‹ Traité de pathologie médicaleChapitre 94 sur 261 · Langermann, L. c., p. 62.— Reil, Rhapsod, p · texte numérisé non relu

Langermann, L. c., p. 62.— Reil, Rhapsod, p

(18) Heinroth, De voluntate medici, medicamento insaniæ. Lips., 1818. — Touchant l'influence de l’imagination sur les maniaques, lisez Froriep's Notizen aus dem Gebiete der Natur-und Heiïlk., BR, 49, No. 15.

(19) Voy. Reise nach Paris, London, etc., 2th., p. 163, et Reil's Rhapsod, p. 25. |

(20) A. Stegmann, De amore insano ejusque causa, melancholia astu curata.

Miscell. acad. nat. cur., dec. 1, a.14, 4694, p. 23.—V. Ib., p. 52. De studioso, sanguine caustico et melancholia amatoria laborante, astu curato, mox ob personam amatam denegatam, €x prioris morbi recidiva succumbente.

(21) Un malade croyait ne pas avoir de tête; pour le guérir, Philotime s’imagina de lui mettre sur la tête un bonnet de plomb. Le poids de cette application Jui fit comprendre qu'il avait une tête, L. c.

(22) Un malade, qui retenait opiniàtrément son urine, persuadé que s'il urinait toute la ville périrait par un déluge,

cétanus (23), dé Sennert (24), de Schenk (25), de Gatinarius (26), de Tulpius (27), de Sauvages (28) et par la nôtre (29).

fut rendu à laksanté par un stratagème assez plaisant. On lui fit croire, au moment où les cloches sonnaient , que toute la ville était en feu, et on le conjura d’uriner pour sauver la ville. Par ces prières, on réussit à lui faire reconnaître son érreur, et il fut rendu à la santé.

(23) Un homme, qui s’imaginait avoir un nez d’une aune de long, fut délivré de cette idée par l'adresse d’un chirurgien qui, lui ayant pendu un morceau de foie au bout du nez, en coupait de gros morceaux à la satisfaction du malade,

(24) Un homme, qui croyait porter des cornes, se sentit soulagé, lorsqu'après lui avoir arrangé des cornes de cerf sur la tête, on les lui eut sciées; I. c.

(25) Une femme pensait qu’elle avait dans l’estomac un serpent qui la rongeait.

On lui administra un vomitif, et, ayant caché un serpent dans le pot de chambre, on lui persuada qu’elle l'avait vomi par l'effet du médicament , et elle se rétablit. j

(26) Un malade croyait avoir des grenouilles dans le ventre. Gatinarius lui ‘dit : « Vous avez raison; je sais que vous en avez beaucoup dans le ventre. >» Ensuite, l’ayant purgé, il ordonna aux parents de lui montrer dans ce qu’il rendait des grenouilles vivantes ; 1. c.

(27) Un peintre qui s’imaginait qu'il était affecté d'un ramollissement des os, perdit cette manie par les stratagèmes du médecin. D’autres qui se croyaient aveugles recouvrèrent la vue de la même manière (lib. 1v, ©. 53).

(28) « Zacutus Lusitanus guérit par arüfice un mélancolique qui s’imaginait avoir toujours froid, et nous avons vu ici un habitant de Grenoble qui avait un semblable délire, même pendant les années les plus chaudés. Lusitanus couvrit son malade d’une peau de mouton trempée dans l'esprit de vin, et, ayant allumé l'esprit de vin, il le fit chauffer pendant une demi-heure, jusqu’à ce qu'enfin le malade, brûlé et joyeux, se fut écrié qu’il avait trop chaud. Bientôt il fut guéri de sa mélancolie. » L, ce.

