‹ Traité de pathologie mentale [electronic resource]Chapitre 143 sur 220 · SCLÉROSE EN PLAQUES · texte numérisé non relu

SCLÉROSE EN PLAQUES

La sclérose en plaques compte, parmi ses symptômes constants, des troubles psychiques, extrêmement variables dans leur intensité et leur nature, dont la description, en raison même de la diversité de leurs caractères, est fort malaisée. Charcot ' est revenu à maintes reprises, dans ses leçons, sur la fréquence et l'importance de ces troubles, sur la difficulté du diagnostic entre lasclérose en plaques et la paralysie générale, et sur la nécessité d'étudier les formes mentales de la sclérose en plaques. Souques-, rappelant les paroles de son maître, a insisté à nouveau sur cette question, et cité un exemple de confusion diagnostique entre la sclérose en plaques et la paralysie générale. Sander^(de Frankfurt a. M.), n'est doncpasdans la vérité historique, lorsque, à propos de l'étude histologique d'un cas de sclérose en plaques, il reproche à Charcot d'avoir méconnu les lésions corticales de la maladie, et d'avoir ainsi détourné l'attention des observateurs de ce côté intéressant de l'histoire anatomopathoiogique de la maladie.

La conclusion qui se dégage des récentes recherches enti^eprises avec les techniques modernes sur l'écorce cérébrale dans la sclérose en plaques, est formulée avec netteté par Cl. Philippe et Jonès*. De l'étude détaillée de trois cerveaux, ces auteurs concluent : à la constance des lésions corticales, à la présence de plaques sous-piemériennes, intratangentielles, intraradiaires, centrovalaires et mixtes, à différents stades d'évolution ; <à l'importance des lésions de méningite corticale, à caractère libroplastique et bourgeonnant, sans endartérite ni endophlébite ; à l'intensité de la prolifération névroglique au début du processus sclérogène, et à la raréfaction, d'ordre ischémique et nécrobiotique probable, de ce tissu de sclérose aux stades avancés du processus : enfin, ils insistent sur les modifications morphologiques et structurales, des cellules pyramidales. Ces cellules subissent un processus d'atrophie pigmentaire, analogue à celui que, dès ses premières recherches, Charcot avait signalé dans les grandes cellules radiculairesde la corne antérieure de la moelle.

L'existence de ces lésions méningo-corlicales, dans la sclérose en plaques, constitue un suhslratum analomique intéressant aux troubles psychiques de l'affection.

* Charcot. Leçons du mardi, passiin, et Semaine médicale. 1892. ■2 Souques. Soc. de Neurologie de Paris, novembre 1899.

3 Sander. Hirni-indtnbefunde bei multipler Sidérose. Monatschr. f.Psijch. ic. Newologie, t. IV, p. 427, 1898.

* Cl. Philippe et Jonès, Étude anatomo-pathologique de l'écorce cérébrale dans lasclérose en plaques. Soc. de Neurologie, novembre 1899.

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