X. — Affections des glandes a sécrétion interne
a. Affections de la glande thyroïde. — La maladie de Basedow se complique assez souvent de troubles mentaux : on connaît l'excessive émotivité des individus qui en sont affectés (Trousseau, Peter), leur irritabilité, leurs impatiences. Mais on voit assez souvent s'associer des désordres plus graves aux symptômes habituels du goitre exophtalmique : ce sont des accès de manie, de mélancolie anxieuse, des hallucinations sur lesquelles s'étaye un délire de persécution plus ou moins mal systématisé (G. Ballet). Hirschl en dépouillant 43 cas de maladie de Graves compliquée d'affections mentales, y a vu figurer la manie, la mélancolie, la paranoïa, la folie du doute et même la paralysie générale. Il va sans dire qu'il faut distinguer parmi ces cas ceux qui semblent dépendre directement du goitre exophtalmique et ceux qui paraissent l'avoir fortuitement compliqué. Il est vrai que cette distinction pathogénique n'est pas toujours commode. Si l'on refléchit que la maladie de Basedow, quel que soit l'opinion qu'on se fasse sur sa nature, s'associe souvent à des névroses comme l'hystérie, l'épilepsie, la neurasthénie, ou se développe sur un fonds névropathique, oH concevra qu'il soit quelquefois difficile de
' Azam. De la folie sympathique provoquée ou entretenue par les lésions orjaniquesde f utérus et de ses annexes. Bordeaux, 1858.
' Wiglesworth. On utérine disease and insanity . The journal of mental science, 1883. ' Picqué et Febvré. Ann. méd. psycliol., 1893, XVII, 32. * Hirschl. Jarbûch f. psycli., 1893.
déterminer l'origine réelle des troubles psychopathiques qui l'accompagnent. Certains d'entre eux ne sont vraisemblablement que des psychoses banales développées sur un terrain dégénératif (Jof'tVoy*, Raymond et Sérieux ■■^) ; d'autres, comme les hallucinations, sont probablement, dans quelques cas, sous la dépendance de l'hystérie concomitante (G. Ballet^). Mais si l'on réfléchit que la maladie de Basedow dépend certainement, au moins pour une part, d'une auto-intoxication d'origine thyroïdienne (Môbius, Jofl'roy, Uenaut, G. Ballet et Enriquez) il n'est pas interdit de penser que certains troubles hallucinatoires ou mélancoliques (Devay '') soient dus à cette intoxication
Le myxœdème, qui tient à l'hypothyroïdisation par ablation, destruction ou non-développement de la glande thyroïde, a sur l'intelligence des effets plus directs encore et surtout plus constants que l'hyperthyroïdisation de la maladie de Basedow. On décrii a plus loin ces effets chez l'enfant où il aboutit à une sorte d'idiotie, et chez l'adulte oîi il détermine la torpeur de l'intelligence. Ces désordres et ces troubles dépendraient du défaut de neutralisation par la fonction thyroïdienne absente ou supprimée d'une substance toxique, la thyroprotéide (Notkine et Bojenol'f
b. Affections des capsules surrénales. — Les capsules surrénales exercent, par leur sécrétion interne, une « action antitoxique vis-à-vis des déchets de la désassimilation musculaire'' ». L'expérimentation * a démontré la réalité de cette action et l'observation a prouvé qu'un empoisonnement grave peut résulter de l'arrêt du fonctionnement des capsules : le syndrome addisonien est l'expression clinique de cet empoisonnement. Un des symptômes les plus constants de la maladie d'Addison (Bail et Lasègue) est l'amoindrissement de l'activité morale : les opérations cérébrales sont lentes, l'expression de la pensée est laborieuse; les malades perdent toute initiative. Ces désordres trouveraient leur explication dans les altérations des neurones cérébraux constatées à la suite de la décapsulation (Ettlinger et Nageotte").