‹ Traité de pathologie mentale [electronic resource]Chapitre 161 sur 220 · LE TRAITEMENT DES AFFECTIONS MENTALES AVANT NOTRE ÉPOQUE · texte numérisé non relu

LE TRAITEMENT DES AFFECTIONS MENTALES AVANT NOTRE ÉPOQUE

Chez les anciens, la thérapeutique des affections mentales était peu variée. L'elléhore du « Mont OEta, celui de Galatie ou de Sicile », en faisaient tous les frais. Gomme l'a dit Pinel, « faire prendre de l'ellébore à l'intérieur pour guérir la manie ou d'autres maladies mentales, savoir le choisir, le préparer, en diriger l'usage, c'était, dans l'ancienne Grèce, le chef-d'œuvre de la sagacité de l'homme' ». Rien n'était, il est vrai, plus compliqué que la technique de l'administration du médicament. Suivant les dispositions individuelles et la gravité de la maladie, il fallait en modérer ou en corriger les effets, l'associer aux aliments, préparer restomnc à le recevoir.

L'ellébore est demeuré longtemjfs dans la thérapeutique mentale; Sylvius de le Boe-, Th. Willis^ le conseillaient encore. Mais, avec ces derniers, les ressources curatives s'accrurent. .V l'ellébore s'ajoutèrent les préparations de romarin, de marjolaine, de ponillol, de caianient, d'angélique, de macis, de cannelle, de gingembre, de cubèbc dont Willis recommande l'emploi en vue de l'amélioration des imbéciles. En même temps, on préconisa la saignée et les éméto-cathartiques, et aussi les infusions de fleurs de violettes et de nymphéa, de mouron rouge et de millepertuis, les purgatifs à l'extrait d'ellébore noir. Willis conseillait, en outre, le traitement moral ; il trouvait bon d'égayer les mélancoliques par le chant et la musique,', la chasse et la danse.

' Ph. Pinel. Traité médico-ji/iiloaophiquc siii' raUénalion inenlah; ou la munie. An. IX, !>. vu.

- Fr. Sylvii de le Boe. Opéra iiieclicu, cb:., iii-l", 1687, liv. 11. ' Th. AVillis. Opéra omnia, in-i". 1681.

NOTIONS GÉNÉRALES

L'idée était louable, mais il faut regretter que ce médecin sagace ait jugé utile d'employer d'autres moj'ens chez les maniaques, qu'il ait toléré l'usage des chaînes et des coups pour « réprimer l'élan de la fureur » chez des malades surexcités.

Avec ïh. Boneti, le traitement moral fit des progrès. On observa mieux les aliénés et on s'efforça, par le raisonnement, d'atténuer le caractère pénible de' leurs préoccupations. Un hypochondriaque, raconte Bonet, était persuadé qu'une grenouille avait élu domicile dans son estomac et cherchait dans ses selles des traces de sa pi"ésence. Dans le but de faire disparaître cette idée fixe, on lui fit prendre des « eaux salines, du mercure doux, de la rhubarbe et on glissa adroitement une grenouille dans sa garde-robe ».

Mais on sait que c'est avec Pinel ^ seulement que la thérapeutique des affections mentales devint véritablement humaine. Nous ne reviendrons pas sur ce qui a été dit plus haut, à ce sujet.

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