(29) Une femme d'une très-noble famille, âgée d'environ trente ans, mère de plusieurs enfants , pleine de crédulité pour le merveilleux, comme les présages tirés des cartes et la préparation des cosmétiques , agitée par les passions, surtout par un amour illicite, quoique peu réglée, s’imaginait depuis six mois, lors-

MALADIES

Envers tous les maniaques quels qu'ils:

soient, le médecin doit agir avec dou-:

que le moment des règles approchait,, qu’elle était menacée d’un danger imminent de métrorrhagie mortelle. Alors elle:

s’efforçait de prévenir ce danger en res-tant couchée dans son lit comme une sta-tue, en rejetant les couvertures, en ne:

parlant que par signes, en prenant des:

aliments et des boissons froides , et en se:

mettant de l’eau froide sur l'abdomen.

Ce n’était pas tout! En même temps elle:

se rempliscait en cachette le vagin de:

charpie, et, pour la mieux maintenir, comprimait ses parties génitales de la:

main gauche. Mais comme elle redoutait également les évacuations alvines:

qui, disait-elle, l’affaiblissaient beaucoup, elle s’opposait à l’excrétion des matières en introduisant un des doigts:

de la main droite dans l’anus. Afin, sans:

doute, de surveiller plus facilement ses évacuations, elle s’entourait de chandelles allumées. Dans l'intervalle des époques menstruelles, elle menait une vie malade, comme une hystérique. Une dernière menstruation arrivant, elle se conduisit comme auparavant, seulement avec cette différence que maiatenant elle ne pouvait plus supporter la lumière, et que, par une crainte éncoré plus prolongée de métrorrhagie, elle restait au lit plus long-temps que de coutume, sans se laver ou changer de linge. Appelé auprès de la malade (que je ne connaissais pas auparavant, et qui était depuis deux semaines au lit), je lui demandai de quoi elle souffrait. Alors, d’une voix trem:

blante et basse, et par des mots entrecoupés, elle m'apprit sa crainte d'une hémorrhagie et son horréur pour la lus mière. J’appris Je tout sans montrer [à moindre défiance, et même je louai fe prudence de la malade à prévenir le flux de sang. Quant à l'horreur de la lumière; j'affirmai que J'observais cette affection seulement pour la seconde fois dans ma longue pratique. Toutes ces choses cap= tèrent au plus haut point la confiance e:

la bienveillance de la malade.— « Dites:

moi, Je Vous en prie, ajouta-t-elle, avez:

vous guéri le malade qui avait horreuw pour la lumière? — Sans doute. — Pa quels remèdes? — Certainement pas par des remèdes tirés de la pharmacie.— Par lesquels donc ? — J’ai hérité de livre.

précieux qui m'ont appris plusieurs se:

crets inconnus au commun des médecins — Est-ce que vous me ferez part de quel ques-uns? — Je verrai lorsque vous sere:

plus forte; mais avant tout, dites-moi d’où vous vient cette horreur pour Ia ka

DU SYSTÈME NERVEUX

céur et commisération; et doit, de plus, fraiter ceux qui sont d’un rang plus éle-

mière ? — Elle vient de la lumière dont je suis toute remplie, car la lumière circule dans mes veines, mes 0s sont transparents, et tout mon corps est disposé à la combustion. — Mais de quelle. façon avez-vous été ainsi remplie de lumière ?

— Au moyen des chandelles allumées dont je me suis imprudemment entourée trop long-temps. — Assez! Je vous déli-

