‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 93 sur 261 · En general. — Comme il est rare · texte numérisé non relu

En general. — Comme il est rare

que lesmaniaques puissent être supportés dans le sein des familles, et comme

(40) Pinel rapporte plusieurs exemples de ce genre (1. c., p. 477-478).

(41) Haefer dans son Hercules medi-

cus, lib .1, De affect., cap. 7.

(42) Mead , Monita, p. 72 —- Cox, 1. c., Le

(43) CB.-F, Paullini, Hernia mania curata. Miscell. nat. cur., dec. 11, a. 10, 1691, p. 569.

(44) Mead (1. c.) parle d’une hydropisie accite guérie par une manie qui survint. Celle-ci elle-même étant chassée, le malade fut entièrement guéri.

(45) Mead. Moi-même j'ai traité, avec le professeur Sniadecki, l'épouse du comte P..., qui avait une poitrine trèsfaible, et chez qui on soupçonnait une phthisie pulmonaire. Elle fut prise de manie, les signes de phthisie disparurent colièrement, et sa poitrine résista aux gémissements qu'elle poussait nuit et jour. — Une demoiselle noble, amenée à Vilna de Ia Volhynie, et confiée à mes soins, née d’une mère maniaque, était elle-même sur le point de tomber dans la mélancolie; car elle était triste et recherchaït la solitude, se plaignant d’un sentiment d'anxiété qui lui causait du dégoüt pour la vie. Les extrémités supéricures et inférieures étaient d’une cou- Icur bleue. Tout-à-coup une hémoptysie se déclara, et aussitôt après son esprit se calma et redevint serein. Mais sa poitrine s'étant rétablie, l’ancien état de son esprit se représenta, et ainsi une autre fois, jusqu’à ce qu'elle fut délivrée des deux affections.

(46) S cvr, 8 (75). Voy. Deutsche Justiz-und Polizey-Fama, 1803, No. 12, p.

97. Et : Sieben ini Wahnsinne vollbrachte Mordthaten, d'après The constitutions or Cork advertiser, 1828, dans Gerson, Magazin der ausl. Liter. der gesammt, Heilk.

4829, Nov., Decembr., p, 477,

l'expérience a appris qu'on les gnérissait plus difficilement dans leur propre habilation, la plus grande partie d’entre éux, au moins dans notre siècle (1), est placée dans dés hôpitaux publics ou privés. Puisqu’il en est ainsi, nous aurons d’abord à nous occuper de ces hôpitaux et du régime matériel ét moral des maniaqués ; viendra ensuite l’autre partie de la thérapeutique qui regarde les soins chirurgicaux, les autres moyens externes et les médicaments.

2. Des hôpitaux, du régime materiel et moral. — Qu'il nous soit permis, avanttout, de demander pour les hôpitaux des fous un nom qui frappe moins l'esprit que celui que lon emploie ordinairement (2) : nous proposons celui d'asyle. Nous demandons encore instamment que ces établissements ne fassent pas partie d’un autre hôpital (3), et encore moins, à plus forte raison, des prisons (4) ; bien plus, que ces établissements ne contiennent pas trop de malades. Nous désirons que leur nombre ne soit pas au-dessus de cent (5). En outre, que le bâtiment consacré à cette destination l’emporte plutôt par son étendue que par son élévation (6); que sa forme

(1) Les anciens n'avaient point d’hôpitaux de fous, comme l'a savamment démontré Lorry, Ouv. c., 2 th., p. 284.

(2) P.ex., petites maisons. — Narrenbaus, Tollhaus.

(3) Comme l'hôpital de fous de Vienne, qui est joint à l’hôpital civil général. De même Ja Salpétrière à Paris. Voyez mon ouvr. déjà cité : Reise nach Paris, London, etc., 4 th.

(4) P. ex., Bicêtre à Paris et plusieurs prisons de J’Allemagne. Voyez mon ouvrage déjà cité, et Pockels, Bemerkungen über das cellische Zucht-und Irrenhaus in den Denkwürdigkeiten zur Bereicherune d. Erfahrungsseelenlehre. Halle ,

(5) La Salpétrière à Paris contient 600 maniaques, mais je ne la proposerai pas pour règle. L’hospice de Londres compte 590 malades, mais cette incomparable institution est soutenne par 415,015 livres sterling! Que chaque ville ait une maison de fous à elle, comme elle a d’autres hospices, et la capitale n’aura plus besoin d’édifices si considérables.

