III. — Affections du coeur
On n'ignore pas que les cardiaques présentent souvent des troubles du caractère ; ils sont tour h tour irritables ou mélancoliques. Mais la question est de savoir si les affections du cœur peuvent engendrer de véritables psychopathies; sur ce point divers auteurs ont émis un avis (d'Astros -, J. Nickle Fauconneau'', Huchard''). D'Astros affirme que les maladies cardiaques sont capables de déterminer, chez les sujets prédisposés, une forme spéciale de folie : la folie cardiaque, tantôt dépressive, avec idées de suicide, tantôt délirante. Les caractères de cette psychose varieraient d'ailleurs avec la nature de la lésion; c'est ainsi que, chez les aortiques, l'excitation et l'irritabilité seraient habituelles, tandis que la dépression mélancolique s'observerait chez les mitraux. Par contre, Dobrotsworski a vu des aortiques anxieux. Il faut distinguer, croyons nous, dans les psychopathies des cardiaques, d'une part, celles qui surviennent sous l'influence d'une prédisposition antérieure et que l'affection locale ne fait qu'éveiller : c'est le cas de certains délires de persécution qui se manifestent à l'occasion d'une affection valvulaire, chez des individus h constitution cérébrale paranoïenne; d'autre part, les troubles mentaux qui sont étroitement liés aux désordres circulatoires et aux diverses causes d'auto -intoxication (renouvellement insuffisant du sang et de la lymphe dans le cerveau, insuffisance rénale, insuffisance hépatique). Us se développent particulièrement à la période avancée des lésions myocarditiques ou valvulaires et le plus souvent, consistent en torpeur céréin'ale, abattement, état de confusion des idées. Parfois on observe des emportements, des sortes d'impulsions avec tendance au suicide. Il n'est pas très rare de rencontrer des hallucinations auditives ou visuelles qui peuvent être le point de départ d'idées de persécution. Certains malades s'imaginent qu'on parle dans leur cœur. Tous ces troubles sont essentiellement rémittents : ils suivent d'ordinaire les exacerbations et les améliorations de l'affection cardiaque.
' Morol. Maladies mentales, 1852, t. I, p. 2o2.
' D'Astros. Etude sur l'état méritai et les troubles psychiques des cardiaques. Tti. de Paris, 1881 .
^ J. Niclvle. On insanity in ils relation lo cardiac and aorlic diseuse. London, 1888. * Fauconneau. De la Folie d'origine cardiaque. Tli. Paris, 1890. ' Huchard. Le cerveau cardiaque. Bull. niéd. 1891.
" S. Dobrotsworslvi. Les maladies du cœur comme cause des psychoses. Conférence à la clin, neurol. de Pétersbourg. 10 déc. 1898; Vralch, 1899. p. 318.
ETIOLOGIE GENERALE DES AFFECTIONS MENTALES
Les circonstances dans lesquelles ils se montrent, l'évolution et dans une certaine mesure, la physionomie qu'ils présentent, leur assignent une place un peu spéciale dans le groupe des psychopathies auto-toxiques. Mais "elles ne sauraient légitimer la création d'un groupe à part, qui constituei\ait la folie cardiaque, comme le voudraient d'Astros ', et plus récemment Fischer - et Eichhorst^