent se roule dans cette ordure (comme un cochon dans la boue) (11). L'ivrognerie imprime à la physionomie (12) et à la démarche (13) un cachet particulier, elle cause de forts accès de toux le matin, avec expression de larmes, crachats, vomiturition et vomissements presque accompagnés de suffocation. Elle prépare aussi la voie à la gutta rosea, à la combustion spontanée, et aux maladies comprises sous lenom de delirium tremens.
De plus, toute maladié prend un caractère plus grave chez l'ivrogne. Enfin, les effets de l’ivrognerie n’atteignent pas
(10) S’accorde volontiers que le delirium tremens procède parfois d’un délabrement de tout le système nerveux, de nature tantôt inflammatoire , tantôt se rapportant à la débilité indirecte de Brown. Partageant cette opinion dès les années 1798-1801 , j'ai rendu à la santé, comme par euchantement, plusieurs malades affectés de delirium tremens au moyen de l’éther, l’ammoniaque et l’opium. Il n’y avait pas de fièvre , et l’aspéet des malades, les sueurs froides, le pouls tremblant, indiquaient une résolution prochaine des forces vitales.
(11) Jason Pratens., Tract. de curand.
cerebr. morb.
(12) Lavater, Essai sur la physionomie.