(6) Rien de pire que d’entasser des hommes sales les uns sur les autres. Je suis donc surpris que W. Stark (onv, cité plus

MALADIES

soit simple , et qu'elle soit semblable, au moins pour l'extérieur, aux autres Cdiftces (7).

Pour construire un tel édifice (8), îl

bas) ait proposé de donner trois étages à ces établissements.

(7) Un plaisant observant la forme de.

tour ronde et très-élevée de l'hôpital des fous de Vienne, bâti par ordre de l’empereur Joseph IF, osa y graver cette épi gramme : Joséphus, ubique secundus ; hic primus, (8) On peut lire sur la structure et l’administration des maisons d’aliénés : Colombier, Introduction sur la manière de gouverner les insensés et travailler à leur guérison dans lés asiles qui leur sont destinés. Paris, 1736. — Krünitz, Encyclopædie, B. 47. — Robin, Du traitement des insensés dans l'hôpital de Bedlam.

Paris, 1788.— Marcus, Von den Vortheilen der Krankenbæuser für den Staat.

Bamb., 1790. — Howard, Nachrichten von den vorzüglichsten Krankenhæusern in Europa. A. d. E. Leipz:, 4791. — Cabanis, Quelques principes et quelques vues sur les secours publics extraits de plusieurs rapports faits à la commission des hospices et des hôpitaux de Paris. Paris, 1791-4793, — Broutet, Notice sur la médecine orale appliquée au traitement | des insensés à Avignon. — Sédillot, Re=:

cueil périodique de la société dé méde-.

cine de Paris, t. im, p. 75. Tableau du | nombre des fous admis dans les hôpitaux de Paris dans les années xi-et xir. Hbid., t. xx, p. 171. — Jos. Frank’s Reise nach Paris, London, etc. — Hæck’s Historis-.

cbe Nachrichten und Bemerkungen über:

die merkwürdigsten Irrenanstalten. Regensb., 1804. — W. Stark, Remarks om the construction of the public hospitail for the cure of mental derangement, Glass, gow, 1810.—S. Tuke, Description of the:

retreat, and institution for insane per-:

sons of the society of friends, containing :

an account of its origin and progress, the modes of treatment and statement of cas:

ses. York, 1845. — De la Rive, Descrip+ tion de la maison dite de retraite de York:

Bibliothèque britannique, scienc. et arts; , t. vu. Report from the committee of the house of commons on madhouses in En:

gland ; together with minutes of evidence and an appendix., Lond., 1815. — Parkinson , Observations on the act of regu:

Jating madhouses. — Rogers, Statement] of the cruelties, abuses and fraudes, which are practised in madhouses. Lon:

don, 1816. — Halliday, A letter to the right honourable Lord'Binning containing

BU SYSTÈME NERVEUX

faut choisir un lieu séparé des habita-

some remarks on the state of lunatic asy- Jums and on the number and condition of the insane poor in Scotland. Edinb., 1816. — Le même, Letter to the magistrates of Middiesex on the propriety -of erecting an asylum for the pauper Lunatics of the County. Lond., 1826. Et : À general view of the present state of lunatics and Junatic asylums in great Britain and Ireland and some others kingdoms.

Lond., 1827 (Voyez Froriep, Notizen aus dem Gebiete d. Natur-u. Heilk., B. 24, No. 8,p. 121).—The first reporlon madbouses made in the year 1816. Lond., 1816. — Burrows, Cursory remarks on a bill now in the house of peers for regulating madhouses. Lond., 1817. — Horn, Summarischer Generalbericht über die in der Irrenanstalt der Charité in Berlin, waæhrend den letzten eilf Jahren vom 1.

Oct. 1806, bis 4, Oct. 1817, geheilten,

ungeheilt entlassenen, und gestorbenen,

Gemüthskranken und Epileptischen. — Hufeland’s Journ. der pr. Heilk., 1818, Novembr., p. 77. — Des établissements des aliénés en France et des moyens d’àméliorer le sort de ces infortunés. Mémoire présenté à S. E. Ministre de l’Intérieur, par le Dr. Esquirol. Biblioth.

universelle, 1819, Septembr., scienc, et arts, p. 53. — Et : Rapport statistique sur la maison royale de Charenton, pendant les années 1826, 1827 et 1828. Revue médicale, 4829, Juin, p. 118.—Pri- -vat -Ileilanstalt für Gemüthskranke in Wien, erœffnet von B. Goergen, 1820.— J.-L. Caspér, Charakteristik der franzcæsichen Medicin. Leipzig, 1822, 8 Kap.