vrerai de cette trop grande lumière et

du danger de l’hémorrhagie. » — Alors je pris une solution huileuse de phosphore dans le créux de ma main, préalablement garnie d'un gant, et l'ayant fermée, je m’approchai de la malade en Ia priant de me donner son bras. M'ayant ‘donné le bras, je commençai à faire dessus des frictions; puis, ayant un peu ouvert la main, la lumière parut en effet comme s'échapper de la surface du corps de la malade. Elle fut dans l'étonnement et assura qu’elle était très-soulagée. Je cessai aussitôt. — Continuez, je vous en prie, dit-elle, continuez. — Je ne le puis avant d’avoir éprouvé si vous pourrez ou non Maintenant supporter la lumière d'une chandelle. L'épreuve réussit, et, ayant répété mes frictions de phosphore tantôt sur les mains, tantôt sur les pieds, elle | te insensiblement à supporter, dès é second jour, une chandelle munie d’un abat-jour, même dans sa chambre à coucher. Les choses étant arrivées à ce point, je lui dis que les matières entassées dans lé rectum et les linges enfoncés dans lé vagin empêcheraient désormais nos tentatives. Alors la malade ne s’opposa point à l'éloignement de ces obstacles, Cependant je lui prescrivis de l’élixir acide de Haller avec de l’eau et du sirop de groéeilles. La propreté, qui d'ordinaire plaisait à la malade, lui fit tant de bien, que peu après elle se mit avec quelque élégance, el ccmmença à porter des bijoux ét des broderies. Je passais toute la journée avec élle, en m'efforçant de détourner la conversation des circonstances de sa maladie pour la porter sur la musique, le théâtre et autres choses du même genre. Une fois, je trouvai la malade qui cherchait sa bonne aventure avec des cartes; j'exigéai qu'elle me livrât ces instruments de sa folie, Elle s’y refusa, Aussitôt je lui déclarai que si clle n’y consentait pas, je partirais sur-le-champ (car elle habitait une ville située à plus de quarante milles de Vilna). Elle céda énfin. Après ce triomphe, tout se fit au moindre signe de ma vlonté. Alors je dui proposai un voyage à Vilna, ce qui la

vé avec l’urbanité à laquelle ils sont accoutumés ; il ne doit point oublier non plus que, dans toutes les classes de la société, on rencontre des maniaques qui se laissent surtout conduire par un sentiment de gloire et d'honneur. Lorsqu'il s'est concilié le respect des malades, il doit s’étudier à gagner leur bienveillance.

Pour cela on leur accorde ou plus de liberté, ou un meilleur régime, ou on leur fait des cadeaux, etc. Le médecin ordinaire doit avoir un médecin assistant qui écrive exactément l’histoire des maladies. A moins qu’il n'arrive quelque chose d’extraordinaire, il sufñit que ja visite du médecin soit faite tous les deux jours. En outre, une personne verse dans la petite chirurgie et dans la préparation des médicaments doit résider dans Fa maison, et, dans l’absencé du médecin, être subordonnée à l'inspecteur.

Selon l’ordre du médecin, le malade, à

Son entrée, gardera ses propres vêtements,

ou prendra ceux de létablissement. Il faut prendré garde qu'il ne cache pas d'armes , de couteaux, ni rien de semblable. [1 faut aussi s'informer s'ils n’ont point de gale, d’uicères chroniques, de hernies, etc. On doit faire beaucoup d'attention à la propreté de leur tête, et, à moins qu’il ne s’agisse de pliqueux ou de convalescents à la suite d’une autre maladie, il faut leur couper les cheveux (31). Les sexes doivent être séparés (32),

récréa béaucoup. Lorsque l’époque de la menstruation approcha, je lui prescrivis, pour la forme, le repos et des médicaments propres à prévenir l'hémorrhagie utérine. La malade, satisfaite de ces précautions, ne donna aucun signe d’aliénation. Déjà l’usage des toniques semblait l'avoir rendue à Ia santé, lors+ que tout-à-coup, à l’époque de la forte chaleur de l’année 1810, elle tomba dans un paroxysme de manie furieuse qui dura un mois. Cet accès, pour ainsi dire crilique, étant achevé, elle se porta tout-àfait bien, et quitta Vilna. Maintenant, abandonnée à elle-même, elle conserve encore la santé, mais comme auparavant sa conduite est absurde et immorale.

(30) Erhard dans Wagner’s Beytræge, 4 B., p. 157, et Reil, Rhapsod., p. 251.

