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CHAPITRE. IV. — CHOIX DU POINT DE VUE

comme si un mur était enlevé, et que le spectateur fût placé au delé, à la distance convenable.

Î5# On trouve deux lignes d'horizon sur quelques tableaux de grands peintres, de Paul Véronèsc entre autres. C'est une licence qui [tarait bien entendue. Lorsqu’on voit, en effet, la grande importance du plan d’horizon pour les restitutions, et l'impossibilité de le maintenir complètement invariable, par suite de la diversité des statures et des positions, on se demande s’il ne serait pas possible de donner de l’épaisseur à la ligne d’horizon de construction, de la changer en une zone. Plusieurs dispositions se présentent alors; la plus simple parait être de donner aux horizontales parallèles plusieurs points de concours sur une même verticale. Les plus élevées, celles de l'entablement, convergeraient vers un point de la ligne supérieure de la zone, celles du soubassement vers un point de la ligne inférieure. Si nous ne soumettons pas cette combinaison à une discussion géométrique , c’est que nous croyons que ces questions doivent être décidées par l'expérience et l'opinion des artistes, et qu on ne doit y introduire les raisonnements mathématiques qu’avec beaucoup de prudence.

PoKitinn du |>olrt( principal.

*53. Le point principal est généralement placé au milieu de la ligne d’horizon. Le Poussin le rapprochait souvent du côté où le tableau présentait le plus d’intérêt. Quand une toile a une position assignée à l'avance dans un édifice, il est nécessaire d'avoir égard à cette circonstance.

Dans les dessins de front on éloigne quelquefois le point principal du milieu du tableau, soit pour éviter une trop grande symétrie, soit pour donner h une façade fuyante un plus grand développement, sans

IM) LIVRE V. — THEORIE DES EFFETS DE PERSPECm E.

diminuer la distance. Nous donnons des exemples de cette disposition, lig. 98 cl 127.

On voit qu'il n'y a pas de règle absolue.

ItKtaMee prinrlpalp.

9&H. La question de la distance principale ou rectangulaire est une des plus délicates de la Perspective. Nous rapporterons d’abord les opinions des principaux auteurs.

Léonard de Vinci doifne deux règles : il exige, dans un premier passage, que la distance soit triple de la grandeur de l'objet ; dans un second, il la veut double de largeur du tableau.

Desargues et Bosse ont adopté deux fois cette largeur; Peruzzi, Serlio et Vignole une fois et demie seulement.

Fréart de Chambray place le point de vue au sommet d'un triangle équilatéral construit sur la largeur du tableau.

Ëgnatio Danti dit que les limites admises par les plus habiles peintres sont une fois et demie, et deux fois la largeur.

ieaurat prend le double de la ligne qui va du point principal au point le plus éloigné du tableau, et Montabert trois fois au moins le rayon du cercle circonscrit au plus grand objet.

Valenciennes fixe la distance à trois fois la largeur.

959. Léonard de Vinci n'a pas toujours suivi les règles qu'il pose ; dans son tableau de la Cène, la distance est seulement égale à la largeur. Raphaël a adopté à peu près la même distance dans plusieurs de ses grandes compositions, notamment dans la Dispute du Saint- Sacrement, dans le tableau d ' Héliodore et dans l'Ecole d Athènes.

On voit que les opinions que nous avons rapportées sont trop al>-

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