Geisteskrankheïten und frrenhæuser.— Rapport fait au conseil général des hospices civils de Paris dans la séance du 13 novembre 1822, sur le service des aliénés traités dans les établissements de l’administration, depuis le 4° janvier 1801 jusqu’au 1 janvier 1822, par le membre de la commission administrative chargé de ces hospices. Paris, 1823. État général des aliénés entrés dans la maison royale de Charenton pendant les années 1818, 1819, 1820 et 1821 , et Rapport sur cet état adressé à $. E. le ministre de l’intérieur par M. Royer-Collard, Journal des débats, Ie 10 février 1825.— Desportes dans Revue médicale, 1825, Novembr., Décembr.— Gaulandi, Osservazioni Sopra il celebre stabilimento d’Aversa nel regno di Napoli, 6e sopra molti altri spedali d'Italia destinati alla reclusione € curà déi pazzi, con alcune considerazioni sopra i perfezionamenti di che sembra suscettivo quésto generé di stabi-

tions des citoyens, élevé, où l’on ait un

limenti, con due tavole in foglio. Bologna, 1823. Brückner, Uber die Unterbringung and Verpflegung der gemüthskrankea Personen in den Herzoglich Gothaischen Landen, besonders einer neuen Irrenanstalt in der Stadt Gotha. Gotha, 4824 — À, Müller, Die Irrenanstalt in dem K. Julius - Spital zu Würzburg.

Würz., 1824.—Neunjæhriger Bericht über die Irrenanstalt in Glasgow. — Gerson, Magaz. der ausl. Literat. der gesammten Ileilk., B 9, p. 570. — Bricheteau, Des établissements destinés au traitement de l'aliénation mentale, et en particulier de celui de MM. Voisin et Falret, fondé à Vanvres près de Paris. Journ. complément, du dictionnaire des scienc. médicales, 18925, cah. 80. — Kramer, Bemerkungen üher einige Irrenanstalten in Frankreich. — Horn’s Archiv für med.

Erfahr., 1825, July,. Aug., p. 104. — M. Pienitz, Diss.quædam de nosocomii quo animo ægrotantibus cura adhibetur institutione optima. Lips., 1825. — J.-M.

Leupoldt, Uber Leben und Wirken und über psychiatrische Klinik in einer Irrenanstalt. Nürnb., 1825. — Schrœænberg, Ein Wort über die Irrenanstalt in Aversa.

— Gerson, Magazin cit., 1825, Mai, Jun, p. 465. — Rech, Ergebnisse des Irrenhauses zu Montpellier. Des Éphémérides médicales de Montpellier, 14896, t. 11, p.

109.— Dans Gerson, Magaz., citat. 1827, Mai, Jun., p. 489.— Ronchi du Giornale del regno delle dueSicilie 1827.—Marzo, dans Bulletin des sciences médicales 1827, Juin, p. 125. — Del R. stabilimento de” pazzi di Aversa per l’anno 1826. Osservatore médico di Napoli 1827, Settembre.— Neues Irrenhaus zu Plagwitz bei Lœwenbérg in Schlesien.— Erhard’s Med. chi.

Zéitang 1827, B. 3, No. 68.—Report from select committee on paupeér luñatics in the county of Middlesex, and ôn lunatic asylums. Ordered by the house of commons, to be printed. Lond., 1827. — J.- C.-W. Wendt, Ubérdie Irrenänstalt zu Bidstrupgaard, de Meddeleiser om Anstalten for Afsiege i Tydsland og Danmark.

Kopenh., 1827, p. 64-107.—Dans Gerson, Magaz., citat. 1828, July, Aûg., p. 46.

— Bericht über das Irrenbaus zu Moskau und die Behandlungsweise in demselben.

Ibid., 1829, Jul., Aug., p. 32. — Rahn, Bericht über die Versorgung der Kranken im Zürcher Spital im Jahr 1826 (Verhandlungen der med. chir. Gesellschaft des Kantons Zürch., 1828, No. 2).—Etablissement consacré à la guérison des maladies mentales formé à Mache, près de Bienne, canton Berne. Bulletin des

bon air et de bonnes eaux en abondance (9). La grande porte ne doit être ouverte que par ordre, et doit toujours rester fermée ; la petite conduira à l'habitation du portier, et quiconque -voudra entrer sera tenu d’y passer.