(31) Morgagni, De sed, et caus. morbor. Epist. vu, 7. — Harke dans Hufeland's Journ, der pr. Heilk., 25 B., 2St,, p- 69. — Moreau, Sur une manie guérie par la çoupe des cheveux, dans

et l’on ne doit pas mettre les malades des familles distinguées avec les hommes du peuple (33), non plus que ceux qui sont guérissables avec ceux qui sont incurables (34). Car rien ne s'oppose davantage à la guérison que de mêler entre eux les maniaques de condition et d’éducation différentes. Le bâtiment que nous avons proposé présentant quatre ailes, rend les séparations indiquées faciles.

Chaque malade, sans distinction de condition, doit occuper une cellule particulière. Les malades turbulents et malpropres doivent être placés aux extrémités des ailes, près des latrines. Autant que possible, il faut que les malades aillent tous à ces latrines communes. Pour les autres, on doit vite enlever les vases de leurs cellules. Qu'il soit seulement permis aux maniaques les plus tranquilles d’y aller la nuit. Comme les lits, même en fer, peuvent être rompus facilement par les maniaques, et comme ceux de bois s'opposent à la propreté, la couchette doit être faite des mêmes matériaux que le mur, adhérer à la muraille

de la cellule et être un peu déclive. Que :

les siéges et les tables soient de pierres appuyées à Ja muraille. La muraille qui répond au lit, et le lit lui-même, doivent être couverts de matelas et munis des draps et des couvertures nécessaires au malade. Dans les cellules cousacrées aux furieux, le mur doit être tapissé partout à hauteur d'homme. Pour empêcher la propagation du bruit que font certains malades en criant, plusieurs

moyens ont été jusqu'ici vainement indi-

qués (35). Une ouverture assez grande

Mémoir. de la soc. méd. d’émulation, 2 t., p. 196. — Et Sédillot, Rec. périod.

de la soc. de médec. de Paris, t, iv, p.

(32) On peut à peine concevoir comment Reil n’est pas favorable à la séparation des sexes parmi les maniaques (v.

App. ad vers. germ. op. c. Coxii, p. 63).

(53) Reil n'était pas non plus pour cette séparation, |. c: Cependant il en résulte une source de profit pour l'établissement; car nous ne croyons pas nous éloigner de la justice, en obligeant chaque riche qui jouit du bienfait de l’asyle pour un modique prix, à payer l'entretien d’un pauvre en même temps; ce droit existe dans l’asyle d’York.

(34) Pienitz, À. c.

- (55) Autenrieth, Beytræge, 1. B., p.

212, Mon ouvrage : Reise nach Paris,

MALADIES

doit servir de fenêtre , elle doit ètre opposée à la porte, et située assez haut pour que le malade ne puisse l’atteindre. Les fevêtres doivent s’ouvrir en dehors. Une autre ouverture, placée au-dessus de la porte, doit également être munie d’une.

fenêtre. Que la porte soit épaisse, sans serrure, et, qu'à sa place, elle soit munie extérieurement d'un verrou revêlu de cuir pour éloigner toute espèce de bruit en le poussant. Outre l'ouverture tenant lieu de fenêtre, que chaque porte ait un œil quise ferme en dehors, par lequel les gardes puissent voir ce que le malade fait dans sa cellule. Ce trou permet aussi qu'on leur donne leurs aliments (36). Point de chaînes ni de liens de fer (37), ni d’autres moyens de coercition (38); employez, à la place, des camisoles à manches (39), ou quelque chose de semblable, qui, lié sur le dos, tienne les bras fixés au tronc des deux côtés (40). IL faut proscrire le fouet (41), à

London, etc., 2 th., p. 182.— Reil, Append. cit., p. 67.

(36) Huitième lettre du professeur Pictet à ses collaborateurs. Bibliothèque universelle , 1822, Mai, p. 77.

(37) Déjà Moebius (1. c., $ 73) recommande des liens plus doux. — Voyez H.-.

A. Fielitz, De Variis methodis frenandi furibundos. Hallæ, 1819.

(38) P. ex. le siégc proposé par Risch,

ou comme l’on dit : Der Brenkenhoffsche Trog (Wagnitz, Hist. Nachricht,2 B., p.

