CHAPITRE. IV. - CHOIX üli POINT DE VUE
solues; niais en les considérant dans leur ensemble elles représentent bien les pratiques des peintres. La plus grande distance qu elles indiquent est de trois largeurs; la plus petite est peu inférieure à une largeur : ce sont en effet là les limites ordinaires de la distance.
Nous allons présenter les considérations qui doivent, dans chaque cas, déterminer le choix de l’artiste.
ï(IO. On a dit qu’il fallait éviter les petites distances, parce qu’elles produisent des déformations. Cette assertion est juste, pourvu que l’on applique le mot déformation à l'objet restitué et non au dessin. La Perspective déforme toujours sur le tableau, et ses effets résultent précisément des raccourcis, et de. l'inclinaison des lignes fuyantes. La question consiste non pas à éviter ces altérations, mais à faire en sorte que l’objet restitué, pour les diverses positions de l’œil, ne diffère jamais beaucoup de l’objet véritable. Les grandes distances sont avantageuses sous ce rapport, comme nous allons le voir.
Supposons qu’un spectateur prenne diverses positions sur une ligne perpendiculaire à un tableau AB {fig. 107). Soient O et O’ ses stations extrêmes.
Si une figure MNRS située sur le géométral est dessinée du point de vue O’, lorsque le spectateur sera en U, il restituera en MiN ( RiSi ( art. 227). Si elle avait été mise en perspective du point de vue O, la restitution pour la station O’ serait MjNjR.S,, figure plus déformée et plus déplacée.
Le mieux est sans doute de placer le point de vue entre O et O’, mais on voit qu'il devra être plus rapproché de ce dernier point.
«tl , Nous avons vu (art. 219) que chaque surface devait être dessinée d'après un point de vue particulier placé au-devant d'elle. U est nécessaire de modifier les résultats partiels ainsi obtenus pour les faire concorder avec l'ensemble général de la perspective. Quand la distance est petite, ces altérations sont difficiles à combiner pour les
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contours apparents voisins du tableau. On peut se trouver ainsi conduit à placer le point de vue un peu loin.
* 8 ®. À côté de ces avantages les grandes distances présentent l’inconvénient de réduire excessivement la longueur perspective des lignes fuyantes, surtout dans les vues de front, de sorte qu'il peut en résulter de la confusion. Nous avons déjà indiqué le déplacement du point principal sur la ligne d'horizon comme un moyen de remédier quelquefois à ce défaut (art. 257).
Nous avons cru remarquer que les vues de front comportent les petites distances mieux que les vues obliques. Cela tient probablement à ce que dans les premières les angles des édifices paraissent droits en quelque point du rayon principal que se place le spectateur (art. 231); tandis que dans les vues obliques, les angles sont altérés, du moment que le spectateur est plus rapproché ou plus éloigué du tableau que le point de vue
983 . Ouand la distance principale est petite, le spectateur se place souvent au delà du point de vue, et alors tous les objets paraissent plus éloignés qu’ils ne le sont réellement (art. 226). Cela est un inconvénient si la scène a déjà une profondeur naturelle considérable.
Au contraire, lorsque les divers objets sont sur des plans rapprochés, une petite distance est utile en rendant la dégradation perspective plus sensible, et donnant de lu profondeur au tableau.
S’il y a une scène secondaire à un plan de front éloigné, pour qu elle soit vue d’une manière distincte, il faut faire la distance un peu grande (’).
(•) Nous sommes ici en opposition directe avec M. Leroy, qui a écrit : «Ou peut de»cendrc jusqu’à rendre la distance égale à la moitié de la largeur du tableau, lorsque la scène a beaucoup de profondeur et présente des détails éloignés qu'on veut faire apercevoir. »
Plus on rapproche le point de vue du tableau, et plus les objet» éloignés >ont réduit-