— On ne doit admettre personne sans une permission écrite du directeur de

scienc. méd., 1828, No. 7. p. 290. — S..

W. Nicoll, An inquiry into the present state of visitation in asylums for the reception of the insane; and into the modes by which such visitation may be improved. Lond., 1828. — Ueber die Irrenhæuser in Grossbritannien und eine von Gordon dem Parlamente den 25 Febr.

4828, vorgelegte Bill.— Froriep, Notizen, citat., B. 20, No. 9, p.142.—Zur Kenntniss des Zustandes der englischen Irrenanstalten von Dr. Julius, et de Gerson’s Magaz., citat. 1828, Jul., Aug., p. 1. — Holst, Beretning, Betænkning, og Indstilling til at undersæge de Sindsvages kaar i Norge. Christ., 1828. — Verhæltniss der Irren im Kœænigreiche der Niederlande.— Du Rapport sur l'état des institutions de bienfaisance du royaume en 1825. Bruxelles, 1827, p. 8.—Dans Gerson’s Magaz., |.

c.,p. 49.—Nachrichten von den nordamerischen Irren-Anstalten dans Gerson’s Magaz., 1828, Nov., Decembr., p. 466, et 1829, Juli, Aug., p. 18. D'après An account of asylum for the insane, established by the society of Friends, near Frankford, in the vicinity of Philadelphia, by R. Waln dans Philadelphia journal of the medical and physical sciences, New Series, vol. 1, p. 225; d’après An aecount of some of the lunatic asylums in the United-States, by T.-R. Beck dans New-York medical and physical journal. New Series, vol. 1, p. 186; d’après The American recorder, t. XIn, p.

229, et d'après W.-G. Malin, Some account of the origin, objects and present state of Pennsilvania Ilospitals. Philadelph., 1828, p. 24. — G.-A.-E. Nostitz und Jænkendorf, Beschreibung der K.

Sæchsischen Heilungsund Verpflegungs- Anstalt Sonnenstein. Leipzig, 1829. — B.

Trompeo, Prospetto statistico del R. manicomio di Torino. Torino, 1850. — R.

Madden, Beschreibung des Irrenhauses in Cairo. D’après London medical gazelte. March. 6, 1850, dans Froriep, No- 1iz., B. 27, No. 15, p. 255.

(9) La position de l’hospice qui existe à York sous le nom de Retraite, est trèsbien. Celle de l'hôpital de Vienne, placé près du cloaque Alsterbach, est très-mau- Yaise, |

MALADIES

l'hôpital, si ce ne sont les employés de la maison. Nous voudrions une charge de directeur séparée de celle du médecin ordinaire de l'établissement (10). On ne doit accorder qu'aux jours et heures

déterminées la permission d’entrer aux

curieux. Pour diminuer le nombre des curieux, toujours à charge , et en même temps pour en tirer un profit pour l’établissement, personne ne devrait obtenir de permission d'entrer sans payer une assez forte somme d'argent. Dans le temps où les étrangers sont introduits , les malades doivent rester renfermés dans leurs cellules. On ne doit accorder à personne, pas même aux médecins qui voyagent (11), la permission de visiter les malades. Si un médecin du dehors est appelé en consultation , qu’il voie seulement le malade pour lequel on l’a appelé. T1 faut en agir de même avec ceux qui désirent visiter un malade qui est leur parent. Cependant il ne faut point qu'il soit accordé, par le directeur aux parents, la permission de visiter les malades , à moins que le médecin ordinaire n'y ait consenti (12). Si l’on peut, il convient alors de conduire le malade dans un parloir. Quant aux malades eux-mêmes, ceux-là devront être admis dans l'hôpital, dont l’état de manie aura été confirmé par les témoignages authentiques de médecins approuvés (13).

— On recoit cependant aussi les individus soupçonnés de manies , qui sont confiés à l’établissement par la police pour y être observés; mais ces derniers

(10) Esquirol , qui a tant d'expérience, est d’un avis opposé au mien (Dict., I.