(39) Anglais, The straight waistcoat ; allemand, Das Zwangkamisol. On en trouve une figure dans Chiarugi , t.1, de Uebers, fig. 4.

(40) Pictet, I. c. (< C’est une espèce de.

manchon fait eu cuir très-fort, dont les.

deux entrées sont étroites et le milieu plus large, de manière que les deux mains y sont fort à leur aise, et se ferme.

quand la main est entrée dans le man-:

chon, au moyen d’un anneau de fer qui.

passe dâns une gance ; une forte cour-:

roie passe ensuite de l’un de ces anneaux à l’autre, et est bouclée en retour, da.

manière que le porteur du manchon n6; peut pas faire le mouvement nécessaire | pour en sortir'ses mains , dont il ne peut non plus faire aucun usage »). k

(41) Ce précepte n'appartient pas à n0=| tre temps, on s’en Convaincra d'après!

les paroles suivantes de Thomasius ::

« Accedit quod etiam principibus et no:

bilibus furiosis dentur custodes homines | vilioris çonditionis, vel plebeii, iisque|

DU SYSTÈNE NERVEUX.

moins que le médecin n’ordonne d’en donner un ou deux coups en sa présence aux maniaques furieux, où à ceux qui sont opiniâtrément méchants et aux aures qui ne se montrent sensibles qu'aux coups (42). Aussitôt après il caressera le malade (43). Les malades paisibles doivent avoir une salle commune pour la journée, et surtout l'hiver : car une solitude prolongée, surtout dans un lieu qui n’est pas assez clair (44), est trèsnuisible aux maniaques. Les gardiens, du centre de l'édifice, peuvent d'un seul coup-d'œil surveiller, non-seulement les quatre salles, mais même les petits jardins , en égal nombre. Les fenêtres des

permittatur, metu furiosis, etiam ubi opus sit per verbera incusso, illos coercere, ne conatus furiosos ila facile in ace tum deducant. At quis quæso, ita rudier ab hominibus rusticis et crudelioribus quotidie habitus, posset evidentia signa rationis restitutæ aliis præbere, zum potius illa durities custodum et rusicitas, si homini mentis integerrimæ saltem per aliquot dies accidat, capax sit, eum furiosissimum reddere. » L. c., p. 12.

(42) Parce que certains médecins ont suivi brutalement le conseil de Celse (lib.

xt, c. 28) : « Ubi perperam aliquid dixit aut fecit, fame, vinculis, plagis coercendus est », ce n’est pasuneraison pour tomber dans l’extrême opposé et pour rejeter entièrement cette méthode que j'ai vu quelquefois réussir. — Voy. Sancassani, Epist. v.—Haller, Bibl. med. pr., vol. 111, p. 601, et Wedel, Propempticon inaugurale de verberibus medicis. Jen., 1721.

(43) Van Swieten dit : « Il s'est trouvé dans la Hollande un homme assez célèbre pour le traitement des maniaques, qui se servait de cette méthode et qui en yuérissait un grand nombre, Aussitôt qu'ils déliraient, il traitait ces malheu- ‘eux comme des bêtes féroces, avec des oups, des chaînes, des affusions d’eau voide, la faim, la soif, etc. Lorsqu'ils étaient adoucis , illes caressait de toues les manières et ne leur refusait rien de ce qu’ils lui demandaient. Par cette méthode, il obtint ce résultat : que la vainte des coups arrêtait le délire dès son début et finissait par détruire les vaires illusions des malades. Et comme dans eur état de lucidité on leur accordait out ce qui pouvait leur plaire, la guérion était souvent heureusement obtenue ».

Le, e.

(44) Cox, 1l, c., p. 81. — Reïl dans Hoffhbauer’s Beytræge, 1 th., p. 609.

salles doivent avoir la forme que nous avons décrite ailleurs plus au Long (45), et que nous avons expliquée.

