I. — Intermittentes
\ { Type irrégulier.
' Type alterne simple.
^ Type double forme.
' ^'yps circulaire continu.
Alternantes.
Ce tableau ne donne 'que les types principaux, à peu près irréductibles l'un à l'autre. Mais il est facile de comprendre la possibilité de nombreuses
PSYCHOSES PERIODIQUES OU INTERMITTENTES
N ? 1 Manze. intermittente^, type' régitiLer .
Eta-t TWTmjcuL
N ? 2 Manie intermiitente, , tz/pe. irreguizer
EoccitatLon/ Jj^
DepressioTu
3 Mélancolie internaitente' , Type réguHer
4 Me-lcmcolie^ jjttermiLterLte- , tyP^ irre^iuHer.
JN^ ? b — JUfUe- alterne^ typï/jite-
6 Folie, àb double' former
7 Folie, circwlaire' corutimuL'
Eci. Oherlùh, Or.
Fig. 45. — Schéma des principales formes de psychoses périodiques.
PSYCHOSES CONSTITUTIONNELLES
combinaisons secondaires, surtout si l'on fait intervenir la notion de la durée des accès et des intermittences. C'est ainsi que Baillarger admet cinq catégories dans la folie à double forme :
i° La première comprend les accès isolés^ que le malade n'en ait qu'un ou qu'il en ait un petit nombre séparés par de longues rémittences.
2° Dans la seconde, les accès, longs ou courts, sont nombreux et se répètent à des intervalles irréguliers.
-3° Dans la troisième catégorie se rangent les cas où la folie à double forme prend le type intermittent ; les intermittences sont régulières chez chaque malade, mais très différentes d'un malade à l'autre.
4° et 5°. Aux dernières catégories appartiennent les cas dans lesquels les accès se succèdent sans interruption, sans aucune intermittence. Mais dans l'une, les accès sont courts, dans l'autre, ils sont de longue durée. Ces deux dernières catégories se confondent avec la folie circulaire continue.
La folie circulaire a été également l'objet de subdivisions. Primitivement (1851), Fairet père la considérait comme constituée par quatre éléments : manie, intervalle lucide, mélancolie, intervalle lucide, dont la succession régulière formait le cercle morbide. J. Fah^et et Ludwig Meyer admettent que ces ftaits sont assez fréquents. Mais, en réalité, il s'agit là de psychose intermittente à type alterne plutôt que de folie circulaire. En 1854, Falret père décrit à la folie circulaire trois périodes seulement : manie, mélancolie (sans intervalle lucide véritable), puis intermittence bien nette, mais de courte durée. J Falret, tout en admettant l'existence des cas de folie circulaire à type continu et à type intermittent, pense que le type décrit par son père en 1854 (manie-mélancolie conjuguée, puis intervalle lucide) embrasse le plus grand nombre des faits.
La folie circulaire ainsi comprise ne diffère de la folie à double forme de Baillarger que par une différence dans la durée des intermittences.
Toutes ces subdivisions, par lesquelles on applique à des faits semblables, sinon identiques, des termes différents, résultent en partie de quei^elles de priorité entre les auteurs. Elles compliquent inutilement la question. Plusieurs auteui's ont cherché avec raison un groupement plus simple, en laissant de côté les différences qui tiennent à la durée des intermittences. C'est ainsi que Marcé (Traité, 1862) réunit en deux catégories seulement les variétés décintes par Baillarger et par Falret. 11 range sous le terme de folie à double forme tous les faits où les accès conjugués sont séparés par une intermittence bien marquée, et il réserve le nom de folie circulaire aux cas dans lesquels les accès se succèdent sans aucune intermittence, le cercle morbide roulant sur lui-même sans aucune interruption.
Ritti (Traité clinique de la folie à double forme, 1883), ne voulant pas laisser supposer (( qu'on a affaire à deux affections différentes, l'une qui serait la folie à double forme projDrement dite et l'autre qu'on appellerait la folie circulaire », conserve l'unique dénomination de « double forme », en acceptant c( que cette affection peut présenter deux types différents ; que les accès (manie-mélancolie) peuvent être séparés par des intervalles plus ou moins
PSYCHOSES PÉRIODIQUES OU INTERMITTENTES
longs, ou bien qu'ils peuvent se suivre sans interruption. On a alors :
1° Folie à double forme à type périodique ;
2° Folie à double forme à type continu ou ciixulaire. »
La classification de Marcé nous paraît la plus simple et la plus claire. C'est celle que nous adoptons dans notre tableau, où la folie à double forme établit le passage entre les types intei'mittents et le type circulaire continu.
Il faut ajouter que ces types sont très rares à l'état de pureté. Quand la maladie se prolonge pendant longtemps, le type s'altère fréquemment, un accès isolé de manie ou de mélancolie peut être observé au cours d'une double forme jusque-là typique, ou encore deux accès conjugués se succèdent sans intermittence. Parfois aussi la psychose débute sous la forme intermittente simple, pour passer plus tard à la double forme ou au type circulaire continu, etc.
Ces différents types n'ont donc rien d'absolu, on doit les considérer seulement comme des groupements reproduisant d'assez près la réalité des faits et destinés à faciliter l'étude des nombreuses formes de psychoses périodiques.
Ce que nous venons de dire implique que nous ne considérons pas la folie à double forme et la folie circulaire comme des maladies spéciales et autonomes, ainsi que le pensaient Baillarger et Falret père. Nous admettons cette autonomie, cette existence séparée pour le groupe considéré dans son ensemble, mais non pour telle ou telle de ses variétés. Cette manière de voir est d'ailleurs, celle de nombreux aliénistes. Nous avons dit qu'elle est soutenue par Marcé et par Ritti.
Pour J. Falret, « la folie circulaire appartient évidemment au groupe des folies périodiques' ».
Magnan expinme la même opinion : « La folie intermittente est une espèce pathologique... Ses accès peuvent offinr, dans leur marche, des variétés d'évolution que certains auteurs ont considéi'ées comme suffisantes pour constituer des espèces pathologiques distinctes ; c'est ainsi qu'on admet les folies intermittentes, les folies alternes, les folies circulaires, etc. Mais on s'assui'e aisément par l'histoire clinique des malades que ces distinctions reposent sur des caractères assurément très apparents, très saillants, mais cependant secondaires et limités à une phase épisodique de la maladie^ ». C'est enfin l'opinion à laquelle se rallient G . Ballet (Traité de Médecine de Charcot et Bouchard) et la plupart des auteurs contemporains.
Les deux groupes que nous avons distingués dans les psychoses périodiques (accès simples et accès alternants) ne se distinguent pas seulement par le mode de succession et d'enchaînement de leurs accès. Ils se distinguent encore par des nuances symptomatiqaes assez importantes pour être signalées, bien que les caractères principaux restent les mêmes,
' La folie circulaire, Archiv. génér. de méd. 1878-1879.
^ Magnan. De la folie intermittente. Com. au Congrès international de médecine, 1890.