C., p. 225). Mais à cause des plaintes faciles des malades et de leurs parents contre le médecin de l'hôpital, il faut un juge et un inspecteur suprême.

(11) J'ai été moi-même soumis à ce précepte dans l'hôpital de Saint-Luc à Londres. Et, en effet, on n’apprend rien par la seule vue des maniaques, et il est opposé à tout ordre que l'hôpital soit converti en une clinique; tandis qu'il est facile aux cliniques d’avoir un ou deux lits pour des maniaques, comme je l'ai établi à Vilna.

(12) La visite des maniaques par les parents n’est presque jamais indifférente, et le plus souvent produit un effet ou bon ou mauvais; le médecin ordinaire peut prévoir lequel, comme connaissant toute l'histoire de la maladie.

(15) Voy. Gox, 1, ç., p. 214.

DU SYSTÈME NERVEUX

me seront pas placés avec les autres malades ; ils habiteront des chambres d’'épreuve, dans lesquelles on transférera également ceux qui sont guéris et vont pouvoir sortir. On doit dresser procès-verbal de toutes les réceptions et de toutes les sorties, et on doit livrer ces différents actes aux archives de l’établissement. L'inspecteur de la maison préside aux archives. Pour une fonction aussi importante il convient de choisir un homme prudent, poli, sobre, doux

et sachant se concilier le respect conve-

nable de la part des employés de l’établissement ; mais l'inspecteur étant occupé de toute la police de la maison, on ne peut pas attendre de lui qu’il s'occupe particulièrement des malades. Pour remplir cette fonction il faut prendre une dame, qui aurait le nom d’inspectrice.

Tous les deux devraient être pris de préférence parmi les instituteurs des enfants : car rien ne rend plus propre à la direction des maniaques que l'habitude d'élever des enfants. On prendra, dans l’un et l’autre sexe, dix gardes pour un hôpital contenant cent malades. On peut prendre quelques-uns d’entre eux parmi les convalescents pauvres de la maison (14). Ainsi souvent les idiots se rendent très-utiles dans la cuisine ou au lavoir. 11 serait bon que les gardiens fussent habillés d’une manière uniforme, qui eût quelque chose de monastique, afin que les maniaques ne les considérassent pas trop comme des domestiques vulgaires. [ls doivent, comme s'ils n'avaient pas de langue, servir les malædes selon les règles prescrites, et supporter les injures sans faire entendre aucune contradiction (15): car il est tout-à-fait inutile de vouloir persuader des manjaques par des arguments, surtout si ces arguments sortent de la bouche d'hommes dépourvus d'éducation. Les gardes doivent trouver une protection contre les malades insoumis dans l'appui des supérieurs, qui prescriront, en présence des maniaques, ce qu'il y à à faire, et constitueront les gardes les organes de l’exéculion ; car en général if convient de ne pas aüresser

(14) À l'exemple de l'hôpital d'Amsterdam. Voy. Pinel, [. c., p. 240, dans une note.

(35) Instruction für den Irrenwærter und dessen Gehülfen beim Irrenbaus zu St. Georgen am See.— V. Hœck, Op. c., p. 22.

Ja parole directement aux maniaques, mais de fixer le regard sur eux (16), et de diriger la conversation vers les assistants (17). Le médecin ordinaire de l’établissement doit commander aux inspecteurs et aux gardiens, et paraître comme un despote (18) en présence des malades ; car, à moins que les maniaques ne soient persuadés que leur sort dépendentièrement de la volonté seule du médecin, c'en est fait du traitement(19).

Mais le médecin ne doit pas être seulement versé dans la science qu'il professe ; il doit en même temps connaitre le cœur et l'esprit humain. Il serait à désirer que sa tenue et sa manière de se conduire forçassent les malades au respect pour sa personne. Qu'il fasse entendre peu de paroles; mais que ce qu'il dit soit appuyé par des faits. [l ne doit jamais rien promettre au malade qui ne puisse être strictement rempli, car il faut se servir rarement de fraude ou de

‘stratagèmes, et seulement dans la ma-

nie hypochondriaque et quelquefois dans l'érotique (20). Dans ces maladies 1l est bon de s'éloigner des règles générales, comme cela est prouvé par l'expérience d’Aetius (21), de Donatus (22), de Quer-

(16) Pargeter, L. c.

(17) Wintringham dans Samml. auserl. Abhandi. für pr. Aerzte, 8 B., p.

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