CHAPITRE II. — RESTITUTIONS COMPARÉES
tituée sur le géométral, et O la projection de l'œil. La trace G de la droite et son point de fuite F ayant des positions déterminées sur le tableau sont fixes, de sorte que si l'œil se transporte en 0 ( , la droite se placera en m,n, parallèlement à FOi. Les cordes mmi, nn, sont d’ailleurs parallèles à OOi ; donc, si le spectateur est resté à la même distance du point de fuite, la droite mn aura conservé la môme longueur en se transportant.
* 31 . L'angle dedeux droites étant égal à celui que forment les rayons visuels qui vont à leurs points de fuite, si l'œil se meut dans le plan d'horizon sur un cercle passant par ces points, les droites feront toujours le môme angle.
Si l une des lignes est de front, et l'autre dirigée vers le point principal, l'angle paraîtra droit à tout spectateur placé sur le rayon principal.
Cette observation et celle de l’article 230 vont nous conduire à des conséquences intéressantes pour la discussion des perspectives; mais nous devons faire remarquer auparavant que la grandeur des lignes de front ne dépend pas de la position du point de vue dans le plan d'horizon. Ainsi, la verticale MIS (fig. 198) a pour grandeur IG à l'échelle du premier plan, quelles que soient les positions des points principaux de fuite et de distance sur la ligne HH'.
* 3 *. Si l'on conçoit dans le plan d'horizon d'un tableau un demi-cercle ayant son centre au point de fuite des horizontales d’une façade, en quelque point de cette courbe que le spectateur place son œil, la façade lui paraîtra toujours exactement de la môme grandeur, mais en des positions différentes. S'il entre dans le cercle, la façade se raccourcira ; s'il en sort, elle s'allongera en conservant d’ailleurs la même hauteur.
Quand le spectateur s'éloigne du point de fuite des horizontales d'une galerie, il augmente sa profondeur, et rend ses arcades fuyantes moins élancées. Ces modifications sont du reste peu appréciables. Les
si
courbes de Iront, qui seules manifestent leur forme d'une manière précise, n’éprouvent jamais d’altération.
933 . Si l’ieil du spectateur se meut dans le plan d’horizon sur un cercle passant par les points de fuite des horizontales de deux façades, il verra ces façades tourner en comprenant toujours le même angle; l’une se raccourcira, l’autre s’allongera, et les hauteurs resteront invariables. Si le spectateur entre dans le cercle ou en sort, l’angle des façades augmentera ou diminuera.
En quelque point du demi-cercle fof, (fig. 139) que le spectateur se place devant le tableau ah, le pontceau qui s’y trouve représenté lui paraîtra droit. Il prendrait du biais vers la droite ou vers la gauche, si le spectateur sortait du eercleou y entrait.
* 34 . Quand une perspective est exacte, les objets restitués ont une grande mobilité; pour peu que l’on change de position, on voit les édifices se déplacer suivant les lois que nous venons de reconnaître. Il faut «'pendant que le tableau ait de la profondeur. Lorsque tous les objets sont à peu près sur le même plan, et que, par conséquent, il n’y a pas de dégradation perspective sensible, ces effets sont peu appréciables.
Lorsqu'une perspective n’est pas entièrement exacte, les objets sont moins mobiles. Une étude sérieuse d'un grand nombre de gravures nous a montré que c’était à ce signe qu’on pouvait reconnaître le plus facilement, A la première vue, le degré d'exactitude géométrique d'un dessin. Quand il y a un accord parfait entre toutes les lignes d'un tableau, les objets se placent dans la position précise où ils doivent être vus; mais lorsque les indications perspectives de ses différentes parties se contrarient, la restitution dépend des préoccupations du spectateur, et par suite ses effets sont beaucoup moins certains.