Cette forme fait éviter les barreaux et l'aspect de prison qui en résulte, sans s'opposer ou à l'accès nécessaire de l'air ou à la sécurité des malades. Pendant l'hiver, que toute la partie du bâtiment qui sert aux malades soit échauffée par des canaux souterrains, ainsi qu on le fait pour les serres chaudes. On peut aussi orner les salles de plantes et arbres exotiques, entremêlés de cages contenant des oiseaux dont les couleurs et les chants puissent récréer les malades, On peut adapter à quelques croisées ce que l’onappelle des harpes éoliennes (46).

Mais toutes ces choses ne doivent être employées qu’autant qu’on ne craint pas de blesser par là davantage l’imagination vitiée des malades. Les matières employées pour réchauffer peuvent aussi fournir la lumière pendant la nuit. Du reste, quelle que soit la lumière que l’on emploie dans les salles, au moyen des ouvertures au-dessus des portes, elle éclairera suffisamment les cellules. Excepté pendant les grandes chaleurs de l'été et les grands froids, 11 faut permettre aux malades tranquilles l'entrée des jardins qui seront ombragés. Ils y trouveront l’occasion de se livrer à des exercices de gymuastique et à des jeux, comme l'équitation (48), le jeu des quilles (49), la course aux anneaux (50). Celui-ci est, de tous les jeux, celui auquel nous donnons la préférence ; car il est constant qu’un mouvement rotatoire, en produisant des nausées et un effet salutaire sur le cerveau, devient un des meilleurs moyens que la thérapeutique des manies possède. Aussi, nous ne saurions trop louer les machines rotatoires (51), et toutes celles consacrées à la vi-

(45) Reise nach Paris, London, etc., 4 th.

(46) Æolus-Harfe.

(47) Je parle de ce que l’on appelle des thermolampes.

(48) Dans un des petits jardins, j'ai placé un manége , ce qui peut au moins être avantageux aux malades riches. Les écuries sont tout près, avec les remises, pour les cas où le malade peut aller en voiture.

(49) Le portique présente un endroit propre à ce but.

(5) Vulgairement jeu de bague.

(51) Lisez à ce sujet Cox, I. c., p. 158-

bration (52): nous nous en sommes servi plusieurs fois avec utilité, soit dans la manie furieuse, soit dans la mélancolie (53). Si la saison empêche les malades d'aller au jardin, il y a un portique où ils trouveront des bains tièdes, des bains de vapeur, des bains froids avec ou sans l'immersion où précipitation. Les bains doivent en effet être regardés comme des moyens très-puissants contre les manies.

Nous nous servons surtout des bains tiè:

des (54), principalement dans les manies arthritiques et dans celles qui sont accompagnées d'aménorrhée, de sécheresse de la peau, d’agrypnie; dans celles qui résultent de la disparition d'impétigines;

enfin, en général, pour cause de propre- .

té. Nous n'avons pas encore eu recours aux bains rendus très-chauds par degré, savoir depuis 20 degrés jusqu'a 34 du thermomètre Réaumur, employés simultanément avec des affusions d’eau froide sur la tête ; au contraire, pour modérer le trop grand afflux du sang vers l’encéphale, nous avons appliqué avec avantage, au malade assis dans un bain tiède,

213, que je regarde comme l'inventeur de cette machine, quoique l'éditeur de son ouvrage allemand, Bartelsmaan (dans une note à la page 207), ait démontré savamment que le mouvement rolatoire avait déjà été recommandé par Ebn Sina (lib. 11, fem, tr. 4, c. 17, p. 488),.et par Kratzensiein (novum medicinæ gepus, nimirum vim centrifugam ad morbos sanandos applicitam, more geometratum, e. 1765).

(52) Vibrationsmaschine zum medici« nischen Gebrauch von Rieffelsens, décrite par Schænberg dans Ilarless, Jahrbücher der teutschen Medicin., B. 4, Heft 1.

(53) La même chose est citée par Ilorn.

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