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CHAPITRE IV. — CHOIX DU POINT DE VUE

#• 4 . En résumé, quand la distance est petite, il est plus difficile d'agencer la perspective générale des lignes avec les contours apparents voisins des bords de la toile, les objets éloignés sont plus réduits, le tableau a plus de profondeur; enfin les objets éprouvent dans leur forme et dans leur position des altérations plus grandes lorsque le spectateur se déplace, surtout si la vue est oblique.

Un artiste doit choisir entre les limites que nous avons indiquées (art. 259) d'après la composition de la scène et les effets qu'il veut obtenir; il doit aussi avoir égard aux dimensions des plus grands objets.

la; point de vue ainsi déterminé pourra se trouver hors de la salle où le tableau sera placé. Cette considération ne doit pas arrêter le peintre. Les salles de théâtre n’ont pas une profondeur triple de la largeur du rideau, et cependant on n’hésite pas à adopter cette distance quand elle paraît convenable pour la peinture qui doit le recouvrir. Quelquefois l’artiste réduit par une large bordure la partie de la toile qui forme tableau, mais cette disposition n'est pas nécessaire.

En faisant beaucoup de croquis, et en analysant les œuvres des maîtres sous le rapport géométrique, on arrive à apprécier d’avance, et avec sûreté, les conséquences perspectives d’une distance.

Une petite distance produit souvent de grands effets; elle donne plus de mouvement au tableau, mais on doit la considérer comme une hardiesse. Le dessinateur peu expérimenté doit préférer une grande di-

en perspective. Pour les faire paraître aussi distinctement que ceux du premier plan, il faudrait non pas diminuer la distance, mais la rendre infinie, et taire un dessin géométral.

On voit à quelles erreurs on est conduit quand on suppose, comme on le fait ordinairement, que le spectateur va se placer au point de vue. Des objets éloignés sont nécessairement réduits par la perspective, et pour les bien distinguer le spectateur doit être prés du tableau. On en conclut qu’il faut adopter une distance exceptionnellement petite ; cela diminue excessivement la grandeur perspective des objets, de sorte qu’en cherctianl à les faire bien voir, on arrive à les rendre invisibles.

stance: le tableau est plus froid, niais les déformations disgracieuses sont impossibles.

lin portrait doit être fait d après une distance très-grande, parce que la dégradation perspective ne peut pas être assez accusée pour que la réduction de certaines parties produise l'effet de l’éloignement, et qu’alors la disproportion choque l’esprit sans donner du relief.

On peut remarquer que les peintres dessinent toujours à la même échelle les longueurs de front sur les mains et le visage.

M. Gavard, inventeur d’un instrument délinéateur, qui lui permet de tracer à volonté des ligures géométrales et des figures perspectives (art. 295), a écrit : a J'ai dans mes cartons des portraits faits, les uns avec le diagraphe ordinaire, les autres avec le diagraphe à deux montants ; de très-grands peintres les ont regardés, et ont toujours plus approuvé les portraits géométraux que les autres, sans savoir qu’ils avaient été obtenus d'une autre manière. »

D’après le savant M. Babinet, il n'y a de portrait daguerrien fidèle que celui qui est pris à dix mètres du modèle. Avec cette distance, la représentation n'est pas perspective, mais géométrale.

SOS. Il ne pourrait pas y avoir accord entre les diverses parties d un tableau, si elles étaient établies d'après des points de vue différents. La règle de l'unité du point de vue comporte cependant quelques exceptions : nous en avons déjà établi une pour les contours apparents.

On doit dessiner un personnage isolé sur un tableau, comme un portrait, c’est-à-dire qu’on doit prendre un point de vue spécial et assez éloigné pour qu'il n’y ait pas de dégradation perspective sensible.

Quand un détail est nettement circonscrit, on peut le dessiner d'après un point de vue spécial. Celte observation s'applique aux échappées de vue, et, dans certains cas, aux images produites par 1a réflexion d’une glace.

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