LIVRE V
LES NÉVROSES ENVISAGÉES AU POINT DE VUE DES TROUBLES MENTAUX QU'ON Y OBSERVE
On ne s'entend plus guère aujourd'hui sur le sens qu'il convient d'assigner au mot NÉVROSE, ou du moins sur les ail'ections qui méritent de figurer encore sous cette appellation.
Si l'on met à part la neurasthénie et l'hystérie qui sont peut-être les deux seules névroses authentiques, à supposer encore que leur disjonction soit parfaitement légitime, ce qu'il faudrait établir, la nature des autres maladies auxquelles on applique le vocable prête fort à discussion. Plus il va, plus on arrive par exemple à cette conviction que l'épilepsie est plutôt un syndrome symptomatique d'une lésion ou d'une malformation cérébrale qu'une névrose à proprement parler ; quant à la chorée, à la maladie de Parkinson, les discussions auxquelles leur nature a donné lieu, nous éloignent de plus en plus de l'idée qu'elles soient des névroses pures.
C'est donc moins en vertu d'une idée nosologique, que contraints par la nécessité de grouper sous une appellation commune des affections auxquelles on ne peut encore assigner dans les cadres pathologiques une place précise, que nous avons, dans ce livre, rapproché les uns des autres les éléments disparates dont il se compose.
Ces névroses sont d'ailleurs envisagées ici particulièrement au point de vue des troubles mentaux qu'on y observe. Nous serions sorti du cadre de cet ouvrage en en donnant une description générale et complète qu'on trouvera dans les ouvrages appropriés.